L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

31.3.10

On est tous de mèche


Le warm-up du festival helvétique m4music se déroulait jeudi dernier à l'Atlantic à Lausanne. Un lieu un peu particulier puisqu'il s'agit en réalité d'un cinéma. Pour l'occasion, le lieu s'est mût en club et a ouvert ses (deux) portes à tout un tas de mélomanes plus ou moins pros et ravis.

M4MUSIC - JEUDI
25/03/10 @ATLANTIC, LAUSANNE
Joseph of the Fountain

Bonaparte
 

Solange la Frange 
Round Table Knights

La soirée était inaugurée par Joseph of the Fountain - qu'on a raté. Trop dommage, ça fait un peu penser à Bombay Bicycle Club (la voix grave en plus) - on risquait d'aimer. Mais nos regrets ont tôt fait de s'envoler quand Bonaparte a déboulé sur scène accompagné de sa bande de saltimbanques complètement barrés. "Do you wanna party with the Bonaparte" introduit près d'une heure de délirium total. (Big up au claviériste à la tête de nourrisson géante.) On a aussi revu avec plaisir le corbeau-squelette strip-teaseur qui, à la fin du show chaud, se retrouve vêtu en tout et pour tout d'un string et d'une boule disco. Un rien too much mais c'est ce qui fait le charme de la bande à Napoléon. Même si musicalement parlant, c'est un peu toujours le même topo, les titres ("Anti, Anti" ou "I Can't Dance") de la troupe ont quand même des la allures de tubes entrainants comme on les aime.

Puis ce fut Solange la Frange qui mis le feu au dance floor déjà bien chauffé. Le groupe a à son tour mis les secousses de tignasse à l'honneur. On avait apprécié leur album à la maison et on doit admettre qu'il marche parfaitement en live également. Le public (toujours à partir du 3e rang - le devant étant dévolu aux battles des dragueurs hétéro et homo invétérés et sûrement un peu drogués) s'est toutefois montré un peu timide. On n'y a pas trouvé le "best dancer" de Grind, dommage. Cependant, rien n'a retenu les quelques (mèches) rebelles à hurler leur enthousiasme. "FAT!" Et en fin de live tuant, Julie et comparses ont reprit Justin Timberlake. Tip top.


30.3.10

Dossier M4Music 2010

...un chantier musical

Ca commence par M


Premier festival de l'année, le m4music s'est déroulé le week-end dernier. Dossier.

M4MUSIC


Y a des trucs comme ça, ils nous disent trop rien et finalement c'est trop bien. Par exemple, le m4music festival avait beau avoir un nom de merde, c'est de la Musique avec un grand "M" (comme Metronomy) qu'on y a servi. Et de la musique (en partie) Suisse, s'il vous plait. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il n'y a pas que le foehn qui décoiffe dans nos contrées.
Si le m4music était ouvert à tous (pour peu que vous ayez pu vous offrir le billet), il restait avant tout une plateforme idéale de rencontre entre tous les acteurs de la scène musicale helvétique (kikou guerolito). La TEAm ne pouvait donc manquer le rendez-vous et a plongé la tête la première dans cette mer mouvante encore mystérieuse sous bien des aspects.


Sans prendre de véritable douche froide, nous avons expérimenté la solitude pendant de longs apéros de pros, les regards étonnés des habitués ("euh...vous êtes qui?") et les remarques exaspérées de gens stressés. Première constatation (mais on s'en doutait un peu) - le monde des musicos n'est pas de tout repos: il faut être à l'heure (paradoxe étrange avec les réponses dernière minute des managers), sourire, porter un bracelet argenté, ne pas oublier son sachet de thé, ne pas dépasser son temps imparti pour les interviews, rire aux blagues des sécus, être bi voir trilingue, être disponible, exploser son forfait de natel (ou portable si vous préférez) et chroniquer rapidement s'il vous plait.

Deuxième constatation (qui confirme les observations des Eurocks): Les pros sont des observateurs blasés. Le public -jeudi soir en particulier- était statique dès le 3e rang. Ce qui est à notre sens étonnant de la part de prétendus amoureux de musique. Peut être que cela vient avec l'âge. Toujours est-il que la TEAm était, quand à elle, surexcitée.


...A juste titre.

29.3.10

Les Femmes S'en Mêlent, et c'est tant mieux

LES FEMMES S'EN MÊLENT :
MEN + JESSIE EVANS
@ LE CHABADA, ANGERS
25/03/10

Tous les ans, les Femmes S'en Mêlent et s'incrustent dans vos salles de concerts préférées de France et de Navarre. Le 25 mars, deux groupes se sont arrêtés au Chabada à Angers : Jessie Evans et MEN. Vous devinez la suite : on n'a pas pu s'empêcher d'y aller.


C'est Jessie Evans, Californienne exilée à Berlin, qui ouvre la soirée. A écouter sa musique à inspirations latino, on pensait que ce n'était pas vraiment notre tasse de thé, ce même si on aime beaucoup le saxophone (coucou The Rapture et Twisted Charm) On n'attendait donc pas grand chose du concert qui, de plus, s'annonçait mal puisque la petite foule servant de public ce soir était assise sur les marches du club, éloignée de cinq bons mètres de la scène. Mais c'était sans compter sur Jessie. Jessie, elle arrive entièrement vêtue d'une combinaison moulante imitation peau de serpent, elle sautille sur ses deux jambes interminables, et puis sa première chanson terminée, elle demande à l'assistance de se lever et se rapprocher. Ah, c'est déjà mieux. Mais pas encore suffisant pour Jessie qui a une bonne idée : le public ne vient pas à elle ? Pas graaaave, elle vient au public. Elle saute de la petite scène du club et fait toute une chanson au milieu d'un public encore timide, mais qui commence à se réchauffer déjà. Elle est accompagnée par un batteur (qui ne la suit pas jusque dans la fosse, on devine pourquoi) nommé Toby Dammit, excellent, et qui, oh tiens, a déjà joué pour des gens comme Iggy Pop, respect. Quant à Jessie, elle joue très très bien de son saxo, a une belle voix, et ses chansons qui ne nous disaient pas grand choses sur Myspace deviennent ici d'envoûtantes mélodies, sensuelles, avec des sonorités exotiques, souvent latino, et ça plaît. D'autant plus que ce n'est pas ici un concert comme les autres : cette femme est une véritable performeuse. Elle danse dans tous les coins, lève la jambe bien haut, utilise des accessoires comme des feuilles de palmier, une grande cape brillante... on croirait une danseuse de charme des années folles. Mais Jessie Evans fait aussi penser à une punk, qui aime bien vider les bouteilles d'eau sur son public et qui a beaucoup d'énergie à revendre. Peaches, mais en version plus distinguée. Au final, on se prend carrément à ses chansons, qui finissent par devenir hypnotisantes, le public est conquis, et il y a un rappel bien mérité. Allez voir Jessie Evans en concert, elle ne vous décevra pas. En plus, elle boit du thé sur scène.

28.3.10

De la pop, vraiment ?


THIS IS POP
WHITE MONKEYS

Il y a pas mal de mythos dans la musique aujourd'hui. Les I'm From Barcelona sont suédois, les membres de Girls ont le chromosome "Y" et Muse est un groupe manquant cruellement d'inspiration. Nous avons le plaisir de vous présenter de nouveaux mythos pour agrandir votre collection : This Is Pop.

Le trio parisien ne fait pas dans la pop, ou alors la définition du mot a changé, puisqu'on a plutôt affaire à du post-punk assez offensif. Mais il paraît que le groupe n'aime pas les étiquettes : tant mieux, comme ça on n'aura pas à s'embêter à leur trouver une catégorie précise. "This Is Pop peut-être défini comme la rencontre entre Kraftwerk, Ikara Colt et Motorhead" dit leur Myspace : débrouillez vous avec ça.

Remarqués depuis déjà une poignée d'année par les grands amoureux de musique à l'époque où l'on pouvait passer cinq heures d'affilée sur Myspace à la recherche d'un petit groupe undeground sympa, les trois compères ont enfin sorti leur tout premier album, White Monkeys, fin 2009. Ils ont entre temps fait une tripotée de concerts, histoire de montrer qu'ils étaient aussi bons en live, et sont devenus les chouchous d'une certaine hype.

La couverture de l'album (des gens tous nus avec des masques de singes, du sang et une carcasse, oh la la) annonce la couleur : ta maman n'aimera pas ce disque. Et toi ? Si tu es amateur de punk et de tout ce qui a pu en découler, tu vas en faire ton disque de chevet (en n'oubliant pas de cacher la pochette hein, pour ne pas inquiéter tes parents). Une bonne guitare avec un son juste ce qu'il faut de sale, des synthés, et une voix féminine souvent énervée qui vous fera penser au riot grrrl ou à Sonic Youth. Ça, c'est ce que l'inaugural "Sheitan" résume à lui tout seul, en même pas deux minutes. Mais ce que ce premier morceau ne dit pas, c'est que le suivant, "Lewis", est génial et devrait être un tube fissa. Et puis il y a "Control" derrière qui en rajoute une couche, plus agressive cette fois, avec tous ces claviers entêtants. Les autres morceaux sont de la même trempe. On retient de toute cette énergie en particulier "Whistle" avec ses voix qui se répondent. On finissait par croire que This Is Pop ne nous reposeraient jamais, mais au moment où l'on ne s'y attend plus (la septième chanson), ils nous sortent carrément une ballade, jolie en plus ("Wänx") ! Enfin, il ne faut pas abuser non plus, une minute cinquante et hop, on reprend la bataille avec l'excellent "Light Metal" et ses guitares aussi chouettes que dégueulasses. Un peu plus loin, c'est "La Chute", qui clôt l'album plus ou moins de la même manière qu'il a commencé.

Qui a énervé Mathieu Chausseron, Sylvain Levene et Liza Bantegnie comme ça ? On l'ignore, mais ça en a donné un bien bon album, qu'on va volontiers écouter toute l'année.

27.3.10

Un oeuf est un oeuf


INTERVIEW
BOMBAY BICYCLE CLUB



Rappelez vous, 4 jeunes hommes mignons dans un parc. L'air naïf sous le soleil et béat devant les petits oiseaux qui chantent. Ces gens là s'aventurent en Suisse hivernale le 4 mars dernier pour un concert au Fri-son à donner des frissons (facile). Nous les avons rencontré peu avant. Peu bavards, (à cause du froid ou à cause du délicieux repas qui se mitonnait juste à côté?) ils ont toutefois été assez aimables pour répondre à nos questions.
Petite histoire d'un groupe de pas sportifs malchanceux.

TEA : Vous venez de gagner les NME awards, allez vous passer sur BBC?

Ed :En fait, ils ne nous ont pas montré.
Jack : Oui, ce genre de choses nous arrive tout le temps. Nous sommes très malchanceux. Les choses vont mal et nous avons l’habitude maintenant.
Vous êtes fiers au moins ?
Jack : Oui, nous sommes fiers de nous. C’est pas tellement le fait d’avoir gagné les Awards ou quoi, mais c’est vrai que c'est toujours un bonus.
Et ça va vous amener loin ?
Jack : Oui, je le pense. C’est assez grand comme truc. Les gens vont nous voir dans les magazines. Le NME est influent - ça ne veux pas dire que c'est un bon journal mais beaucoup de gens le lisent.
Vous êtes jeunes comparés à votre succès…
Jack : Oui, c’est la recette de la déchéance.


Serez vous les prochains Arctic Monkeys ?

Ed : ils sont vraiment grands. Je ne sais pas si on a vraiment envie de leur ressembler.
Vous ne les appréciez pas ?
Jack : Si, bien sûr. Là où les gens voient une ressemblance c’est à cause de notre âge. Mais nous préférons jouer dans de petits endroits. Pas de grands stades où on ne peut même pas voir le fond.
Que vous apporte votre succès?
Jack : On peut voyager beaucoup. C’est la meilleure chose qu’on puisse faire de sa vie. En plus, pour nous, c’est gratuit. (rires)
Vous arrivez même jusqu’en Suisse.
Jack : Oui, nous avons de la chance, c’est très joli.
Ed : Nous avons un peu visité la ville, elle est très jolie.
Jack : Je suis content que ce soit du côté romand de la Suisse. Le français c’est une meilleure langue que l’allemand. D’ailleurs, j’ai fait français à l’école.

24.3.10

Oh non, des kamikazes!


Vous rappelez-vous du concert de Buvette et Oh No Ono, suivit de l'interview de Buvette? Et bien figurez vous que la TEAm fut sacrément chanceuse ce soir là. Avisant Nis le danois au merchandising, elle s'est précipitée pour poser 2-3 questions. Une discussion qui a aboutit au loges, sous la forme d'une petite interview improvisée. Inattendu et inhabituel, l'interrogatoire n'était pourtant pas tendu. Nis (en haut) était très gentil. Et Malthe (en bas) aussi.


INTERVIEW OH NO ONO

TEA : Salut, salut. Qu’est-ce qui est jaune et qui dort tout seul?
Yoko Ono.
Nis : Aha. Violent.
Alors, quel bon vent vous a amené par ici ? (on vous dit, on ne s'attendait pas à les voir)
Nous sommes en tournée. Nous avons déjà parcouru la Scandinavie et avons joué à Paris hier.
Ca sent le lendemain de noce à plein nez. Tous semblent épuisés :
Nous étions avec des amis. Théoriquement, nous aurions dû partir à huit heures ce matin mais finalement ce fut dix. Nous avons voyagé avec nos costumes et à la douane, un chien a fouillé notre van à la recherche de drogues.
Malhte : Ce soir, je l’ai jouée sobre. Normalement, j’ai du maquillage et tout mais quand je me suis réveillé ce matin – il a dû dormir dans le bus pour surveiller les instruments – ça s’était étalé sur tout mon visage. C’était beaucoup trop pénible à démaquiller pour que je recommence ce soir.


Votre album est sorti peu avant Pâques. D’où vient cette passion pour les œufs?

Nous ne savions pas comment le nommer. Rien ne semblait juste. Pendant longtemps, nous cherchions quelque chose de représentatif pour notre musique et puis rien n’allait. Tout semblait trop long ou trop compliqué. Finalement on a eut cette idée d’une couverture avec plein de “o” - parce qu’on a plein de “o” dans notre nom. Donc à la base, c’était une idée graphique qui a abouti à “eggs” parce que tous ces “o” ressemblaient à des œufs.
Vous pouvez l’interpréter comme vous voulez. Un journaliste à récemment inventé tout une théorie à base d’œuf, qui serait le commencement…
Qui était avant, la poule ou l’œuf ?
(Rires) Oui, c’est un peu ce genre de raisonnement.
Il pensait que les œufs étaient une référence aux chansons… je sais plus. Au fond, on peut interpréter ça comme on veut. A la base, c’était juste une idée esthétique mais c’est sympa si les gens essaient d’y donner un sens. En fait, nous mêmes ne savons pas ce que ce nom signifie. On ne décide pas vraiment.
Vu qu’on parle de noms, pourquoi Oh No Ono ? Parce que Yoko Ono ?
Aha, non, pas vraiment. C’était au commencement du groupe – je n’en faisais pas encore partie, ils ont commencé en 2003 et je joue avec depuis le premier album, en 2005 – l’idée de base c’était d’avoir quelque chose de différent. Pas un nom avec «The » devant.
En fait, en ce temps là, il y avait plein de musique ennuyeuse qui était jouée et la scène musicale nous ennuyait alors nous pensions qu’il serait approprié d’avoir un nom avec « On No ! ». En plus, ça sonne bien.

23.3.10

Qui a dit que la frange c'était passé de mode?

Solange la Frange, c'est l'histoire de 2 designers/patrons de boutique Dj-Garous.

Oui, avant, ils étaient 2. Aujourd'hui, par la force du "jamais 2 sans 3" (l'incantation fait toujours son effet) on ne dit plus "duo" mais "trio", la faute au bassiste de Rectangle qui s'est joint à la formation. Ensemble, ils ont enflammé bars, salles de plus en plus grandes et pistes de danse, se trainant une réputation croissante de bêtes de scène, produisant EP sur EP et un mini-album: "Reykjavik".

On attendait donc avec impatience l'album - le vrai, l'éponyme - des veveysans considérés par beaucoup comme l'un des meilleurs produits d'exportation Suisse (vous vous rappellerez peut être de leur passage remarqué aux Eurocks l'an passé). En attendant de les voir à notre tour en concert, on se délecte de la galette.


SOLANGE LA FRANGE 
SOLANGE LA FRANGE

Solange la Frange c'est les Kills tombés tout jeunes dans la marmite electro. Ici, l'expression "cocktail explosif " prend tout son sens. Solange n'a peur de rien. Et nous, on secoue nos mèches en long en large et en travers. Give Me a Reason to Yeah Yeah - C'est fait. La potion fait effet et même Panoramix a mal aux cervicales.

Druides d'une classe toute particulière, Julie Hugo et ses comparses mélangent percussions, basses, voix et hurlements dignes d'une Camille enragée. La mixture electro-rock-expérimentale engendre des morceaux hauts en couleur. Bulles colorées, propagande fluo, plumes de grands manitou, manifestement, Solange la Frange, c'est hyper bien.

("Grind", clip de Thomas (aka Blacksperm) et Marie à titre d'exemple:)


L'album est à lui seul la liste de lecture de ta boum de dégénéré. Un programme lourd qui démarre avec le bien nommé "Love Affair". Et on a le temps jusqu'à "I Am Wild" (crescendo de grosses guitares ponctué par le chant tantôt langoureux, tantôt à la limite de l'hystérie) de se laisser aller sur les chorégraphies les plus déjantées. Seul "The Black Rocks" te laissera le temps de souffler quelque peu. Un petit slow (avec tout de même, cette base nerveuse - faut pas déconner) et ça repart. "Morse" "Président" et tous les autres dégagent cette ambiance à la limite du malsain. Toujours fou, toujours électrique, Solange la Frange comble les espoirs et déménage nos oreilles à "Psychic City".

Alors même si tu n'as pas de frange, cet album est pour toi parce que la nuit, tu aimes danser et voilà.

21.3.10

"Le stroboscope est dans ma tête"


GET WELL SOON + NOAH & THE WHALE
+ MUSEE MECANIQUE
@ L'OLYMPIC, NANTES
18/03/2010

Il y a des affiches comme ça, elles sont tellement belles qu'on voudrait les épouser. Get Well Soon en concert, ça donne déjà très envie, et quand on sait qu'il fait sa tournée avec le groupe américain Musée Mécanique, c'est encore plus tentant. Mais il y a toujours mieux : à Nantes jeudi dernier, la dernière date de l'Allemand coïncidait avec la venue des petits anglais Noah & The Whale dans l'ouest. Trois groupes géniaux sur une seule date : une bonne soirée en perspective.


Enfin, par bonne soirée, on n'entend pas ici nuit de folie où l'on bougera son boule en riant à gorge déployée. Les trois groupes invités ce soir font plutôt dans la folk-pop (ou le folk-rock, ou le pop-rock, ou... mince, nommez-les vous-mêmes) très belle mais souvent triste. Le premier groupe est là pour nous le rappeler. Musée Mécanique sont des américains appelés ainsi d'après un musée de San Francisco (vous en saurez plus quand l'interview sera publiée ici même) aux jolies chansons un rien hantées ("Like Home"), semblant d'un autre âge et toujours très douces. Les morceaux en live ressemblent beaucoup à l'album (Hold This Ghost, sorti en Europe il y a peu, mais qui date de 2008) et ne sont évidement pas d'un très grand dynamisme. Le public n'a pas grand chose d'autre à faire que d'écouter, applaudir leurs efforts pour parler français, remarquer que le grand a de beaux yeux, et observer la façon dont ils multiplient les instruments pour créer un son à part, un bric à brac désuet et poétique. Musée Mécanique est un groupe qu'on préfère écouter tranquillement dans notre chambre pour s'endormir plutôt qu'en début de soirée, debout dans une salle de concert.


Les adorables petits anglais de Noah & The Whale prennent la suite, devant une salle plus remplie. Pour ceux qui ne connaissent pas (il va vite falloir remédier à cette faute de goût), Noah & The Whale ont commencé par un réjouissant petit album de folk qui donnait envie de taper dans les mains (leur tube "Five Years Time" a été septième des charts anglais en 2008) et puis Laura Marling a rompu avec le chanteur, qui a eu le coeur tellement brisé qu'il en a écrit l'album le plus triste de 2009 (The First Days Of Spring). Le concert s'annonçait beau et déprimant.

20.3.10

Paris is burning


The Parisians viennent de sortir chez Bonus Track Records leur premier album, Shaking The Ashes Of Our Enemies. Ces Parisiens (comme leur nom l'indique, futé) continuent dans la même veine que leurs précédents titres qu'on avait pu découvrir lors de la fameuse explosion des "baby rockeurs" et compagnie ou encore avec leur EP Alesia, en 2008. Onze morceaux de rock sans fioritures, des mélodies simples, des textes en anglais, et beaucoup d'énergie. Le tout est produit par Yarol Poupaud. On pense très fort aux Libertines, bien sûr (d'ailleurs les deux groupes se connaissaient, excusez du peu) comme sur "Kiss Your Smile" et son refrain entraînant. Et on pourrait d'ailleurs reprocher au groupe ce léger manque d'inventivité, mais en même temps, quand les influences sont bien choisies, ce n'est pas très grave. On reprendra volontiers une part de brownie revival rock du début des années 2000, et avec de la crème anglaise s'il vous plaît, ça passe toujours bien mieux que les textes en français. Parce que mine de rien, ça nous manquait un peu, des chansons comme ça. Et pour couronner le tout, il y a une jolie ballade en guise de huitième morceau, "Difficult Times", ça plaira beaucoup aux filles (mais pas que). Les rois de Paris sont de retour, sortez vos blousons de cuir.
Nous avons posé quelques questions à Xavier le guitariste de Parisians, qui vous parlera beaucoup mieux que nous du groupe :

TEA : Vous avez été appelés "baby rockeurs" par le passé, vous pensez/pensiez quoi de ce terme ?

Xavier Parisian : Honnêtement, on ne s'est jamais vraiment senti concernés par le terme "Baby Rocker", quand nous avons commencé en 2004 nous avions tous plus de 20 ans... Ce terme a été inventé par des journalistes pour qualifier les groupes comme les Brats, Naast, Second Sex et Plasticines, qui eux étaient beaucoup plus jeunes. Nous avons été assimilés à ces groupes parce qu'on leur a donné l'opportunité de faire leurs premiers concerts dans un club où on organisait des soirées rock : Le Bar 3.


Pourquoi avoir mis autant de temps avant de sortir votre premier album ?
On a débuté en 2004, quelques maisons de disques nous ont alors contactés pour travailler avec nous... Malheureusement elles voulaient toutes nous faire chanter en français, ce qu'on a refusé. Ensuite nous avons rencontré Yarol Poupaud (FFF notamment...) qui a enregistré notre première démo fin 2004. La formation première du groupe explose, le guitariste et le bassiste de l'époque prennent des directions différentes et il faut reconstruire le groupe fin 2005. Nous recrutons un batteur (Clément) et un bassiste (Nico) et moi je passe à la guitare. Entre temps Yarol monte son label Bonus Tracks Records et nous propose de travailler avec lui. On sort alors un premier Ep Alesia en 2008 et ensuite l'album Shaking The Ashes of Our Enemies sort le 15 mars 2010. Pour l'enregistrement il a fallu jongler avec les disponibilités du studio et de Yarol qui a un emploi du temps de ministre, ce qui a encore repoussé la date de sortie...

Vous semblez être un des seuls groupes à avoir continué dans la voie du rock n' roll, vous en êtes fiers ? Comment l'expliquer ?
Je crois que le point fort du groupe est de savoir où il va et ce qu'il veut faire. A partir de là le plus dur est de ne pas lâcher. Ça aurait peut être été plus facile de chanter en français et de signer sur une grosse Major en 2004, mais ça ne correspondait pas à nos envies et à notre vision d'un groupe de rock. Nous avons toujours essayé de garder une certaine intégrité par rapport à notre musique et à l'idée qu'on a d'un groupe de rock. Pour nous l'important est de faire des chansons qui nous correspondent, à la fois agressives, mélodiques, avec une touche de mélancolie...

17.3.10

Du rap en suisse-allemand

C'est souvent lorsque l'on va à un concert sans attentes particulières que l'on est le plus comblé. La preuve avec la prestation du rappeur Kutti MC.

KUTTI MC
@ETAGE, BIENNE
06/03/10

Du rap, sur TEA? Certes, mais pas d'inquiétude, celui-ci n'est pas commun. En effet, il est suisse-allemand (oui parce qu'en Suisse, outre le français à fort accent, on parle un dialecte alémanique incompréhensible...) Bref, vous l'aurez compris, Kutti MC fait du rap en suisse-allemand (ou le titre le moins vendeur de tous les temps).

La TEAm serait-elle devenue folle? Que nenni. L'autre soir, à L'Etage à Bienne, Kutti MC s'est avéré (contre toute attente) être un véritable Master of Ceremony. Vêtu d'une chemise de bucheron et dissimulé derrière des lunettes démesurées, le petit bernois a non seulement rappé, mais aussi improvisé. Des histoires sans queue ni tête, des enchaînements de mots, de récits et des pensées qui s'entrecroisent, l'homme qui nous parlait ce soir là a le verbe acéré, le sarcasme tranchant, et l'ironie désarmante. Il nous a charmées par son petit air de Nerd timide et s'est révélé bien vite observateur attentif et critique, pondant des textes engagés et tentant tant bien que mal d'éviter les clichés.



Parce que voilà, Kutti MC a besoin de s'exprimer. La parole est son moteur et la musique est son essence. Il est en plus accompagné par l'excellent One Shot Orchestra.

12.3.10

"I'm not your monkey, I'm everyone's monkey"


ADAM GREEN @ L'ALHAMBRA
PARIS, 08/03/10

Toute fille ésseulée devrait se consoler en écoutant Adam Green pour s'endormir. Une belle voix bien grave comme on en entend trop rarement et de jolies chansonnettes jamais bien longues et presque toujours plaisantes. Ca fait tellement du bien qu'on pourrait dire que le New Yorkais est le fiancé idéal, si l'on ignore ses problèmes d'alcool et de drogues et qu'on n'est jamais tombé sur son blog qui sent très fort la décadence. Mais même si le plus si jeune garçon n'est pas l'homme idéal, on lui pardonne à peu près tout, et il peut toujours concourir dans la catégorie grand artiste. Adam Vert a fini sa tournée lundi dernier en remplissant l'Alhambra à Paris, il aurait été tragique de manquer ça.

Aller jusqu'à Paris pour aller voir Adam Green vaut le coup. Presque deux heures de live intense, où l'on ne s'ennuie jamais, où l'on sourit puis veut pleurer : un concert comme on aimerait en avoir plus souvent. Adam arrive vêtu d'un jean patte d'eph et d'une veste en cuir trop courte dévoilant un petit bidon, on n'en attendait pas moins de lui. Il est épaulé d'une formation rock basique (une guitare éléctrique, une basse, une batterie, un clavier - on en reparlera plus tard) et démarre avec le titre "Cigarettes Burns Forever", extrait de son dernier album sorti en début d'année, Minor Love. Tout le monde est déjà content, tout le monde aime Adam. Le gus est le roi des danses absurdes ("Tropical Island" et ses déhanchés, les pas egyptiens, et surtout l'inimitable imitation du lapin pendant "Bunny Ranch"). le tout bien entendu agrémenté de sauts dans tous les sens et de nombreux slams (il en a même des griffures sur son ventre le pauvre garçon). Adam n'est pas tout à fait dans son état normal (ou si, justement), il prend même une pillule en cours de concert, "pour continuer", et chante avec des yeux exhorbités parfois très effrayants, autant dire que sa chanson "Drugs" sonne comme une véritable profession de foi. Mais n'allez pas croire que l'ex-Moldy Peaches est à côté de ses pompes : il chante toujours aussi juste (quelle voix ! mais quelle voix !) et dans les temps. Et puis il a vraiment l'air d'aimer être là, sur scène. Il invite un garçon à venir danser un slow avec lui pour le remercier de lui avoir rendu sa ceinture ("an honnest man in this concert") et fait des bisous à tout ce qui se trouve entre le premier et le cinquième rang : un homme tendre.

10.3.10

"Le thé, je le fume"

Il n'y a pas si longtemps, en suisse-romande, nous sommes allées voir Buvette. A la base, nous voulions juste boire un verre et lui poser quelques questions. Mais la soirée fut pleine d'imprévus et après avoir squatté Oh No Ono, on se retrouva à parler Suisse dans des loges, à 3 heures du matin. Inopiné.


INTERVIEW BUVETTE

Qui est Buvette ?
Je m’appelle Cédric - Buvette sur scène – et je fais de la musique vraie qui pourrait être classée comme...dub pop synthétique, pop sacrée ou pop sacrée dub ou encore kraut héroïque.
En fait, tu fais du « collage musical »
Je ne sais pas si c’est vraiment du collage. En fait, j’ai 2 samples. C’est l’instrument que j’utilise le plus sur scène.
Je joue d’abord des sons que j’ai enregistré moi-même et qui sont au même rythme. Ils défilent les uns après les autres et je dois lancer au bon moment. Dans ce sens là, oui, c’est du collage.
En fait, en live, je fais défiler des sons qui ont été enregistrés à l’avance et je rajoute plusieurs effets. Par-dessus, je rajoute encore plusieurs claviers mais ça c’est plutôt instinctif, ça change un peu à chaque fois.
Et tu chantes aussi.
Oui, j’ai des paroles qui sont importantes pour moi et qui sont toujours les mêmes


Buvette, The Mondrians, ton label – tu cumules les projets. Es-tu un drogué du travail ?

Non, j’ai justement arrêté de travailler pour faire plein de trucs qui me plaisent vraiment pour de vrai.
Et ça marche ?
Ca marche disons…on est dans une société où il faut avoir de la thune pour payer tes factures, payer ton loyer, payer toutes ces conneries et c’est pas du tout avec la musique que je le fais.
Je donne des concerts en jouant tout seul ou avec mon groupe ou bien en m’occupant de ce label et c’est des trucs que j’ai vraiment envie de faire et aucun des trois me fait gagner ma vie.
En jouant tout seul je gagne, je sais pas, un tiers de ce qu’il me faut pour vivre, parfois plus, ça dépend du nombre de concerts, mais je ne pense pas être un drogué du travail. J’ai juste envie de faire ce que j’aime et de les faire pour de vrai, avec passion parce que c’est vraiment ce qu’il me plait.
A la base, je suis photographe, je fais encore quelques mandats de photo mais j’ai un peu décroché de l’image. Je fais essentiellement de la musique et je n’ai jamais vraiment réussit à faire de la musique et des images en même temps.
C’est quand même toi qui a fait les projections canon (qui sont projetées pendant les lives) ?
Non, c’est Mathias et Charlotte, qui les ont faites ensemble. Je les ai vues et puis je leur ai dit ce que j’aimais ou pas.
Il les ont faites en fonction de la musique ?
Oui mais…

7.3.10

Comment ça "il n'y a que des photos du chanteur" ?


Non contente d'avoir interviewé les gagnants des Victoires, la TEAm est fière d'ajouter les vainqueurs des NME Awards à son compteur. L'honneur est au rendez-vous. En attendant le compte rendu de cette rencontre, apprenez, chers lecteurs, que Bombay Bicycle Club en concert, c'est de la bombe.



BOMBAY BICYCLE CLUB
@FRI-SON 4 MARS 2010


Déjà, la petite salle du Fri-Son, c'est un peu la cave de chez mes grands parents tu vois. Les gens "trop cools" en plus, la bonne odeur en moins. Une petite scène, une boule disco en forme de tête de mort scintillante et une foule de jeunes adultes alcoolisés - l'ambiance est au revival lycéen. En plus, le groupe de ce soir, ça pourrait carrément être nos amis d'époque, tiens. Rageurs, surexcités, déchaînés, Jack et ses potes cyclistes prouvent pourtant une expérience de longue date. Et tes amis musicos de ta période grunge peuvent aller se rhabiller.
Malheureusement, ce soir, le public pas futé est venu plutôt pour venir que pour les indiens. Donc, même si BBC se démène et joue avec un plaisir apparent, les gens restent tranquilles. Je vais pas risquer de renverser ma bière à 5 francs (suisses), attends.

6.3.10

"Parce qu'il y a quatre couleurs primaires"

QUADRICOLOR

Il était une fois des petits Niçois issus du conservatoire qui faisaient une des plus belles reprises des Strokes avec leur "You Only Live Once" au piano.

Une poignée de reprises et de compositions originales écoutées plus tard, force est de constater que les Quadricolor sont très doués et surtout prometteurs. Des raisons suffisantes pour poser quelques questions à cette formation faisant une pop foutraque pile comme on aime. Sylvain, qui s'occupe des paroles, nous a répondu.

TEA : Pourquoi Quadricolor ? "Parce qu'il y a quatre couleurs primaires" ?
Sylvain Quadricolor : Exactement, parce que nous savons, tout comme Bruno Vandelli, qu'il existe quatre couleurs primaires. Ce sont ceux qui le nient qui sont dans l'erreur.
Nous voulions avoir un nom original et accrocheur, un nom qui amène les journalistes à nous demander "Mais pourquoi donc ?". Nous voulions aussi un nom qui montre que l'on ne se prend pas au sérieux et 'Quadricolor' nous a semblé être un bon choix.

Si vous deviez nous convaincre d'écouter votre musique avec le moins de mots possible, que diriez vous ?
Notre musique est ambitieuse.

Vous êtes surtout connus pour vos reprises géniales, à la fin cela ne vous énerve-t-il pas, vous n'aimeriez pas plutôt que les gens parlent davantage de vos propres compos ?
C'était beaucoup le cas au début mais avec notre deuxième EP, Euphony, la tendance s'est inversée. C'est vrai qu'il y a toujours des personnes qui attendent de nouvelles vidéos mais notre public nous encourage à enregistrer un premier album. Les reprises nous ont permis de nous faire connaitre et on en est très fiers, mais en 2 ans d'existence, on a énormément fait évoluer notre musique, et c'est cela qu'on a envie de montrer aux gens.

3.3.10

"J'adore cette question"

ITW CASIOKIDS

Lundi nous disions être tombées amoureuses, et bien jeudi nous le sommes encore plus. Ketil, des Casiokids, a répondu à nos questions. Et il a l'air tellement cool qu'on veut bien aller en Norvège là maintenant tout de suite voir nos nouveaux chouchous Casiokids.

TEA : Si tu devais décrire les Casiokids en utilisant le moins de mots possible, que dirais-tu ?
Ketil : Un magazine danois a dit que nous étions l'hybride parfait de Duran Duran, Sigur Ros et 2 Unlimited. Nous essayions d'aller dans ce sens quand nous sommes en studio.

Pourquoi chantez-vous en norvégien ?
En fait, au début, nous avions décidé de ne pas chanter, et d'utiliser seulement des samples de voix humaines venant de livres audio ou d'interviews que l'on faisait nous-mêmes. Comme en studio on expérimentait davantage les harmonies vocales, on a décidé de suivre l'idée de faire quelque chose d'aussi vrai que notre vie quotidienne et nos expériences personnelles, d'où l'usage du norvégien. Je pense sincèrement que créer quelque chose d'unique et d'original doit être un de nos buts en tant qu'artistes et musiciens, et le norvégien était pour nous un moyen naturel de l'atteindre en partie.


Étant donné que nous avons séché tous nos cours de norvégien, peux-tu nous expliquer de quoi la chanson "En Vill Hest" parle exactement ?
En gros, ça parle de prendre le contrôle de ta propre destinée, ce qui peut parfois être très difficile. J'aime à penser que je vis ma vie comme si j'étais sur le dos d'un cheval sauvage, m'accrochant à lui peu importe ses ruades et ses emballements, faisant mes propres décisions et regardant mes défis droit dans les yeux. C'était l'idée principale de quand j'ai écrit les paroles, et c'est aux autres de dire si j'ai réussi à atteindre ce que je voulais. Je pense que Kristoffer Borgli (le réalisateur du clip de "En Vill Hest") a interprété d'une manière très sympathique les paroles, avec le personnage principal luttant contre ce mystérieux sort qui lui a été jeté et qui lui a fait perdre le contrôle de lui-même. J'ai posté quelques paroles en anglais sur notre site internet, et j'ai l'intention d'en publier plus bientôt.


Est-ce-que c'est cool de faire de la musique en Norvège ?
Premièrement, j'adore cette question. Deuxièmement, je ne suis pas sûr de savoir comment l'interpréter. Est-ce que quelqu'un qui fait musicien comme boulot est considèré comme "cool" en Norvège ? C'est ça la question ? Même si je ne suis toujours pas sûr de savoir comment répondre. Laissez moi juste dire que les Norvégiennes disent qu'elles aiment les musiciens, mais d'après ma propre expérience, les filles disent qu'elles aiment les musiciens mais ce qu'elles veulent vraiment c'est que tu sois banquier. Si seulement il y avait un moyen de combiner les deux.

Quel est le futur proche de Casiokids ? Qu'allez vous faire en 2010 ?
Oh ! 2010 va être une année très excitante pour nous chez les Casiokids, croyez moi ! Nous avons déjà fait quelques tournées, en Norvège, au Danemark, dans le Benelux, et en France, et nous rentrons juste d'une grosse tournée avec le groupe Hot Chip en Angleterre. On joue aux Etats-Unis et en Islande ce mois, et aussi en Norvège. Et en avril, nous allons retourner à notre studio à Bergen pour travailler sur de nouvelles chansons. Et cet été, nous sommes programmés pour jouer, entre autres, au Roskilde Festival au Danemark et au Øya Festival à Oslo.


Aurais-tu le nom ou le numéro de téléphone du gars qui danse dans votre clip ?
Je traînais dans les rues d'Oslo l'autre jour et tout à coup, j'ai vu le personnage principal dans un magasin ! Bien sûr je suis allé le voir et me suis présenté. C'était une si étrange coïncidence, j'étais justement sur le chemin pour aller donner un concert de Casiokids à ce moment-là. Je n'ai pas eu son numéro de téléphone étant donné qu'il avait perdu son portable, mais son nom est Daniel et c'est un super mec. Peut-être que je pourrais avoir ton numéro de portable et une photo que j'enverrais à son ami le réalisateur, et peut-être qu'il te contactera s'il est intéressé ?


Est-ce que tu aimes le thé ?
Oui. J'aime le thé. Je préfère le thé vert, soit dit en passant. Nous boirons du thé ensemble la prochaine fois qu'on sera dans les parages de votre TEAzine.

Crédits photo : Pavla Kopecna

Après les collages de la maternelle, on se recycle dans la musique. Oh oui.

Que vous aimiez boire ou non, les soirées au Romandie sont toujours un peu bizarres. A commencer par la faune : les gens "alternatifs" et "arty" s’y affichent en veux tu en voilà et paient leurs 15CHF (amis français, ceci est le signe pour dire "franc suisse") d'entrée sans rechigner et sans connaître ne serait-ce que le nom du groupe programmé. Mais on s’en fiche, parce que la prog’ est en général bonne. Vendredi dernier, on y allait pour Buvette et Oh No Ono. Non, vraiment ?

BUVETTE + OH NO ONO
@ LE ROMANDIE 26/02/10
L’apéritif se prend donc ce soir là à la buvette. Le jeune homme en t-shirt à rayures est caché derrière ses samples et ses claviers et nous fait comprendre un peu mieux la notion de "collage musical" (l’explication perso dans son interview à venir). Cumulant les couches sonores, il plonge la salle dans une ambiance un peu méditative et comment dire…spatiale. Des rythmes, des voix lointaines ou live, des claviers, des maracas. Tout est calculé, joué avec minutie. Cela s’apparente à la bande son d’une fin de soirée passée dans le flou, une berceuse ou encore mieux, l’atmosphère d’un lever de soleil ou un fond marin. Indéfinissable en soi, le style de Buvette mélange les influences et les époques (c’est d’ailleurs un garçon extrêmement cultivé qui s’occupe du service). Tantôt dansant (comme "Motril" – le tube ! - à écouter sur son myspace) ou carrément glauque, il y a toujours quelque chose d’un peu pesant ou légèrement flippant. C’est ce qui rend le projet attirant.
Comme si la musique ne suffisait pas, Buvette s’accompagne de projections de danseurs à la musculature de cheval, de méduses, d’explosions, etc. Captivantes selon les uns, inutiles selon les autres, elles ne laissent en tout cas pas indifférent.

2.3.10

Cucurbitacés


Même atteint de colique foudroyante, jamais, dans toute une vie, vous n'utiliserez autant de papier toilette. Et c'est tant mieux, parce qu'avec ce qu'il reste d'arbres, Artaban de la Filmance et Mandril ont concocté une sympathique vidéo. Tellement bonne qu'elle a remporté 2 prix au festival de Courgemétrage qui s'est déroulé samedi soir à Neuchâtel.

Courge Métrage? Oui, il s'agit bien de cucurbitacés. L'événement tire en fait son nom du jardin où furent tournés les premiers courts-métrages amateurs concourant lors de la première édition. Depuis, le festival du court se déroule toujours selon 3 principes :
1 lieu - déterminé par le comité
48h de tournage
le film doit durer moins de 5min, générique compris

Cette année, il s'agissait des Caves du Palais. Un lieu duquel on retira quelques grands crus (qui l'eut cru?).

1.3.10

Norway : twelve points

Si la Norvège voulait encore gagner l'Eurovision cette année, elle devrait choisir Casiokids pour la représenter, avec la chanson "En Vill Hest". Peut être que ça ne plairait pas à Tata Monique qui aime mieux la variété, mais chez TEA, aucun doute possible, on voterait Norvège.
Mais comme il y a risque qu'ils nous refassent le coup du "Fairytale", on ne va pas faire confiance au comité norvégien de l'Eurovision et on va se charger de vous parler d"En Vill Hest" et surtout de son clip, la meilleure vidéo de ce début d'année, rien que ça.

Le clip d"En Vill Hest" est tellement bien qu'on voudrait l'apprendre par coeur. Il y a des jolies couleurs pâles comme sur nos photos préférées qu'on trouve sur Tumblr. On apprend en plus des choses géniales sur la Norvège, comme par exemple que le norvégien chanté passe très bien, que les Norvégiens mangent des céréales comme nous et que les Norvégiens sont beaux. Oui parce que le petit blondinet qui danse devant son miroir et sourit à son reflet joue pour beaucoup aussi dans l'amour qu'on peut nourrir pour ce clip. Mais il n'y a pas que le jeune Norvégien qui plaît, il y a plein d'autres ingrédients qui font de cette vidéo un bijou : le lait des céréales devenant un geyser, le programme TV chelou, les gants de cuisine jaunes, la pierre qui brille, le mini short turquoise, le lecteur cassettes vintage, la fumée qui sort partout, la statue africaine et le manteau de fourrure... Les Casiokids ont raison de dire que le clip est "magical".



Mais si le blond dansait sur "Fairytale", on n'aurait sûrement pas autant aimé le clip. Force est de constater que "En Vill Hest", en plus d'une vidéo géniale, c'est surtout un super single qui nous donne envie de danser et de chanter en norvégien même si on ne comprend rien aux paroles (si quelqu'un pouvait nous dire de quoi ça parle, histoire qu'on sache ce que signifie vraiment ce qu'on chante en boucle depuis des jours, ça serait sympa.) On ne peut donc que vous conseiller de vous mettre à adorer Casiokids et leur electro-pop qui donne le sourire et l'envie d'apprendre le norvégien. Norway : twelve points.
Vous pouvez quand même regarder le clip de "Fairytale" parce que c'est un peu rigolo, et puis vous nous détesterez après parce que vous aurez la chanson dans la tête.
Et sinon, on a interviewé les Casiokids, ça se passe ici.