Les albums de The Soft Moon mettent tellement tout le monde d'accord que les médias se pressent pour rencontrer le Californien (encore un) Luis Vasquez. Du coup, les interviews, ça le connait. Il en a fait une vingtaine rien que lors de son dernier passage à Paris. Alors quand je l'ai retrouvé quelques jours plus tard à Bruxelles, il était hyper bien rôdé. Le garçon qui fait danser la mort est très courtois, c'est bien. Mais il t'expédie toutes les questions en onze minutes chrono quand on est habitué à faire des interviews qui durent plutôt une demie heure. Frustrant : il m'a eue. Mais comme il est concis, au final, il a facilité mon travail. Et s'est quand même dévoilé. Vous apprendrez plus bas que Luis Vasquez n'est pas du tout en paix avec soi-même, qu'il croit que la musique est une force supérieure le contrôlant, et qu'il adore Catherine Ribeiro, ce qui prouve qu'il ne va pas très bien.
INTERVIEW THE SOFT MOON
TEA : Il paraît que quand tu veux te mettre à composer, tu commences toujours par aller faire un tour au magasin pour t'acheter de l'alcool, c'est vrai ?
Luis Vasquez : Parfois oui. Quand je veux être plus courageux ou plus émotif. Ça m'aide à me sentir plus profond. Et puis c'est drôle.
Et tu le fais souvent ?
Hmm. Ouais, assez. Je pense que c'est une tradition dans la musique de toute façon, quand tu es dans un groupe et que tu répètes.
Oui, mais toi tu n'es pas dans un groupe, tu le fais tout seul.
Ouais, ça fait un peu alcoolique (rires). C'est triste.
J'ai lu que tu pensais que ton album serait moins sombre et moins violent que le précédent, tu as vraiment l'impression d'avoir réussi ?
En fait non, je pense que c'est encore plus intense, plus puissant et plus dans l'émotion. C'est parce que je laisse les choses se produire naturellement. Avec l'album, je n'ai pas vraiment exercé de contrôle, j'ai juste laissé les choses venir.
C'est comme si ce n'était pas toi qui contrôlait la musique, mais la musique qui te contrôlait.
Oui, exactement.
C'est pas un peu effrayant ?
Hmm. Ouais, non. Je ne pense pas que ce soit effrayant. Je pense que c'est bizarre, d'écrire de la musique et ensuite penser "Qui a écrit ça ? Je n'ai pas fait cette chanson, quelqu'un d'autre l'a fait." C'est comme si quelque chose d'autre contrôlait ma tête. C'est très accidentel. Chaque chanson est une photographie qui capture un moment, c'est très spontané. Je ne décide rien à l'avance.
