L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

30.10.11

All Hallows Even

C'est bien dommage qu'Halloween n'ait pas vraiment réussi à s'implanter en France et en Suisse. L'année dernière ma petite soeur a fait le tour des maisons du lotissement et elle n'a eu des bonbons qu'à deux adresses, et encore, c'étaient des Krema. Une preuve parmi d'autres qu'ici, Halloween c'est la dèche. Malheureusement, nous n'avons pas eu notre carte verte à temps pour aller fêter dignement ça aux Etats-Unis. Nous allons nous contenter de ce que l'on a, et célébrer Halloween par cette playlist.

 

☾ ✦ ☠ ✦ ☽

Black Sabbath - Black Sabbath
Thunderclaps - The Horrors
Zombie Shark - Geneva Jacuzzi
Der Raüber Une Der Prinz - D.A.F.
Jack The Ripper - Screaming Lord Sutch
Panic - Animal Collective
Falling - Julee Cruise
The Wizard - Bat For Lashes
Trick Or Treatz - Metronomy
Driving This Road Until Death Sets You Free - Zombie Zombie
Circles - The Soft Moon
Cannibal Song - Ministry
Witch - The Sonics
Nordatlantik - Pyrolator 
A Ghost Story - Atlas Sound
Miss Black - Ladytron
Try To Make Yourself A Work Of Art - Julia Holter
Crazy Clown Time - David Lynch

Si jamais vous la voulez, demandez-la gentiment et on pourra la mettre sur mediafire.

26.10.11

On a failli interviewer S.C.U.M

En presque une cinquantaine d'interviews, il ne m'est presque jamais arrivé un pépin. Si on excepte cet entretien de Violens impossible à retranscrire à cause de tout le boucan qu'il y avait autour, ou encore cette fois où je devais interviewer Florence & The Machine à l'hôtel mais je ne savais pas quel était son fichu hôtel à Nantes, enfin au final ce n'était pas très grave parce que je ne l'aimais pas trop cette rousse. Bref, on peut considérer à peu de choses près que j'avais fait un sans faute depuis trois ans. Jusqu'à la date fatidique du jeudi 20 octobre 2011, où il m'est arrivé une histoire vraiment pas cool.   

Je devais interviewer pour TEA le groupe anglais  S.C.U.M à l'Heretic, une cave qu'on aime bien à Bordeaux. J'étais assez contente parce que le groupe m'avait beaucoup impressionnée en 2008 avec leur single "Visions Arise" à la composition minimaliste et à la voix d'outre tombe. Depuis je l'avais totalement oublié il est vrai, jusqu'à ce que la bande sorte en septembre dernier son tout premier album, Again Into Eyes.
L'interview avait été calée via l'agence de promo qui s'occupe des sorties du label Mute où S.C.U.M est signé, super. Le soir S, je me pointe à l'Heretic armée de mon dictaphone, mon carnet, et mon appareil photo, prête à poser mes petites questions à Thomas Cohen et sa bande.  Sauf que là, pour la première fois de ma courte "carrière" amateur, il y a eu un hic. Impossible de rentrer dans la salle. Une femme d'une trentaine d'années, l'organisatrice de la soirée (de l'association Organ'Phantom, autant balancer) refuse de me laisser passer la porte. Je ne suis pas sur la liste. J'explique sereine qu'il y a dû avoir une erreur et que je peux prouver sans problème en montrant mes mails que mon interview est bien programmée. Non, ça ne se passe pas comme ça. La femme m'explique qu'elle travaille avec les labels, les tourneurs, les managers, et que si il y a eu une erreur, c'est de la faute de l'agence promo et que la seule chose qu'il me reste à faire est d'envoyer un mail pour dire au mec qu'il a mal fait son travail. J'ai beau lui dire que je m'en fous, que je veux juste aller interviewer le groupe, que j'ai travaillé pour ça, mais ça ne sert à rien. Au final, après quinze minutes de débat (dont cinq où la fille m'a ignorée et a préféré parler à des amis qui passaient, en rajoutant quelques noms sur la fameuse liste si des potes lui demandaient), on m'a plus ou moins dit qu'on en avait rien à battre de mon blog, et je n'ai pas eu d'autre choix que d'abandonner. J'étais vénère. Après enquête, il semblerait qu'il y ait eu un problème entre Mute et le tour manager, et je garde une énorme rancune pour la fille de Organ'Phantom et son zèle incroyable.

J'ai quand même décidé de poser mes questions pour S.C.U.M, mais puisque je n'ai pas pu avoir le groupe, j'ai demandé à Marie, docteur ès East London et qui frôle parfois les spécimens, d'imaginer les réponses que Thomas Cohen, le leader un peu mégalo, aurait pu sortir. 


TEA : Je n'ai aucune idée de l'impact de la sortie de votre album au Royaume-Uni, vous avez eu une bonne couverture médiatique ? Les gens sont contents de votre boulot ? 
Thomas : Quand tu parles du Royaume-Uni, je suppose que tu veux dire l'Est de Londres? 
Non, pas vraim... 
Non parce que tu vois, ça me fait plaisir que tu me poses cette question - notre album marche vraiment bien ici. Tout Shoreditch ne parle que de ça, toutes les boutiques vintage de Brick Lane le passent en boucle, Vice l'a mentioné à plusieurs reprises... C'est vraiment la folie ! Les gens m'arrêtent dans la rue à Dalston pour me féliciter, j'arrive à peine à y croire. Quoique, maintenant que j'y pense, on le merite vraiment, parce qu'on est quand même super bons. 

23.10.11

"Même ma Grand-Mère écrit sur TEA"

Pour la première fois dans l'histoire des Tisanes de Mamie, nous avons demandé à une vraie Grand-Maman d'écrire sur une musique qui lui tient à coeur. La preuve que même les plus âgés peuvent s'enflammer pour une oeuvre. Après avoir reçu le premier texte par mail (tu peux pas test la Mamie 2.0) on a failli faire une longue intro sur l'enrichissement réciproque que procure un échange inter-générationnel, puis on s'est dit qu'on préférait vous épargner et laisser directement la parole à ma petite grand-maman Catherine. Bonjour Catherine.


LE ROI DAVID DE ARTHUR HONEGGER ET RENE MORAX

J’ai choisi de vous présenter Le Roi David, un oratorio (drame lyrique traitant d’un sujet religieux). J’ai eu la chance autrefois de chanter cette œuvre dans une chorale et j’ai appris ainsi à la connaître, elle m’a plu énormément. J’ai toujours autant de joie à l’écouter aujourd’hui. Et puis j’ai participé à la présentation de cette œuvre par le chef d’orchestre qui l’ a dirigée en concert l’an dernier.

Connaissez-vous Arthur Honegger ? En Suisse a souvent dans les mains son portrait qui figure sur les billets de banque de 20.- frs. De famille suisse, il a pourtant vécu en France dans la 1ère moitié du 20ème siècle. René Morax, lui, est directeur de théâtre et écrivain. L’oratorio, aussi nommé Psaume symphonique, a été écrit et composé en 1921 et la 1ère représentation a eu lieu la même année. Un psaume est une prière poétique. La pièce est populaire, le langage musical est harmonique et très expressif. L’œuvre est composée pour un orchestre de 17 instruments (essentiellement cuivres et percussions, plus un piano, un harmonium et un celesta) et un chœur d’une centaine de personnes.

20.10.11

Chapeaux ronds

Faut-il encore présenter les Transmusicales de Rennes ? Pas vraiment, car en 33 éditions déjà, l'évènement a réussi à se poser comme le plus important festival de découverte de France. Et peut être d'un peu plus mais je manque de statistiques là malheureusement. Pour vous convaincre si vous êtes un sceptique un peu chiant, regardez donc cette liste incroyable des groupes qui y ont déjà joué et reconnaissez votre erreur. Comme tous les ans, on passe un temps fou à potasser la programmation puisqu'on ne connait quasi aucun nom. J'ai sélectionné neuf groupes et les ai mis en désordre dans une playlist. Ecoutez donc ça en réservant votre premier weekend de décembre.



N'allez pas mettre Splash Wave dans la même case que tous ces jeunes groupes qui viennent de se mettre aux 80's et à la synth-pop. Le duo rennais est un cas à part, poussant la nostalgie à l'extrême en ne jouant que sur du matériel d'époque, chantant au vocoder, et enregistrant ses clips via des cassettes VHS pour faire plus authentique. Il ne manque que les palmiers.
Le vendredi au Parc Expo, il y a deux lives de groupes anglais assez mystérieux à surveiller absolument : Breton (à cause d'André), un  collectif qui bâtit dans son étrange local appelé Bretonlabs une musique particulière à base d'électro, de rock et de hip hop; et le trio Factory Floor, au post punk industriel tantôt hypnotisant tantôt ennuyeux. On avait pu les voir il y a deux ans en première partie des Horrors, mais cette fois-ci promis, nous serons plus disposés à apprécier leur set. 
Jesus Christ Fashion Barbe ou le nom le plus lol de ses Trans 2011 ? Sûrement, mais les Caennais (c'est comme ça qu'on dit, c'est pas très beau) n'ont pas été repérés juste pour cela,  leurs compositions ne sont certes pas forcément très novatrices, mais c'est quand même de la pop gentille et entraînante. Un peu comme Kakkmaddafakka, la formation Norvégienne produite par Erlend Oye qui buzze, qui buzze. 
Ne vous fiez pas trop au titre d'Hospital Ships de la playlist, la plupart de ses morceaux sont beaucoup plus mignons. C'est bien pour ça qu'il a rejoint Kütüfolk -le label Clermontois sera d'ailleurs à l'honneur pendant tout le festival à l'Aire Libre. En parlant de folk, à la Cité joueront Haight Ashbury et leurs voix de fifilles cromimi de Glasgow.
Fifty Miles From Vancouver sont de gros mythos. Ils vivent à beaucoup plus de 50 miles de l'Amérique du Nord, puisqu'ils sont rennais, et leur musique n'a rien qui sonne cabane au Canada. Heureusement pour eux, ils font du shoegaze pop bien rôdé.
Au début on croirait à une blague, ce vieil Iranien programmé au Parc Expo. Et puis en fait, on écoute Kourosh Yaghmaei et se rend compte que c'est plutôt pas mal et surtout étonnamment moderne pour une musique qui date des années 1970, même si ça reste un peu kitsch. Ce sera son premier concert hors d'Iran ever, alors ne serait-ce que par curiosité, il faudra aller voir ça. 

17.10.11

"Try to make yourself a work of art"

Julia Holter
Tragedy

Dans Hippolyte, tragédie du grec Euripide, la déesse Aphrodite est furieuse qu'Hippolyte,  le fils du roi Thésée, dédaigne l'amour, les femmes et surtout son pouvoir. Pour se venger, elle décide de rendre Phèdre, la femme de Thésée, folle amoureuse de son beau-fils. Évidemment le dénouement est malheureux, la reine se tue, Hippolyte trouve la mort à cause d'un malentendu avec son père et Thésée reste tout seul pour pleurer. La terrible fatalité à laquelle se heurtent les personnages à cause de la volonté seule d'Aphrodite a fasciné l'artiste Julia Holter et l'a inspirée pour son premier album, le bien intitulé Tragedy

La référence n'est pas forcément évidente à l'écoute du disque mais il est de toute manière difficile de comprendre toutes les idées de Julia Holter. Née à Los Angeles, elle a étudié la musique électronique au fameux California Institute of the Arts. Depuis elle a fait des choses assez conceptuelles, comme par exemple le projet JJ, où elle mêle chaque mois une musique de son cru avec une vidéo de l'Allemande Jana Papenbroock, ou encore son travail de reprises de chansons étrangères où elle traduit en anglais à partir de la phonétique et des intonations des textes de langues dont elle ignore tout. Elle a aussi enregistré sous le nom Nite Jewelia un morceau avec la chanteuse de Nite Jewel dont les garçons sont amoureux, Ramona Gonzalez. Julia Holter avait certes déjà fait quelques cassettes, mais Tragedy,  sorti chez Leaving Records, est un projet de plus grande ampleur encore.

Cet album  est extrêmement singulier, la jeune femme y mêlant des sonorités électroniques avec des instruments classiques ou de musique du monde. L'exemple parfait tient en un seul titre - le meilleur du disque d'ailleurs - "Try To Make Yourself A Work Of Art". 

C'est beau et inquiétant à la fois. L'"Introduction" de Tragedy fait même vraiment peur, avec ces bruits étranges et variés (le vent qui souffle, des craquements, brr). La plupart des morceaux durent plus de sept minutes et sont en majorité des instru/expérimentaux, ce qui fait que l'on voit plus en Tragedy une bande originale qu'un disque avec des chansons commercialisables, si l'on excepte "Try To Make Yourself A Work Of Art" et le presque léger "Goddess Eyes", où la voix de Julia Holter se fait plus claire et charmante. "Interlude" est quant à lui une vraie musique de chambre. 
Au final, on a là un objet totalement étrange et qui, honnêtement, ne ressemble à rien. L'album est déroutant et pas forcément accessible au premier abord, mais il n'appelle qu'à une étude plus prolongée pour en apprécier les beautés. Et il a au moins le mérite d'apporter de la nouveauté dans le paysage musical actuel.

"Goddess Eyes" 

15.10.11

"Je suis né de la musique"


For Noise 2011, le cul dans l'herbe, nous observons tranquillement les passants en sirotant une bière lorsque Luz nous aborde. Une année s'est écoulée depuis notre première rencontre. Entre temps, il a changé de lunettes et arbore un tatouage de panda tout frais sur l'avant bras. A peine le temps de fixer un rendez-vous-interview au lendemain, il disparait aussi sec dans la mêlée. Un nouveau concert commence, il est temps pour le dessinateur moustachu de dégainer son carnet et son stylo.

INTERVIEW LUZ

Mise en images de la musique.
Luz (ou Renald Luzier) est surtout connu comme caricaturiste de longue date chez Charlie Hebdo. Mais depuis quelques années, ce grand amoureux de musique fait aussi des dessins de concerts. Il s'agit pour lui de traduire au plus près les sensations éprouvées lors d'un live. D'une pierre deux coups, la démarche lui permet également de questionner sa relation à la musique : comment figer l'instant du concert? Quelle est cette partie de moi-même qui vibre de la musique? Comment se positionner face à chaque morceaux qui apparait avant de s'évanouir à jamais? Quel sens a la musique aujourd'hui? Les questions fusent et l'entretien se transforme peu à peu en un passionnant monologue, duquel on ressort lessivées. Et pour cause: le bonhomme a eu près de quarante piges pour réfléchir à tort et à travers - et tout en buvant ses paroles comme celles du messie (ou peu s'en faut), nous espérons avoir autant de trucs à dire dans vingt ans.


Bref, pour commencer l'interview, on s'est dit qu'on allait mesurer notre talent (inexistant) en dessin à celui du maître en le mettant face à des portraits gribouillés pendant le trajet de bus en venant. Ca l'a beaucoup fait marrer mais il a quand même corrigé le tir en se dessinant lui-même, dubitatif, face à ces versions simplistes (et amincies) de lui-même. Notre tentative illustre au final assez bien la difficulté de saisir une personne en quelques traits. Dans ce cas, comment tirer le portrait d'un phénomène aussi immatériel que la musique?

10.10.11

8 pistes

C'est nouveau, c'est frais: la TEAm a désormais son compte 8tracks! Du coup, à défaut d'enregistrer nos propres compos à fendre l'âme sur un vieux 8 pistes, on va se fendre régulièrement d'une playlist de (au moins) 8 morceaux en essayant à chaque fois de se tenir à un thème (à peu près) cohérent. Et comme on aime également utiliser nos petites mains, l'illustration sera maison: photo ou tracklist aux crayons de couleurs selon l'humeur.

8tracks #1


Pour une première, j'aurais pu faire un playlist "spécial début" mais Rookie l'a déjà faite (ainsi que la tracklist au feutre, vous l'aurez remarqué). A défaut, j'ai pensé faire une playlist que j'aurais envie d'écouter le matin en me levant. Un ensemble de morceaux lumineux et un peu cotonneux pour sortir doucement du lit. Mais quand je m'y suis mise, il était déjà trop tard. Du coup, c'est un 8track de lundi soir gris les yeux plombés que j'ai concocté. Avec de la musique de chez Born Bad et des morceaux de suisse, un bout d'Unknown Mortal Orchestra et un intermède kraut pour sourire un peu tellement c'est joli et pur.  L'ensemble s'appelle "Les Cernes" en l'honneur des paquets bleu-vert sous mes yeux et il finit sur une note positive, histoire de mettre un peu de coton et de douce lumière dans ma nuit, aussi.

Tracklist


"New Song" - Chaise Rouge
"Relax" - Frustration
"Happiness" - Cheveu
"Intermission" - Kraftwek
"Fighting Love" - The Awkwards
"Thought Ballune" - Unknown Mortal Orchestra
"Naom Chomsky Spingbreak" - Department of Eagles
"Soul Reggae" - Pat V & the Pat V's

7.10.11

"I wish that every time he touched me left a mark"

Elle n'a pas la carrure fragile d'une chanteuse mignonne qu'on prendrait dans ses bras, et sûrement qu'elle s'en fout. Erika M. Anderson n'est pas là pour papillonner des cils, au contraire, elle flanquerait plutôt des baffes. De bonnes grosses claques pleines de hargne et de sueur tout en réglant ses comptes avec des paroles bien senties et une fougue punk de cave sombre. Vue et appréciée au Bad Bonn vendredi passé. Écoutée et aimée sur son premier opus solo Past Life Martyred Saints, EMA ne nous laisse pas indifférentes. Et peut-être bien qu'elle s'imprime insidieusement en nous. Comme elle le chante si bien: "I Wish That Every Time He Touched Me Left A Mark". 

EMA
Past Life Martyred Saints 
@Bad Bonn 30/09/11

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Certes, hors contexte, certaines paroles font un peu emo ("I'm just 22; I don't mind dying"). Mais lorsque les morceaux sont pris comme un tout, comme il se doit, la tension des phrases d'EMA colle parfaitement à l'atmosphère générale de son album. Tour à tour brutal presque crado ("Butterfly Knife", "Milkman") puis lent ("The Grey Ship") puis quasi parlé ("Marked") puis torturé et lancinant, Past Life Martyred Saints mue sans s'égarer. Ca lui a valu une bonne note p4k et des tas d'éloges. De notre côté, on apprécie surtout la sincérité de la meuf. Et peut-être même qu'on l'envie un peu: après avoir été bien déçue par les rêves qu'elle projetait sur la Californie, elle se venge d'un bien senti "Fuck California". C'est sûrement un bon argument marketing mais soyons francs: tout le monde ne peut pas se targuer de régler ses comptes d'aussi belle (et tubesque) façon. Fuck le mirage évaporé du rêve américain? Ouais, c'est ça, fuck la vie. Et paf, dans ta face.


5.10.11

Les clips sauce Nuoc Nam

Plutôt que vous envoyer une carte postale de la baie d'Along - en passant, c'est vraiment très joli- j'ai préféré vous faire un petit topo sur le florilège de clips que j'ai pu voir à la télévision en m'écroulant dans des hôtels vietnamiens cet été. 

Déjà, il faut savoir que le mythe de la télévision totalement contrôlée par l'état n'est plus. Maintenant, n'importe qui a un bouquet de chaînes assez conséquent au Vietnam (beaucoup viennent de Hong Kong, Taïwan et compagnie d'ailleurs). Il y a même Spiderman qui passe avec un doublage par dessus les voix d'origine, et une seule personne dit toutes les répliques quel que soit le sexe du personnage, ça n'a aucun rapport avec mon propos mais je voulais le dire. Donc là-bas, ils ont des chaînes musicales où ils passent des vidéos qu'on voit à peine tellement elles sont cachées par des publicités pour des sonneries de téléphone, mais on en distingue tout de même assez pour remarquer à quel point les clips vietnamiens (ils ne passent que des chansons du pays) sont fascinants. 

En fait, toutes les vidéos se ressemblent, si bien qu'on peut faire un modèle type du clip sauce Nuoc Nam. Pour faire un bon clip, il vous faut un chanteur (ou plus rarement une chanteuse) qui est triste parce qu'il est séparé de l'être aimé, à cause d'une rupture ou, plus dramatique, un accident de voiture. On a donc le mec qui pleure une fille (toujours beaucoup plus jolie que lui) dans des endroits censés être jolis (une maison d'architecte, les bords d'une rivière, de grands bâtiments modernes...) et surtout, des flashbacks abusifs montrant à quel point leur relation amoureuse était exceptionnelle et comme le couple était heureux. Le tout avec un régiment de clichés. Les Vietnamiens sont des êtres sensibles, il y en a même qui vont jusqu'à pleurer dans les vidéos. Pour ce qui est des chansons, puisque c'est un clip musical quand même, c'est plus ou moins toujours pareil : des complaintes en vietnamien, avec une voix et une instrumentalisation rappelant les latin lovers d'il y a longtemps, et parfois une production comme celles de Timbaland, mais en version bien plus cheapos. Les morceaux durent beaucoup trop longtemps et c'est assez irritant. Heureusement qu'il y a l'image pour compenser. Parmi les innombrables clips de la sorte, je peux vous proposer celui-ci :

3.10.11

O Geoffrey!

Geoffrey O'Connor
Vanity Is Forever

On aurait pu mettre un super mauvais jeu de mots digne d'un correspondant Ouest France en Maine et Loire en guise de titre à cet article, quelque chose comme "L'album le plus classe de la rentrée", mais ça n'aurait pas du tout collé avec l'ambiance du premier disque de Geoffrey O'Connor, beaucoup trop distingué pour cela.

Peut être connaissiez vous déjà  Crayon Fields (moi non), c'est un groupe Australien de pop toute mignonne et pas mauvaise dont Geoffrey O'Connor est le discret frontman. Le jeune homme s'était déjà échappé de la formation le temps du projet Sly Hats il y a quelques années. Mais son chef d'oeuvre, Vanity Is Forever, c'est bien sous son vrai nom qu'il le signe.

Le coup de foudre est immédiat, il suffit d'écouter une fois le single "Whatever Leads Me To You" (et on ne parle même pas du clip)  pour tomber amoureuse de la  douce voix de Geoffrey, habillée par des synthétiseurs 80's et une ligne de basse qui donne des frissons et crie au mode repeat. Sans parler des arrangements complexes et parfaitement réglés. Parce qu'il est comme ça le garçon, c'est un perfectionniste. Il a même pris deux ans pour réaliser Vanity Is Forever. Encore plus fort, quand l'album de Sly Hats, Liquorice Nights, est sorti, il proposait régulièrement en téléchargement de nouvelles versions des chansons, pour être sûr d'offrir au public exactement ce qu'il voulait faire de ses morceaux. Cette rigueur, cette perpétuelle volonté de tout vouloir contrôler, n'enlève rien à l'apparente légèreté de Vanity Is Forever, qui s'écoute sans fin.