L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

11.10.09

"Le plus grand sauna de l'ouest"


PONY PONY RUN RUN + THE POPOPOPOPS
@ LE CHABADA, ANGERS
08/10/09


Pour une fois qu'il y avait un tube de l'été écoutable. Loin des clips avec des filles en string dansant autour d'un rappeur à chaînes bling bling. Pour une fois que ce n'était pas le énième morceau d'un DJ qui nous ressortait la même formule tous les ans. Pour une fois qu'on aimait un tube de l'été. "Hey You" était une bonne surprise, un titre addictif qui propulsait soudainement un groupe local (puisque de Nantes et d'Angers). Peut être que les radios et télés ont un peu trop abusé de ce titre, et certains ont fini par saturer. Mais pas tout le monde, puisque Pony Pony Run Run a réussi à remplir tout un Chabada, ce jeudi 8 octobre.

A concert pas comme les autres (oui parce que remplir le Chabada alors qu'on n'a qu'un album peut relever de l'exploit), public pas comme les autres. Papa et Maman ont même autorisé leurs collégiens d'enfants à sortir en semaine. Hé oui, "Hey You" a fait énormément d'émules chez les préados. Mais pas que, puisque Papa et Maman aussi vont au concert, tiens, comme ça le public est très très varié. "Hey You", tube intergénérationnel ?

Ce sont les Popopopops (qui viennent tout juste de remporter le concours CQFD) qui se chargent de la première partie, avec leur âge moyen proche de celui du public. Une salle pleine ? Même pas peur apparemment. Ils arrivent même (miracle pour ceux qui sont habitués des concerts à Angers) à se mettre dans la poche toute l'assistance en un temps record. Le secret ? Sûrement leurs chansons pop efficaces, leur aisance scénique, leur insolente jeunesse, et leur chanteur (pour avoir entendu maintes fois tout autour "Haaaaaaan Victooooor"). En trente-cinq minutes, ils nous ont tous convaincus que le concours CQFD, ils le méritaient, sans contestation possible. Pour une fois qu'une première partie fait l'unanimité; forts, ces Rennais.

Ce premier bon concert fini, les collégiens (je suis de mauvaise foi, ils n'étaient pas TOUS au collège, pardon) restent debout à leur poste pour avoir une bonne place pour les Poneys qui passent dans trois quarts d'heures. Nous sommes prévenus de leur arrivée par des cris qui nous renseignent bien sur ce que va être l'ambiance du set. Dingue. Ici, c'est clair, pas besoin de séduire la salle : avant le premier accord, elle est déjà conquise. Voilà une photo pour vous illustrer la difficulté rencontrée par la photographe, alors que la fosse était en délire même pour la première chanson du set :
Il y a de quoi remuer du derrière, c'est vrai. Les titres de l'album You Need Pony Pony Run Run sont tous plus efficaces les uns que les autres (une préférence pour "First Date Mullet"). Évidement, une salle complète et qui en plus saute et danse, ça fait vite chaud. Le grand chanteur maigre caché derrière ses lunettes noires ne manquera pas de le rappeler : "Y a pas de clim à Angers ?", "Bienvenus dans le plus grand sauna de l'ouest !". La chaleur est tropicale : le chanteur doit essuyer sa guitare avec une serviette, et vers la seconde moitié du concert mon appareil photo devient inutilisable tant il y a de buée sur l'objectif. Enfin, en dernière chanson, le voici le voilà, le tube : "Hey You". Nous présagions -à raison- à un pogo général, mais en fait non. Dès les premières mesures, toute la salle chante en choeur : "Take my time today/It's not an easy game..." et tend les mains vers la scène, comme un gros câlin virtuel destiné au groupe. Ah, les pouvoirs de la musique, c'est beau.
Après un tel concert, évidement, les PPRR auront un rappel rappel (un double rappel pour un double poney qui court par deux fois), c'était bien tout ce qu'ils méritaient.

Il est onze heures passées, dans les toilettes des filles, les collégiennes se recoiffent sous un même cri : "Haaaaann il est trop beau Victoooooor" (et nous de penser : "si tu voyais l'allure de son caleçon ma p'tite..."), en sortant, autour d'une table, tout un attroupement. On peut à peine distinguer l'objet de ce rassemblement : le chanteur des PPRR en dédicace : "Regarde ce qu'il m'a écrit ! Et toi il t'as mis quoiiii ?" Dehors, les habitués du Chabada n'en reviennent toujours pas de l'ambiance qu'il y a eu. Finalement, tout le monde est content de cette soirée.
Angers, Nantes, Rennes... c'est beau l'ouest.