L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

30.1.09

Où l'on parle encore de films

Angers n’est pas une ville très connue. Le festival Premiers Plans se passe à Angers, alors lui non plus n’est pas très connu. Et c’est bien dommage. Spécialisé dans les 1ers films européens, le festival soufflait la semaine dernière ces 21 bougies.
En 21 ans, il aura tout de même découvert Michel Ocelot (pour les nostalgiques de Kirikou), et surtout Danny Boyle (entre autres), qui y avait présenté son désormais célèbre Petits meurtres entre amis. Ce festival donne donc sa chance à des inconnus, qui deviendront peut-être les grands de demain…

Ou pas. Car on trouve de tout aux Premiers Plans, et tout n’est pas vraiment… conventionnel. Parmi les films d’école, peu sortent du schéma sexe-drogue-violence. La preuve avec de films que TEA a eu la chance de voir cette année. Des films d’animations à la pelle, réalisés avec des techniques variés comme la pâte à modeler, le pastel sec, le 3D… On a adoré le Sagam om den lille Dockpojken du suèdois Johannes Nyholm, histoire d’un petit bonhomme très laid qui a une technique de drague qui, avouons le, nous a bluffé : il demande, avec aisance, à sa copine « tu peux me gratter le pied ? » et enchaîne avec un « tu peux me gratter les couilles » ; réplique déjà devenue culte. Evidemment, ce film a reçu le prix du public. Cash mais vraiment marrant.
Question films d’école, toutes les émotions étaient au programme : le rire donc, mais aussi la mélancolie, ou la surprise, voire la stupéfaction. Par exemple lors de la présentation de la sélection du jury, ou le réalisateur d’un court-métrage à dit pour présenter son œuvre « Bonjour tout le monde, j’aime le sexe et la violence, donc mon film se focalise dessus ». Ce qu’on aime aux Premiers plans c’est aussi sa surprise et son sens de non convenu.

23.1.09

Comme quoi, "Qui veut gagner des millions" peut être intéressant.


Slumdog Millionaire 
Danny Boyle, 2009

"Slumdog Millionaire" (littéralement "Chien des taudis Millionaire") est le titre du nouveau film de Danny Boyle. Le britanique avait déjà réalisé deux de nos films cultes : "Petits meurtres entre amis" et "Trainspotting". Le voilà qui délaisse sa patrie pour l'Inde. L'intrigue parrait simplissime : un jeune indien participe à la version indienne de "Qui veut gagner des millions ?", mais à une question de la victoire, le voilà accusé de tricherie. Il doit donc justifier chacune de ses réponses. Au fil de cet interrogatoire, il raconte sa vie. Et c'est là que cela devient intéressant. Au fil de l'histoire mouvementée de cet orphelin (son enfance dans les rues de Mumbaï, les arnaques menées par son grand -frère et lui, son amour perdu-retrouvé-perdu...), on découvre un troublant portrait de l'Inde, des bas fonds. Le personnage principal, Jamal Malik (joué par Dev Patel, mais si, vous savez, Anwar dans Skins) est particulièrement attachant. En regardant "Slumdog Millionaire", on pleure, on rit, on a peur, on est soulagé, on est horrifié, on admire, on est ébloui par les couleurs... Tout cela en 2 heures qui vont vous parraitre courtes. Alors ne vous gènez pas, allez voir ce bon film. En plus, M.I.A est dans la bande originale. Par contre, partez avant le générique de fin, relativement atroce, qui gache un peu l'enthousiasme. Conseil pratique.