L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

30.4.10

"The ghost at the back of your head"


FOALS
TOTAL LIFE FOREVER

Alors qu'on ne sait toujours pas très bien si le nouvel album de MGMT est un chef d'oeuvre ou un raté (et le débat ne sera pas ouvert ici, pitié, je suis trop jeune pour mourir), un autre groupe ayant accouché d'une merveille (Antidotes) en 2008 revient aussi cette année et risque de mettre tout le monde d'accord.

Le deuxième album des Foals était attendu, oh que oui. Des mois avant sa sortie les Inrocks se targuaient de l'avoir écouté en exclusivité et disaient à qui mieux mieux que c'était "énorme". Et on voulait bien le croire, surtout que le premier extrait, l'envoûtant "Spanish Sahara", ne laissait présager que du bon et enflammait la blogosphère et au delà.

Quelques petites semaines plus tard et hop, un nouveau morceau sortait, le single "This Orient", un brin simpliste pour tous ceux qui étaient fans des mathématiques à la Foals. Puis un concert complet depuis belle lurette à Paris, un autre à Bourges, un tweet énigmatique de Yannis Philippakis le chanteur ("je suis un poulet")... Et enfin dernièrement l'album, Total Life Forever, prévu pour le 10 mai prochain, qui fuite sur internet (si vous êtes un peu dégourdis, vous êtes déjà tombés dessus.)

Là, pas de doute : nous avons quelque chose de beau dans les oreilles. Les Foals ne déçoivent pas. Pourtant leur son qu'on aimait tant a changé, un peu, il est moins violent (exit les hymnes à la "Cassius" ou "Hummer") et nous l'annonce dès le début, avec le très doux "Blue Blood". La voix de Yannis n'est plus exactement la même, mais on retrouve toujours les fameuses guitares aux sonorités aériennes et tropicales des Foals et les mélodies millimétrées. Aérien, oui, plus que jamais. Vous aimiez "Red Sock Pugie" et ses envolées ? Ben il y en a plein des comme ça dans Total Life Forever. L'écoute au casque est plus que conseillée pour apprécier au mieux des chansons comme "Alabaster", le délicat "2 Trees" et bien sûr ce cher "Spanish Sahara" dont on n'arrive pas à se lasser. Mais rassurez vous, il y a aussi des morceaux plus entraînants, comme "Black Gold" et son génial début, "Total Life Forever", et le parfait "Miami", la chanson qui appelle méchamment au replay.
Le bel album que voilà, plus on l'écoute et plus on l'aime. Vivement sa sortie officielle et les prochains concerts des Foals (aux Eurockéennes et à Rock En Seine cet été, ça va dépoter).

Sur ce, je vais réécouter "Miami".

29.4.10

Kit de survie à l'usage des petits coeurs

Une blonde, une brune venues du grand nord pour soigner les bobos du coeur avec leurs chants, ça fleure bon le conte de fées. Mais sous les apparences naïves du duo First Aid Kit se cachent deux soeurs très gentilles qu'on voudrait tous avoir comme amies. Fan des Fleet Foxes (qu'elles interprètent d'ailleurs à merveille), Klara et Johanna forment un duo folk gentil mais pas niais qui charmera tout à fait les amateurs de belles voix (...et de jolies robes. Ici, on les jalouse).
Bref, de passage au m4music, TEA se devait de les rencontrer. Seulement voilà...l'enregistreur cassette (ouais, on fait ça à la vieille, tu crois quoi) en fin de vie a complètement disjoncté. Delete le témoin du court entretien. Pardonnez donc cette interview incomplète écrite d'après des souvenirs un peu estompés par le temps.


INTERVIEW FIRST AID KIT

La TEAm est composée de deux grandes fans du grand nord. Avez vous des endroits à nous conseiller ?
La Suède, c'est plus beau en été. En hiver, c'est très bien mais trop long, il fait trop froid, il y a trop de neige...un peu comme ici je suppose.
Le mieux, c'est la campagne, les grandes forêts...en hiver tu dois rester à l'intérieur, c'est pas top.


Qu'est ce que ça fait de jouer avec sa soeur ?
La formation s'est imposée d'elle même et c'est celle qui nous semblait la plus naturelle. En fait, Klara a commencé à jouer de la guitare et s'est mise à composer des chansons. Petit à petit, Johanna a intégré le processus, et la machine était en route.



Si bien que vous avez déjà traversé l'océan ?


Oui, nous avons joué au SXSW. 
Vous êtes aussi très jeunes par rapport à votre succès...

Oui, on a terminé l'école obligatoire et maintenant, on fait ça. C'est innatendu mais c'est ce qu'on aime et on espère que ça dure.
Qu'est-ce qui inspire vos compositions ?
La nature, la vie...les aléas de l'amour. On touche à tout!

Quelles sont vos artistes favoris ?
Fleet Foxes! (quelle surprise)
Sinon, on a vu que José Gonzalès jouait ce soir. C'est un suédois. On espère avoir le temps de le voir avant notre passage sur scène.

Racontez-nous votre pire concert.
(elles réfléchissent longuement)
...le meilleur ?
(les visages s'illuminent) Nous devions jouer dans un petit village qui s'appelle Hull, "the worst city in England". Tout le monde nous disait que ça allait être affreux, que le taux de criminalité y était élevé, que les enfants n'allaient pas à l'école, etc. On ne s'attendait donc pas à quelque chose de grandiose mais en fin de compte, ce fut super! Les gens étaient super enthousiastes, ce fut un de nos meilleurs concerts à ce jour!

Quelles sortes de blessures soignez vous ?
(sourires) Les blessures de coeur peut être... nous ne souhaitons pas faire de la musique grand public. Nos chansons doivent vraiment toucher les gens. Donc peut être que certains ont déjà été troublés et peut être réconfortés en nous écoutant.
En tout cas, on espère que nos auditeurs soient en bonne santé!
C'est gentil. Et sinon, vous aimez le thé ?
Oui ! On en boit beaucoup, surtout en hiver.

Une blague pour terminer ?
There is a bottle of salad-sauce in a fridge.
What does it say when you open the door?
Stop, I'm dressing!



Elle sont charmantes et parlent sans accent. "Nous sommes perfectionnistes" remarquent elles, avant de nous gratifier d'un "Au revoir" également parfait.
Décidément, on ne peut qu'aimer les deux suédoises.

27.4.10

"Planter mon jardin"


INTERVIEW MUSEE MECANIQUE

Vous voyez ces deux gus qui essaient de se cacher derrière une plante verte ? Le petit blond aux yeux marrons et le grand brun aux yeux bleus ? Ben ce sont les meneurs de Musée Mécanique, un groupe de Portland qui fait de jolies musiques à l'air triste. Mais d'après les intéressés, leurs chansons sont néanmoins porteuses d'espoir, ils vous expliquent ça dans un charmant entretien retranscrit juste ici :

TEA : Vous avez sorti votre premier album (et dernier en date) en 2008, qu'avez-vous fait depuis ?
Micah (le blond) : L'album (Hold This Ghost, ndlr) est sorti en 2008 et c'est le même album que nous ressortons en Europe juste en ce moment. Entre les deux, on a tourné aux Etats-Unis et on a écrit un peu, mais surtout tourné (rires).
Et vous aimez tourner ?
Micah : Ouais.
Sean (le brun) : Mais on est aussi excités à l'idée de s'arrêter un peu de tourner.
Micah : Afin de travailler sur le nouvel album.
Sean : Et sortir.
Donc vous préférez être en studio ou sur scène ?
Sean : Mmh... C'est très différent. Ouais... C'est comme manger et dormir. Tu as besoin des deux.

La tournée européenne avec Get Well Soon s'est bien passée ?
Sean : Absolument. Nous sommes très vites devenus amis, donc nous sommes un peu tristes de les quitter ce soir... Mais ça a été une bonne tournée (sourire)
Micah : On ne connaissait pas du tout leur musique avant.

Pourquoi avez-vous choisi de vous appeler d'après un musée ?
Sean : C'est une bonne question. Euh, en fait, c'était pas notre premier nom. Mais notre premier nom était pris. Et on était en train de travailler sur nos chansons et nous sommes rappelés du musée à San Francisco que nous avions toujours aimé. Tu as lu des choses à propos du musée ?

Un peu, mais vous pouvez m'en dire plus ?
Sean : Ouais. Je pense, nous pensions que ça marchait vraiment bien avec notre musique. Il y a plein d'instruments différents et différents trucs mécaniques. Et chacun d'entre eux à son propre caractère, comme différents mondes dans toutes ces petites boîtes. Et on aime beaucoup ça. Et dans tous ces mondes différents, même si ce n'est pas la radio ou la télévision, cette vieille mécanique arrive encore à captiver l'imagination. Et nous voulons notre musique comme ça. Nos chansons ont leur propre monde.
Oui, et à vous écouter, vous semblez d'un autre âge...
Sean : Ouais. Et on aime aussi le son du nom en français, "Musée Mécanique" (prononcé avec un accent quasi-irréprochable). C'est beau.
D'ailleurs, doit-on écrire le nom avec ou sans accent ?
Sean : En fait, quand les gens mettent un accent sur des moteurs de recherches, souvent ils ne trouvent pas. Donc si tu as ton site, TEA-zine c'est ça ? Oui, donc les gens vont dessus, et puis ils cherchent Musée Mécanique, et ils ne savent pas comment l'écrire avec l'accent et ne nous trouvent pas. Donc parfois, c'est plus simple de faire sans. Mais on aime quand il est mis.

24.4.10

"Toi tu peux être Beyoncé et moi je serais Lady Gaga"


m4music, ça vous dit quelque chose? Après un mois de trêve, je reviens à la charge pour les bonus du dossier...et non les moindres. Aujourd'hui, pour vos beaux yeux, l'interview de Metronomy
Rencontrés dans l'espace pro - c'est à dire, 10min. par journaliste, chronomètre à la main - Oscar et Joseph, les deux protagonistes du groupe briseur de coeurs, ont rit à chacune de nos questions. Ils avaient même un plan drague pour nous, trop sympa.


INTERVIEW METRONOMY

TEA : Il parait que vous êtes le groupe de pop le plus sympa du monde.Joseph : C’était vrai mais ça a changé.



(rires) Je pense que nous sommes sympas. En même temps, on rencontre pas mal de gens pas cools mais je pense que nous faisons partie des quelques personnes gentilles dans la pop.
Si vous n’êtes pas faits pour l’amour, pour quoi êtes vous faits ?Joseph : …je pense que je suis fait pour conduire. J’aime conduire.
Est-ce que tu conduis le tour-bus ?Joseph : Non, non…mais quand on a commencé, on avait une petite voiture que je conduisais. Tu te souviens quand je conduisais et que je maîtrisais à fond ?
Oscar : Oui. Il conduit très bien. Et de façon sûre. Et toujours à l’heure. Il est fait pour ça.
Joseph (qui rigole) : Oui, je suis fait pour ça.
Et toi, Oscar ?

Oscar : La compétition.
Joseph : Oui, c’est vrai. Oscar est très compétitif. Il est fait pour les événements sportifs.

Quelle est la station de Radio Ladio ?Joseph : La station?...Je dirais quelque chose comme BBC Radio 2. It’s a very slik radio. Mais ce n’est plus aussi bien qu’avant, non ?
Oscar : C’est pas trop mal. It is what it is.
Joseph : Haha. En fait, c’est vraiment bien.

Où voulez vous aller en vacances ?Joseph : J’adorerais aller en vacances. Mon plan c’est d’aller voir des aurores boréales. Je pense que pour ça, je dois aller en Norvège ou en Islande.
Oscar : Et en Islande, il y a des volcans.
Joseph : Oh oui ! Alors maintenant, j’irais en vacances en Islande. Peut être qu’en été je dirais plutôt Ibiza.
Pas la Suisse ?Joseph : En fait, j'ai déjà passé un long moment – ça m’a semblé long en tout cas- à Lausanne. On a fait un concert et ensuite, j’ai passé quelques jours à faire du bateau et du pédalo sur le lac Léman. C’était très cool. En fait, j’ai aimé ces vacances. Donc oui, bien sûr je voulais dire la Suisse. La partie romande.

23.4.10

"Can you hear the ghosts?"


JOHN & JEHN
Time For The Devil

Il y a des couples qui font équipe aux concours de belote, ou qui vont danser les dimanches aux guinguettes, ou ceux qui partagent une passion pour les oiseaux, collectionnent des timbres rares ou jouent au tennis ensemble. Et puis il y a ceux qui ont décidé de faire de la musique à deux. C'est romantique aussi, et ça change de la belote. Peut être que Nicolas Congé et Camille Berthomier sont aussi de grands philatélistes, mais leur occupation principale est de faire de la musique sous le nom de John & Jehn.

Un concert au Chabada il y a maintenant plus d'un an nous les avait révélés, et tout de suite, ce couple de Français exilés à Londres nous avait plu. Depuis, ils ont tourné accompagnés maintenant de deux musiciens, sont devenus amis avec les Franz Ferdinand et ont ouvert pour eux, une de leurs chansons du premier et réussi album, "Fear Fear Fear" a figuré dans un épisode de la dernière saison de Skins, et surtout, ils reviennent avec un deuxième disque : Time For The Devil.

Dès les premières minutes de la chanson qui justement a donné son nom à l'album, nous sommes rassurés par cette belle entrée en matière. John chante d'une voix grave et Jehn est aux choeurs, et tout fonctionne parfaitement (ils se partagent le chant tout au long du disque). Le single "Oh My Love" est quant à lui plus sensuel, et on retrouve les claviers qu'on aimait tant dans le premier album, rétro et sombres. La différence se révèle avec "Shy" : John &; Jehn lorgnent désormais davantage sur la pop lumineuse (fini la production artisanale), tout en conservant leurs références pas toujours très joyeuses (Joy Division, Velvet Underground). "And We Run" et "On Our Streets" confirment la chose. Au milieu de ces morceaux pop, on retrouve quand même les fantômes des débuts (merci les synthés) : "Vampire" et "Ghosts" sont délicieuses. Et même s'il y a parfois des longueurs ("Prime Time", "Love Is Not Enough") ceci reste un très bon album (à seulement sept euros qui plus est) qu'on réécoute avec plaisir. Le couple glamour (ouh le gros mot !) a maintenant un son tout propre mais a réussit à conserver tout son charme. 2010 : l'année des fantômes et des amoureux ?

20.4.10

Belfort mon amour

La conférence de presse vient de s'achever. La programmation des Eurockéennes est dévoilée. Et c'est beau, c'est beau :
-Massive Attack
-Julian Casablancas
-Missy Elliott
-Jay-Z
-LCD Soundsystem
-Black Keys
-Hot Chip
-Kasabian
-Ghinzu
-Foals
-Broken Social Scene
-Memory Tapes
-Fuck Buttons
-The Drums
-Two Door Cinema Club
-Empire Of The Sun
-Health
-The XX
-Charlotte Gainsbourg
-General Electriks
-Bloody Beetroots
-Kid Bombardos
-We Are Enfant Terrible

Et plein plein d'autres, que vous pouvez retrouver ce soir ici : http://www.eurockeennes.fr/
Promis, on vous décortique la prog et on vous en reparle en détail tout bientôt sur TEA.
En attendant, vous pouvez toujours réserver votre weekend du 2 au 4 juillet. On s'y verra, la TEAm ne manquerait les Eurocks pour rien au monde, c'est un peu notre festival d'amour, comme le prouve notre dossier spécial Eurocks 2009. Belfort, on arrive.

17.4.10

"Ils m'ont mise à la flûte, c'était pas cool du tout"


INTERVIEW JESSIE EVANS

Pour être honnête, je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre en interviewant Jessie Evans. Elle ne faisait pas vraiment le genre de musique qu'on a l'habitude d'écouter, elle avait l'air complètement cinglée, et en plus avait des manières de diva en insistant pour qu'on ne la filme pas en interview. Je l'attendais donc depuis vingt minutes dans les loges du Chabada, un peu inquiète. Mais une fois qu'on a commencé à parler, c'est vite passé. Jessie Evans est, en plus de passionnante, vraiment adorable.

TEA : Comment se passe cette tournée au festival Les Femmes S'en Mêlent ?
Jessie Evans : Ça a vraiment été super. C'est ma meilleure tournée depuis longtemps. On a joué sept dates je pense. C'est la septième ce soir. Et c'est très très drôle. J'aime les personnes qui vont à ce festival. Les groupes ont été super cools. C'est vraiment sympa de jouer avec MEN. J'ai rencontré JD il y a environ dix ans. Elle avait programmé un concert pour mon vieux groupe, Subtonix, un girl band. Donc c'est vraiment marrant de jouer avec MEN, et Tender Forever est très gentille, et j'ai joué avec un groupe appelé Rock & Junior, ils étaient formidables.

Te considères-tu comme une féministe ?
Oui, bien sûr. Parce que je suis une femme et que je fais de la musique et que j'ai grandi dans une société occidentale où les femmes tendaient à avoir de plus en plus de pouvoir et de droits, ce qui n'est pas le cas partout dans le monde, tu vois. Je ne sais pas, je suis passionnée par les femmes, je suis passionnée par les gens.

Pourquoi as-tu déménagé à Berlin ?
Heu... J'avais des amis là-bas, comme Hanin Elias, la chanteuse d'Atari Teenage Riot, et elle me disait "Allez, viens à Berlin". Donc j'ai déménagé à Berlin il y a cinq ans. On est devenus amies avec cette fille de Malaria!, Bettina Köster, et tous ces gens de la scène heavy ou cold wave, qu'on adorait vraiment à l'époque. Voilà où je vis. C'est bien de vivre là-bas, et puis c'est vraiment pas cher. C'est au centre de l'Europe, et comme je tourne beaucoup en Europe, c'est parfait.
C'est cool de faire de la musique là-bas ?
Je n'aime pas tellement la scène musicale berlinoise, non. Il y a des choses qui s'y font et qui sont vraiment intéressantes. Namosh est vraiment talentueux. Un chanteur, performeur, il fait de la musique électronique, c'est un très bon danseur. Khan aussi fait de la musique électronique, il est très intéressant. C'est intéressant mais c'est vraiment une scène très électro. Je suis plus branchée rock'n'roll. (rires)
Et pourquoi as-tu quitté la Californie ? Tu ne l'aimais pas ?
J'aimais la Californie, je voulais juste bouger et changer. Mais je n'aime pas non plus la situation politique en Amérique, qui est paralysée depuis longtemps. Ça a commencé avec Bush et maintenant Obama. Et je ne veux pas être là-bas, je n'aime pas ce qu'ils font, je n'aime pas les guerres dans lesquelles ils sont engagés. Et c'est très dur d'être un musicien underground là-bas, c'est très dur de gagner de l'argent. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai déménagé à Berlin. Je tourne en Europe et je peux gagner de l'argent en tant que musicienne. Et en Amérique, c'est très dur, il faut être célèbre. Il y a un énorme écart entre les très connus et la scène underground. Les Européens respectent vraiment ta musique, et les Américains, non. Je veux dire que les gens en Amérique ne considèrent pas ça important. J'aime vraiment l'Amérique mais il y a de trop gros problèmes là-bas, et en un sens, ça ne m'aidait pas à me construire comme je le souhaitais.

16.4.10

"The women independant"


INTERVIEW MEN

Pour ceux qui n'arrivent toujours pas à situer, MEN, c'est le projet de JD Samson, du groupe Le Tigre, et c'est encore plus dansant. De passage au festival Les Femmes S'en Mêlent au Chabada à Angers, le trio a accepté de répondre à nos questions. Une ambiance décontractée avec JD qui, non contente d'avoir une moustache, pousse le mimétisme jusqu'à abandonner sa main sur son entrejambe, Ginger riant à toutes les répliques, et Michael, ironiquement la personne la plus féminine du groupe.

Pouvez-vous vous présenter ?
JD : Bien sûr ! Je m'appelle JD Samson, et elle c'est Ginger Brooks Takahashi et lui Michael O'Neill et ensemble nous sommes MEN. Nous sommes un collectif musical et artistique basé à Brooklyn et là nous sommes en tournée pour jouer de la musique.
Comment appréhendez-vous la tournée européenne qui arrive ?
JD : Nous sommes vraiment très excités. C'est notre deuxième tournée en Europe et nous n'avions pas passé beaucoup de temps en France la dernière fois donc nous sommes très excités à l'idée de voir de nouveaux visages et de nouvelles villes et de voyager...
Et d'être au festival Les Femmes S'en Mêlent ?
JD : Ouais. J'ai vraiment du mal à dire le nom, c'est pour ça que je ne l'avais pas encore mentionné. Mais nous sommes très heureux d'être au festival. Et en fait nous connaissions Jessie Evans depuis genre super longtemps. Elle jouait avec des potes à nous il y a genre dix ans. Mais maintenant elle vit à Berlin et est en solo. On regardait sur le site web du festival avec qui nous allions jouer et on était là genre "Qui est-ce ? On l'adore !" et après on a réalisé qu'on la connaissait déjà.
Ginger : Ouais, et on a aussi des amis en commun avec Tender Forever avec qui on joue sur d'autres dates. Donc ce festival, on dirait notre scène, donc c'est cool.
Vous savez ce que "les femmes s'en mêlent" signifie ?
JD : Les femmes... indépendantes ? Non...
(On leur explique)
Ginger : C'est un peu comme "les femmes indépendantes" !
JD : On m'a demandé plusieurs fois de jouer dans ce festival avant, avec d'autres formations. Donc j'ai toujours entendu parler de ce festival, mais je n'y avais jamais joué donc il y avait une sorte de mystère autour de lui, genre "Qu'est ce que c'est ? Qui y va ? Mais de quoi ça parle au juste ?"Donc c'est vraiment excitant d'être ici. Et la nuit dernière il y avait définitivement tellement de filles fières que j'ai senti que c'était très puissant et charmant ce qui se passait dans la salle. Je veux dire, je pense que pour nous, c'est très intéressant de jouer dans des évènements comme ça. Et on est aussi très intéressés pour jouer dans des évènements gays. Parce que nous sommes un groupe homosexuel, donc c'est aussi important pour nous.

Pourquoi avoir choisi le nom "MEN" ? Un choix idéologique ?
JD : Je pense que c'était un choix idéologique. Et ça devient une réflexion sur le genre et l'idée que n'importe qui peut être n'importe quoi s'il le veut.
Et quelle est la part d'idéologie dans vote musique ?
JD : Je pense que la politique a un rôle important dans notre musique et notre action. Mais on ne veut pas être un groupe qui, genre, tu vois, prêche quelque chose. Je pense qu'on veut juste aider les gens à être qui ils veulent vraiment être et à savoir ce en quoi ils croient vraiment, tout en s'amusant.
Ginger : Certaines personnes disent que nous faisons de la "gay power music".
JD : Ouais, mais on pense aussi que c'est important que les gens comprennent la sentimentalité de la musique et du fait qu'on liste ces faits politiques ou ces choses auquel on pense. Mais on ne veut pas les hurler ou les chanter ou les dire comme si nous prêchions. Je pense que nous les disons du genre "ces choses nous touchent personnellement", en tant qu'humains cela nous affecte tous. C'est juste à propos de la politique et des émotions.

Ginger : Ouais. Et c'est poétique. Et c'est aussi comme "Hey, nous sommes dans ce monde tous ensemble".

12.4.10

"Je ne suis pas une pute"


Avant le concert megatoll de Kutti MC, on l'a rencontré. Petit, binoclard et un peu timide, l'artiste a prit son temps pour répondre à nos questions...en suisse-allemand. Le germain? Même pas peur! (La TEAm n'en est pas à sa première interview en allemand). Et grâce à notre superbe aisance en langues, vous apprendrez qu'il est également écrivain, qu'il adore le train et que, bien que détenteur d'une paire de menottes de fourrure rose, il n'est pas une prostituée.


ITW KUTTI MC

Te sens tu plus poète ou rappeur ?
La langue est tout simplement mon médium. Je l’utilise de différentes manières, sous différentes formes. Je suis le musicien Kutti MC et le poète Jürg Halter. J’écris, je fais des lectures publiques et je donne des concerts. Ce qui est particulier avec Kutti MC, c’est le dialecte. Mes poèmes en revanche, sont en (bon) allemand.
Es-tu toujours la même personne ?
Au fond, c’est toujours la même personne, mais elle se comporte différemment.
Autrement comment ?
Difficile à dire.

Pourquoi le suisse-allemand ?
C’est ma langue maternelle, celle qui m’est le plus proche. Etant donné que le rap est très intensif niveau langue, c’est mieux de le faire dans celle qui nous est la plus proche. Ca n’a pas vraiment de sens de commencer à chanter en anglais lorsque c’est le texte qui est central.
Par souci de sincérité ?
Oui, exactement. Bon, nous, nous faisons des trucs très variés. Je peux très bien m’imaginer faire quelque chose en anglais un jour mais sous un autre nom.
Récemment, j’ai fondé un nouveau groupe qui s’appelle « Schule der Unruhe » (l’école des troubles). C’est en bon allemand, sur du jazz. Pour ce projet, j’ai écrit un texte en français
!!!
(rires)...dans mon modeste français. « J’ai écrit une texte en français » (en français dans le texte. Mignon).
Et on aura la chance de l’entendre ce soir ?
Non non, c’est un nouveau projet. Ca sortira cet automne. Et puis je ne sais pas si tout est correct (rires).

Comment vas-tu passer le « Röstigraben » (la frontière entre la suisse-allemande et la suisse-romande) ?
J’ai déjà donné des concerts à Lausanne, Genève ou Nyon et ça a assez bien fonctionné. Je disais quelque chose en français de temps et temps et le live à bien marché. En même temps, la musique est un ensemble. Il n’y a pas que la langue. Donc ça va aussi ailleurs qu’en suisse alémanique. J’ai aussi déjà fait des lectures publiques en France mais là c’était des traductions mes textes.
Bien sûr, j’essaie de toucher le plus de gens possible avec ce que je fais mais j’arrive un peu à estimer si ça fonctionnera ou pas. Genre, en Allemagne, j’ai aussi déjà fait des concerts et au fond, ils ne comprennent rien non plus à mon dialecte. Mais à mon avis, si on n’a pas peur de ça et qu’on fait juste ce qu’on a envie de faire, ça peut marcher. Par exemple, en suisse-allemande, il y a plein de concerts de groupes français et ça ne pose pas de problèmes.

En ce qui me concerne, j’écoute des enregistrements de poèmes arabes -je ne comprends rien et je lis juste la traduction - mais l’important c’est la « mélodie » de la langue, le rythme et l’intonation.

9.4.10

"Tu peux être gentil quelle que soit ta coiffure"


GIRLS
INTERVIEW

Vous vous souvenez de "Lust For Life" l'année dernière ? Du nombre de fois où vous aviez dansé dessus et regardé le joli clip ? Vous vous rappelez du slow ultime "Hellhole Ratrace" ? C'était Girls, c'était chouette. La vague est un peu passée depuis, mais il suffit de réécouter leurs chansons pour retomber sous le charme fissa. Mercredi 17 mars, ils passaient à Nantes. J'en ai profité pour les rencontrer.
Le bar de l'Olympic, faiblement éclairé, en fin d'après midi. A la table, face à moi, deux San Franciscains. Chet White et Christoper Owens. Ce dernier a des Doc Martens vertes fluo, un pull jaune moutarde et des ongles oranges. Ils ont tous les deux l'air très fatigués, mais peut être ont ils pris quelques substances au préalable. Leur gentil tour manager leur apporte du café. L'interview commence. Ils ne sont pas bien bavards au début. Surtout Christopher, le chanteur, qui donne ses paroles au compte goutte et souvent se contente de me fixer avec un sourire timide. Et puis l'atmosphère se détend. Chet rit tout le temps. Et la demie heure passe bien vite. Les deux bougres sont franchement intéressants et sympathiques. Dans l'interview qui suit, vous apprendrez notamment que les Girls écoutent Mariah Carey et Miley Cyrus, qu'ils trouvent que la Saint Patrick c'est pour les beaufs, que Christopher voudrait être une petite princesse américaine et qu'ils ont de sérieux problèmes pour nommer les choses.

TEA : Depuis l’année dernière, vous n’arrêtez pas de tourner, n’êtes-vous pas fatigués ou blasés ?
Christopher Owens (chant, guitare) : Ouais…
Blasés ?
Christopher : Fatigués.
Mais vous aimez tourner quand même ?
Chet ’JR’ White (basse) : C’est pas si cool de tourner, je veux dire, rouler n’est pas si cool.
Vous préférez être en studio ?
Christopher : Ouais, on préfère enregistrer.
Quand allez-vous rentrer chez vous ?
Christopher : Bientôt, genre dans quelques jours. C’est la dernière date de la tournée.
Et vous êtes heureux de rentrer…
Christopher : Ouais.

Pourquoi avoir choisi de vous appeler Girls ? Vous êtes des menteurs ?
(ils sourient)
Chet : Nous ne sommes pas des menteurs. Ce n’est pas à propos de nous…
C’est parce que vous aimez les filles ?
Christopher : Quelque chose du genre oui. (sourire)

Et vous avez intitulé votre album, "Album", vous n’étiez pas inspirés ?
Chet : (rires) Non, on n’avait pas d’idée. On n’aimait aucun autre nom. On ne voulait pas lui donner de nom. C’était quelque chose comme… Ce n’était pas comme un concept tu vois. Je pense que c’est peut être parce que le disque avait beaucoup d’aspects différents. Peut être que pour le deuxième album, eh bien, nous auront beaucoup d’idées, comme une préméditation, comme par exemple ce que nous ferons comme pochette peut être. Mais là, c’était juste une collection de chansons que nous avions enregistrées nous-mêmes juste pour s’amuser, sans aucun label ni rien à l’époque. Donc c’est juste comme heu, juste un truc, tu vois. Album était une partie de la vie de Chris sur laquelle il avait écrit, tu sais, des paroles sur sa vie, et on a essayé de trouver un nom mais… Et il a fait une pochette, et a écrit "album" à l’endroit du titre, et on était genre "J’aime ça". Et ensuite on a fait beaucoup de photos de nos amies, toutes des filles tu sais, et alors on a pensé que ça pourrait être comme un album photo.
Et votre deuxième album s’appellera Album 2 ?
Christopher : Ca se pourrait.
Chet : Non, on ne sait pas.
Et vos avez commencé à penser à ce deuxième album ?
Chet : Ouais, on y pense… (long silence, on n‘en saura pas plus)

Même pas peur d’appeler une chanson exactement comme une d’Iggy Pop ?
Christopher : C’était ça le truc. Le truc c’est que tu ne peux pas posséder une phrase ou un titre comme ça. Je pense que le titre "Lust For Life" convient parfaitement à la chanson, tu vois. Il n’y avait pas d’autre titre pour cette chanson. Il n’y a pas de problème, tu vois. Je suis sûr qu’il y a d’autres chansons qui s’appellent "Laura", "Summertime"…
Chet : "Darling"…
Christopher : Tous les noms sont utilisés…
Chet : Nous étions conscients que ce titre était déjà pris mais on était genre "On a fait une chanson pop cool aussi, donc nous aussi on peut avoir ce titre." On pensait que c’était une super chanson, il a écrit une super chanson aussi, donc il n’y a pas de concurrence.

6.4.10

Le XIXème siècle, c'est chouette


ÖDLAND
OTTOCENTO

Depuis dix jours, je fais chaque nuit le même rêve. Oh, il s'y passe toujours de différentes péripéties, mais la trame principale reste la même. Je suis au Pays des Merveilles, ni plus ni moins. Et celui de Lewis, s’il vous plaît, celui du XIXème siècle, avec ses pages jaunies et ses jolies illustrations de l’auteur en noir et blanc, pas celui de Tim, d’aujourd’hui, avec ses vedettes américaines et sa technologie 3D. Au XIXème siècle et donc dans mon rêve, il n’y a pas de cinéma, les frères Lumières sont encore des bambins.
Mais j'exagère, tout n'est quand même pas comme chez Lewis Carroll. La grande différence par rapport au livre, c'est qu'il y a cinq nouveaux personnages. Ils s'appellent Alizée et Léa Bingöllü, Lorenzo Papace, Alice Tahon et Isabelle Royet-Journoud. Ils viennent du 21è siècle aussi, malgré ce que leurs costumes et leur manière de parler pourraient laisser penser, et vivent d'ordinaire à Lyon, quand ils ne se baladent pas dans les rêves. Ensemble, ils forment Ödland, c'est un curieux nom qui suscite l'imaginaire, ont-ils expliqué une fois au Chapelier fou. Ce sont des musiciens acoustiques. Alizée chante, tantôt en français, tantôt en anglais. Elle a une voix aigüe et plutôt enfantine, qui parfois prend des inflexions inquiétantes. J'aime beaucoup quand Ödland joue. On croirait une boîte à musique améliorée, où violon, violoncelle et piano pourrait s'épanouir à leur guise. Leurs chansons font surtout référence à Alice au Pays des merveilles. Il y a la Reine de Coeur ("The Queen Of Hearts"), la Chenille ("The Caterpillar") et on peut même boire du thé pendant plus de dix minutes avec le Chapelier fou, le Lièvre de Mars et le Loir ("Un Thé Chez Les Fous"). J'aime beaucoup le thé.
De temps à autre, le rêve s'échappe de l'univers d'Alice, mais je ne suis jamais perdue tout à fait, puisque Ödland et le XIXème siècle m'accompagnent. Les Lyonnais racontent de drôles d'histoires, comme celle de Mathilde Rossignol, ma préférée, jeune fille piétinée lors d'un bal en 1897, et dansant depuis dans les bras de Gustave le fantôme. Ils aiment aussi beaucoup s'extasier sur les dernières inventions : le "Train", la photographie ("Halogénures d'Argent"), ou encore le télégraphe ("De Vienne à Paris"). Les cinq membres d'Ödland sont passionnants, on dirait des personnages de livres, ou des magiciens. Lorenzo, qui est à l'origine du projet et avec qui j'ai déjà pris une tasse de thé dans des rêves antérieurs, m'explique comment ils ont tout fait eux-mêmes. Ils ont enregistré leurs chansons à la maison et en une seule prise à chaque fois, et en acoustique bien sûr, ont fait de (jolies) photographies, Lorenzo s'est occupé du graphisme, et ils ont décidé d'auto produire et distribuer leur premier album, Ottocento. Même que leur CD (dans mon rêve, cet anachronisme ne me choque même pas) ne coûte que dix euros (vous pouvez faire la conversion en francs), et qu'il vous sera envoyé dans une enveloppe avec de belles écritures et avec un morceau du clip de "The Queen Of Hearts" à l'intérieur. Le rêve dure plus d'une heure, je voyage dans le temps avec ces cinq joyeux drilles et leur musique, rencontre d'autres étranges personnages et vois de nouveaux paysages. Et puis je me réveille, et rappuie sur le bouton.

3.4.10

Parce que vous aimez conduire.

Dernière soirée de concerts à Zürich. Ugh.


M4MUSIC - SAMEDI
27/03/10
Karl Bartos
Bonaparte
Booka Shade

Metronomy
Yuksek

Si le nom Karl Bartos ne vous dit rien, peut être situerez vous mieux Kraftwerk. Hahaaa ouaaaais. Ben le live de l'ex-employé de la centrale, c'est du Kraftwerk quoi, avec des visuels trop classe, des vélos, des Bob Dylan, des Frank Zappa, des it girls et tout le tralala. On est tous des robots nostalgiques de la bonne vieille électro, c'est beau. (d'ailleurs, l'ami Karl, c'est 3:30 ).

Après cette superbe entrée en matière, on retrouve la bande à Napoléon encore plus survoltée qu'à Lausanne. La faute au public germain ? En tout cas, c'est la débandade. On a même droit à une kassdédi: RT @TETRAPANOB zurich r.i.p - thank you for behaving like you haven't since napoleon invaded Switzerland... it was like "party or death?" - "party please!"

Chantier naval

Après une première soirée en Romandie, la suite du festival se déroulait dans la seule véritable métropole suisse (ahaha) : Zurich. Au Schiffbau sur la Schiffbaustrasse pour être précis. Un lieu qui, comme son nom l’indique, abritait jadis un chantier naval. Aujourd’hui joliment réaménagé, il comprend 3 salles de concerts qui ont l’immense avantage d’être très proches les ues des autres, ce qui facilite les déplacements de concert en concert.


M4MUSIC - VENDREDI
26/03/10
@SCHIFFBAU, ZURICH

Anna Aaron
José Gonzalès
Miss Platnum 

First Aid Kit
These New Puritans

La soirée débutait avec une artiste locale : la Zurichoise Anna Aaron. Une version jazzy de Sophie Hunger maquillée avec des moustaches de chat. Elle commença sur une note intimiste seule au piano, mêlant sa voix langoureuse à l’instrument avant d’être rejointe par un batteur et un bassiste. On a bien aimé mais on s'est vite lassées - vivement la suite!

Autrement dit : vive José Gonzalès, un Suédois originaire d’Argentine qui occupa la scène avec sa guitare pour seule compagne. Sa présence englobait pourtant toute la salle (bien joué) et le public s’est ému de ses chansons de lover hispanique. Même si ça (les garçons trop romantiques donc) n’est pas franchement notre tasse de thé, on a apprécié sa reprise de Massive Attack ("Teadrop") et surtout le rappel avec de jolies chansons comme " Cycling Trivialities ".

Changement de salle et de registre (le pathos romantique ça va qu’un moment) avec Miss Platnum. Sincèrement, on croyait ne pas aimer le « r’n’b teinté de musiques balkaniques d’une grosse Roumaine à la coupe de cheveux post-Rihanna » mais il fallait quand même voir ce que ça donnait en live et on est restées scotchées (et on assume). Miss Platnum encadrée par deux choristes nous a livré un show bien orchestré. C’est le cas de le dire puisqu’elle était accompagnée d’un ensemble de cuivre, d’une basse et d’un très bon percussionniste. Avec le dansant "Mercedes Benz", la salle comble et enthousiaste fut transportée dans univers kitch peuplé de « Babooshka» aux costumes pailletés. Des accessoires "Bling Bling" agrémentaient les chorégraphies des filles et on n’a pu qu’applaudir la reprise de (vous savez, le clip des meufs en très courte tenue qui jouent du saxophone) en fin de concert.


Par la suite, First Aid Kit a consolé nos petits pieds meurtris. Le duo suédois (encore) et féminin (encore) composé de deux sœurs très gentilles aux jolies voix chanta des balades folk et repris les Fleet Foxes - s’attirant la sympathie de tout le public qui arrêta presque de respirer lorsqu’elles jouèrent un morceau sans micro. Très à l’aise malgré leur jeune âge, les deux jeunes filles en jolie robe ont parlé français, anglais, allemand sans accent et servi leur répertoire sans fausses notes.

Fin de la soirée avec These New Puritans, Londoniens que l’on attendait presque religieusement et qui ont attaqué avec " We Want War ". Le morceau, génial dans nos ipods, n'a pas plu dans sa fade interprétation live. Les deux batteries faisaient trembler le sol de la grande salle et Jack (déjà, il portait une casquette et des baskets hideuses) s’agitait dans la fumée tel un pantin désarticulé. Ca bougeait aussi sec dans la fosse à moitié en transe. On ne distinguait pas de structure et à la longue, la petite cuisine musicale a déçu par son incessant méli mélo de boum boum. Heureusement, le rappel " Elvis " a suffit à raviver la flamme entre le groupe et nos oreilles engourdies. Ouf!

Nouvellement motivées et pourtant rompues de fatigue, nous nous sommes courtement aventurées auprès de Katzenjammer. Seulement, le soundcheck interminable nous fit bien vite fuir. On notera juste au passage l'incroyable basse en forme de tête de chat, avant de rentrer pour se reposer en vue d'une nouvelle soirée.