L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

26.11.09

Pays des Merveilles


Vous croulez sous des jouets divers et vos attachements sentimenteaux vous empêchent de vous en débarrasser? Nul doute que chez Ödland, au moins, ils pourraient leur donner une nouvelle vie, s'en servir pour faire de la musique ou juste s'inspirer, et ils transformeraient vos jouets en chansons féériques/faussement naïves/subtilement enchanteresses/syndrome de peter-pan-esques/inqualifiables.

Nous avons posé quelques questions à ce joli et passionant groupe lyonnais qui mérite toute son attention.

Quand et pourquoi l'idée du projet Ödland est elle venue ?
Le projet a été imaginé par Lorenzo en décembre 2008. Il a senti le besoin de créer une musique absolument acoustique, sincère et fragile, mais abordable par un large public cependant. Il a rassemblé des personnes qui partagent son amour pour le XIXe siècle, pour fabriquer une musique contemporaine originale, décalée.

Et pourquoi ce nom d'Ödland ?
Isabelle a eu l'idée du nom qui fait référence à un conte scandinave. Il a été tout de suite adopté par le groupe, car il se prête très facilement à l'imagination et est propice à nos expériences. Ödland signifie dans certaines langues Désert ou Friches. Cette notion colle parfaitement à notre univers car nous labourons une contrée musicale laissée à l'abandon mais d'où quelque chose peut revenir à la vie.

Si vous aviez une minute pour nous convaincre d'écouter votre musique, que diriez vous ?
Nous aimons vents et violons, piano et nuages.
Il faut que nous rêvions pour ne pas oublier ce paysage.
Nous sommes nés dans un train fou et voyageons avec des fantômes.
Notre ombre va renaître car le passé nous éclaire.
Chers amis, bienvenue sur nos terres.
Votre univers a été inspiré par qui ou quoi ?
Par la machine à vapeur, le tutu, le télégraphe, Franz Liszt, le paquebot, les robes, Paris, Lewis Caroll, le tenya, Érik Satie, la typographie en bois, les jouets, le thé, Georges Bizet, les Indiens, Scott Joplin, la mongolfière, la nuit, Maurice Ravel, la solitude, la photographie argentique et le romantisme en général.

24.11.09

"Comment ça des poses de rock stars?"

ITW MISTY SOCKS

Les Misty Socks sont un jeune groupe angevin (c'est à dire d'Angers oui oui) à fort potentiel sympathique, qui a des compositions convaincantes ("Not A Wanker", "Open Your Arms") et qui bouge bien sur scène. Bien assez pour les découvrir. D'ailleurs ils jouent aux Transmusicales le 2 décembre. Extraits d'une longue interview qu'ils nous ont accordé vers minuit, après leur concert au théâtre du Quai à Angers le 13 octobre dernier.

TEA : Pourquoi ce nom, Misty Socks ?
Corentin (chant, guitare) : Alors ça je sais je sais !… (fait mine de réfléchir intensément)
Mathieu (batterie) : Question suivante !
Corentin : En fait Misty Socks c’est parce que on cherchait un nom pour faire des concerts et puis un jour Clémentine est venue en répé et a dit « tiens si on s’appelait les Misty Socks ? »
Mathieu : Et nous on a dit « Ben ouais… »

Clémentine (chant, basse) : Non mais Misty c’est joli comme mot je trouve… Mais après… Socks… Ca pue un peu.
Corentin : En fait il y a une polémique autour de ce nom là. Les français trouvent que c’est un peu naze comme nom et à chaque fois les Anglais nous disent « Ouais c’est terrible votre nom » C’est fun, ils trouvent ça marrant.

Mathieu : Nous on s’en tappe, y a pas de ‘r’, y’a pas de ‘th’, ça passe tout seul.
Corentin : Pour un français c’est bien. Parce que Pony Pony Run Run (prononcé à la française)

Clémentine : The Bewitched Hands On The Top Of Our Heads (encore plus prononcé à la française)
Mathieu : Super compliqué.

Corentin : Voilà, nous c’est facile à dire. Enfin y a un peu trop de ‘s’.


Qu’est-ce que ça fait d’être consideré comme L’espoir d’Angers ?
Le garçon à notre gauche émet un grognement, il joue dans Djak, autre groupe angevin, gloups.
Enfin un des espoirs d’Angers…
Mathieu : Ben ça fait plaisir…


Mathieu : Ca fait peur faut qu’on se trouve un costume par contre. (Il commence à développer son idée)
Corentin : Arrête arrête arrête ! (Mathieu continue) Avec lui on n'arrive jamais à répondre bien aux interviews.

Mathieu : Ouais mais j’aimais bien l’idée de costumes tout argentés.
Corentin : Et non mais ça fait très plaisir.
Clémentine : Ben on est contents quoi.

Corentin : Parce qu’en fait, on aime beaucoup les autres groupes d’Angers, on est très fiers. Surtout que la concurrence est rude et de très bonne qualité. Vous pouvez dire par exemple que Djak c’est un très bon groupe.
Djak : Même si c’est pas L’espoir d’Angers, c’est pas loin quoi !

Corentin : Tant qu’il le croit… Non j’rigole !

22.11.09

“We’ll die alone, together”


ATLAS SOUND 
LOGOS

Atlas Sound n'est pas un groupe de musique traditionnelle berbère.
Atlas Sound est le projet solo de Bradford Cox, tête pensante et chantante de Deerhunter, groupe génial d'Atlanta.
Le deuxième album d'Atlas Sound est sorti le mois dernier et vous l'avez sûrement déjà écouté tant il a été encensé (à raison) par les critiques. Mais si ce n'est le cas, c'est vraiment dommage, et c'est pourquoi, même si elle arrive un peu tard, on tenait à chroniquer ce disque, L'incontournable de cet automne.
Déjà il y a la pochette, qui ne peut laisser personne indifférent. C'est Bradford même qui pose, qui nous montre son corps malade (il est atteint du syndrome de Marfan) et masque son visage derrière une lumière trop forte. Cette pochette résume bien l'album : une oeuvre personnelle, intime, d'une grande sensibilité.
Logos est un disque en marge de la plupart des productions musicales actuelles. On pourrait dire que c'est du Radiohead période Kid A/Amnesiac en moins pesant et moins triste, ou encore du Animal Collective en moins euphorique et moins bouffon. Et nettement plus limpide. Mais déjà, ça serait trop shématiser, ça serait mal. Logos a vraiment son originalité propre.
Pour ce qui est du lien avec Animal Collective, il est compréhensible : on retrouve même invité sur le troisième morceau (l'irrésistible "Walkbout", qui est aussi le titre le plus joyeux) un certain Noah Lennox, plus connu sous le nom de Panda Bear.
Logos, avec la voix angélique de Bradford en retrait le plus souvent par rapport aux instruments, est d'une grande douceur. On passerait nos après-midis d'automne allongés dans notre lit, seuls, à écouter ce disque, en regardant par la fenêtre les feuilles des arbres s'envoler et le jour tomber. Et ça serait probablement le meilleur automne de notre vie.
Il n'y a sincèrement aucun morceau à jeter dans cet album, d'un équilibre et d'une unité parfaits.
C'est le genre de bijou qu'on manie avec précaution : attention c'est fragile. On voudrait même ne pas le laisser entre toutes les oreilles, conserver précieusement ce trésor.
Et voilà le plus beau disque de cet automne.


(Au passage, écoutez le premier album d'Atlas Sound, Let The Blind Lead Those Who Can See But Cannot Feel, lui aussi d'une grande qualité.)

16.11.09

"On a tous cuit comme des dindes"


ITW THE VIRGINS

Il y a des gens comme ça qui, l'air de rien, vous marquent drôlement. Prenez Donald Cumming par exemple, le chanteur des Virgins. En concert on le voit sautiller joyeusement et chanter des paroles assez légères et voilà qu'en interview, on se retrouve face à un grand gamin à l'air un peu paumé et triste, pas toujours très bavard, qui te fixe droit dans les yeux et va te citer des références vraiment érudites tout en disant des mots d'argot à tout va, t'appelant "man" même si tu n'en est pas un, abusant du "Je ne sais pas", et s'excusant beaucoup. Le genre de rencontre pas vraiment oubliable, et vraiment passionnante.


TEA : Bonjour, vous êtes en tournée en France pour un petit moment, comment ça va ?

Donald : Ca va bien. Je suis un peu malade aujourd’hui parce qu’on a eu un problème dans le bus la nuit dernière. Le chauffage ne voulait pas s’arrêter, on a tous cuit. Cuit comme des dindes. Mais sinon, ça va.

Et vous aimez la France ?
Ouais, on vous aime, vous êtes les meilleurs ! J’aime la France, c’est toujours sympa de venir ici. C’est toujours cool. On a pas mal tourné chez vous, on y retourne souvent. On est venus en France pour la première fois il y a à peu près un an maintenant.
D’ailleurs, vous avez fait depuis un an ?
On a tourné, dans beaucoup de pays, des lieux où l’on n’avait jamais été avant. Cet été on a joué dans beaucoup de festivals, on a été au Japon et à Moscou, en Russie. On n’a fait que tourner.
Et vous avez un peu composé aussi ?
On a commencé à écrire un peu, mais on n’a pas encore vraiment fini quelque chose pour l’instant, ni enregistré quoi que ce soit.

Et ce soir alors, qu’est-ce que vous allez jouer ?
Eh bien, nous allons jouer le disque et quelques reprises qu’on aime faire. Mais aucune nouvelle chanson.

Il parait que vous avez appris à jouer très vite, quel est votre secret ?
Je sais pas. On a joué ensemble trois ans. On a juste beaucoup pratiqué. Tourner te permet de t’améliorer plus vite. Il faut jouer le plus possible. Je pense que c’est pour ça que dès qu’on a commencé à jouer, on a aussi commencé à tourner. Je pense que c’est ça, on a appris en jouant toutes les nuits.

15.11.09

tck tck tck!

FESTIVAL LES INROCKS TCK TCK TCK
7 & 8/11/09
@ L'OLYMPIC, NANTES


Il y a un an tout pile, TEA écrivait son premier article : un live-report du festival des Inrocks à l’Olympic, Nantes. Couvrir cette année encore l’évènement (cette fois-ci organisé avec Tck Tck Tck, parce que la terre est mal en point les amis) paraissait donc évident. Mais pas que pour fêter un anniversaire. La motivation première restait la programmation, encore une fois excellente. Black Lips, Passion Pit, La Roux, Ebony Bones, Lissy Trullie, Florence And The Machine, Violens, Little Boots, tout ça en seulement deux soirées consécutives : vous voyez le topo, immanquable !
Ca tombe bien, on l’a pas manqué. Et les nantais non plus. Il y avait du monde. Retour sur le weekend des 7 et 8 novembre, et avec des photos, parce qu'on vous aime bien.


SAMEDI 7 NOVEMBRE

Violens, la révélation
Avouez qu'une première écoute sur leur myspace n'est pas franchement engageante : écoutable, mais sans plus. Sauf que le concert nous a totalement fait changer d'avis. Les guitares branchées, le set à peine commencé, et déjà, on aime beaucoup. Oh, comme c'est beau. Leur musique, influencé par les sixties comme le post-punk ou le shoegaze, est d'une grande qualité. La voilà notre révélation du festival des Inrocks. Bon, certes, ce n'est pas forcément leur musique sortie des abysses qui est idéale pour chauffer le public, mais quel beau moment. Ah oui, le chanteur à boucle d'oreille est un grand fan de black metal (cf une interview publiée bientôt ici), heureusement, ça ne s'entend pas.

14.11.09

C'est la fête


JOYEUX ANNIVERSAIRE TEA !

Eh oui, cela fait déjà un an que le premier article a été posté ici et la TEAm n'est pas du tout décidée à s'arrêter, oh que non. On a des idées plein la tête.

Avant toute chose, on voulait vous dire merci pour vos visites, merci d'excuser nos jeux de mots pourris et nos coups de coeurs à répétitions. Merci d'être de plus en plus nombreux, merci de boire du thé (surtout s'il est à l'orange cannelle), merci de nous supporter (dans tous les sens du terme).
MERCI
et bisous bisous

11.11.09

"Qu'est ce qu'une femme avec une cacahuète dans le cul ?"


ITW IN THE CLUB

Toi là-bas, le guitariste en cuir, et toi, la reine des dancefloors, et toi, le fan des Strokes, toi qui n'aime que les groupes peu connus, ou toi qui aime le mainstream, toi qui écoute 50cent, toi qui ne vit que pour le rock, toi qui aime les Français, et toi qui ne supporte que les paroles dans la langue de Shakespeare, toi qui aime le prénom Chakib ou toi qui aime les blagues, va, lis cette interview des charmants In The Cub. Puis va donc chez ton disquaire acheter leur album Seduce N Destroy, et répand la bonne nouvelle autour de toi.

TEA : Bonsoir, vous avez sorti votre album Seduce N Destroy fin août, comment a-t-il été accueilli ?
Chakib (chant, guitare) : Ben écoute assez bien accueilli, on a eu pas mal de retours positifs. Globalement on est assez contents, que ce soit dans la presse, sur le web ou même en radio… On a été agréablement surpris des critiques des gens en général, on est plutôt contents.

Si vous deviez nous vendre votre album en une minute, vous nous diriez quoi ?
Simon (guitare) : On a vraiment essayé d’épurer les morceaux au maximum, pour faire un album très catchy, avec onze morceaux très courts et condensés. On a essayé de faire le plus de tubes possibles sur cet album. Je pense qu’il doit y avoir cinq tubes principaux sur notre album.
C’est le fruit de quatre-cinq ans de travail. On a aussi bossé avec quelqu’un de très connu comme Tore Johansson qui a mixé les Cardigans et Franz Ferdinand. Donc voilà on est assez contents du résultat. Pour notre premier album on trouve que c’est assez bien foutu et bien fini.

En parlant de Franz Ferdinand, vous avez vous aussi la volonté affichée de faire danser les filles ou c’est naturel ?
Chakib : Faire danser les filles ? Non, pas que les filles. Pourquoi uniquement ? On fait de la musique dansante. Ca reste du rock mais c’est du rock dansant, du disco-rock, efficace…

4.11.09

Un Indien dans la ville


NEON INDIAN
PSYCHIC CHASMS

Myspace recèle de petites perles disparates. La plateforme n'a pas fini de révéler ses secrets, et ce même si tout le monde est parti sur Facebook. La musique d'aujourd'hui est donc celle qu'on ne connait pas encore, coulée dans les méandres infinis de la toile. Des tréfonds explorés par quelques passionnés curieux qui, une fois la coquille de l'huitre percée, se font une joie de faire miroiter leur trouvaille sous les yeux ébahis du monde et d'une foule de blogeurs à l'affût, prêts à faire de cette nouvelle révélation un vrai phénomène international. Trois petits tours...et puis s'en va? Ca arrive, oui, cependant, le buzz fait toujours couler de l'encre et rugir les claviers... celui de la TEAm y compris (Nous sommes lyriques sur cette chronique). Alors, nous faisons nous tous berner ? Et si c'était juste le talent qui faisait des bulles?

Une des dernières révélations en date: Neon Indian.

Au printemps dernier sortait l'EP Psychic Chasms de l'Indien de Néon. On ne savait pas grand chose du groupe, la rumeur disait que c'était les MGMT sous un nouveau pseudonyme. En fait, ce n'était pas eux, mais Alan Palomo - cent fois moins connu il faut l'avouer, officiant aussi dans le groupe VEGA - un Texan hyperactif de 21 ans.

Attention : ce n'est pas parce que ce n'est pas les MGMT qui se cachent derrière ce projet qu'il faut passer à côté de Neon Indian. Vous manqueriez quelque chose. D'ailleurs l'album (qui se nomme lui aussi Psychic Chasms) est sorti le mois dernier, paré des couleurs d'automne pour arriver à point dans les bacs.

"On veut lancer la mode des chats sans poils"


ITW THE RAMBLING WHEELS

"Parce que la vie c'est comme ça qu'elle te roule. Elle te saute dessus quand tu as l'âme encore tout endormie, elle t'y fait germer une image, ou une odeur, ou un son qu'ensuite tu ne peux plus ôter de là." Barrico

Dans un style moins littéraire, ils ont répondu à nos questions. "Ils" c'est pas lui, avec sa frange si longue qu'il ne voit plus rien mais plutôt Docteur Wheels, ses sourcils touffus + Mister Jonfox et sa moustache distinguée. En méga bonus, on a même eut droit à leur pote anglophone barbu.

Les poilus, c'est The Rambling Wheels de Neuchâtel. L'âme endormie? Que nenni. La preuve par une demi-heure d'entretien - entre confidences musicales et trips velus: Optime.
Au centre
Salut les Wheels, ça roule ?
Docteur Wheels : Ca roule. Ce soir, ça roule bien.
Mr Jonfox : Ah, ça roule vraiment bien. Ce soir, c’est un peu comme ces grands camions à 30 ou 40 roues qu’il y a en Australie.
DW : Et puis, ça roule tout droit, à travers le désert.
J : On verra !
DW : On se réjouit de jouer en tout cas.
On a cherché à définir l’émotion du moment où on est sur la scène et on a remarqué que c’est un peu comme dans l’enfance. Quand t’avais 10 ou 12 ans que tu faisais un sapin de Noël. Il y avait de gros cadeaux, tu savais que c’était des Legos – en tout cas pour les mecs – et tu te réjouissais d’aller les ouvrir et d’aller jouer.
Donc ce soir, c’est un peu comme un cadeau.
DW : Voilà. Un beau cadeau.

2.11.09

Sauvages à la case


THE RAMBLING WHEELS
@LA CASE A CHOCS


Neuchâtel, son lac, ses vignes et...sa musique. Oui, on ne fait pas que boire dans la région, quelques troubadours seront même ravis de vous chanter des chansons.
Bohémiens, vagabonds, chats de gouttière? Les Rambling Wheels en pur produit du terroir se sont produits vendredi soir à La Case à Chocs. Une prestation chatoyante et décoiffante, digne d'égayer quelques peu cette période de grisaille automnale.

Pour célébrer la sortie de leur album "Furry Tales", Docteur Wheels, Fuzzy O'Bron et Mister Jonfox ont choisi la case pour un concert local en compagnie de leurs compatriotes. 750 de ces derniers ont répondu présent, de quoi réjouir le groupe neuchâtelois en pleine ascension. Après un entretien marrant (si l'on en croit leur Myspace, leur unique ambition serait de faire rire les filles), suite à une interview au poil, donc, les joyeux drilles ont revêtu leurs masques de chat sans poils et ont débarqué sur une une scène pleine de poils.