L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

31.12.11

deux mille onze

Bonne année lecteur chéri. 
Comme on ne retourne pas notre veste aussi facilement, en 2011, comme en 2010 et en 2009, on a  encore décidé de ne pas faire de top albums de l'année. On n'aime pas trop ça en fait, on doute de l'utilité et du sens de la chose. D'ailleurs il y a le type de New Wave Hooker qui a écrit un truc pas mal à ce sujet, . Ça ne veut pas dire qu'on va enterrer 2011 sans cérémonie aucune. Nous avons préféré faire un retour sur l'année via ce qu'on a pu publier chaque mois. En gros ce sera un article où on vous incitera à cliquer sur les liens dans l'espoir de gonfler nos visites. Mais pas seulement, allez. On revient avec de vrais nouveaux articles 2012 après. 

2011 a commencé tranquillement et on n'a pas fait grand chose en janvier. On écoutait au cours de notre hibernation les Smith Westerns, qu'on a oublié un mois et demi plus tard, Honey For Petzi et d'autres trucs en vrac

Février était, malgré les apparences, mieux. Certes on a été au cinéma voir plein de films pourris et les Thieves Like Us en interview ont été très méchants avec les journalistes, mais c'était marrant quand même. On a aussi rencontré The Legendary Tigerman. Le meilleur moment du mois reste quand on s'est mis à Twin Peaks

Mars était placé sous le signe de la féminité (on devrait employer des phrases toutes faites plus souvent) puisqu'on a vu La Femme en concert et été au festival Les Femmes S'en Mêlent. On a aussi découvert que le chanteur de Crocodiles n'était pas très intéressant. 

En avril on aurait mieux fait de ne pas aller au festival Garorock. Pour se remettre de telles émotions on chante des chansons au bord du lac avec des amis ou on se blottit sous la couette. Et enfin, on s'émeut le mariage de William et Kate.

En mai Poly Styrène trouve la mort et Owen Pallett est tout triste, Faris Badwan et sa copine Rachel sortent un très joli album sous le nom de Cat's Eyes, Metronomy fait salles combles, on s'amuse au Kilbi, et surtout, on assiste à la reformation de Pulp

23.12.11

Rockin' around the Christmas tree

Parce qu'on avait déjà fait la traditionnelle playlist de noël et sorti la blague pas drôle les années précédentes, cette fois-ci on a voulu innover. Nous avons demandé à des groupes qu'on aime bien de nous dire quels cadeaux ils aimeraient trouver au pied du sapin le matin du 25. Et puis comme c'est la fête et que tout le monde est heureux, on a carrément mis des coeurs.

Joyeux noël.

la wishlist des Crane Angels
"Cher Père Noël, avec les Crane Angels on a été vraiment gentils, sages et le coeur sur la main (et on a sorti un album aussi, pour toi). Du coup on pense qu'on merite vraiment les cadeaux susnommés : le crâne en diamant de Damian Hirst, une fontaine éternelle de Ricard, l'intégrale des vinyles de Fleetwood Mac première édition, un hélicoptère solaire et deux paires de seins modèle Scarlett Johansson pour nos chanteuses à petite poitrine, merci, Crane Angels"

Les treize grands enfants des Crâne Angels ont un peu triché et demandé carrément cinq cadeaux. On leur pardonne parce que c'est vrai qu'il est bien leur album. Et puis de toute façon le père Noël de Bordeaux a été mis en garde à vue.


la wishlist de Austra
un nouveau micro, une flight case pour mon nouveau synthé et une grosse bouteille de champagne

Austra n'est pas un groupe super marrant, leur wishlist non plus d'ailleurs. Mais on a bien écouté leur album Feel It Break en 2011 et on a interviewé la chanteuse ici


la wishlist de French Films  

du nouveau matos, une belle année 2012 et des chaussettes en laine

Les jolis garçons de French Films étaient de passage à Fri-Son cette semaine. Ils ont eu un peu de peine avec cette question (interview bientôt en ligne sur TEA) et ont déblatéré pendant des plombes en finlandais pour savoir quoi répondre. Ca au moins c'était vraiment marrant.


20.12.11

"Il n'y a plus d'espoir"

C'est trop cool, c'est bientôt Noël et en plus, il a enfin neigé (en Suisse). Tout ça mettrait plein de lumière dans nos coeurs si nous n'étions pas un peu submergées par les révisions et autres achats en dernière minute de cadeaux moches dont personne ne se satisfera. Heureusement, pour nous dérider, il y a foison de trucs drôles sur l'internet. Et comme on est gentilles, on s'est fendues d'un petit top des musiques du lol. Un amalgame non exhaustif de genres golris, ironiques, absurdes ou vraiment nazes que vous pourrez ressortir pour faire les malins à Nouvel An. Pardon d'avance.

#1 Le cheap cool
On ne va rien vous apprendre en vous disant qu'une des règles dominantes de la rigolade, c'est le cheap. Plus c'est simple et direct, mieux ça marche. Ainsi le DIY musical 2.0 se décline en toutes sortes de parodies plus ou moins fines et bien réalisées (coucou Jon Lajoie ou Flight Of The Conchords). Perso, c'est quand la totalité de la production est à deux balles que ça me parle le plus. D'ailleurs je te balance direct la mise en bouche avec une ritournelle de la prêtresse du domaine, Anne Laplantine.

Anne Laplantine - "J'ai acheté un saucisson"


La meuf en question a également réalisé le clip de la sympathique chanson ci-dessous. Un hymne idéal pour le départ à l'aventure avec les amis.

Sympa - "Dédicace" 


Et même qu'il arrive à des francophones bidouilleurs de piquer la chanson d'amour aux bellâtres à guitare sèche (qui emploient d'ailleurs tous la même formule pour ravager les coeurs, c'est bien connu). Salut c'est Cool, par exemple, distribuent des bons sentiments à la louche. Avec vigueur et sueur. C'est vraiment trop bien.

18.12.11

" Je préfère me noyer dans la musique mélancolique."

photo : Norman Wong 

INTERVIEW AUSTRA

Le premier album d'Austra, Feel It Break, n'est certes pas notre disque de l'année, mais il a des qualités indéniables qui font qu'on l'a quand même pas mal écouté et qu'une interview s'imposait lors du passage du groupe à Bordeaux début décembre. J'ai donc retrouvé Katie Stelmanis, la compositrice et chanteuse à la voix si particulière, dans le restaurant de l'I.Boat, soigneusement cachée dans un gros pull et ses cheveux blonds, appliquée à regarder son portable. Je savais à quoi m'attendre, on m'avait prévenu que je ne pourrais prendre aucune photo, et j'avais lu à travers d'autres interviews que la jeune femme dévoilait des informations au compte-goutte et était plutôt froide. Finalement elle a quand même été gentille et a parfois ri, et j'ai trouvé des réponses à la plupart de mes questions. 

Katie Stelmanis a tout de même un parcours atypique. Elle a commencé la musique en étant choriste Canadian Children's Opera. Jusqu'à l'âge de 18 ans, elle n'écoutait que de la musique classique ou presque. "Je ne connaissais pas beaucoup de musique parce que je n'y étais tout simplement pas exposée. Au lycée tout le monde autour de moi écoutait des groupes comme Ben Harper, ce genre de trucs qui ne m'intéressaient pas du tout. Et puis j'ai eu 18-19 ans et j'ai commencé à découvrir cette musique dont je ne soupçonnais même pas l'existence, j'ai beaucoup écouté Björk, Nine Inch Nails..." Cela n'a pas été une révélation soudaine, Katie a mis du temps avant de conclure que la musique moderne "c'était brillant" et de s'y mettre à son tour en intégrant des groupes à Toronto, ville qu'elle n'a jamais voulu quitter. Maintenant, même si elle aime définitivement les deux types de musique, elle  avoue passer plus de temps à écouter des artistes contemporains "parce que ce qui m'intéresse le plus c'est la musique la plus novatrice – c'est ce qui m'a toujours fasciné. Et on trouve ça surtout dans la musique moderne maintenant."

Cette idée de recherche de musique nouvelle, Stelmanis la ressort à toutes les sauces, c'est ce à quoi elle semble le plus attachée. C'est ainsi qu'elle justifie le fait de faire, malgré son éducation archi-classique en la matière, une musique originale à laquelle on ne peut coller aucune étiquette. Acte de rébellion ? "Peut être un petit peu." Mais c'est surtout parce que les artistes qu'elle admire étaient ou sont des musiciens qui repoussent les barrières de la musique. "Je pense que mes amis qui sont allés en école de musique ne sont pas très créatifs. J'ai vu récemment que Brian Eno disait que tous les meilleurs musiciens venaient d'écoles des beaux arts, et pas des écoles de musique. Je suis assez d'accord avec lui."

16.12.11

Complot russe visant à vous faire mater des films de série B

Il y a plus d'un mois maintenant, Messer Chups a joué au Café Pompier à Bordeaux et c'était plutôt génial. Ils sont trois, viennent de Saint Pétersbourg, et font de la heu, "surf horror music" disons, de la musique pour films de science fiction cheap des années 50 à 70. Mais c'est peut être leur scénographie qui nous faire dire ça : quand ils jouent en live, des collages de films de la Hammer (ou du même style) sont projetés derrière eux, et ça va drôlement bien avec la musique qu'ils font. Messer Chups a déjà une pléthore de disques à son actif (voyez plutôt leur discographie). Le groupe a connu différentes formations, à un moment il y avait même Lydia Kavina, petite nièce de l'inventeur du Thérémin, qui jouait de l'instrument de son ancêtre. Sur Youtube vous trouverez une foule de vidéos reprenant des extraits de vieux films et avec du Messer Chups en bande son : des heures de régal. Rapide sélection :


Le concert m'a donné très envie de me mettre aux films de série B ou Z, du coup je m'en suis fait une petite cure et j'en ai choisi quelques uns pour vous.

L'île du sadique (1960), de Fritz Böttger
Dans ce film en noir et blanc, une troupe de danseuses et leur manager ont un accident d'avion au dessus de l'océan et se retrouvent sur une île où vivent de vilaines araignées. Ces monstres (trop mal faits) piquent Gary le manager, et laisse donc les filles livrées à elles-mêmes. Elles sont insupportables, respirent fort et soupirent tout le temps comme si elles simulaient un orgasme. Pour plaire à la gent masculine, il y a même des plans où elles se bagarrent. En fait les danseuses, ayant abandonné l'idée de retrouver Gary, trouvent deux hommes et font une soirée avec eux, où les mecs draguent à tout va et disent à n'importe laquelle qu'elle est l'amour de leur vie. Ce film représente toutes les femmes comme des êtres atrocement bêtes. Quant au manager, il finit par mourir embourbé après avoir tué quelques filles.

11.12.11

Choper des acouphènes dans les caves


Hoodlum 
H

Hoodlum est un groupe bordelais, et que fait un groupe bordelais dans la plupart des cas ? Du garage, ben oui. Mais ces quatre là le font sacrément bien. Quand je les ai vus au St Ex la première fois, ils m'ont défoncé les oreilles et j'avais encore des sifflements 48 heures après avoir quitté la cave, mais je ne leur en voulais même pas. Ils ont enfin sorti leur premier album, ou plutôt, un mini LP de sept morceaux et 22 minutes, sobrement intitulé H et avec une belle pochette signée Victor Marco.


Pour les habitués du groupe, vous retrouverez pas mal des morceaux qu'ils jouent en concert. Il y a des titres qu'on aime beaucoup plus que d'autres, comme "Pretty Fire"et "As I Want It". Ce qu'on préfère chez Hoodlum, c'est sûrement leurs claviers qui sonnent très 60s et nous font dire que le groupe fait du garage au sens historique du terme.

Les quatre membres d'Hoodlum sont des gens bien occupés, qui ont d'autres projets à côté. On retrouve Arthur dans les fameux Crane Angels, JC Satan, et Bagarre, Thibaut est aussi dans Destination Lonely, Thomas commence un groupe "où il peut reprendre pleins de morceaux géniaux des Nocturians, son ancien groupe dans lequel Thibaut jouait de la batterie" et Melvyn le claviériste joue également dans les très bons Strange Hands. Tout ça ouais. 

Vous pouvez choper la galette du groupe ici ou à Total Heaven pour les Bordelais. Hoodlum fera une release party le 14 janvier au St Ex, puis ira jouer à Paris "vers le 20... un truc comme ça...", super, on prévoira juste les bouchons.  

Bad kids

Photobucket


BLACK LIPS + MAGNETIX 
@Krakatoa, Bordeaux, 07/12/11

Mardi dernier y avait les Black Lips qui jouaient au Krakatoa, et c'était la débandade puisqu'on dirait que presque tout le monde à Bordeaux aime les Black Lips. J'ai pris des photos sans casser mon appareil. 

On a loupé la toute première partie, Acid Baby Jesus, parce qu'on n'avait pas compris que le groupe avait déjà commencé à jouer. Après c'était Magnetix, c'est un peu les gloires du garage local. C'était la troisième ou quatrième fois que je les voyais, c'est un peu toujours la même chose. J'adore leur chanson "Living In A Box" en live et le mec imite très bien le chat pas content. 
Photobucket
Photobucket

10.12.11

"On a repris une salle à la dérive"

Depuis sa créaton, la TEAm a déjà interviewé pas mal de groupes (d'ailleurs vous pouvez toujours les (re-)lire . bisous). Et avec le temps, nous nous sommes rendues compte que les gens auxquels on ne pense pas vraiment - les gens de la face cachée de l’iceberg si vous voulez – avaient tout autant, voire plus, de trucs intéressants à nous dire. C’est pourquoi on a décidé d’ouvrir une nouvelle rubrique consacrée aux "pros" de la musique. Tous ceux qui contribuent de près ou de loin à la création ou à la circulation de la musique y auront leur place. On a d’ailleurs déjà quelques exemples à vous proposer (programmateur du Chabada à Angers, programmateur du festival Les Femmes S’en Mêlent, disquaires, eutécé) et nous sommes bien déterminées à en trouver d’autres. Un nouvel opus tout de suite avec une bande de Suisses courageux qui gèrent une salle de concert de A à Z alors qu’ils n’ont même pas terminé leurs études.


INTERVIEW TEAM AMALGAME 

C’est arrivé à la rentrée : tout à coup, une petite salle yverdonoise jusque là dévouée au rock dur en mode grosse planque crasseuse pour vétérans chevelus s’est mise à tapisser des affiches à losange un peu partout, indiquant une toute nouvelle orientation autant dans la ligne graphique et dans l’hygiène que dans la programmation. Alors que jusqu’alors, Yverdon se résumait pour nous aux bains, on y trouve désormais dans L'Amalgame une salle indé orientée découvertes et dates uniques en Suisse romande (STRFKRGardens & VillaBombay Bicycle ClubThe Black Box Revelation, Aucan, General Elektriks, Siskiyou, Radical Face...). A la tête de cette renaissance digne d’un Phénix se trouve une nouvelle équipe de jeunes gens déterminés à faire bouger (enfin) leur ville avec tous les hauts et les bas que cela implique. On en a rencontré cinq dans un tout petit bureau avec seulement trois chaises. Et c’est à peine dérangés par la coupure de courant survenue en plein milieu de l'interrogatoire ("voilà qui résume bien notre situation") que Damien (prog), Tom (admin), Juliette (com), Léa (responsable bénévole) et Karene (membre du comité) nous on conté tout le chemin parcouru depuis mars 2011.


7.12.11

Ambiance

TRANSMUSICALES DE RENNES 2011
AMBIANCE

Parce que les Transmusicales sont un festival à part, petit aperçu de l'ambiance qui règne à Rennes durant cet heureux weekend. C'est un évènement différent d'abord par sa structure et sa date dans le calendrier : tout se fait en intérieur, froid oblige, et dans différents endroits, si bien qu'on court dans tous les sens. 

Généralement ça commence en début d'après-midi, où l'on se réveille difficilement après la soirée chargée de la veille. On file à l'Ubu en centre ville voir les concerts gratuits des jeunes groupes de la région. Il faut arriver assez tôt si l'on veut voir quelque chose, car il y a un monde fou, les concerts étant gratuits et la salle pas très grande. Le problème de l'Ubu c'est que la fosse est en forme d'oreille, ainsi la moitié du public ne voit rien ou seulement un petit bout de la scène. Heureusement il y a un écran qui retransmet en temps réel ce qui se passe, pour compenser. Au bar on trouve les journalistes calés tranquillement sur des sièges et se racontant ce qu'ils ont vu la veille. Ceux qui sont arrivés en premier ont mangé toutes les tomates cerises du brunch. Même si on crève de chaud dans cette salle blindée, on aime bien l'Ubu qui nous fait commencer la journée tranquillement. 

Après, pour les chanceux détenteurs d'un pass média, direction le village pro logé à l'étage du Liberté, toujours en plein centre. Les Transmusicales sont sûrement le festival français où il y a le plus de professionnels, à l'affût des futures révélations musicales de l'année (ou des années à venir, carrément). La réputation défricheuse des Trans n'est plus à faire. Cette année auraient été délivrées plus de mille accréditations pour les pro et les journalistes. Le village du Liberté est donc bien rempli. A l'accueil, les gens du festival courent dans tous les sens pour essayer de coordonner toutes les interviews, trouver les groupes, puis les intervieweurs, sauf qu'entre temps les artistes sont partis se balader... Pas facile. Il y a aussi les malheureux imprévus. Par exemple, je devais interviewer Factory Floor vendredi, mais les Anglais ont loupé leur train puis ont préféré se reposer à l'hôtel pour se remettre de leurs émotions. Soit. 

5.12.11

On a enfin été aux Transmusicales

 
TRANSMUSICALES DE RENNES 2011 
LES CONCERTS


jeudi
Cinq heures de routes pour aller à Rennes et trouver la ville sous la pluie. Pas grave, rien ne peut entamer le moral quand on sait qu'on va passer le weekend aux Transmusicales, enfin. Malheureusement, j'arrive trop tard, pas moyen de voir le concert des Spadassins à l'Ubu et de retourner dans les sixties, dommage, ça avait l'air vraiment chouette. 

Ca commence donc par Group Rhoda à la Cité (là où avait eu lieu la toute première édition des Transmusicales, en 1979, ouais ouais), qui se remplit au fur et à mesure jusqu'à former une audience honnête à la fin. La petite Mara, affublée d'une robe multicolore, prends le soin d'enlever ses bottes au tout début du concert, comme pour se retrouver dans une ambiance familière pour délivrer sa musique intimiste à synthétiseurs. Les rythmiques minimalistes peuvent rappeler Young Marble Giants, les morceaux étant plus bruts et décomposés que sur les enregistrements. On pensera aussi à une version cosmique de Serafina Steer. Group Rhoda fait son show comme elle le ferait dans un squat de San Francisco. Aucun artifice scénique, des silences entre les morceaux, mais au final ça prend assez bien. 


Pour passer la soirée, le choix s'aiguille sur le théâtre de l'Aire Libre où squatte toute la semaine la bande à Kütu Folk records, le fameux label clermontois. Chaque soir deux ou trois artistes délivrent un mini-concert puis toute la clique se ramène pour chanter ensemble sur scène des morceaux de chaque signature Kütu. Pour l'occasion ils ont fait une jolie déco avec des lustres et surtout une machine à coudre à facettes. A peine le temps de s'asseoir sur les gros fauteuils rouges que Dempster Highway finit son set, trop bête. C'est St Augustine, aka François Régis Croisier qui suit. J'ai beau ne pas être une grande fan de folk (ça m'endort plus qu'autre chose, très bonne idée ces sièges confortables d'ailleurs), je me surprends à beaucoup aimer la prestation intime du monsieur. Ses morceaux sont tristes et beaux et sa voix résonne dans toute la salle, c'est prenant comme tout. Mince, est ce que je vais me transformer en adoratrice des types à chemises à carreaux ? Pas sûr en fait, parce que la prestation d' Hospital Ships après, que pourtant j'attendais avec envie, n'est pas à la hauteur de mes espérances. Pire : c'est ennuyeux. Il aurait mieux fait de s'accompagner de plus de musiciens, seulement un guitariste à côté, ce n'est pas assez. En fait le clou du spectacle à l'Aire Libre, c'est le dernier concert, quand tous les artistes du label jouent et chantent tous ensemble les titres des uns et des autres, tout de suite ça donne un relief impressionnant. Si j'étais une personne sensible, je pleurerais, mais à la place je souris devant cette chouette chorale qui me fait parfois penser à des Crâne Angels plus organisés.


vendredi
Après une bonne nuit réparatrice, on se lève et file à l'Ubu en début d'après midi pour aller voir les jeunes formations locales que le patron des Trans Jean-Louis Brossard a jugé prometteuses. Et ça commence par Juveniles dans une salle pleine à craquer entre les professionnels à l'affut, les coupains venus encourager et les autres qui ont compris que c'était gratuit.

En fin de printemps donc, les Juveniles, un trio rennais composé de membres d'anciennes formations plus ou moins glorieuses, ont débarqué sur la toile grâce à une très bonne communication et un single d'inspiration new-wave, "We Are Young" (depuis sorti chez Kitsune). Alors évidemment, ils avaient plutôt intérêt à faire leurs preuves en live aux Trans histoire que le soufflé ne retombe pas. Et ils n'ont pas totalement convaincu. Oh, c'est carré, le son est impeccable, on sent qu'ils ont bien bossé, mais c'est aussi ça le problème : ça manque de sincérité et surtout de folie sur scène. "We Are Young" est même tout mou en live (surtout quand on loupe une phrase du premier couplet, hein), heureusement qu'ils ont "Ambitions" qui est plus efficace. Ah et le chanteur a la panoplie du hipster, tandis qu'il y a un autocollant Wu Lyf sur la basse, nous ça nous a bien fait rigoler. 

1.12.11

"On est un groupe de Hard Rock"


INNI - SIGUR ROS
Vincent Morisset

Je n'ai jamais vraiment aimé les retransmissions de concerts. Ni adoré Sigur Ros d'ailleurs. Pourtant Inni pourrait très bien être un de mes films préférés de l'année, à mi-chemin entre le live, le documentaire, et l'expérimentation artistique. C'est en effet un petit hybride que nous a pondu Vincent Morisset. Mais le canadien n'en est pas à son coup d'essai. Connu notamment pour son travail avec Arcade Fire (Neon Bible, Miroir Noir, The Suburbs), il s'auto-proclamme "web-friendly director" et a en outre créé des projets interactifs comme le chouette Bla Bla - une histoire où l'on s'amuse à faire couiner des petits bonshommes. Soit.

Hier au Fri-Son, on assistait à une soirée pas vraiment cinéma mais pas vraiment concert non plus. L'écran géant et les chaises en plastiques inconfortables étaient bien là, pourtant, on s'était déplacées pour voir les Islandais Sigur Ros. Sur une toile blanche, quelle idée. Au moins, il y avait une sono bien réglée et ça tu peux pas test. Après une intro tout en motifs noir/blancs pas très bien définis ainsi que des détails mignons à la pelle - chaussettes à pois, plumes sur la nuque de Jonsi, couronne nouée sur la tête de Orri - on avait déjà envie de se lever et d'applaudir comme si le groupe s'était soudain matérialisé devant nous. Mais non. Et puis les premières notes mi-cristallines/mi-sous-marines de "Svefn-g-englar" ("Somanbules" en français. Pas facile.) chatouillaient déjà nos oreilles. De quoi s'enfoncer d'aise dans son pseudo-siège.

Svefn-g-englar (Ágætis Byrjun, 1999)