L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

30.3.09

"Coucou nous revoilou !"



Kicks
1990s


Les 1990s de Glasgow n'auront pas attendu très longtemps avant de donner un successeur à leur déjà bien réussi Cookies (2007). Les revoilà déjà, avec un nouveau bassiste et surtout Kicks, histoire de prouver qu'ils n'ont pas lâché l'affaire.
L'album commence par une chanson qui aurait très bien pu être dans leur premier album, tant elle est du même genre que celles de Cookies, et en fait, c'est vrai, Kicks est sans surprise. "Vondelpark" n'est pas forcément très entraînant pour un début, mais "Tell Me When You're Ready" se ramène et ça commence à nous faire remuer le derrière. Dommage, "I Don't Even Know What That Is", avec sa lourdeur, nous coupe dans notre élan. Mais ce n'est pas grave, juste après, qui voilà ? "59"! Le super bus 59 de Glasgow où tout le monde "has something better to do", le bus magique pour nous faire danser pendant tout le printemps (à noter le clip soit fantastique soit affreux, cela dépend des goûts). Après malheureusement, le disque s'enfonce un peu dans des méandres de vieux rock balourd. Puis arrive une ballade, ce qui change, "Local Science", mais ce n'est pas déplaisant du tout, on verrait bien cela pour un slow dans une de ces séries américaines des années 90, justement. Mais trêve de sentimentalité, le titre qui prétend, avec "59", de meilleur morceau de l'album est là : "The Box", une chanson qui transpire. C'est bien plus viril que ce que le groupe fait habituellement (même si les choeurs sont encore très aigus).
Et c'est le dernier coup d'éclat de cet album, assez inégal, pas forcément folichon à écouter en entier, mais qui possède de petits bijoux qu'on ferait bien de se passer en boucle, histoire d'avoir le sourire (sans se chopper le sourire déviant les lois de la gravité du chanteur, merci).

27.3.09

Joli Coup



Peter Doherty
Grace / Wastelands 

Il ne nous a pas fait faux bond cette fois-ci. Il a sorti son premier album solo à la date prévue, avec dedans les chansons prévues. Et TEA en fait la review, comme prévu.
Sacré Pete, pour le coup, il s'est rajouté un 'r' au prénom, pour faire plus chic. Mais on ne lui en veut pas, "Peter" colle à merveille à l'album qu'est Grace/Wastelands. Ici, il n'est pas question faire le gus défoncé et énervé, c'est bon pour les Babyshambles et encore. Pour cet album solo, il fallait quelqu'un d'autre, un homme lettré, un poète des temps modernes. On savait que le garçon pouvait écrire des choses magnifiques, mais certains malheureux l'ignoraient encore. Et "Grace/Wastelands" montrera au monde entier que Pete Doherty n'est pas qu'un junkie.
Posé, doux, plus intime, cet album est simple et fourni à la fois. Il y a des violons, des arrangements savants, mais au final, on a l'impression qu'il y a seulement sa voix et sa guitare.
Il y a des coups de maître, comme "Last Of The English Roses" et "A Little Death Around The Eyes" mais aussi des temps morts ("1939 Returning", "Broken Love Song") qui raviront les fans et ennuieront les autres.
Mais on peut dire que "Grace/Wastelands" est une belle oeuvre. On n'en attendait pas moins de lui.

25.3.09

Quelles Horreurs !



Vous avez sûrement déjà vu cette vidéo. Sea Within A Sea. Ce clip de huit minutes vingt-trois, coloré mais sombre, qui illustre le premier single du nouveau Horrors, prévu pour le 4 mai. Ils nous ont fait la meilleure surprise de ces jours-ci en postant cette chanson.
Vous avez sûrement été surpris aussi, étonnés de l'absence de cris, de synthés fantomatiques, de corbeaux. Vraiment, ce sont les Horrors là ? Au milieu de ces couleurs; avec ce chant aérien; Faris souriant presque, les yeux visibles, avec l'air serein d'un prêtre qui dit sa messe ? Oui, et le morceau est magnifique.
Vous avez sûrement regardé cette vidéo, écouté cette musique des dizaines de fois déjà. Et vous avez raison. La violence, qu'on aimait tant dans les Horrors est partie, mais nous n'arrivons même pas à la regretter.
Vous avez sûrement déjà hâte d'être au 4 mai.

15.3.09

"You know Tolstoï, I know Playboy"

INVASION DE PETITS SUISSES EN VUE


L’année passée, le monde découvrait « le secret le mieux gardé de Suisse » à travers la voix délicate de Sophie Hunger. Sous l’impulsion de cette formidable musicienne, la scène musicale helvétique ne se gène plus et fonce, bien décidée à se faire un nom.
Pour son édition du jeudi 5 mars, l’hebdomadaire suisse subtilement nommé « L’Hebdo » a donc décidé de mettre les musiciens confédérés à l’honneur. Selon l’admirable initiative de Christophe Schenk , pas moins de 15 artistes aux styles variés sont présentés sur « Son pour la tête » ; Une galette riche en découvertes pour tous – suisses ou autres.

Annoncée depuis quelques semaines, la sortie de cette compilation était attendue avec impatience par notre correspondante spéciale en Suisse, Mie (pour vous servir). En tant que digne abonnée au magazine, elle s’est vu offrir le sus cité sésame et vous livre ici son analyse personnalisée.

Tout commence mal : Polar « amène le vent » mais manifestement pas celui de l’originalité. Dans la même veine, K et Jérémie Kisling distillent leurs jérémiades à la Renan Luce – des chansonnettes plan-plan qui ne sont décidément pas ma tasse de thé.

Heureusement, une bouffée de fraîcheur s’impose dès la seconde piste : Heidi Happy porte bien son nom et redonne le sourire aux mélomanes. Un chant un peu naïf au milieu de divers cuivres, cordes et autres percussions amène un peu de chaleur dans l’actuel froid polaire. Trois autres solistes féminines rythment la compilation de leurs voix mélodieuses. Sophie Hunger, Lole et enfin Evelinn Trouble tracent chacune leur voie, télescopant des sonorités de tous horizons. Il n’y a pas à dire, ces suissesses nous enchantent.

14.3.09

Ce Gus, c'est quelquechose



Pour son nouveau film Harvey Milk (sortit au début du mois), Gus Van Sant abandonne les adolescents mais c'est seulement pour renouer avec les homosexuels. Un biopic sur Harvey Milk donc, premier élu gay américain, à San Francisco, à la fin des années 70, et qui fut assassiné.
Le film aurait facilement pu être indigeste pour le spectateur que la politique énerve ou ennuie ou les deux. Mais Gus a plus d'un tour dans son sac, et malgré quelques longueurs, ces deux heures sont une réussite. Sean Penn campe un Harvey Milk époustouflant (ici rajoutez autant de superlatifs que vous le souhaitez). Tellement que vers la fin du film, on tremble vraiment, on sait qu'il va se faire assassiner, mais on ne sait pas quand, et on ne veut pas, le personnage est bien trop attachant. Comme la plupart de sa bande d'ailleurs. Au passage, on remarquera que le réalisateur n'oublie pas totalement les adolescents, car il y a une tripotée de jolis jeunes hommes au casting.
On reprochera si l'on veut les musiques cucul la praline et le traitement assez académique... et puis non.
Harvey Milk est un très bon film, qui vous remuera, vous fera verser une larmichette sûrement, et réfléchir, beaucoup.
Alors allez le voir, si ce n'est déjà fait.

5.3.09

Klang Klang !



THE RAKES
KLANG

Le premier trimestre de 2009 sentait la guitare à plein nez, avec les nouveaux albums de Franz Ferdinand, The Rakes et 1990s. Seulement voilà, les Écossais de l'archiduc nous ont fait une surprise en délaissant la six-cordes. Les anglais des Rakes ont-ils fait une farce eux aussi avec Klang (sortie le 23 mars) ?

On avait supporté sans grande difficulté leur absence, mais on est quand même super contents de les retrouver ces Débauchés. Et on les retrouve parfaitement. Les Rakes font du Rakes. Klang ressemble énormément à leur premier album, Capture/Release sorti en 2005.
Les premières secondes de "You're In It" nous renseignent : les guitares sont de la partie. Une chanson plus tard, on croirait entendre l'intro de "We Are All Animals" mais en fait non, c'est "That's The Reason", dommage. Ça commence à être plus intéressant avec "The Loneliness Of The Outdoor Smoker" et ses paroles amusantes sur le pauvre fumeur qui n'a pas le droit de fumer dans le bar. Parce que les Rakes, on les aime aussi pour leurs textes (la plupart du temps) travaillés, drôles et dépeignant l'anglais moyen, le tout scandé par le phrasé so british du chanteur Alan Donohoe (sa deuxième spécialité résidant dans les chorées épileptiques qu'il donne à voir en concert - même wikipédia approuve ). Deux chansons plus tard, le piano se ramène pour un des meilleurs morceaux du disque : "The Woes Of The Working Man", un chouillas plus original que les autres. Puis "1989" se ramène, et on adore. Du pur Rakes avec même les "Lalala" et les choeurs assortis. "Shackelton" est un brin ennuyante, l'overdose de guitare commence à se faire sentir... Mais "The Light From Your Mac" nous reconquit vite. "The Final Hill" est un simili-hymne qui clôture le disque. Klang le bon, Klang le simple. On espérait un peu de changement...
Mais vous pouvez quand même accueillir Klang dans votre discothèque réelle ou virtuelle, les Débauchés ne sont pas encore condamnés.