L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

28.9.11

Rentrée des classes

C'est la rentrée pour TEA.  L'été a été bon, il y a eu de merveilleux guests qui ont écrit ici et nous avons une fois de plus profité de la saison des festivals. Mais on ne va pas vous le cacher : nous sommes bien contentes de reprendre du service. Nous avons plein de projets qui nous tiennent à coeur et dont on vous parlera en temps et en heure. Et comme à chaque rentrée, on s'est promis de faire mieux que l'année dernière. Ce semestre, on va bouger bouger (pardon). Ca veut dire qu'on ira à plus de concerts, qu'on fera plus d'interviews et de chroniques. Il y aura davantage de découvertes musicales, de playlists, de tisanes de Mamie et d'autres surprises encore. On y mettra autant d'application et de passion que dans nos collections de tasses. On fait chauffer nos claviers et c'est parti. A tout de suite. 


La TEAm

27.9.11

GUESTLIST 2011



On a invité des gens qu'on trouvait intéressants à écrire un article sur TEA en leur donnant totalement carte blanche. Voici donc la cuvée 2011, merci encore à eux. 

#1 Vadim P : Vitesse
#2 Clémentine (The Dancers) : Le Southside - le périple
#3 Chloe (Heil Teen Age) : Markusevangeliet, puss och kram
#4 Christophe Basterra : Felt: a declaration
#5 Mélanie (Automatic Druggie) : "C'est pas moi, c'est Shawn"
#6 Cramnod : Au commencement, il y eut les Vautours !
#7 Hans Killed Wildcat : J'adore la mécanique
#8 Vadim, l'autre : Et voilà hop hop
#9 Cyril McRummenige : Wanna go for a ride?
#10 Cookies : Page blanche
#11 Mathieu : "Les dépressifs, ça casse l'ambiance"
#12 Anh Phi : Mise à jour
#13 Julie Locatelli : A l'ancienne
#14 Think Tank : TT loves T !
#15 Rod Glacial : Pourquoi Berlin?

Et puis il y a aussi nos invités de l'été dernier.

26.9.11

[GUEST 15] Pourquoi Berlin ?

[Guest 15 : Rod Glacial]


POURQUOI BERLIN ?

Parce que j'y vis banane. Maintes a priori vérifiés ou non à propos de cette ville. Etat à part entière, indépendant de l'Allemagne, la métropole est la réplique européenne de New-York par rapport aux USA, une ville à part. La gentrification a commencé bien plus tard ici, mur oblige, ce qui laisse encore des années avant que le territoire soit entièrement bouffé par l'euro. C'est une de ses caractéristiques principales, le marché est bon. On dirait que rien n'a changé depuis le deutsche-mark. Multiplie par trois pour avoir les prix de Paris. Tu peux vivre de rien, c'est d'ailleurs ce que font la plupart des "artistes" qui migrent ici. Merci au reste de l'Allemagne (désormais pays le plus riche du monde) de permettre la possibilité de cette île.

C'est tout ? Bah non. Tout est chargé d'histoire ici. Et d'espoirs déçus. La cicatrice est profonde et toujours visible (2 rangées de pavés, des plaques de fonte, du nord au sud est). Double guerre, une chaude et une froide, ça marque. Du coup la ville a le cul entre deux chaises, passé ou futur ? Passée au futur. L'architecture témoigne partout de cette ambivalence. Églises, immeubles, musées, cimetières (c'est pareil), gares, berges, bunkerhaus, kulturhaus, verre, brique, béton, métal. Les travaux sont infinis. Le territoire est tellement immense que les chantiers se multiplient à la même cadence depuis 1989. Mouvement perpétuel, dans la structure et dans la mentalité de la ville, le berlinian dream en somme. J'imagine même pas la gueule que ça aurait si leur retard de 30 ans n'existait pas. Futurism-city.

Et la frontière Est-Ouest, toujours d'actualité ? Va faire un tour à Treptow pour te faire une idée. Le vert prend d'ailleurs largement le pas sur le gris. Le nombre de parcs, d'espaces verts, de "prés" (zones vides d'herbe) est incalculable. Microclimats et microcalmes aux quatre points cardinaux de l'espace pour permettre une respiration parfaite au berliner. Pankow-Prenzlau. Alles ist gut. Tout ça combiné au bio partout a donné une nouvelle génération de branchés : le greenster. Le hipster se retranche donc à Mitte, là où le gaz d'échappement se fait plus présent. Ça donne parfois envie de craquer une allumette. Vous n'en avez pas marre de tous vous ressembler et de tous vous rassembler ? Il en faut pas plus pour réveiller un fuhrer. D'ailleurs, son tombeau est bien camouflé du côté de wilhemstrasse au vieux Adolf. Il y a des choses avec quoi on ne rigole pas.

19.9.11

[GUEST 14] TT loves T!

[Guest 14: Think Tank]



---

Think Tank est une micro–liaison d'affiliés au commerce musical, culturel ou journalistique sur le mode du "work in progress", sans hiérarchie propre. Au programme: illustrations home made reposant sur un fond solide d'illustrateurs et de photographes, accompagnant sans pour autant suivre à la lettre des articles musicaux, de cinéma ou d'art contemporain. Parfois, tout se croise, et c'est là que c'est le mieux. De plus, Think Tank partage un amour immodéré pour Connan Mockasin, si bien qu'il a fait une jolie vidéo en guise de cadeau pour son confrère blogspotien.
Longue vie au thé!

11.9.11

[GUEST 13] A l'ancienne

[Guest 13 : Julie Locatelli]

Salut copain,

Comme je sais que tu aimes la bonne musique, je t'ai ramené des photos de la Braderie de Lille qui s'est déroulée les 3 et 4 septembre derniers. Vinyles à perte de vue, mags inédits, lives d'Andrea Bocelli en VHS… Cet événement, c'est tout bonnement la vie ! Avec 5 balles, t'as moyen de refaire toute la déco de ta chambre. Immersion dans le royaume du ring' et du désuet.



 Rémi & René, premiers sur l'imitation du Chinois de base !


7.9.11

[GUEST 12] Mise à jour

[Guest 12 : Anh Phi]

"La musique d'aujourd'hui a moins de charmes. Aujourd'hui avec un laptop tu peux faire un album génial. Du coup t'as l'impression que tout le monde peut être créatif et faire parler sa personnalité en un instant." 

Avant-hier, j'ai interviewé M83, un très gentil garçon talentueux mais quelque peu blasé par sa propre génération, les nouvelles technologies et les gens qui ont piraté son album deux mois avant la sortie officielle. Ce sont ces gens qui ont salué google d'un automatique "M83 hurry up we're dreaming mp3", ceux qui écoutent aujourd'hui son album en 128kbps mais qui s'en foutent, des punks de l'internet qui vont ici et là choper des sons convertis avec maladresse dans les recoins obscurs des serveurs serbes. Les aventuriers du web.

De l'autre côté, il y a le puriste, celui qui traîne au moins une fois dans ton entourage, celui qui "adore le souffle des vinyles", celui qui, illuminé par l'écran de son iMac blanc Colgate, écoute des sons non compressés type Wav ou Aif, ou au pire du lossless compression type FLAC ou M4a. Pour lui, le mp3 est un fléau de la société et il prétend saigner des oreilles lorsqu'il en écoute. Il ne jure que par P4K et les classiques de son paternel, du Marcus Miller comme du Led Zeppelin. En passant, il conchie également youtube, deezer et consorts (sauf Spotify parce qu'ils sont suédois). C'est le même genre de mec qui t'insultes si tu regardes un film en VF au cinéma.

L'élitisme musical ne se trouve pas seulement du côté du consommateur de musique mais aussi chez la personne qui la conçoit. L'analogique et le numérique se font parfois la guerre, parfois l'amour. Pour notre ami M83, c'est plutôt la guerre. Il regrette le temps où on écoutait tous des bons morceaux biens mixés et biens masterisés dans des vrais studios qui suintent le billet vert. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'essort du MIDI (Music Instrument Digital Interface) et de la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) ont permis à chaque campagnard de créer un tube en vingt clics et cinq minutes pour rarement plus de quinze minutes de gloire. Le tube dancefloor est à la porté des doigts de chacun. Le retour de la musique 8-bit et plus largement, l'explosion de la musique électronique et du DIY en homestudio, fer-de-lance de nombreux groupes indés, sont en partie expliqués par les techniques de création qui se sont facilitées. La démocratisation des softwares et des hardwares pour créer de la musique avance à grand pas depuis une vingtaine d'années sans parler des plateformes de diffusion. En parallèle, l'auditeur se convertit en h8trz à l'écoute de musiques trop produites étroitement assimilées au #mainstream et préférera le son sale, parfois fragile et défectueux, d'un indieboy sur son Garage Band.

Que ce soit la mode avec les friperies, la photographie avec l'argentique, la musique avec les synthétiseurs 80's alike, les polaroids, Instagram, l'avènement de Tumblr, mes draps Roi Lion (#tmtc), l'usage excessif du terme "vintage" et "retro", les Mayas, les motifs à fleurs, l'italo-disco, Burger King, Ben l'Oncle Soul (#oupas), Pokemon, les unicorns, la moustache hitlérienne, les gifs, ... on se complaît en choeur dans ce plaisir coupable du "c'était-mieux-avant" tout en lorgnant dangereusement avec la culture du cheap et du kitsch discount. On cherche les défauts et on les exacerbe sans pudeur, comme si "aujourd'hui" sonnait aseptisé, comme si la perfection était un mal. Heureusement qu'il y a Georges Lucas pour nous rappeler qu'on est en 2011.

5.9.11

"Où est-ce que je vais faire péter mon slam?"

Ce n'est qu'après avoir quitté l'enceinte du For Noise que j'ai réalisé que je venais de vivre mon dernier festival de l'été. C'est triste un peu. Alors pour bien remuer le couteau dans la plaie avant de retourner dans les salles sombres, on va ressasser les souvenirs de la 15e édition du festival de Pully.

FOR NOISE 2011

Situé au fond d'un véritable trou, le festival vaudois te met à l'aise dès l'entrée. Que ce soit la petitesse du lieu, la faune bigarrée (allant des vieux habitués aux familles entières, enfants compris), les odeurs de bouffe chinoise ou la colline idéalement placée en face de la grande scène, tout est super. Même si bon, jamais on y viendrait  autrement que pour assister aux concerts. A moins qu'on ne soit plutôt du genre à squatter paresseusement les canapés de l'espace presse. Ou qu'on préfère boire des bières hors de prix dans des gobelets non consignés, avant de se soulager sur des toilettes sèches très écologiques.


JEUDI //
Le premier jour commençait avec Suuns, toujours pas terribles alors que bon, "Armed For Peace" ou même "Sweet Nothing" et son son d'alarme auraient grave de quoi asséner de sacrés coups en live. Mais non, c'est plat. Gageons qu'à une autre heure et peut-être en salle, les Canadiens finiront par me convaincre. Ou pas. Après cela, les suisses Meril Wubslin envahissaient littéralement la salle exigüe de l'Abraxas (si mes souvenirs sont exacts, ils étaient cinq, ce qui est vraiment beaucoup pour un espace aussi petit). Il faisait très chaud alors on n'a pas eu le courage de rester jusqu'au bout de ces longs morceaux envoûtants, pleins de guitare, de clarinette et d'effets bizarres (si bien que ça m'a fortement rappelé Broken.Heart.Collector aperçus en mai dernier au Kilbi, d'ailleurs c'est pas la même meuf au saxo basse ?). Après eux, les Raveonettes c'était franchement pas très captivant. We Loyal, quant à eux, ont commencé à remonter le moral, portés par un batteur très énergique. Au final, il y a eu Elbow menés par Guy Garvey (une sorte de nounours à la James Murphy) aka le chanteur qui te raconte sa vie sexuelle avant de remarquer qu'il y a des underage dans l'assemblée. Aka l'entertainer qui remet de la lumière dans ta soirée. Aka le concert où nous nous sommes crues très drôles en brandissant nos coudes alors qu'il demandait aux gens de la foule d'agiter leurs bras. Cela dit, musicalement, nous avons aussi fini par être lassées. Étrangeté de la setlist qui commence énergiquement, passe par "Grounds For Divorce" et finit sur du calme voire carrément badant. On a préféré rentrer.

2.9.11

[GUEST 11] "Les dépressifs, ça casse l'ambiance"

[Guest 11: Mathieu] 

Avant, la plage était pour moi synonyme de tartines de kiri-goûter préparées avec soin par maman et que je dégustais bien à l'aise dans mes méduses bleues en regardant les belles pépées marcher sur la plage. Mes romances de vacances avec des filles à couettes restaient certes platoniques (et néanmoins sincères) mais la vie me souriait.
Aujourd'hui, je n'aime plus la plage, je n'aime plus l'été, je n'aime plus le kiri-goûter et les filles ,elles, ne m'aiment plus non plus. Ô rage ! ô désespoir ! ô vieillesse ennemie ! N' ai-je donc tant vécu que pour cette infamie ?
Alors à cause de cette malédiction de l'échec qui me touche, je dois faire fi de ces créatures aux crinières voluptueuses et aux courbes délicieuses qui faisaient jadis de mes étés des moments exquis.
Je cultive donc désormais mon coté loser sentimentalo-dépressif dans mon coin pendant que d'autres batifolent dans l'eau avec leur bien-aimé(e). Le ciel devient sombre chaque été et la solitude me tient la main pour la traversée du désert.
Le temps béni où je pourrai chantonner "I'm Still Standing" la tête haute est encore bien loin.

Ainsi, je profite de cette tribune gracieusement offerte par les deux «minettes» de TEA pour proposer une compilation sobrement intitulée "Les 30 plus belles ballades pour une soirée solitaire au coin du feu" ( Si ce n'est pas votre tasse de thé, arrêtez votre lecture et rendez vous ici. Je ne vous en tiendrai pas rigueur.)
Là-dedans, une sélection de pépites remplies d'émotion pour les ados au cœur de biche que nous sommes tous un peu au fond de nous. Des morceaux pleins de sensibilité, d'obscurité, de nostalgie, de mélancolie...que l'on peut apprécier seul, un verre de sirop d'orgeat à la main.
Une compile quelque peu différente de toutes les joyeusetés débordantes de bonheur qui sentent bon le sable chaud et que l'on sert traditionnellement pour l'été, et je me repens si je gâche la fin de vos vacances heureuses avec ce sujet pathétique.
J'ai pourtant essayé de faire quelque chose de plus gai, je me suis dit "ces chouettes filles de TEA méritent tout de même mieux que mes sensibleries d'adolescent dépressif" mais le cœur n'y était pas. Voilà.



les_30_plus_belles_ballades_pour_une_soiree_solitaire _au_coin_du_feu