L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

28.9.09

corbeaux, oiseaux de bonheur


Vous allez nous dire que ça commence à bien faire, qu'on vous a déjà bien assez parlé des Horrors ici (sans compter leurs clips qu'on a posté à plusieurs reprises sur la TEA V)... Mais, comme l'écrit le vicomte de Valmont dans sa lettre à la présidente de Tourvel : "Ce n'est pas ma faute." Non, ce n'est pas notre faute si les corbeaux ont sorti un album tellement beau qu'on le considère comme le meilleur disque de l'année à ce jour.
Et puis il y a une bonne raison pour en parler aujourd'hui : un nouveau morceau : "Whole New Way", qui ne figure pas sur Primary Colours (sauf sur la version japonaise de l'album, mais sincèrement : qui d'entre vous a la version japonaise ?). Il sortira en single le deux novembre, mais est déjà en écoute sur leur site.
"Whole New Way" est certes moins complexe et hypnotisant que la merveille "Sea Within A Sea" et d'autres morceaux de Primary Colours. Mais en même temps plus limpide et plus joyeux (la voix de Faris Badwan ne semble plus sortie d'outre tombe). Après plusieurs écoutes, on peut affirmer que le morceau est vraiment bien. On rappuie encore sur replay, sans se lasser. Et vous pourriez bien en faire autant :


A noter aussi que les Horrors seront en tournée au mois de novembre en Suisse et en France :
le 15 à Lausanne
le 16 à Zurich
le 23 à Toulouse
le 27 à Bordeaux
le 28 à Nantes
le 29 à Rennes
le 30 à Paris
Vous remarquerez qu'ils font ces quatres dernières dates à la suite, les paris sont donc ouverts : Quel(s) concert(s) vont-ils annuler ?

20.9.09

Gros Bâtards (à l'assaut des nazis)


Inglourious Basterds
Quentin Tarantino, 2009

De prime abord, Inglourious Basterds, le dernier-né de Quentin Tarantino (Kill Bill et Pulp Fiction notamment - mais vous le saviez déjà) donne tous les gages de se poser en énième blockbuster hollywoodien produit par et pour l’industrie de l’argent. Et en prenant la peine de le découvrir de visu, on constate que toutes nos craintes sont bel et bien fondées. Etonnamment cependant, et n’en déplaise à ceux pour qui argent rime toujours avec qualité médiocre (j’étais un de ceux-là), le film n’est de loin pas déplaisant, il se révèle même être l’excellente surprise de cet été.


Accusé à tort de manquer de respect à l’Histoire avec un grand H, il narre l’épopée en terre allemande du lieutenant Aldo Raine (campé par un Brad Pitt vieillissant mais convaincant) et de ses hommes, tous juifs, qui se retrouvent investis de la glorieuse mission de « trancher du Nazi ». Ils recevront l’aide bienvenue d’une actrice et agent double allemande Bridget von Hammersmark (Diane Kruger, passable) dont l’attrayant physique sera un atout non négligeable. Parallèlement à cette jouissive campagne dégoulinante de scalps, de passages à tabac à coups de batte de base-ball et d’humour toujours piquant, jamais insultant, on suit la jeune Shosanna (Mélanie Laurent) dans son désir de vengeance, elle qui a échappé au massacre de sa famille par des soldats allemands.


Vous l’aurez compris, comme à son habitude, Quentin Tarantino n’y va pas avec le dos de la cuillère, c’est immédiat, sanglant et, pour ne rien cacher, très bien fait. L’intérêt de ce film ne réside pas tant dans son scénario (bien vide, c’est pour l’argent quand même, si on devait écrire des bons scénarios, ça marcherait moins bien...) que dans les traits caricaturaux des personnages, exacerbés par le génie d’un réalisateur très en forme. On comprend ainsi que les intrépides « bâtards » auront à se battre contre des soldats allemands juste assez malins pour savoir lacer leurs chaussures, lesquels sont totalement dévoués à un Hitler pathétique à souhait et rusé comme un manche à balais.
C’est fort en hémoglobine et en bastons très excitantes, c’est peut-être justement parfois trop fort là-dessus et pas assez ailleurs, toujours est-il que ça vaut le détour.


Loin de représenter une pâle satire de la guerre, loin de tenter d’un minimiser l’impact et les conséquences, loin de manquer de respect à aucun groupe ethnique, Inglourious Basterds associe un cynisme et une ironie dosés au millilitre près à un décallage suffisant pour résumer l’absurdité de l’Homme, ses vices, sa bêtise.


Amis de l’humour corrosif, courrez vous réfugier dans une salle obscure, ça en vaut la peine !

18.9.09

On s'amuse comme on peut.


MUSE
THE RESISTANCE

Le temps file, les jours raccourcissent, la grisaille est de retour...avec la rentrée, tout le monde pique sa crise. Il existe alors divers moyens pour évacuer le stress - une tasse de thé, beaucoup de guimauve - TEA chronique The Resistance, le nouveau rejeton de Muse, entre envolées lyriques et romantisme exacerbé.


Avant même la première (décevante) écoute, la pochette annonce la couleur; tuyau multicolore aux airs de science-fiction - prêts pour la conquête spatiale? je me lance dans un parcours initiatique avec "Uprising" qui ne surprend en rien. Du Muse tout craché, le trio à ressorti sa formule "Radiohead couche avec Queen": tonitruant, grandiloquent, j'ai l'impression d'avoir déjà tout entendu. Normal, c'est le single, mais tout de même...


Force d'univers saturé et machinerie bien huilée, le groupe entend bien rester sur son illégitime piédestal. Au temps où la pop teintée de sonorités électroniques à le vent en poupe, le trio s'obstine à nous asséner ses bruits dégoulinants de sentiments. A priori, cette opposition aux mouvements populaires ("they will not force us") est plutôt honorable. Pourtant, ce mélange regrettable entre un Radiohead baffoué et un Coldplay dramatisé traumatise...Je n'en suis cependant qu'à mes premier émois. "We'll be victorious" clame Matthew B. Ou pas.

11.9.09

Deux geeks sont sur un bateau


Deux joyeux drilles sont sur un bateau, un yacht en l'occurrence : Jona Bechtolt, ex-The Blow, geek de première, pirateur, amateur de triangles et d'ancres, et sa petite copine Claire L. Evans. Aucun des deux ne tombe à l'eau, et ça tombe bien, comme ça ils peuvent faire de la musique ensemble : voilà YACHT.


Ce couple de l'Oregon n'a pas choisi ce nom car il aimait les gros bateaux bling bling, pas du tout; en fait, YACHT signifie "Young Americans Challenging High Technology" (un endroit à Portland dans les 90s où les collégiens pouvaient se familiariser avec l'informatique - on vous a prévenus, Jona est un geek).

Le duo, à très fort quotient sympathie, vient de sortir chez DFA un chouette nouvel album en cette fin d'été/début de rentrée : See Mystery Lights. Dix réjouissantes chansons bidouillées pour nous faire danser, avec deux grosses bombes : l'irrésistible "Psychic City" et la non moins addictive "Summer Song", et toute une flopée de titres peut être moins accrocheurs au premier abord, mais tout de même très bien faits ("It's Boring/You Can Live Anywhere You Want").

YACHT c'est léger, drôle même, sautillant, et ça serait dommage de se priver de cela.

album See Mystery Lights disponible
en concert au Point Éphémère à Paris le 6 octobre

Photo par Jörgen Brennicke

10.9.09

La Musique n'est pas drôle


MUSIC IS NOT FUN
BRITISH RENDEZ-VOUS

Notre fascination pour la Grande-Bretagne ne date pas d'hier. Une passion partagée par beaucoup de continentaux si l'on en croit l'engouement de nos teens pour la brit-pop, les bus rouges et autres "God save the Queen". Phénomène de mode? Quoi qu'il en soit, montrer son amour pour le Big Ben et autres Tea-Times est une formule qui marche et les 4 compères de Music Is Not Fun l'ont bien compris.


"Nous sommes Music Is Not Fun. Nous sommes nés en France. Malheureusement." Voilà qui montre bien qui sont ces quatre Lyonnais qui depuis 2006 et leur prometteuse démo In Mods We Trust chantent leur Angleterre fantasmée. Leur musique va évidement avec, et s'avère être une synthèse de ce qui a pu s'inventer de mieux outre Manche : des mods à la britpop, sans oublier la récente leçon des regrettés Libertines.
Au détour d'un concert à Angers en 2007, on avait pu voir que les quatre loulous - Guillaume, Lucas, Julien et Valentin - assuraient sur scène, même s'ils n'avaient qu'une poignée de chansons et un public peu nombreux et pas très enthousiaste en face. C'est à la suite de ce concert-là que nous pensions que Music Is Not Fun était vraiment un groupe à suivre, que même le futur de la britpop pourrait bien s'écrire à Lyon. Oui, les MINF avaient conquis.
Et puis le temps a passé, l'album ne sortait toujours pas mais sans cesse ils avaient une nouvelle actu (un épisode sur la MINF TV, un fan club, un making of...) mais aucune nouvelle chanson, ou si peu. Ce rabattage (vous voyez de quoi nous parlons si vous les comptez parmi vos amis Myspace) finit même par nous énerver. Et puis la nouvelle est tombée : les MINF en première partie des BB Brunes. On imaginait déjà toutes ces préadolescentes criant (à juste titre mais quand même) "Miiiiiiiinf ! Valentiiiiiiiin !" et vraiment, on a eu peur de les perdre. C'est pourquoi l'album, qui sort ENFIN, on l'attend au tournant.

8.9.09

"Maman, je veux faire du surf"

Je n'ai jamais aimé le surf.Les blonds ne m'ont jamais fait fantasmer.
Et je n'ai jamais eu envie de faire de la batterie.

Pourtant, depuis une semaine, il y a une chanson qui tourne en non-stop chez moi, et elle parle de surf, est chantée par un blond, et le groupe s'appelle Les Batteries.
Depuis une semaine, je regarde encore et encore le clip de 'Let's Go Surfing', du groupe The Drums.
Des garçons qui courent la nuit on ne sait où, en chantant à tue tête une pop song comme on n'en fait plus, avec refrain entraînant "Oh Mamma, I wanna go surfing, Oh Mamma, I don't care about nothing" et choeurs : c'est tout simplement irrésistible. Voyez par vous même :
Vous comprenez mieux maintenant ma soudaine passion pour le surf.

3.9.09

Я люълю Ти-Зайн !


TEA EN VOYAGE :
LA RUSSIE

non vous ne rêvez pas : ceci est bien un manège pour enfants avec des tanks

Après l'Australie et Berlin, c'est au pays de Lénine, Gogol, et des tsars qu'on se prend une bonne tasse de thé.
Petit tour des préjugés qu'on a souvent, et rectifications :

1. En Russie, il fait tout le temps froid : non ! On a du avoir plus de soleil et de chaleur que vous sur votre serviette à la plage de Saint Jean de Monts.

2. En Russie, vous ne risquez pas forcément de vous faire enlever par la mafia. Sauf si vous êtes là pour quelque trafic de drogue, alcool, produits chimiques, pétrole, matières premières, viande, tabac,… Auquel cas lire TEA est le dernier de vos soucis (et en plus d’avoir la mafia aux trousses, vous ratez quelque chose)

3. Tous les Russes ne carburent pas à la vodka. Même si le rayon consacré à cette boisson dans les supermarchés est immense et qu’on trouve des bouteilles pour l’équivalent d’un euro. Les jeunes préfèrent d’ailleurs largement la bière (50 cl sinon rien), qu’ils aiment trimballer en ville à la main même en début d’après midi, et autant la boire à la paille, c’est plus rigolo. Il y a aussi le kvas, une sorte de bière mais sans alcool, souvent fait à partir de pain et qui est un peu le soda local.