Ouais ouais ouais, le weekend qu'on attendait avec le plus d'impatience est arrivé. Nous partons pour les Eurockéennes. Pour les malchanceux d'entre vous qui n'y seront pas et pour les autres aussi, rendez vous lundi pour un dossier spécial Eurocks préparé avec amour par la TEAm.
Parce qu'il n'y a pas que le fromage et le chocolat en Suisse, que niveau festivals, on ne se résume pas à m4musicet Festineuch, TEA se venge des rendez-vous manqués (les Stokes à StGall ou encore le Kilbi) en programment de nouvelles rencontres à tous les coups passionnantes dans son agenda. Chouette.
Les festivals suisses où TEA usera ses baskets cet été
Fraichement revenues des Eurocks, nous commencerons par trainer à Montreux, fief de Claude Nobs au bord du Léman où l'on se souviendra peut être avoir vu Kid-Kutti Mc en roller ou Solange la Frange mués en coiffeurs. Là-bas, nous profiterons du lac et des stands charmants avant d'assister aux concerts gratuits du Montreux Jazz Café (oui parce que le reste du festival, bien que très tentant, n'est vraiment pas viable niveau budget).
La programmation dudit café recèle quelques perles, dont Midnight Juggernauts (pour le revival eurocks 2008), la soirée The Maccabees/Blood Red Shoes et celle entièrement suisse avec The Awkwards, mais n'a visiblement pas été épargnée d'une grosse dose de lol/wtf (The Drums qui se ramasse après la grande scène de Belfort, Uffie, ou encore la soirée Kitsuné qui rend tout chose les petits Helvètes). Elle comprend également sont lot de faux-espoirs à base de vidéos d'anciens lives (The Kills ou The Good, The Bad and The Queen) et d'étrangetés (Ghinzu Club Show?).
Ensuite, vu qu'un plaisir gratuit n'arrive jamais seul (aha) nous rencontrerons enfin nos chéris Casiokids en chair et en os au Festival de la Cité, à Lausanne (pour ce qui semble être leur unique date hors Norvège/Danemark #swisswin). Autant dire tout de suite que la perspective de voir du scandinave en live nous met déjà en émoi. Et puis Casiokids font de la bonne musique, ne l'oublions pas.
Stéphane Martin n'est pas une rock star. Parait même qu'il est nul avec les instruments. Pas grave, à la place il est programmateur du Chabada, la salle de concerts de musiques actuelles d'Angers, et il est bigrement intéressant en plus. Extraits d'un long entretien avec ce passionnant passionné (et puis comme ça, si vous avez des réclamations concernant la prog du Chabada, vous saurez qui engueuler).
Qui es-tu et quel est ton rôle précis au Chabada ?
Alors, je suis Stéphane Martin... Je sors tout mon CV ou..? Je suis programmateur au Chabada, c'est à dire que je m'occupe de la programmation artistique. Donc je choisis ce que vous allez voir au Chabada à quatre-vingt... et quelques pour cent, François Delaunay le co-directeur s'occupant d'une partie de la programmation aussi parce qu'il aime bien ça. Et comme il a le bureau juste à côté du mien, on échange beaucoup sur le sujet. Voilà, évidement la programmation du Chabada est complétée par les producteurs privés et les associations. Mais ils m'amènent les projets et c'est moi qui décide si ça rentre dans la programmation du Chabada ou pas. Si on n'avait pas cette rigueur là, j'pense qu'on aurait vu des trucs dont on aurait un peu à rougir... Voilà. Parce que pour le public en fait, ça revient au Chabada. Ils s'en foutent les gens de savoir si c'est nous qui programmons, si c'est la société O Spectacles ou si c'est l'association l'Igloo qui le fait, tout le monde s'en fout, c'est au Chabada. Donc c'est l'image du Chabada, ça doit rester cohérent. C'est pour ça qu'on a pu refuser des groupes pour O Spectacles notamment, des artistes qui étaient un petit peu... plus variété que pop on va dire, voilà.
Comme qui ?
Dieu merci j'oublie ces artistes assez vite. C'est souvent des gens issus de la télé réalité, mais attention on en a vu ici, Olivia Ruiz en est une, par contre elle a bien réussi et sur la prochaine programmation on a Camélia Jordana qui se débrouile quand même pas trop mal... Mais parfois on n'a pas pu éviter un Steeve Estatof qui est donc un exemple de ce qu'on aurait pas dû faire, pas dû laisser faire en tout cas.
Ça n'a pas marché ?
Ah non c'était vraiment pas bien et il y avait personne.
Comment devient on programmateur du Chabada ?
Par hasard. Il y a pas de formation pour ce métier. Moi j'ai un parcours assez classique, j'ai une licence, des sciences du langage, qui donc n'a rien à voir avec ce que j'ai fait depuis... Mais en gros ça m'est tombé dessus en même temps que le bac, début des années 80. Je m'intéresse à la musique... Ben comme vous en fait... Les ondes se libèrent donc on fait de la radio, les fanzines commencent à apparaître donc qu'est ce qu'on fait ? Ben on fait un fanzine... En plus moi je suis pas très doué pour les instruments donc je me suis dit que je vais me rendre utile autrement. Après, on commence à organiser des concerts tout en étant étudiants. Et puis un jour tu te rends compte que tu achètes des disques mais que tu galères pour les trouver, tu te dis "Y a pas de disquaire à Angers, pourquoi on n'essaierait pas d'en faire ?" Sans aucune formation de gestion évidemment, moi avec mes études de lettres qui a du mal à faire une soustraction... On se lance là dedans, on monte un magasin de disques qui s'appelle Black & Noir qui a duré en gros une dizaine d'années à Angers. Et parallèlement je faisais de la radio, des fanzines, des organisations de concerts... Les affaires ne marchant pas très bien il faut l'avouer parce que le disque c'est pas très bien pour gagner sa vie et ça s'est pas arrangé au fil du temps, la place du programmateur au Chabada se libérant, je postule, je suis embauché, voilà comment on devient programmateur. Mais je crois que tous les programmateurs ont un parcours à peu près similaire, ils ont beaucoup bossé en associatif avant.
La dernière fois qu'on vous a parlé d'un nouveau groupe avec "Tokyo" dedans, c'était un quatuor composé d'affreux énergumènes allemands s'attirant, on ne sait toujours pas comment, une foule de pré adolescentes qui devront supporter toute leur vie le difficile poids d'ancienne fan de ce fameux groupe. Votre méfiance vis à vis de ce nom de ville est donc compréhensible. Mais n'oubliez pas les Canadiens Tokyo Police Club. Ils sont bons, eux. Maintenant que vous êtes (un peu) réconciliés avec les groupes en "Tokyo", laissez nous vous présenter les Teenagers in Tokyo.
Déjà, en vrai, il faudrait écrire TEENAGERSINTOKYO, mais voyez comme c'est chiant. Scène londonienne oblige, les Teenagers In Tokyo s'habillent en noir et font du son post punk, sombre, avec des claviers et des chants pas très guillerets. Le quintette (quatre filles et un mâle) sort son premier album, Sacrifice, ce mois-ci. Et comme ils ont été remixés par nos amours les Horrors, on n'a pas pu s'empêcher d'y jeter nos quatre (ben oui) oreilles attentives.
Le disque s'ouvre avec "Sacrifice", justement : une basse et une batterie très cold où la voix de la chanteuse Samantha Lim résonne. Pas très original mais bien assez efficace pour attirer d'emblée l'attention. La suite, c'est "Peter Pan", l'évident premier single disco punk qui fera danser les habitués du genre. Juste après, pendant "New Day", on se croirait avec des New Young Pony Club (aux poneys faisant la tronche), ce qui n'est point déplaisant. Tout l'album est de la même trempe : du post punk discoïde avec claviers 80's tous azimuts. C'est un peu trop facile de faire ce genre de musique aujoud'hui, mais il faut quand même avouer que les TITs ( #lol ) sont doués et que la sauce béchamel prend bien ("End It Tonight").
Mais le problème, c'est qu'avec dix titres d'environ quatre minutes chaque, construits tous plus ou moins pareils, ça devient vite lassant. On déplore le manque d'inventivité qui nous ferait reprendre le Shinkansen en route. La petite touche plus originale, elle n'arrive que sur le tard, avec "Robocat". En fait, le sacrifice en question, ça serait peut être bien la prise de risque mise sur l'autel de la facilité.
Sacrifice n'est pas l'album de l'année, c'est dit. Mais il reste un disque plutôt bien fait qu'on réécoute sans rechigner, en regardant sur voyages-sncf combien coûte un aller-retour en Eurostar pour Londres.
Country rock ou blues rock c'est un peu le genre de termes qui en règle générale me donne envie de m'enfuir en courant. C'est dur de résister aux à priori. Sauf que l'album dont vous voyez la pochette ci-dessus, je l'ai écouté juste après l'avoir trouvé dans ma boîte aux lettres, en n'ayant comme renseignements que le nom du groupe - The Strange Boys-, et le nom de leur disque -Be Brave.
J'ignorais donc que The Strange Boys faisaient ce qu'on appelle du country rock, un truc qui sonne vieux et américain quoi. Mais trop tard pour mettre pause, les trois premiers morceaux sont beaucoup trop bien pour qu'on ait envie d'arrêter le disque. Ça commence par "I See", son harmonica et ses sons carillonnants mignons, prend de l'ampleur avec le schizophrène et bigrement réussi faux slow "A Walk On The Bleach", et arrive au sommet avec le single "Be Brave" (ah ! ses choeurs et son solo de saxo ! et puis ça rappellerait un peu les Black Lips tiens). Hop ! c'est dans la poche ! Même si après les chansons se font moins pop et plus anecdotiques et ressemblent fichtrement à Bob Dylan par moments (avec "Friday In Paris", on y croirait, vraiment, faut dire que le chanteur des Strange Boys a lui aussi une voix nasillarde et criarde à souhait). Et puis "Night Might" avec ses guitares qui chantent ainsi que la lancinante "Laugh At Sex, Not Her" (et les paroles qui vont avec) arrivent et on se répète encore que mince, ces Garçons Étranges sont doués, et qu'on aime décidément beaucoup leurs chansons format poche (deux ou trois minutes environ).
Be Brave est sorti depuis plusieurs mois, mais on avait trop peur que vous soyez passés à côté pour ne pas en parler. Pourquoi avec eux ça fonctionne alors que généralement le blues/country rock c'est pas notre tasse de thé ? Sûrement parce que ces Texans là sont encore jeunes et sont un savant mélange de fougue et de nonchalance. Rough Trade ne s'est pas trompé en les signant pour ce deuxième album.
Des Garçons Étranges ? En même temps, on a toujours préféré les garçons compliqués.
Pour la moitié de la TEAm, c'est les vacances! Le temps d'écarter les doigts de pied en éventail et de ruminer des dilemmes cornéliens tels que "me lève-je pour cet en-cas fait de chocolat ou niet ?". La vie difficile, quoi. Mais les pauses sont aussi le temps des réminiscences. Souvenirs d'une enfance pas si lointaine où l'on passait l'été chez sa Grand-Maman. Ou pas. Mais faisons fi du cliché romantique de bonne famille : c'est bien de Mamies qu'on vous parlera ici. Des vieilleries pas si idiotes qu'on aime à la vie à la mort seront dès aujourd'hui mises à l'honneur dans une nouvelle rubrique toute spécialement nommée :Les Tisanes de Mamie.
Que trouverez-vous dans son sac à main? Des vieux groupes qu'on n'est pas prêtes d'abandonner et, pourquoi pas, des passions-fail de notre jeunesse. Un voyage à rebours aux côtés des ancêtres en somme - ça va shaker dans l'EMS.
Autant vous prévenir tout de suite, ce n'est pas un culte que je voue au groupe américain, mais plutôt une admiration de jeune musicienne en quête de transpositions à faire au violon (oui oui).
Par exemple, "Hey Man (Now You're Really Living)" ne conquiert peut être pas à la première écoute, cependant l'enchaînement d'accords tout simples semble en faire un hymne parfait façon "zyva range ton ukulélé relou" des soirées camping. En effet, paroles un brin niaises ("Do you know what it's like, to care too much. About someone that you're never gonna get to touch" - sens le poète qui est en toi) et mélodie bien répétitive font rentrer la chanson facilement dans ta tête. Tant qu'elle n'en sortira pas de sitôt. Ein wirklicher Ohrenwurm serais-je tentée de dire.
(constatez avec cette exécrable et stressante version live - ta mise en pli part aux fraises et je redoute le Rock en Seine)
Au concours de l'accent à coucher dehors, le duo de garage rock The Black Box Revelation serait bien classé. Pas leur faute si les écouter parler est si drôle : ils sont belges flamands. Nous avons kidnappé une demie heure lors de leur passage au Chabada à Angers en mai dernier le très grand brun et atrocement maigre Jan Paternoster qui s'amuse à faire d'étranges contorsions en interviews, et son acolyte le petit rond blond Dries Van Dijck à l'air désinvolte à souhait.
TEA : Vous faites une grosse tournée européenne en ce moment, vous aimez ça ?
Jan(guitare, chant) : Dries, on aime tourner ?
Dries (batterie) : Euh... Ouais, on aime ça.
Jan : Pour le moment, c'est le début, c'est le deuxième jour de la tournée. Au bout de quelques jours, tu es dedans, c'est OK. On joue toujours dans beaucoup de villes, et c'est cool parce que chaque jour tu es dans une nouvelle ville, parfois c'est fatiguant mais si tu es chanceux tu peux aller marcher dans ces villes où tu n'as jamais été. Donc on voit toujours de nouvelles parties du monde et de nouvelles personnes. On aime être en tournée, la seule chose c'est que c'est un peu difficile pour nos copines.
Et vous avez visité Angers là ?
Dries : Non.
C'est pas très grave !
Dries : Ah ouais ? C'est chiant ?
Vous pouvez visiter le supermarché...
Dries : Vraiment ? Où est-il ? Je veux m'acheter des cigarettes...
Il y a quoi dans cette fichue boîte noire ?
Jan : Heu...
Dries : Il y a ... quoi ? Euh, de l'amour.
Jan : Ouais, de l'amour.
Dries : De l'énergie...
Jan : Si on joue, ça doit être sexy. Parce que tu dois vraiment être dans le groove. C'est comme faire l'amour à ses instruments. On ne veut pas faire littéralement l'amour avec mais...
Dries pouffe.
Oui, on s'en doutait.
Et vous pensez pas qu'il y a déjà assez de groupes comme ça avec "black" dans leur nom ?
Les deux : Si !
Jan : The Black Angels, Black Rebel Motorcycle Club...
Dries : The Black Keys...
Jan : Je pense que c'est parce que ça sonne vraiment bien.
Cet article aurait très bien pu ne pas être publié. C'est vrai, il est fort probable, si vous traînez sur la blogosphère, que vous ayez déjà lu la chronique du premier album des Drums sur nos poteaux de chez Sizzling Youth, Take A Drag Or Two ou autres blogs qui ont été plus rapides. Mais après réflexion, on a pensé à tous nos lecteurs un peu moins geeks et on s'est dit qu'ils aimeraient peut être lire quelque chose sur ce disque, et puis aussi, mince, TEA a parlé des Drums à l'époque où ils n'avaient même pas encore sorti leur réjouissant EP Summertime! donc nous nous sentons un peu concernées par ce que deviennent ces petits Américains.
Depuis début septembre, les Drums ont quand même fait un sacré bonhomme de chemin. Bien vite adoptés par la hype (Hedi Slimane les photographie), les médias (ils s'offrent la première couverture du NME de l'année 2010) et finalement presque tout le monde qui a un jour écouté "Let's Go Surfing", leur ascension a été la plus fulgurante de cette période 2009-2010. Ils ont été plus rapides encore que les Two Door Cinema Club. La preuve ? Alors que les Irlandais iront jouer sur la scène de la plage aux Eurocks, les Drums, eux, s'offriront carrément la grande scène, juste avant Julian Casablancas. Ceci est assez remarquable pour un groupe dont on ignorait jusqu'à l'existence il y a huit mois.
L'engouement autour du quatuor peut s'expliquer d'abord par le fait que Summertime! était un disque génial. Oui, génial, avec six pop songs toutes plus chouettes les unes que les autres : un air retro, des clap clap, des sifflements, des refrains entêtants et des paroles pas trop compliquées. Ce qui a aidé aussi, c'est tout ce qui a autour : des clips sortant assez régulièrement afin d'alimenter le buzz, des concerts où le très blond chanteur Jonathan Pierce a presque l'air d'en faire trop avec ses gesticulations et où Jacob Graham étale son art de sauter tout en faisant du tambourin, et un look campus retro très soigné mit pantalons trop courts et blousons d'universités américaines. Ne seraient-ils pas juste des parvenus, surfant (c'est le moins que l'on puisse dire) sans gêne sur l'envie de pop estivale du public jusqu'à en user la corde au maximum ? La sentence serait trop cruelle. Leur album éponyme, fraîchement sorti, est là pour nous rappeler à quel point les Drums peuvent nous faire du bien.
Autant prévenir tout de suite, l'album est moins guilleret que l'EP. Ils ont viré les pourtant excellents "I Felt Stupid", "Make You Mine" et "Submarine" pour rajouter des sons plus larmoyants. Tout débute par "Best Friend" à l'intro qui nous rappelle qu'on aimait bien ce groupe suédois pas très viril mais fort plaisant The Embassy et aux "hahaha hahahaa" qu'on devine très efficaces en concert. Ça commence à devenir cool juste après, avec "Me And The Moon", qui rappelle l'été tiens, pour changer. Elle fait partie, avec "Let's Go Surfing" (qui reste définitivement leur morceau le plus addictif) et "Forever And Ever Amen" des chansons les plus dynamiques du disque. Pour le reste, les Drums nous montrent qu'ils sont assez doués en pop mélancolique. Parfois c'est beau ("I Need Fun In My Life", "I'll Never Drop My Sword", "We Tried"), d'autres fois c'est à la limite du mièvre agaçant ("Book Stories", "It Will All End In Tears").
Et puis les Drums emploient toujours plus ou moins la même formule, chansons sur les sentiments, "oh oh" un peu partout, couplet refrain couplet refrain refrain, claps, tambourin... On fini par confondre les chansons, tant elles peuvent se ressembler. Aussi bonne soit elle, la formule risque de perdre de son charme. Attention les loulous, ça serait dommage qu'on en ai marre de vous. Néanmoins, si l'on fait attention à ne pas les écouter trop souvent trop longtemps, on se rend compte que cet album est quand même drôlement bien réussi, que les Drums ne sont finalement pas si bondissants que pouvait le laisser croire "Let's Go Surfing", et que même ils ont des morceaux où la guitare et la batterie font franchement penser à un certain groupe de Manchester à la toute fin des années 70, et que ça leur va bien aussi.
L'adresse de leur myspace dit "thedrumsforever". Aimerons-nous pour toujours les Drums ? Forever and ever ? On l'espère, amen.
Personnes indécises et/ou incapables de toute forme d'organisation, mais néanmoins heureuses détentrices d'un pass pour les Eurockéennes prochaines, TEA, dans sa bonté sans pareille, a pensé à vous. OUI ! Pas besoin de vous casser la tête pour choisir quel groupe voir et lequel manquer, pas de cruels dilemmes, nous les avons fait à votre place. Voyez notre offre :
VENDREDI :
-Si vous êtes motivés et avez planté votre tente dès le jeudi soir (quelle riche idée, vous avez pu vous éclater au warm up du camping !) vous pourrez commencer par les Wankin' Noodles ils sont plutôt cools et en plus viennent de Bretagne (au passage, apprenez donc cette chanson).
-Mais dilemme ! Il y a aussi les BB Brunes pour la dose de #lol. Ce concert (enfin, ce début de concert, faut pas déconner non plus) permettra de découvrir une partie de la faune festivalière : les groupies (pré)pubères (qu'on retrouvera, plus nombreuses et rejointes par des gens plus hype, dimanche pour Julian)
-De toute façon, il faudra quitter les BBB pour aller voir les Irlandais (le roux du groupe n'a toujours pas été choppé par Gavras) de Two Door Cinema Club parce que 1. c'est une des révélations de l'année (de l'année 2009 si vous êtes trop indie) 2. leur album est quand même pas mal 3. ça fera rager vos petits frères et soeurs. Espèrons que ça soit chouette en live.
-Les Eurocks devaient vraiment avoir envie qu'il y ait du monde à aller voir leur création, ils n'ont rien programmé en même temps. Donc bon, on ira voir la création. En plus, c'est une production franco-suisse, comme nous ! Donc on va se mesurer à eux. Sophie Hunger + Piers Faccini + Patrick Watson (on sait, Canadien) VS TEA.
-En fait, les choses sérieuses commenceront juste après, avec ô joie, les Dead Weather. Histoire de vénérer une fois de plus VV (et Jack White, on n'allait pas l'oublier non). Le live promet d'être sauvage, grrrrrr.
-Et pour continuer dans le rock américain, vous jetterez, c'est un ordre, votre dévolu sur les Black Keys. leur dernier album, Brothers, est génial. Et puis il y aura peut être Frank.
-Fatigués ? Hinhin, le marathon ne fera que commencer. Kasabian sur la grande scène, ça serait cruel de rater leurs hymnes de stades anglais.
-Tous couverts de sueur, vous courrez comme des dératés jusqu'à la plage (quel scène agréable) voir les Foals à la tombée de la nuit. Ils n'auraient pas pu être mieux programmés. Ô joie.
-En revenant vers la grande scène, vous apercevrez Charlotte Gainsbourg sous le chapiteau. Même si on l'aime pas trop (critique construite et développée), il y aura les musiciens de Beck, et c'est la fille de Serge, quand même.
-Yo! Vous laisserez Charlotte à sa pop, y aura Jay Z sur la grande scène. Et c'est pas tous les jours qu'on peut voir en live le boss du rap.
-Et l'enchaînement avec Hot Chip risque d'être terriiiiible pour notre cou, ça va hocher de la tête sévère. (Non mais "Over & Over" en live ! Imaginez !)
-Et puis parce que GENRE vous n'aurez pas eu assez de culte niveau rap, vous terminerez cette journée avec Missy Elliott. Si vous tenez encore debout bien sûr, après cette première journée éreintante. (Surtout qu'on ne sait même pas où caser le créneau ravitaillement)
Festineuch, c'est fini ! Hier dimanche marquait la fin d'une 10e édition haute en couleurs; toujours sous un soleil radieux, le festival a fermé ses portes à la suite d'une soirée marquée entre autres par la venue de l'un des papes de la world-music, Youssou N'Dour. A l'heure ou la presse locale pose les bilans, TEA revient sur la soirée de dimanche.
FESTINEUCH DIMANCHE The Rocky Joe Attitude
Mark Berube
Ojos de Brujo
Bonobo
Youssou N'Dour
C'était la journéeFamily-Friendly aux Jeunes-Rives. On se trouvait donc avec des enfants de tous âges qui galopaient dans tous les coins, grimpaient sur les barrières puis sur les épaules de leurs parents ou traçaient des images sur le sol, avant de s'arrêter dans leur élan, fascinés par les musiciens, oubliant de manger ou se laissant aller à danser - le genre de spectacle très attendrissant qui confère au festival une ambiance fraternelle et bon enfant.
Le programme taillé sur mesure pour ce genre d'atmosphère, ne comprenait qu'un seul nom connu de mes oreilles, à savoir Youssou N'Dour. Cependant, les autres prestations de la journée ne m'ont pas laissée indifférente pour autant.
Premièrement, l'ensemble The Rocky Joe Attitude qui est un concept avant d'être un groupe et avant même de produire des sons. En fait, il s'agit de rassembler une cinquantaine de guitaristes plus ou moins amateurs dans une formation de grande envergure, accompagnant une chanteuse un peu psyché. Dans les faits, c'est impressionnant. Mais la Björk ratée, là, ferait mieux de la fermer.
Hier, il faisait beau, très beau. Un temps à sortir ta jolie robe. Un temps à festival aussi? Pas sûr, parce que la soirée, quant à elle, n'était pour ainsi dire pas resplendissante. Entre le Bloody Beetroots fail et les mauvais réglages de son (encore!) à Caravan Palace, on aurait plutôt tendance à qualifier samedi comme le jour officiel du bof. Tant pis.
FESTINEUCH SAMEDI
Danakil
Caravan Palace Miss Platnum SaezBloody Beetroots & Death Crew 77
Début de soirée à l'espace presse pendant que Danakil squatte la grande scène: je profite d'une chaise longue et de la diffusion sur écran du concert de raggae estudiantin. Agréable, cependant, la mini session acoustiques des Rambling Wheels pour la radio est, à mon sens, beaucoup plus appréciable. Tout de go, je dirais même que les 3 neuchâtelois sont bien meilleurs avec une simple guitare et un tambourin que on stage. Mais passons, après une courte rencontre avec Miss Platnum, me voilà enfin dans l'enceinte même du festival pour le concert de Caravan Palace, ou celui pour lequel tes parents sont aussi venus. Bref, le décor est joli (intruments flambants neufs customisés à l'ancienne), les musiciens doués et pleins d'énergie, la musique inspirée du jazz manouche balance (tout doux avec les platines, s'il vous plait) et les improvisations sont géniales: j'aime. Seulement, il y a une ombre au tableau, un véritable scandale en réalité (je ne parle pas ici des tenues outrageusement courtes de la chanteuse): le violoniste a un instrument électrique!!!!!! La musicienne en moi ne peut supporter une telle infâmie. En effet, son violon électrique produit des sons plats, presque dignes d'un synthé, sans crin ni jolie résonance! C'est horrible, surtout au vu du talent certain du musicien. Du coup, au lieu de vous extasier sur le performances du groupe français et de détester la chanteuse Zoé qui n'arrête pas de se la péter, vous feriez mieux de réécouter les classiques du jazz à inspiration tzigane ici ou ici, par exemple.
Ensuite, Miss Platnum à la scène Lacustre. Rien n'a changé depuis le m4music, si ce n'est la coupe de cheveux de la chanteuse (aujourd'hui en blonde platine) et l'ambiance. Schade, vraiment, parce qu'ils ne sont pas sans faire d'efforts sur scène. Malgré ses faibles connaissances en latin, Miss Platnum a en effet traduit tout un couplet en français et l'entendre chanter "donnez-moi de la nourriture" en roulant les "r" est un spectacle en soi. Peu de gens semblent y être sensibles cependant. La plupart n'attendent que de pouvoir hurler "I Want a Mercedes Benz" avant de s'en aller. Décevant.
Après une ouverture de toute beauté jeudi, Festineuch se trouvait hier gratifié d'une météo de rêve (le soleil radieux persiste d'ailleurs avec bonté aujourd'hui - mais c'est une autre histoire). Bref, il y avait de quoi sublimer n'importe quel festival (même en grave déficience d'inspiration) parce quefoule+tshirt humide et tout taché+fausses ray ban+short+bière+badge, c'est quand même le combo parfait d'une soirée réussie.
FESTINEUCH VENDREDIDeep Kick The Rambling Wheels Hocus Pocus Beat Assaillant Cypress Hill Birdy Nam Nam
Vendredi s'ouvrait sur Deep Kick, une toute jeune production du terroir chouchou de la presse locale qui a déjà roulé sa bosse en Grèce, au Schoolwave Festival. Bon, à mon humble avis (et non, je ne serai pas gentille, même si le batteur était dans mon lycée tu vois), ça sonne un peu comme dans Made, l'épisode final de "Je veux être une rock star". Autrement dit, on sent de très fortes influences américaines façon Red Hot Chili Peppers et on voit des secousses de tignasses plus ou moins naturelles du guitariste. Même si dans l'ensemble, ça dégage une franche énergie plutôt communicative, pour les véritables tubes (que de si bons musiciens s'abaissent à de telles compositions me sidèrera toujours) on repassera. Au final, note pour le guitariste: quand t'es roux, tu portes pas de vert et big up pour la mini-reprise des Spice Girls "oh tell me what you want, what you really really want"...
Et je veux retrouver mes amis mais toi même tu sais comment c'est galère dans les festivals. Heureusement, on se rejoint tous à temps (non sans avoir raté les neuchâtelois chats à poils mais on s'en remettra) pour Hocus Pocus. Le groupe nantais dont je n'attendais rien m'a finalement surprise en bien. Tout gentils et motivés, les musiciens mêlent hiphop, reggae et rap aux textes imagés...un bon moment.
Mais on se lasse assez vite. Alors on traine un coup vers Beat Assaillant qui sévissent à la scène Lacustre. Groupe que je jetterais sans réfléchir dans le même sac que Hocus Pocus, si ce n'est qu'ici, on traine des influences plus rock. Et que la chanteuse ferait mieux de se taire.
Hier soir, jeudi, Festineuch ouvrait ses portes aux mélomanes. Malgré la programmation pas très audacieuse et le prix plutôt élevé des billets, le public est venu nombreux. Tellement, que la soirée affichait complet. Difficile à croire qu'on puisse s'affoler ainsi pour Mika. Cependant, je dois avouer que tout ce petit monde en a eut pour son argent. Récit de ma déchéance musicale ou comment Mika, c'est un peu Jésus en fait. Oui, niveau dossier, c'est du lourd.
FESTINEUCH JEUDI
My Heart Belongs to Cecilia Winter Les Cuivres Inconnus Moonraisers Stevans Mika
Comme je le disais précédemment, la programmation n'était vraiment pas terrible ce soir là aux Jeunes-Rives. A commencer le groupe My Heart Belongs To Cecilia Winter, mignon en apparence, qui n'a jamais convaincu avec sa mélasse à la Coldplay. On a quand même testé en live mais ça ne passe décidément pas; le chanteur au maquillage à paillettes démarre tout le temps faux et si au moins il avait un tantinet de présence scénique on pourrait reparler de ses compositions (oui parce que Eighteen est quand même un titre tubesque qui farci pas mal les ondes de ma radio) mais c'est peine perdue.
Bref, on ne s'est donc pas attardées, préférant arpenter le "village" de boutiques en tout genre, au milieu duquel, ô surprise miraculeuse, jouait un groupe de parfaits inconnus. Non, attendez, "un fantastique ensemble de cuivres composé de jolis suisses-allemands anonymes" serait plus adapté. Les bougres tout de fracs et de vestons vêtus mettaient l'ambiance autour des tables avec leur musique façon brass-band de rue. Trop bien. Le plus cool dans l'histoire c'est que, n'ayant pas besoin de matériel d'amplification et tout ce ramassis de fils, ils jouaient carrément sur l'herbe. Ainsi, les percussionnistes utilisaient ce qui se trouvait sous leurs baguettes (barrière. poubelle...) pour parfaire leur numéro. Coup de coeur, bijou, lemeilleurgroupedufestival, on a adoré.
Mais voilà les Moonraisers qui débutent leur show sur la grande scène. Dans la TEAm, on n'aime pas particulièrement le genre mais on est quand même allées regarder et puis ben...c'était du raggae quoi. Et encore, pas du meilleur goût: beaucoup trop de basse et pas assez de variété pour le reste. C'était le moment pour aller déguster une pizza feu de bois. (et aussi participer à un concours de design d'espadrilles parce qu'on est trop des artistes et aussi de chercher désespérément l'espace presse qui s'avère être minuscule et plein de gens qui font peur, voilà).
Malgré le titre de cet article, chez TEA on adore You!, le projet deRomuald Boivin et José Reis Fontao (vous savez, le José des Stuck In The Sound) épaulés en live des I Am Un Chien.
Surveillé depuis un moment par une petite foule d'avertis, You! promet de sortir bientôt de l'ombre (enfin, de la relative pénombre) avec la sortie en septembre prochain de leur premier et attendu album. En journée promotionnelle intensive il y a quelques jours, nous en avons profité pour interviewer Romuald, qui compose les chansons et officie à la guitare. Mais puisque nous n'habitons malheureusement pas Paris, nous avons dû nous contenter du téléphone. Qu'à cela ne tienne, nous verrons You! en vrai une prochaine fois, on y tient. Et vous risquez d'avoir la même envie si vous allez écouter leurs titres sur leur Myspace.
Aujourd’hui c’était journée promo intensive, ça a dû être un peu ennuyeux…
Romuald : Ouais…
Je vais essayer de poser des questions pas trop chiantes…
Je crois en toi (rire)
On va commencer par la question bateau comme ça ça sera fait, quelle est l’histoire de You! en fait ?
Avec José on s’est rencontrés par une amie en commun et on était dans un bar tous les deux et elle nous a présentés et après on est beaucoup sortis ensemble dans des soirées et en fait José il dormait tout le temps chez moi les soirs quand il pouvait pas rentrer chez lui, et du coup on était très potes et du coup je lui ai fait écouter mon titre et il l’a trouvé bien et il a voulu chanter dessus.
C'était quand ?
C’était il y a quatre ans. Mais l’album sort que maintenant parce que c’est très long, les labels… Enfin, on a signé ça fait quand même deux ans et demi, mais le temps de faire toutes les choses, d’enregistrer l’album, de trouver ce qu’on va faire sur scène, de faire des clips, de créer, masteriser… Voilà c’est très long quoi.
José a ses projets avec Stuck In The Sound, toi tu as d’autres projets musicaux à côté ?
Euh non, non non, je fais que You!
C’est déjà bien !
Ouais. Ben sinon José continue les Stuck et les deux autres sont dans I Am Un Chien.
Et comment ça se passe d’ailleurs sur scène avec les I Am Un Chien ?
David Fontao est aux machines et à la basse, et il chante, il fait les chœurs, Douglas Cavanna joue de la guitare et fait les chœurs, José chante et moi je fais de la guitare. Sur scène, c’est à l’image des titres de l’album, avec plus d’énergie peut être, mais il y aussi des moments romantiques, des moments lents, et sur chaque titre en fait il y a des énergies différentes.
Et vous avez fait beaucoup de concerts déjà ou pas trop ?
On en a fait six ou sept, quelque chose comme ça. En fait le vrai live, l’espèce de tournée sera calée en automne, après la sortie de l’album en septembre. Elle est en train de se caler en ce moment parce qu’on a un tourneur maintenant.
Et vous essaierez de tourner le plus possible, vous aimez vraiment ça le live ?
Ouais ouais, on adore ouais. On verra quelle ampleur la tournée prendra, on sait pas encore vraiment, il y aura déjà un première salve de dates, et après on verra sur la suite.
Pourquoi ce nom "You!" ? Parce que c’est vraiment pas pratique de vous trouver sur Google…
Ouais ben, parce qu’on trouvait ça marrant et puis on savait très bien que ça sera ça le problème mais on s’en foutait un peu quoi. On s’en foutait qu’on nous trouve facilement ou pas. Et puis chais pas, on considère que chaque titre c’est comme un portrait, donc voilà, ça se raccroche bien au nom du groupe.
Et du coup, You c’est qui ?
Toi, moi. Tout le monde.
Et la chanson qui s’appelle "I Hate You", c’est parce que vous êtes maso ?
Ouais (rires). Ouais c’était marrant de faire ce titre là justement avec ce nom. C’était marrant de casser le truc dès le début comme ça.
Qui est Isabelle Lindqwister ?
C’est Izzy, c'est la chanteuse du groupe Rodeo Massacre et elle a chanté sur un titre de notre album, le titre qui s’appelle "Oldsong". On la connaissait et on avait envie de faire un truc ensemble.
C’est quoi cette passion pour les GIF animés sur le Myspace ?
Ça fait partie du graphisme quoi. Moi je suis graphiste dans la vie donc j’ai créé l’identité graphique du groupe, avec le jaune noir blanc et ce côté un peu crado et puis le truc qui clignote sur internet. Ça fait partie du concept .
Pourquoi n’y a-t-il pas "Ouohoho" sur l’album ?
Pourquoi ? Parce qu’en fait c’est le tout premier vrai titre qui est sorti, il y a deux ans. Et il ne correspondait plus à ce qu’on fait maintenant, à l’énergie qu’on a. C’était très bien, moi j’adore ce titre mais ça correspondait plus dans l’album. Par rapport aux autres titres ça correspondait plus quoi. Même si j’aime bien. .. Et même, c’est bien d’avoir sorti un truc comme ça avant, un peu bizarre comme ça.
Quel est le futur proche de You! ?
D’abord il y a la sortie de l’EP, puis le concert au Bus Palladium (le 9 juin, NDLR), ensuite la sortie de l’album en septembre et donc un certain nombre de dates en automne. Et après, on sait pas. Le souci c’est pas vraiment que ça marche ou pas, c’est juste que ça nous plaise, si ça plait à des gens tant mieux, et sinon tant mieux quoi.
Qu’est-ce que tu aimerais que les gens disent à propos de You! ?
J’ai surtout envie qu’ils disent ce qu’ils ont envie de dire, ce qu’ils ressentent par rapport à ça. C’est purement de la sensation tout ça.
Vous l'aurez deviné, le GIF du haut de l'article est de YOU!
Rappelez vous. Il n'y a pas si longtemps encore vous attendiez, plus ou moins patiemment, la sortie officielle d'un album pour pouvoir enfin l'écouter. Vous couriez chez votre disquaire et embrassiez l'objet tant désiré avant de passer à la caisse pour le payer. Sweet times! Aujourd'hui, le leak est chose plus que courante, on peut avoir un CD plusieurs mois avant qu'il soit dans les bacs, et on n'a même plus besoin de payer. Nous ne sommes pas là pour blâmer ce nouveau et bien établi mode de consommation de la musique, non, mais seulement pour (re)chanter la gloire du bon vieux disque et le courage des disquaires indépendants.
TEA est allé à Bordeaux fouiner dans la boutique Total Heaven, un magasin de disques comme on les aime, où on peut fouiner des heures dans le bac à vinyles (neufs ou d'occasion), les tester sur une platine, trouver des fanzines, ou acheter des CDs et des places pour de (bons) concerts dans le coin. Nous avons posé quelques questions à Xavier, co-gérant de Total Heaven, qui nous a gentiment répondu, sur fond du dernier album des Liars (oui, parce qu'ils ont du goût dans cette boutique) et nous a aussi bien parlé de son activité de disquaire que de politique culturelle et corruption des médias.
Rien que dans l'histoire de Total Heaven, on remarque qu'il n'est pas aisé d'être disquaire indépendant. La boutique existait d'abord en Charente-Maritime, à Saintes. Mais la ville était trop petite pour que ça marche, il n'y avait pas assez de clientèle potentielle, pas assez de gens qui écoutaient de la musique et se déplaçaient aux concerts. Alors il a fallu déménager pour Bordeaux, histoire de trouver suffisamment de clients pour vivre d'un activité de disquaire.
Bordeaux, une ville culturelle ? D'après Xavier, oui. Mais il pense aussi que la ville souffre d'un problème de lieux. Certaines salles sont subventionnées comme le Krakatoa ou Barbey mais ne remplissent pas toujours leur rôle de lieu de découverte musicale. Alors qu'il existe dans la ville des petits lieux qui font vraiment des efforts de ce côté en faisant des groupes peu ou pas connus mais qui ne bénéficient d'aucune aide. Son modèle en la matière ? Le Confort Moderne, à Poitiers, où la programmation est très éclectique.
Et quand on objecte qu'à Barbey il a quand même parfois de bons groupes qui passent, comme les Horrors, Xavier précise qu'au départ, ils étaient censés jouer dans le club, ce qui était selon lui une grosse faute professionnelle. Ce n'était pas un problème de manque de public, le soir il avait 400 personnes... Tout cela pour dire que c'est souvent un programmateur qui fait la pluie et le beau temps dans une salle de concerts, et que d'après lui, le programmateur du Confort Moderne sait faire son métier comme il faut.
Et pour les festivals, le disquaire n'en a pas vraiment de préféré, si ce n'est les Eurockéennes. Mais la France n'a pas de quoi frimer à côté des festivals qu’il y a en Allemagne ou en Espagne. D’ailleurs la culture musicale en France est très pauvre. Par rapport à des pays comme l’Espagne, l’Allemagne, la Scandinavie… En France on a ce qu’on a quoi. Comme à certains élèves on pourrait mettre sur le bulletin de notes la mention "peut mieux faire".
Et justement, c'est difficile d'être disquaire indépendant en France. Parce que les gens ont tendance à acheter pas mal ce que la presse leur dit d’acheter. Les gens ont tendance aussi à acheter ce qu’ils connaissent ils sont pas très curieux. Et sur internet, les gens découvrent certaines choses mais la médiatisation est tellement plus forte que les gens se retrouvent sur les mêmes voies un peu. Les gens suivent un peu toujours les mêmes courants, les mêmes tendances, au lieu d’aller chercher personnellement. Bien sûr, Xavier parle ici en général, il y a des gens qui fouillent et qui essaient de pousser le schmilblick un peu plus loin à chaque fois, comme il dit.
Pour autant, Total Heaven ne galère pas trop non plus, c’est une activité qui est crédible hein, ça va. Mais il faut être aussi raisonnable, c’est-à-dire qu’il ne faut pas prendre la société Total Heaven comme une vache à lait. Ils ne se payent pas non plus très cher et ne font pas de déplacements avec le carnet de chèques et des soirées en discothèque et des banquets au restaurant. Etre disquaire demande une bonne part de gestion, faire attention à ce qu’on achète et à quel prix, et puis surtout être vraiment à l’écoute de la clientèle et de ce que les gens voudront voir dans les bacs ou pas.
Et quand on lui demande quelles sont les solutions pour que la culture musicale aille mieux en France, il répond qu’il faudrait changer la diffusion. Il pense que les médias, les radios et surtout la presse se concentrent trop sur ce qui est vendeur ou ce qui est attendu, et souvent même il y a certains magazines qui vont parler d’artistes parce que la maison de disques aura donné un peu d’argent derrière. C’est un peu acheté tout ça. Alors que si les journalistes revenaient à quelque chose de plus spontané, et moins financier, ils auraient envie de parler d’artistes qui leur tiennent plus à cœur, et donc ils proposeraient automatiquement autre chose. Après, les médias ne sont pas responsables de tout, cela relève aussi de la direction culturelle d’un pays de ne pas subventionner de plus petites structures comme des petites radios ou des webzines, des trucs que vous faites nous dit-il, ou alors plus simplement des fanzines papier qui eux parlent de choses que justement il faudrait défendre et des artistes qu’il faudrait mettre en avant. Mais comme ils n'ont pas les moyens tous ces gens là, cela reste pour les music nerds.
Et enfin, quand on fait appel au disquaire qu'est Xavier pour nous conseiller des disques, il nous avoue que son meilleur album de l'année 2009 était Childish Prodigy de Kurt Vile. Et dans les nouveautés ? Il regarde derrière lui les disques accrochés au mur : "Ben par exemple les Dum Dum Girls. Et ce groupe là, Serena Maneesh, qui est assez proche de My Bloody Valentine. Après je les ai pas nécessairement découverts récemment mais je les aime beaucoup les Horrors et leur album là, c’est aussi un des meilleurs albums qui est sorti l’an dernier. Euh… Après, il y a tellement de choses…. Et je n’écoute pas aussi que de la musique rock. J’écoute aussi pas mal de musique soul et de musique africaine… Je dirais qu’en matière de musique africaine, j’ai récemment aimé l’Orchestre National de Cotonou, et puis après en soul il y a la réédition des chanteuses soul qui s’appelle Little Ann, sur un label finlandais qui s’appelle Timmion Records, c’est super super super chouette."
Ce qui est aussi super super chouette, c'est la boutique Total Heaven. Alors si vous traînez du côté de Bordeaux, allez y faire un tour 6 rue de Cancale, Bordeaux-Victoire.
Et aussi, TEA s'était entretenu avec un autre disquaire l'année dernière, vous retrouverez l'article ici.