L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

30.11.10

"Qu'est ce qu'il fait tout seul ce mec ?"


INTERVIEW YAN WAGNER

On a fait pas mal d'interviews chez TEA. Mais on a rarement eu l'occasion de tomber sur des gens aussi bavards que Yan Wagner. Et c'est dommage, parce que c'est vraiment passionnant. Le Parisien, de passage à Bordeaux la semaine dernière pour jouer en première partie de Air, a parlé des avantages d'être seul sur scène, de ses projets, et de ses réflexions sur les clubs à Paris et New York. Prenez en de la graine, et surtout suivez de près ce garçon. 

TEA : Qu'est ce que ça fait de tourner avec Air ?
Yan Wagner : C'est génial. C'est une chance incroyable, vraiment. Donc là c'est la dernière que je fais avec eux, on en a fait huit en tout. Et ouais quand je l'ai appris j'étais... Je pensais en faire une seule en plus. Donc je l'ai appris plusieurs mois avant d'avoir une réponse définitive, et quand j'ai su qu'il n'y aurait pas une seule date mais dix... Bon, finalement y en a eu deux d'annulées. Qu'est ce que ça fait ? Ben c'est génial quoi. Déjà j'avais jamais autant tourné en si peu de temps. J'ai beaucoup joué mais jamais aussi rapproché donc ça m'a appris beaucoup. Et c'est hyper flatteur parce que j'adore ce groupe.
C'est eux qui t'ont choisi ?
Ouais, ils ont donné leur accord. Ils sont venus me voir une fois, un peu par surprise, j'étais bourré. Non c'est pas vrai (rires). Mais c'était un peu par surprise. JB est venu me voir à la fin.

Et avec Goldfrapp, ça s'est passé comment ?
Avec Goldfrapp j'en ai fait deux, j'ai fait Lille le 28 septembre et hier le Trianon. Lille c'était étrange, c'était la première fois que je faisais une salle aussi grosse. J'étais hyper stressé. Au Trianon, le fait que j'ai eu toutes ces dates avec Air avant, ben j'y suis allé vachement plus serein. Hier c'était super. Déjà le lieu est magnifique, l'accueil était bien chaleureux aussi, j'étais surpris, les gens répondaient bien et puis c'est une grosse machine quoi, c'est intéressant de voir ça de l'intérieur, toute la logistique qu'il y a. C'est quelque chose auquel je suis pas habitué et c'est une grande chance en fait aussi pour ça. Déjà de jouer devant plein de gens différents qui m'auraient jamais entendu, mais aussi de voir comment les endroits fonctionnent, en plus de faire des rencontres super comme là les techniciens de Air par exemple, c'est vraiment des gens plein d'expérience... Mais Goldfrapp c'était bien oui, plein de bons échos, enfin j'étais très content. Et puis je suis le premier à avoir joué au Trianon depuis des années. Donc ouais, c'était cool. Ils m'ont tous dit « Tu sais que t'es le premier à jouer ? » Non c'est énorme.

Mais tu ne préfères pas tourner dans les petites salles ?
C'est difficile à dire en fait parce que je pense que une fois que ça sera fini ça, y a plein de trucs qui vont se mettre en place dans ma tête. Là j'suis quand même encore un peu dedans, je dors pas beaucoup et donc c'est difficile de faire un bilan. Mais y a deux facettes dans mon travail, y a les salles, ce que je peux faire ici ou au Point Éphémère à Paris, et les clubs, où là c'est des gros sets d'une heure, où l'aspect techno du boulot est vachement plus présent, et donc si je préfère les petites salles, j'en sais rien. C'est bizarre, c'est quand t'es sur scène. Enfin moi quand j'suis sur scène qu'il y ait 200 ou 500 personnes, ça change pas grand chose, c'est quand même plein de gens et voilà. Je crois qu'au bout d'un moment j'arrive pas trop à discerner un truc à 400 d'un à 1200. Avant je sentais sûrement plus la différence, j'étais plus stressé. Il y a des salles que j'ai adoré qui étaient vraiment toutes petites et où je me suis vraiment amusé... Ça dépend du public, ça dépend de moi, ce que j'ai fait ou pas, ça dépend de l'accueil des gens sur place aussi.

27.11.10

Appel d'Air

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Autant être honnête, Air, ce n'est pas vraiment mon époque. Quand Moon Safari est sorti en 1998, je n'écoutais rien de potable, les Français avaient gagné la coupe du monde mais moi je m'en tamponnais parce que le football c'est pour les garçons, et les garçons, c'est trop nul. Ça ne veut pas dire que je ne me suis pas rattrapée depuis (ici on parle d'Air hein). Alors quand j'ai vu dans les rues bordelaises l'annonce de la venue du groupe versaillais au Théâtre Fémina, j'ai sauté sur l'occasion de voir enfin une des formations mythiques de la French Touch en live. 

AIR + WAGNER
@ Théâtre Fémina, Bordeaux, 23/11/10
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Alors que le théâtre Fémina, beau bâtiment avec grands lustres et fresque au plafond, se remplit petit à petit, la première partie commence. C'est Wagner qui s'y colle. Ce nom ne vous dit peut être pas (encore) grand chose (si ce n'est un certain compositeur allemand), mais ce Parisien risque fort de faire parler de lui dans les mois à venir. Il est seul sur scène, bidouillant sur des consoles et son ordinateur, chantant d'une voix extrêmement grave qui résonne dans toute la salle. Le set est court, on a seulement le temps d'apprécier l'electro-disco-new wave le temps de six morceaux (ou quelque chose comme ça). Mention spéciale à la chanson "Elementary School". Par contre, que faisons-nous assis ? C'est le genre de musique où on danserait volontiers, mais non, au Fémina ce soir, il n'y a que des fauteuils. On a donc plus l'impression d'assister à un spectacle où un dandy, un crooner (non, Yan Wagner déteste qu'on dise ça de lui) évolue seul sur scène devant nous, ce qui est assez étrange. Vivement qu'on puisse voir le monsieur en club. 
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Une vingtaine de minutes plus tard, la salle est quasiment remplie et Air arrive. Habillés élégamment (même si les fashionistas seraient d'accord pour mettre le carton rouge au costume tout blanc de Jean-Benoît Dunkel),  les Versaillais saluent discrètement un public applaudissant à tout rompre, et commencent avec "Do The Joy". Et là, d'emblée on se met à finalement apprécier les fauteuils de la salle. Parce que pour ce genre de musique archi planante, mieux vaut être assis pour profiter un maximum.

24.11.10

"J'aime l'idée d'une musique qui plaise à tout le monde"

Me dire que je vais interviewer Foals, c'est me dire que je vais rencontrer les auteurs de mon album préféré de 2008 et d'un des meilleurs disques de cette année. Alors évidemment, on attend ça avec un mélange d'excitation et de peur. Jusqu'à ce qu'on se retrouve, à l'instant T, dans une loge bordelaise en face de deux Anglais d'emblée sympathiques : Yannis Philippakis, le chanteur, fumant tranquillement sa cigarette, et Edwin Congreave, le claviériste, pieds nus.  Je leur dit que c'est dommage, on n'a pas beaucoup de temps pour l'interview (on m'a dit quinze minutes), mais ils me disent que je suis la dernière, et que je peux rester une heure, deux heures, trois heures si je veux. Tant mieux, on a pas mal de choses à leur demander. L'interview commence, je ne sais plus pourquoi, sur les Eurockéennes. 

FOALS
INTERVIEW

Yannis : J'adore les Eurockéennes, C'est joli. On s'est baignés là-bas.
TEA : Vraiment ? Dans l'étang ?
Yannis : Ouais. Il était minuit, c'était cool.
TEA : Vous n'avez pas eu froid ?
Yannis : Non, c'était chaud. Vraiment sympa.

TEA : Vous avez eu beaucoup d'interviews aujourd'hui, ce n'est pas trop agaçant ?
Edwin : Non, on a l'habitude.
TEA : Ce n'est pas toujours les mêmes questions qu'on vous pose ?
Yannis : Je ne sais pas, voyons ça.
Edwin : Si tu poses une question qui a déjà été dite, c'est fini. (rires)

TEA : Vous êtes de plus en plus connus, comment vivez-vous cela ?
Yannis, haussant les épaules : Bien.
TEA : Vous ne préféreriez pas rester plus confidentiels ?
Yannis : Non non.
Edwin : Je pense que c'est plutôt bien.
Yannis : On a jamais voulu être une sorte de groupe hipster, tu vois. C'est quelque chose que je n'aime pas parce que ça sonne élitiste. J'aime la pop music, Madonna, Cindy Lauper. J'aime le pouvoir de l'idée que tu puisses avoir une musique qui plaise à tout le monde.
Edwin : Je ne pense pas que nous devenons énormes. Comparé à ces groupes que nous connaissons ou dont nous avons lu des choses à leur propos, nous faisons de petits concerts.
Yannis : Ouais, on n'est pas comme les Kings Of Leon.
Edwin : C'est plus raisonnable, on fait encore des spectacles plutôt petits.
TEA : Mais presque toutes vos dates sont sold out.
Edwin : Ouais, c'est une bonne chose.

TEA : Pensez-vous qu'un groupe doive nécessairement, comme vous, évoluer pour chacun de ses albums ?
Yannis : Je pense que les groupes qui nous intéressent généralement ont une sorte de progression pour leurs albums. Il y a des groupes qui ont fait des disques individuels qui sont vraiment super, mais je pense que pour être intéressé par un groupe pendant pas mal d'années, c'est que tu es attiré par les groupes qui changent. Après, on n'a pas d'avis pour les groupes, mais pour nous, c'est ce qui est le plus excitant. Nous aimons prendre des risques et nous aimons, enfin, au moins moi, le processus de création du disque, et l'atmosphère entourant l'écriture, et quelle va être l'inspiration. Je ne le ferais pas si nous allions juste faire la même chose, parce que c'est juste sans intérêt.
TEA : Un modèle d'évolution pour vous ?
Edwin : Bonne question.
(silence)
Yannis : Liars, parce qu'ils évoluent. Et aussi la façon dont les artistes pop se réinventent est assez fascinante parfois. Comme les différentes approches pour chaque disque. Comme Kanye West. 
Edwin : Il y a genre vingt collaborations sur l'album.
Yannis : C'est cette liberté artistique, je pense que beaucoup d'artistes R&B et pop l'ont. Certains pensent que si tu ne restes pas ancré à ton idée originelle, tu dilues en quelque sorte un truc. En fait, je pense que c'est une idée fausse qu'on devrait faire disparaître maintenant.

22.11.10

"Oh, what the hell, we set it on fire"

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Si vous avez du goût et vivez dans une ville pas trop pourrie (ou avez une voiture), vous avez vu Foals en cette fin de novembre. Les Oxfordiens ont fait pas moins de huit dates en France pour leur tournée de Total Life Forever, leur brillant deuxième album sorti en mai dernier. TEA les a vu à Bordeaux hier.

FOALS 
@ Rock School Barbey, Bordeaux, 20/11/10

La soirée ayant commencé plus tôt que nous le pensions, on loupe malheureusement The Invisible. Dommage, on aurait vraiment aimé se donner sa propre idée sur ce que les Anglais donnaient en live, tant les avis divergent, allant du "c'est absolument génial" à "j'ai même pas pu rester plus de trois chansons". Le mystère reste donc entier.
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On arrive entre les deux concerts dans un Barbey rempli  (le concert affichant complet depuis deux semaines) de jeunes gens surtout. Et ce sont des fans, oh que oui. En témoigne la foule qui saute dès les premières notes de "Blue Blood", qui est pourtant une chanson relativement calme. Ensuite tout s'enchaîne parfaitement : les titres du premier album, Antidotes ("Olympic Airways", l'indémodable "Cassius", "Balloons") et ceux du deuxième ("Total Life Forever", "Miami", "After Glow"...). Pendant "Red Sock Pugie", on se souvient du temps qu'on a pu passer à chanter ce morceau à plein poumons, c'est d'ailleurs une des meilleures chansons en live. Pour "Electric Bloom", comme pendant les festivals où on a pu les voir cet été, Yannis Philippakis prend des baguettes et tape furieusement sur un tom. Et puis, comme à son habitude, il fait un joli crowdsurfing. D'ailleurs, on ne voit presque que lui sur scène, les autres membres du groupe étant en retrait (à part le guitariste), ce qui est un peu regrettable d'ailleurs.

20.11.10

On ne rigole pas avec Justin Bieber.

Alors que l'hiver commence vraiment à s'installer ici, on laisse tomber la pop cotonneuse de Beach House pour retomber avec un peu de nostalgie dans celle, plus ensoleillée, des néo-zélandais Ruby Suns. Nous les avons rencontrés l'été dernier entre deux concerts au bord du lac Léman, le temps de partager quelques bonbons et jouer sur une place de jeux comme de grands enfants.

INTERVIEW THE RUBY SUNS

Coucou, bienvenue en Suisse ! C’est la première fois que vous venez ?
Graham : Non, c’est la 2e fois, on était déjà venus à nos débuts. Peut être qu’il y aura une ou deux personnes en plus cette fois-ci.
Ryan : Ah ouais, ça pourrait être cool.
Graham : Mais c’était vraiment bien aussi la dernière fois. La scène était vraiment cool. C’était au Palace, à St Gall, dans un ancien cinéma érotique.
C’est pour ça que vous avez aimé?
Ryan : Oh, euh…c’était quand même very dirty…Enfin bref, on est très contents d’être de retour surtout que ici, c’est vraiment magnifique ! Regardez ces montagnes !
Graham+Alistair : Ouiiiii !
Ryan : On est assis ici et juste en face de nous, il y a les Alpes suisses. Quoi que non, en fait, c’est les Alpes françaises, non ? Quoi qu’il en soit, c’est juste trop beau.

Vous avez beaucoup tourné ces derniers temps ?
Alistair : On a voyagé dans l’hémisphère nord, ce qui est un peu comme un seul pays pour nous. Nous avons parcouru l’Europe de l’ouest, les States et le Canada. Ensuite on a pris des vacances en Alaska.
Ryan : C’est assez spécial pour un néo-zélandais de venir en Europe. Tu réalises que le vol pour la Croatie ou l’Ecosse ou Amsterdam coûte 80euros alors que depuis chez nous, c’est en tout cas 3000 dollars !
Graham : On a eut la chance de visiter plein de très beaux endroits.
Et qu’est ce que vous avez préféré ?
Graham : Alors, après la Suisse…
Ryan : Aha, oui, après la Suisse, je dirais la Norvège. On a joué à Bergen. On a aussi fait des concerts incroyables en Espagne. Ouais, dans l’ensemble, tout – à part le Luxembourg - est beau en Europe.
Le Luxembourg, vraiment ? Je n’y suis jamais allée.
Ryan : Eh ben, n’y vas pas ! C’est un peu comme n’importe quel autre pays européen, mais sans culture.
Vous dites ça parce que votre concert là-bas s’est mal passé ?
Ryan : Non, en fait, c’était pas si mal. Mais c'était quand même plutôt mauvais.

 
Quel a été votre pire concert ?
Alistair : Je crois que c’était à The Great Escape à Brighton. On n’a joué qu’un seul morceau.
On n’avait pas pu installer notre matériel correctement mais on a quand même commencé le concert et quand on a commencé notre deuxième chanson, il y a eut une coupure de courant.
Ryan : Ah non ! Attends, il y en a un qui est encore pire ! Mais avant, à propos de Brighton, il faut dire aussi qu’on avait 2 concerts ce jour là et le truc cool, c’est que l’autre concert était vraiment génial. Il y avait plein de gens et une super ambiance. On est tombés amoureux de Brighton après ça. Bref, notre pire concert, c’était en Pologne.
Alistair : Oh God.
Graham : On avait 4 dates en Pologne et trois d’entre elles ont été annulées. C’était un peu bizarre. Et quand finalement, on allait commencer à jouer, y a eut un problème technique alors on a dû tout ranger devant le public qui nous attendait. C’était horrible.
Donc vous n’avez vraiment rien joué ?
Graham : Non. Mais le soundcheck était cool.

19.11.10

Bitch House

Quand tu dis à des gens pas très au fait de l'actualité musicale (désolée pour eux) que tu vas voir Beach House, c'est toujours un peu ambigu. Mais n’allez pas croire que je ne suis pas une fille distinguée. Bien au contraire. Surtout que le duo franco-américain de Baltimore ne choque pas pour un sous et se révèle gentil et joli, tout en montrant quelques limites en live. 

BEACH HOUSE
@L'Usine PTR, Genève 15/11/10

Arrivée à la salle un peu en retard, je suis d’abord étonnée par l’immense queue devant l’Usine. Tous ces élitistes, vintage et vélo assortis (je critique, mais j'ai mes ray bans vissées sur le nez) pour un groupe qui a quand même déjà sorti 3 albums - pas mal. La salle est donc blindée dès la première partie (un certain Jack November qui défend assez bien l’addition chant+guitare+folk+roux) et pourtant, c'est lundi. On se faufile tant bien que mal à l’avant dans l’espoir (vain) d’atteindre le premier rang et puis le groupe entre en scène.
"Joli" est l’adjectif qui décrit le mieux ce qui arrive alors. Sans plus, sans moins, Beach House joue comme depuis l’intérieur d’une boule à neige. C’est beau, c’est captivant, mais on se contente d’observer sans beaucoup bouger. D’ailleurs, ce qu’on voit fait beaucoup penser à un Tumblr en 3D : des triangles qui s’illuminent rose/vert/blanc/bleu, un legging à paillettes et une veste ceintrée pour Victoria, crinière bouclée de BG pour Alex, il ne manque que les étoiles... qui ne tardent pas à apparaître  pendant "Norway", sur le fond noir et diodé de la scène. 

16.11.10

2 ans


Aujourd'hui est un grand jour, la TEAm a la petite larme à l'oeil et est heureuse de vous annoncer que son enfant a deux ans, eh oui, déjà !  
Faites péter champagne, gâteaux, cerises, confettis, bonbons, guirlandes, macarons et thés aromatisés - c'est la fête ! 

On vous remercie encore mile fois lecteurs chéris adorés d'amour, gros bisous. Pour vous remercier, on vous prépare une surprise pour bientôt, stay tuned

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Et pour l'image, on dit merci à Blacksperm qui nous a enfin rendu son summer guest, et comme il a fait un joli gâteau, ça tombe à pic. 

14.11.10

Nous avons concert.

Pendant qu'en France, vous aviez les Inrocks pour vous régaler, en Suisse, on n'a pas été beaucoup plus mal lotis ces derniers temps. En tout cas, vendredi soir, à Nyon, il y avait de quoi shaker et on n'allait pas s'en priver, tiens.
WE HAVE BAND
@ Usine à Gaz, Nyon 12/11/10

Bon, même s'ils ont figuré sur plusieurs compilations Kitsuné ("Oh!" vous dit forcément quelque chose), We Have Band, c'est pas la révélation de l'année, on est bien d'accord. Mais ne partons pas tout de suite sur une mauvaise impression, car leur premier album, WHB, est quand même un concentré d'énergie tubesque. Du coup, quoi qu'on puisse dire, We Have Band c'est le groupe qui m'a fait danser cet été. J'étais donc impatiente de voir ce que "ça" valait en live, ne serait-ce que pour pouvoir répondre "nous avons groupe" à ceux qui me demandaient mon programme du weed-end. Et puis au final, mes hanches frétillantes m'ont donné raison: parce que "ça", ben c'était cool.
Musicalement parlant déjà, la machine à tube était lancée à pleine vapeur dès l'entrée en scène du trio. Dès le début donc, les structures rythmiques bien carrées de l'album envahissaient la petite salle (avec des titres plutôt chouettes comme "Hear in the Cans" ou "How To Make Friends") et balançaient sec. Même si le public se montrait plutôt peu réceptif.

Et puis l'attention générale s'est focalisée sur DeDe, petite brindille en slim cuir, dansant, écarquillant les yeux et séduisant à coup sûr plusieurs jeunes hommes de l'assemblée. En ce qui me concerne, j'ai cru un moment, reconnaître en elle le pendant féminin de Tambourin et puis sa gestuelle a fini par lasser, jusqu'à ce que se pose carrément la question: mais à quoi sers-tu, jeune fille? C'est vrai quoi, a-t-on vraiment besoin d'une meuf pour donner un coup de baguette par mesure quand la scène est jonchée de sampleurs?

12.11.10

"On a une grosse libido, on est bien libidineux, on aime bien"


Jean Luc Delarue s'étant fait gauler, TEA a décidé d'assurer la relève de son concept "Ça se discute jour après jour". Nous avons donc reparlé aux Popopopops un an après, pour voir ce qu'ils étaient devenus depuis. Ils ont de nouveaux trucs à raconter, mais sinon ils semblent être restés les mêmes : bavards, plutôt drôles, et parlant toujours tous à la fois. Ah, et ce soir ils jouent en première partie de Pony Pony Run Run au Zenith de Paris, rien que ça. 

INTERVIEW THE POPOPOPOPS


Vincent : C’était avec vous qu’on avait fait la photo des jambes de Victor ? Et ben c’était les jambes de Morgane en comparaison. (il nous montre la Morgane en question)
Victor : D’ailleurs vous aviez dit des trucs bâtard sur nous.
TEA : Mais non !  
Simon : Sur les Wankin.
Victor : Ah vous avez craché sur les Wankin Noodles par contre.
Simon : C’est clair, la libido et tout là. Si c’est pareil pour nous c’est même pas la peine.
TEA : Je voulais pas être méchante, mais c’est juste que le live était pas possible. 
Simon : Le pire c’est que vous auriez pu les descendre si ça avait été mal écrit, tu vois ça passe quoi. Mais là c’était bien écrit du coup ça faisait vraiment méchant. Putain il est vénère le truc quand même.
Guillaume : Ils se sont vachement remis en question depuis.
TEA : Ils n’ont même pas dû le lire. 
Guillaume : Ils l’ont lu parce que Victor leur a dit.
(rires)
TEA : Merci la balance. 
On ne vous avait pas vu depuis la première partie des Pony Pony Run Run en octobre 2009, qu’est ce que vous avez fait en un an ? 
Vincent : On a fait d’autres dates avec les Pony j’crois.
Victor : Moi j’ai passé mes partiels.
Les autres : Moi aussi.

TEA : Au fait vous allez encore en cours ou vous avez arrêté ? 
Simon : Là on a arrêté, depuis mai en fait.
Victor : On s’est pas réinscrits quoi.
Guillaume : Maintenant on va être intermittents.
Victor : Moi j’suis d’jà intermittent.
Guillaume : Et on a fait quoi ? Ben on a fait quelques dates à l’étranger.
Victor : On a fait Montréal, Hambourg, Russie, Canada, Espagne, Hollande, Allemagne, Belgique...
Vincent : Et la Creuse.

TEA : Et vous avez perdu un gus aussi dans l’aventure...
Simon : Non mais putain on en parle pas les gars !
Victor : Il a jamais existé.
Guillaume : C’est encore une plaie ouverte !
Victor : Ça s’fait pas !
Simon : Il est mort.
Guillaume : Comme le mec des !!!
Vincent : En fait y a Léonard qu’est parti, et en mode on a voulu faire une blague comme Lilian Thuram il avait arrêté parce qu’il avait une pointe de coeur, et on avait fait un copié-collé d’un article de l’Équipe  en remplaçant Lilian Thuram par Léonard.
Guillaume : Et tout le monde a cru qu’c’tait vrai.
Vincent : Et on s’est fait engueuler, tout le monde y a cru et on est passés pour des cons.

11.11.10

Un tambourin, des moustiques et des moustaches

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Le meilleur rendez-vous de l'automne est passé. Qu'est ce que je vais faire moi maintenant ? Retour sur le week-end dernier, pour le festival des Inrocks à Nantes, avec Carl Barât, The Drums, Local Natives, Surfer Blood et Warpaint. 

FESTIVAL INROCKS BLACK XS 2010
6 & 7/11 @ L'OLYMPIC, NANTES


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Surfer Blood
Les cinq garçons livrent une prestation qui réconcilie avec le groupe. La voix du chanteur au ventre rebondi est davantage supportable, la touffe de cheveux aux percussions et au clavier est passionnante à regarder, les guitares énervent moins que sur CD. On se rend compte qu'il y a même de bons morceaux, et qu'en fait on aime surtout la batterie. Sur "Swim", les gus de Free Energy, qu'on a lamentablement loupé, viennent sauter partout sur la scène, ça divertit un peu. Au final, on se dit que Surfer Blood, c'est peut être pas si mal, mais un tel l'engouement pour ces Américains reste quand même un mystère.


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Carl Barât
Voir Carl Barât en live, c'est un peu un rêve d'adolescente. Mais j'étais trop jeune quand les Libertines sont passés à Angers. Et trop pauvre pour aller les voir au Reading cette année. Alors voir une telle légende dans une petite salle (l'Olympic a environ 800 places), c'est un exploit en soi. Et puis Carl a toujours été mon préféré. S'il était là pour faire la promo de son album solo, il ne faut pas se leurrer, le public lui l'attendait pour entendre du Libertines et du Dirty Pretty Things. Evidemment, les temps forts du set auront été quand Barât a joué "The Man Who Would Be King", "Death On The Stairs", "Up The Bracket", "Bang Bang You're Dead", "Deadwood" et  "Don"t Look Back Into The Sun" en final. Ses chansons solos ne sont pas mauvaises pour autant, surtout "The Magus" et "The Fall", très chouettes dans le genre fête foraine hantée. Sinon, Carl a 32 ans et est encore beau (cf les filles qui sont heureuses quand il se met en débardeur, même si on voit plein de piqûres de moustiques sur ses épaules, pauvre biquet), il n'a pas cette coiffure pleine de gel comme sur la pochette de son album et a un foulard union jack en guise de bracelet comme au bon vieux temps. Et il n'a toujours pas appris à articuler quand il parle. Le concert a ravi les fans, mais c'était gagné d'avance. 

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9.11.10

"Selfish sleepy boy"

Il commence sérieusement à cailler et en plus il pleut. Comme vous risquez de passer plus de temps au chaud chez vous dans votre lit Fjellse sous votre couette Mysa Strå, on s'est dit qu'il valait mieux vous conseiller autre chose que les Crystal Castles ou du punk suisse-allemand. C'est pourquoi nous nous permettons de vous parler d'un EP sorti depuis un moment (fin septembre) mais qui fait chaud au coeur quand il fait gris dehors et que les jours raccourcissent à vue d'oeil. 


OWEN PALLETT
A SWEDISH LOVE STORY


La galette en question nous vient d'un Canadien de 21 ans, Owen Pallett, que vous aviez peut être découvert jadis sous le nom Final Fantasy (il a fini par se faire taper sur les doigts et a dû se renommer). Il compte trois albums à son actif et a sorti récemment l'EP A Swedish Love Story
Déjà, intituler son maxi d'après le long métrage culte de 1970 de Roy Andersson fait marquer des points (même si à la longue c'est un peu lassant de retrouver des images de ce film sur Youtube pour illustrer des chansons comme celle-ci, ou encore celle-là). 

La légende (et les propos du garçon sur le site de Domino, sa maison de disques), veut qu'il ait enregistré l'EP tout seul comme un grand en seulement une semaine. Cette précipitation ne se remarque en aucun cas tant les quatre morceaux semblent travaillés et s'articulent d'un bout ("A Man With No Ankles") à l'autre ("Don't Stop") avec simplicité. 

Owen Pallett reste fidèle à lui même : des chansons où le violon prédomine, penchant parfois sérieusement vers la musique classique, le genre de morceaux qui pourraient accompagner le retour d'une partie de chasse, le tout bercé par la voix agréable et posée du monsieur. Et tout cela réveille notre amour pour les hommes surdoués pouvant jouer de n'importe quoi, et surtout des cordes (on pense à un Patrick Wolf plus calme).

Certains trouveront ce disque ennuyeux, d'autres brillant. Pour nous, c'est assurément un beau bijou. 

http://www.myspace.com/owenpallettmusic

6.11.10

Grosmuttis Kräutertee

Je suis malade. Je ne demande qu'à dormir. Je vais donc m'en tenir au strict minimum en ce qui concerne la Tisane de Mamie du jour. Quant à vous, n'hésitez pas à chercher plus loin sur le compte de Kleenex, le meilleur punk girl band suisse-allemand des années 78-83 dont les filles avaient dû changer leur nom en LiLiPut (beaucoup moins cool) après avoir été attaquées par la marque de mouchoirs. Bien du plaisir pendant que moi, je retourne sous ma couette avec ma tisane aux herbes. Bisous.








+ une interview de Marlene Marder

4.11.10

Halloween

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Ok, Halloween c'est un peu bidon et n'a rien à faire en France, mais n'empêche que c'est vachement cool. Je ne sais pas ce que vous avez fait dimanche dernier, mais nous à Bordeaux on vous explosait tous avec notre programme de badass : Crystal Castles + HEALTH au Krakatoa. Et bien sûr que ça avait un rapport avec Halloween, puisqu'il y a une personne effrayante dans chacun de ces groupes. 

CRYSTAL CASTLES + HEALTH 
@ LE KRAKATOA, BORDEAUX 31/10/10

HEALTH, c'est un des groupes préférés de mes potes qui se la pètent en faisant des photos en argentique d'oiseaux morts et de pierres tombales et qui écrivent comme s'ils étaient rédacteurs chez Vice. Ce sont des gens parfois horripilants mais ils ont l'avantage d'avoir de bons goûts musicaux généralement. Parce que ce qui est bien chez HEALTH, c'est qu'ils font du son qui ne ressemble pas vraiment à ce qui se fait en ce moment en musique, ils expérimentent et en plus c'est, contrairement à My Bloody Valentine que mes amis chelous kiffent aussi, écoutable. Même que "USA Boys" est le genre de morceau à passer en boucle dans mon iPod. En live, les morceaux des Californiens prennent davantage d'intensité, surtout le brillant "Death +" où tout le monde tape de la batterie. Ce qui est dingue surtout, c'est ce Chinois (qui est sûrement américain en fait) qui saute et  secoue ses cheveux longs à tout bout de champ, tellement que c'en est terrifiant mais fascinant. Le final se fait bien entendu sur "USA Boys", et c'est bon. 
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La première frayeur passée, place à une autre. On m'avait prévenue quand j'avais demandé une autorisation photo : je devais faire supra attention car la chanteuse Alice Glass est du genre à taper sur les photographes, certains seraient même allés à l'hôpital. Great. Moi pas peur. En fait, on n'aura même pas le droit d'être tout devant entre la scène et le public, les vigiles nous dirons d'aller sur le côté de la scène. Mieux encore, pendant le set, des gus de la sécu nous tireront en arrière par moments, au cas où la furie s'approcherait trop près. Sécurité maximale donc, et encore, il faut aussi savoir qu'un type suit les Crystal Castles sur la tournée et s'occupe exclusivement d'Alice Glass, c'est lui qui doit la retenir quand elle fait du crowdsurfing, et lui encore qui doit ramasser son micro si par mégarde elle le laisserait tomber. Pas facile à vivre la fille.

1.11.10

Comment ça, "encore lui" ?


Coucou, devinez qui c'est!


Plus besoin de te le présenter puisque t'en sais déjà trop mais Buvette sort ces jours-ci son premier album et comme il est coolos, on en (rererererere)parle. Encore? Oui parce que Buvette, il est chouette.

BUVETTE
HOUSES AND VOICES 

Quarante minutes, c'est à peu près la durée d'un set. C'est aussi l'ensemble des huit titres que nous propose Buvette sur sa galette. Ainsi, si t'es suisse et que tu traines souvent à des concerts, tu sais déjà à quoi t'attendre. Pour les autres, ça tombe bien: Houses and Voices rassemble les meilleurs moments des lives tel le doggy bag - un petit concentré de plaisir à ramener à la maison.

"Lorsque je l'écoute en regardant tomber les feuilles jaunies par l'automne, l'image et la musique s'associent dans ma tête comme un Tétris. Je vois les samples s'entasser au fur et à mesure, jusqu'à former un ligne toute droite et ennuyeuse et disparaitre au profit de nouvelles constructions." témoigne une fan. En bref, de "Benzi Blues" à "Bottles", t'as des intros sobres qui s'étoffent de plus en plus avant d'exploser, portées par le martellement d'un gros tambour. Bien évidemment, on sent l'éternelle influence d'Animal Collective mais Buvette s'en sort en faisant shaker son booty à Panda Bear. Applaudissons au passage le gros effort fourni sur le chant, rythmé, presque parlé et la bonne orchestration de l'ensemble (genre tu peux écouter l'album d'un bout à l'autre et les morceaux s'enchainent naturellement). Big up aussi aux paroles de "Motril" ("...flying like unicorns" t'as vu).

En somme, Houses and Voices est un chouette album à avoir chez soi. Ne serais-ce que pour se rappeler de la première partie de tous tes concerts préférés (Toro Y Moi, Feldermelder ou encore Devendra Banhart...) en faisant la vaisselle.

Benzi Blues - Buvette

Forget the Mirrors - Buvette



+ #buvetteestpartout ce vendredi 5 novembre au QKC à Neuchâtel pour la Rowboat Party et aussi le samedi 27.11 à la Superette.