INTERVIEW YAN WAGNER
On a fait pas mal d'interviews chez TEA. Mais on a rarement eu l'occasion de tomber sur des gens aussi bavards que Yan Wagner. Et c'est dommage, parce que c'est vraiment passionnant. Le Parisien, de passage à Bordeaux la semaine dernière pour jouer en première partie de Air, a parlé des avantages d'être seul sur scène, de ses projets, et de ses réflexions sur les clubs à Paris et New York. Prenez en de la graine, et surtout suivez de près ce garçon.
TEA : Qu'est ce que ça fait de tourner avec Air ?
Yan Wagner : C'est génial. C'est une chance incroyable, vraiment. Donc là c'est la dernière que je fais avec eux, on en a fait huit en tout. Et ouais quand je l'ai appris j'étais... Je pensais en faire une seule en plus. Donc je l'ai appris plusieurs mois avant d'avoir une réponse définitive, et quand j'ai su qu'il n'y aurait pas une seule date mais dix... Bon, finalement y en a eu deux d'annulées. Qu'est ce que ça fait ? Ben c'est génial quoi. Déjà j'avais jamais autant tourné en si peu de temps. J'ai beaucoup joué mais jamais aussi rapproché donc ça m'a appris beaucoup. Et c'est hyper flatteur parce que j'adore ce groupe.
C'est eux qui t'ont choisi ?
Ouais, ils ont donné leur accord. Ils sont venus me voir une fois, un peu par surprise, j'étais bourré. Non c'est pas vrai (rires). Mais c'était un peu par surprise. JB est venu me voir à la fin.
Et avec Goldfrapp, ça s'est passé comment ?
Avec Goldfrapp j'en ai fait deux, j'ai fait Lille le 28 septembre et hier le Trianon. Lille c'était étrange, c'était la première fois que je faisais une salle aussi grosse. J'étais hyper stressé. Au Trianon, le fait que j'ai eu toutes ces dates avec Air avant, ben j'y suis allé vachement plus serein. Hier c'était super. Déjà le lieu est magnifique, l'accueil était bien chaleureux aussi, j'étais surpris, les gens répondaient bien et puis c'est une grosse machine quoi, c'est intéressant de voir ça de l'intérieur, toute la logistique qu'il y a. C'est quelque chose auquel je suis pas habitué et c'est une grande chance en fait aussi pour ça. Déjà de jouer devant plein de gens différents qui m'auraient jamais entendu, mais aussi de voir comment les endroits fonctionnent, en plus de faire des rencontres super comme là les techniciens de Air par exemple, c'est vraiment des gens plein d'expérience... Mais Goldfrapp c'était bien oui, plein de bons échos, enfin j'étais très content. Et puis je suis le premier à avoir joué au Trianon depuis des années. Donc ouais, c'était cool. Ils m'ont tous dit « Tu sais que t'es le premier à jouer ? » Non c'est énorme.
Mais tu ne préfères pas tourner dans les petites salles ?
C'est difficile à dire en fait parce que je pense que une fois que ça sera fini ça, y a plein de trucs qui vont se mettre en place dans ma tête. Là j'suis quand même encore un peu dedans, je dors pas beaucoup et donc c'est difficile de faire un bilan. Mais y a deux facettes dans mon travail, y a les salles, ce que je peux faire ici ou au Point Éphémère à Paris, et les clubs, où là c'est des gros sets d'une heure, où l'aspect techno du boulot est vachement plus présent, et donc si je préfère les petites salles, j'en sais rien. C'est bizarre, c'est quand t'es sur scène. Enfin moi quand j'suis sur scène qu'il y ait 200 ou 500 personnes, ça change pas grand chose, c'est quand même plein de gens et voilà. Je crois qu'au bout d'un moment j'arrive pas trop à discerner un truc à 400 d'un à 1200. Avant je sentais sûrement plus la différence, j'étais plus stressé. Il y a des salles que j'ai adoré qui étaient vraiment toutes petites et où je me suis vraiment amusé... Ça dépend du public, ça dépend de moi, ce que j'ai fait ou pas, ça dépend de l'accueil des gens sur place aussi.




