L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

26.2.11

J'ai testé pour vous des films pourris

Le problème des cartes de cinéma illimité, c'est qu'elles peuvent donner des idées vraiment saugrenues. Comme par exemple de passer une semaine à aller voir de gros nanars pour ensuite déterminer lequel était le plus pourri. C'est donc armée de ma carte UGC et de cookies que je suis partie à la recherche du film le plus naze du moment. J'ai sélectionné cinq films : Sex Friends, Halal Police d'Etat, Toi, moi et les Autres, Justin Bieber : Never Say Never, et Rien à Déclarer. Et le lauréat n'est pas celui que l'on croit. 

Sex Friends, de Ivan Reitman.
Une meuf (Natalie Portman) et un mec (Ashton Kutcher) couchent ensemble. Ashton (j'ai oublié le nom des personnages) la kiffe bien et aimerait bien continuer avec elle. Sauf que Natalie ne veut pas s'engager, alors elle lui propose d'être sex friends. Mais évidemment ça se complique car le mec finit par tomber amoureux d'elle (normal, c'est Natalie quand même).  Le pitch est donc quasi-identique à celui de Love & Autres Drogues (plus connu sous le nom de "Jake Gyllenhaal tout nu" puisque c'était le seul intérêt de cette comédie romantique cucul la praline sortie il y a deux mois). J'espérais que Sex Friends soit aussi niais, comme ça j'aurais pu trouver enfin quelque chose à redire à  propos de Portman, mais le problème, c'est que ce film est drôle, que les deux acteurs sont convaincants et beaux, et qu'on passe un bon moment. C'est certes cliché, mais pas TANT que ça. En plus Ashton lui fait une playlist spéciale menstruations, et ça c'est vraiment trop cool. Sex Friends est donc l'exemple type du film "plaisir coupable". 


Toi, Moi et Les Autres, de Audrey Estrougo
Ok, je n'avais pas réussi à trouver en Sex Friends l'histoire d'amour gnangnan que je cherchais, mais je pouvais toujours me rabattre sur Toi, Moi et les Autres. Le synopsis est digne d'un Roméo et Juliette des temps modernes : Gabriel (appelez-le Gab) est un jeune fils de riches qui va bientôt se marier mais bam, il rencontre juste avant une fille, Leïla, qui vit dans une cité. Il tombe fou amoureux d'elle, ce qui peut être compréhensible car quand ta fiancée se trouve être Cécile Cassel, tu fais tout pour éviter le mariage. Donc voilà, c'est le big love mais soudain la meilleure amie de Leïla se fait arrêter car elle est sans-papiers. Eh oui, Toi, Moi et les Autres c'est aussi une réflexion sur l'expulsion des étrangers par l'état français, un thème intéressant mais traité ici trop simplement pour pouvoir rendre le film captivant. Et si encore il n'y avait que les clichés... Mais non, le plus gros problème ici est qu'Audrey Estrougo a décidé de faire une comédie musicale. Vous me direz que cela peut marcher parfaitement, Les Chansons d'Amour en sont la preuve même. Mais n'est pas Christophe Honoré qui veut. Au lieu de chansons originales par Alex Beaupain, on a droit à des reprises de tubes affligeants, comme "Tout le Monde Il Est Beau" de Zazie. Et les acteurs ne chantent même pas bien. Si Benjamin Siksou était moche, je serais sortie de la salle de cinéma avant la fin.


Rien à Déclarer, de Dany Boon
C'est l'affiche qui peut attirer le plus de beaufs ce mois-ci. On suit les aventures d'un petit poste de douanes à l'heure de l'ouverture des frontières européennes. Il y a le douanier belge francophobe (Benoît Poelvoorde) et son homologue frouze (Dany Boon) qui se marierait bien avec la soeur de ce premier. Ça a l'air pourri hein ? Pourtant c'est beaucoup moins irritant que Bienvenue Chez les Ch'tis, c'est même le plus souvent drôle. Bon, nous avons là une comédie française grand public comme on en trouve déjà des tas dans les bornes de DVD à louer, mais on ne s'ennuie pas vraiment. Surtout qu'il y a de grandes chances pour qu'il y ait au moins un mec dans la salle qui s'amuse à tout commenter à voix haute "Oh elle était drôle celle-là !", "Attention Dany, il y a les trafiquants de drogues qui arrivent !", "Ahaha énorme". Mon dieu, deviendrai-je une beauf moi aussi ?

22.2.11

"Ça fait pas très cool d'être portugais"

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The Legendary Tigerman aurait pu être le nom d'un comic de chez Marvel, mais à la place c'est un Portugais, Paulo Furtado, qui a pris ce pseudonyme pour son projet de one-man-band qu'il mène depuis déjà dix ans. En cinq albums, il a su s'imposer comme une figure du blues rock actuel, avec des morceaux d'une sensualité folle qui réussissent à faire oublier sa nationalité pas très engageante. Le 16 février dernier, il jouait au Chabada à Angers, l'occasion de remarquer que l'Homme Tigre assure autant sur scène que sur CD. Comme son dernier disque, le bien nommé Femina, est un recueil de collaborations avec des femmes, il avait invité ses compatriotes Claudia Efe et Rita Redshoes à chanter avec lui. Mais c'est quand il est tout seul (ou avec son kazoo) affublé de ses éternelles lunettes qui lui donnent un air de mafieux qu'on le préfère. Ah oui, et quelques heures plus tôt TEA l'avait rencontré. 
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INTERVIEW THE LEGENDARY TIGERMAN
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TEA : Peux-tu expliquer pourquoi nous connaissons si peu de groupes portugais?
Paulo Furtado : C'est une bonne question ! (rires) Je pense que c'est vraiment difficile, ça fait pas très cool d'être Portugais (rires). Il y a des groupes de rock'n'roll et ils sont vraiment bons et au Portugal il y a des gens qui jouent de tout, du hip hop et tout ce que tu peux imaginer. Je pense que de plus en plus de gens essayent de sortir de là et de montrer leur musique, donc vous entendrez probablement parler plus souvent d'autres groupes vraiment cools. Mais c'est compliqué parce que ce n'est pas dans nos traditions, je suppose que c'est plus facile quand on est anglais ou américain.

Et peux-tu nous citer quelques groupes portugais que tu aimes ?
Ouais, Dead Combo par exemple, Mazgani est vraiment cool, Sean Ryley and The Slowriders, Rita Redshoes qui tourne avec moi... Il y en a beaucoup (rires).

Tu as dit dans une interview que pour être un one man band, il faut choisir un nom comme un superhéros choisit son costume, alors c'est quoi ton superpouvoir ?
Mon superpouvoir c'est que The Legendary Tigerman est plus que moi sur scène et plus que moi dans la vie. Il est beaucoup plus puissant. Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire. C'est une amplification de ce que je suis.

A propos de toutes tes collaborations pour Femina, qui a été la femme la plus facile à convaincre ?
Tout a été assez facile, mais je dirais Asia Argento, c'est la première à qui j'ai parlé. Et je ne la connaissais pas du tout. Aussi étrange que cela puisse paraître, je lui ai envoyé un message sur Myspace (rires). Et elle écoutait mon premier album et voilà. C'est allé très vite et c'était très très cool.
Et qui a été la plus difficile ?
J'ai voulu travailler avec Camille et en fait elle ne m'a jamais répondu... (rires)
Pétasse...
Ouais, elle a plutôt été une pétasse. Je l'ai rencontrée et je lui ai parlé et elle était vraiment vraiment ivre et elle ne faisait même pas attention à moi. Je suppose qu'elle n'en avait rien à foutre. Ce qui n'est pas grave hein, c'est mieux quand on dit clairement qu'on en a rien à foutre plutôt que de gaspiller son temps et le temps des autres.

18.2.11

I want Kyle in my bed


Y a pas si longtemps, je suis arrivée au bout de ce qui est très sûrement la meilleure série qu'il m'ait jamais été donné de voir: Twin Peaks. Rien qu'à l'évoquer je souris bêtement, c'est dire. Bon, autant mettre tout de suite les pendules à l'heure: je ne suis pas une fan invétérée de David Lynch. Même que je crois bien que je n'ai vu aucun de ses films, ni écouté avec attention son récent projet musical électro chelou (mais ça va changer). Quoi qu'il en soit, Twin Peaks, ça envoie du bois et la vie sans dose journalière d'agent spécial Dale Cooper, c'est la mort. A tel point que, pour compenser le manque, j'ai Kyle MacMacLachlan en fond d'écran, you know, et j'ai mené des recherches sur la bande-son entêtante de la série qui met si bien en relief l'intrigue.
Twin Peaks Theme - Angelo Badalamenti

Résultat des courses, j'ai appris que le Lynch collaborait avec un certain Angelo Badalmenti et que Moby avait eut l'horrible idée de sampler le "Laura Palmer's Theme" (puisqu'on s'aventure par là, vise un peu "Twin Peaks Trance" russe ou encore ce remix terrible d'une autre bande-son célèbre).
James's Song (Twin Peaks)
Mais va savoir pourquoi, je suis surtout tombée par hasard sur l’EP de Happy Trendy et même si ça n’a rien à voir, ça m’a bien plu.

HAPPY TRENDY 
Old Friends


En fait, non, ça n’a pas tellement rien à voir. Parce que l'intro de "Skinny Ghost" me fait quand même vachement penser à une version un peu accélérée des créations de Badalmenti. Mais peut-être que je suis folle, peut-être que d’autres feront le rapprochement. Quoi qu’il en soi, ça n’en reste pas moins un très chouette morceau. Planant à souhait, dark-pop, lo-fi, tout ce que tu veux.
Le reste de l'EP est d'ailleurs tout aussi digne d'intérêt. Livré en l'espace de 2 semaines par ledit "Trendy Bonne" (d'où Google me sort cette traduction, je ne sais), Old Friends rassemble 8 petites perles chatoyantes qui tournent en boucle sur mon Itunes. Entre le carillon de "Two Grams" et les bapbap pabababa bapbap de "YWGY" en passant par le super "Where Are Your Synths?" - Dylan Khotin-Foote te livre de chouettes petits morceaux tout simples qui font un peu penser aux essais que je ferais si j'avais le matos pour, en mieux. De la digne musique de dimanche pluvieux ou de vacances chez la mi-fa. Et le mieux c'est que tu peux tout télécharger sur le bandcamp for free.

Pour finir, une belle image de Kyle:


Et j'm'en vais agrémenter le tout d'un bon petit café.

15.2.11

"95% des journalistes musicaux sont des trouducs"


Une bonne demie-heure passée avec les Thieves Like Us dans les minuscules loges (si on peut appeler cela ainsi) du Saint Ex à Bordeaux m'aura appris des choses : ils n'aiment vraiment pas les journalistes musicaux, ni la plupart des musiques que les autres font, et ont eu des problèmes d'alcool et de cleptomanie. Sinon, l'Américain Andy Grier et les Suédois Björn Berglund et Pontus Berghe sont sympathiques, donnent des indices quant à leurs futurs EP et album (après le très bon Again and Again sorti chez deBonton) et ont délivré un  set efficace quelques minutes plus tard. 

INTERVIEW THIEVES LIKE US

TEA : Vous avez dit que vous aviez commencé à jouer uniquement parce que vous n'aimiez pas ce que les autres groupes du moment faisaient. Mais vous dites aussi que maintenant, vous aimez mieux la musique qui se fait. Imaginons que vous vous étiez rencontrés il y a seulement quelques mois, le projet Thieves Like Us n'aurait jamais existé, car vous n'étiez plus frustrés ?
Andy (chant, guitare) : Sûrement oui. (rires)
Björn (claviers) : C'était une question de timing. Bien sûr qu'il y a encore des choses à faire avec la musique, mais ça a changé, les gens ont changé.
Andy : Et nous sommes plus ouverts aussi, plus tolérants.
Björn : Oui mais ça c'est parce que la musique a changé, surtout l'électro. Je pense qu'elle est utilisée de différentes façons comparé à il y a six ans quand nous avons commencé. Je pense que c'est plus mature, et plus chouette à regarder. Quand nous avons commencé, la musique électronique était vraiment vraiment stupide.
Andy : Je pense qu'il y a plus de song writing. Avant c'était le même genre de groupes d'électro débile comme Peaches, ou beaucoup d'ordinateurs portables, des gens qui ne faisaient même pas de chansons.
Björn : Et je pense que c'était pire car nous étions à Berlin.

C'est vrai que vous vous êtes rencontrés à un pique-nique à Berlin ?
Andy : Oui. Nous ne sommes pas si bizarres. C'était une sorte de pique-nique traditionnel.
C'est bucolique.
Andy : Alcoolique.

Pontus, tu as dis dans une interview pour Hartzine que « le journalisme musical est, traditionnellement, un domaine qui attire les ratés », tu peux développer ?
Pontus (batterie) : Hum, je pense que le journalisme musical n'est pas très précis, c'est un peu mou. Ils ne font pas assez d'efforts pour chroniquer un album. Tu as une phrase ici et là, ou tu as quelqu'un qui se focalise beaucoup trop sur un aspect que lui juge important, mais qui n'est pas du tout intéressant pour les autres. Le journalisme musical a toujours été mauvais, depuis trente-quarante ans. Les musiciens n'ont jamais aimé les journalistes, même si ceux-ci disent du bien d'eux. C'est comme ça. Et je pense aussi que les journalistes musicaux se sentent plus importants qu'ils ne le sont. Parce que tu n'écris pas quelque chose dans le grand livre de l'Histoire quand tu écris une chronique, mais par contre le disque sera dans ce livre de l'Histoire... s'il est bon, ou s'il est intéressant. Je pense que les journalistes sont trop sérieux par rapport à ce qu'ils font. Et ils ont une façon d'émettre des avis si rapidement en n'écoutant l'album qu'une ou deux fois... Ils sont stressés, ça reste leur métier, bien sûr, mais en tant qu'artiste, avoir quelque chose de chroniqué par quelqu'un qui n'a pas eu assez de temps pour écouter ton album comme il se doit, c'est mauvais. Bien sûr, s'il déteste ça et écoute l'album dix fois et le déteste toujours autant, bien, tu vois, au moins il sait ce qu'il dit. Mais la plupart du temps ce n'est pas comme ça.
Andy : Je ne pense pas qu'ils font assez de recherches aussi, comme la biographie du groupe, et je pense que c'est extrêmement important. Je crois que c'était dans le NME que quelqu'un a écrit que nous étions juste de riches yuppies ou un truc du genre.
Pontus : Ouais, et c'est le NME donc tu sais qu'un million de gamins vont lire ça alors que c'est totalement faux. Nous venons de familles modestes, de classe ouvrière, nous pouvons faire ce que nous faisons uniquement parce que nous travaillons dans des restaurants. Si tu veux travailler dans un restaurant, tu peux trouver du boulot n'importe où. Donc c'était vraiment surprenant, surtout qu'il l'a écrit sans aucune preuve. Mais je sais que le NME c'est de la merde, et je sais que 95% des journalistes musicaux sont des trouducs. Des trouducs même pas éduqués. Ils pensent qu'ils sont des journalistes, mais il le sont pas.

8.2.11

B-B-B-Bertie

S'appeler "TEA" suppute forcément un certain intérêt pour tout ce qui est anglais, et donc par extension pour la famille royale britannique. Il est donc tout à fait normal que Le Discours d'un Roi (The King's Speech) nous ait fait de l'oeil.

THE KING'S SPEECH
de Tom Hooper

Un film sur un monarque certes, mais qui relate un épisode bien méconnu : le bégaiement du roi-malgré-lui George VI  (pour situer le bonhomme plus clairement, c'était le père de cette chère Elizabeth II) à l'aube de la Seconde Guerre Mondiale, et comment celui-ci a réussi à être soigné grâce à un Australien spécialiste en élocution et aux méthodes peu orthodoxes, Lionel Logue. De cette histoire plutôt anecdotique, le réalisateur Tom Hooper, plutôt habitué à la télévision, arrive à tirer deux heures de pellicule où l'on ne s'ennuie même pas. 

Le Discours d'un Roi a tout du film historique classique : un traitement plutôt fidèle à la réalité passée, des costumes d'époque, des décors soignés, et une musique elle aussi des plus classiques. Et pourtant, ce film est franchement séduisant. 

Vous l'aurez deviné, cette réussite est en grande partie attribuable aux acteurs. Colin Firth, dans le rôle de B-B-B-Bertie (George VI donc) est extrêmement touchant et juste. Sa prestation n'égale certes pas celle d'A Single Man, mais justifie amplement le Golden Globe qu'il vient de recevoir. Face à lui, Geoffrey Rush campe un Lionel Logue aussi original que sympathique, un homme bienfaisant, comédien raté et super papa. Helena Bonham Carter prend un sacré coup de vieux mais fait une Reine Mère et épouse convaincante, et Guy Pearce fait très bien le frère aîné antipathique qui délaisse son pays pour une Américaine tout aussi déplaisante. Même Churchill est chouette, et ça donne un casting sans faute. Le seul bémol est peut être la représentation trop manichéenne des personnages. 

Le charme de ce long-métrage vient aussi du fait qu'il est typiquement british, sans grandes fioritures, avec un humour fin et discret, et une certaine élégance. Le genre de film qui nous fait regretter de ne pas être né de l'autre côté de la Manche. 

Les détracteurs vous diront que Le Discours d'un Roi est trop académique, qu'il est juste taillé pour les Oscars (où il est nominé pas moins de douze fois), et qu'il passe sous silence des éléments importants comme les enjeux politiques du Royaume-Uni aux portes d'un second conflit mondial et le personnage de Churchill (relégué à l'arrière plan). C'est vrai, mais le choix de Tom Hooper était de se concentrer sur le roi bègue et seulement sur celui-ci, et à ce niveau, il a vraiment réussi son coup. D'après The Sun, Lilibeth a été très touchée par ce portrait "très émouvant" de son père, elle a de quoi. 

3.2.11

Août en février



Vous vous rappelez de The Fruhstucks ? Non ? Bande de nazes, on vous avait pourtant parlé au début de l'automne 2010 de ces deux Espagnols qui faisaient de chouettes trucs planants et gagnaient à être connus. Bon, rattrapage ici

La bonne nouvelle c'est que Sutja - des Fruhstucks donc - vient de sortir un album, et ce dernier est téléchargeable gratuitement chez De Caucho. La galette s'appelle Sutja Gutiérrez Original Soundtrack et ne contient que sept morceaux qui filent à une vitesse folle. Comme une vraie BOF, on a droit à une chanson pour une scène d'amour (le très réussi "Lucy"), un moment triste ("Seven Years"), une histoire de plage ("Vacation Theme") et pour la fin ("Nobody"). La bande son d'un film estival et léger en somme. 


Sinon, pas de grande différence avec The Fruhstucks, on retrouve les voix aériennes, la spécialisation bricolage et le mélange guitares/sonorités électro. Et ça nous convient parfaitement. Le jeune bonhomme, comme une espèce de workaholic de la pop, nous avait déjà gratifiés d'un EP chez Distorted Disco Records en novembre dernier. 

Vous pouvez télécharger Sutja Gutiérrez Original Soundtrack là-bas. Bonnes vacances anticipées. 

1.2.11

La déception du sushi

C'est pas très bath de comparer un groupe à de la nourriture, et en plus j'ai déjà dû faire cette bêtise ici, mais tant pis, on recommence. Parce que Fujiya et Miyagi ça sonne fichtrement comme un nom de boustifaille japonaise quand même. Et, comme la bouffe du pays du soleil levant, le groupe m'a déçue. Tel le plateau Super Mix de chez Sushi Shop, j'en attendais énormément de Ventriloquizzing, sorti le 17 janvier dernier chez Full Time Hobby. 


FUJIYA & MIYAGI 
VENTRILOQUIZZING 

En fait, tout est de la faute d'une chanson : "Sixteen Shades Of Black & Blue". Elle est géniale, voilà son problème. Une batterie et une basse monotones à souhait au service d'une voix susurrée aussi sensuelle qu'inquiétante,  et hop, le tour est joué, bonjour le bijou. Le quatuor de Brighton (vous ne pensiez quand même pas que c'étaient deux musiciens nippons ?) en a même fait son premier single, et voilà comment je me suis retrouvée à attendre la sortie du quatrième album de Fujiya et Miyagi comme mon futur disque de chevet de ce début 2011.
"Sixteen Shades Of Black & Blue"


Sauf que voilà, ils se la sont jouée sushis : ça a l'air d'être génial, mais une fois qu'on peut enfin y goûter, on se rend compte que ce n'est pas aussi excellent qu'on l'espérait. D'accord, le titre "Ventriloquizzing" est très bien en guise d'entrée, oui "Pills" serait parfaite pour accompagner une troupe de cirque, et bien sûr que "Sixteen Shades Of Black & Blue" reste géniale, même après cinquante écoutes. Mais le reste du temps, qu'est ce qu'on s'ennuie. La voix murmurée qu'on aimait tant au premier abord devient lassante, idem pour l'instrumentalisation assez minimaliste, on finit par trouver ce Ventriloquizzing bien froid et on peine à distinguer les chansons entre elles. La musique de Fujiya et Miyagi a toujours été répétitive et dans la même veine, cela constitue aussi bien la force que la faiblesse du groupe.