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16.3.12

"Mon grand père il a joué aux Girondins de Bordeaux"


 M83 + PORCELAIN RAFT 
@Rocher de Palmer, Bordeaux, 14/03/12

On n'a pas vraiment compris pourquoi, mais l'annonce, en automne dernier, de la venue de M83 à Bordeaux a rendu tout le monde dingue. A tel point que ça a été très vite archi-complet et que l'I.Boat, qui organisait le concert, a dû déménager la soirée au Rocher de Palmer, histoire que tout le monde rentre dedans. C'était une bonne idée parce que même là-bas, les places sont toutes parties, alors que la capacité de la salle est de 1200 personnes, quand même. Putain, y a vraiment 1200 Bordelais qui veulent voir M83 ? 

Evidemment, je suis arrivée en retard. Mais il y a une excuse valable : le Rocher de Palmer est à Cenon, c'est à dire rive droite, et il faut se préparer psychologiquement avant d'y aller. Passer sur la rive droite est l'équivalent bordelais d'aller de l'autre côté du périphérique à Paris, sauf que c'est moins compliqué parce qu'il y a juste la Garonne à traverser et un tramway est là pour ça, mais le coût humain est le même. Du coup je n'ai vu que les trois dernières chansons de Porcelain Raft qui faisait la première partie. Mauro Remiddi est un italien basé à New York qui a déjà vécu mille vies avant de sortir un premier album de dream pop pas mal foutue cette année. Si le jeu de scène du dandy n'est pas folichon, c'est tout de même très agréable à écouter. Mention spéciale au tubesque "Unless You Speak From Your Heart". 

Le changement de plateau est l'occasion de remarquer que le public au Rocher de Palmer n'est pas celui que l'on a l'habitude de croiser dans les caves bordelaises. Il y a fort à parier même que pour la plupart des personnes ici, c'est le premier concert de leur vie. Ca explique pourquoi j'ai pu entendre autour de moi "Oh je suppose qu'un concert ça dure environ deux heures" et "C'est qui les mecs sur scène là ?" - des techniciens ducon. Un nombre important de bolosses constitue le public, ils crient pour un rien et filment tout avec leur smartphone. "Midnight City" passe sur Virgin Radio, la voilà l'explication des 1200 personnes pour un groupe comme M83. 

13.4.11

Comment j'en suis arrivée à être en manque de hipsters

GAROROCK 2011 

Que les choses soient bien claires avant que je me fasse virtuellement lyncher par une horde de roots et un gang de teenagers : 
1. Non je ne suis pas une grande chochotte, j'ai déjà fait pas mal de festivals et donc de campings, je suis habituée à dormir par terre, à mal manger, à attendre des heures pour pouvoir prendre une douche dans une cabine qui ne ferme pas, etc. Et généralement, je le vis plutôt bien. 
2. Non je ne suis pas une connasse intolérante, par exemple, j'aime bien Sean Paul en soirée. C'est dire mon ouverture d'esprit. 
3. Non je ne suis pas une vieille aigrie de 30 ans qui ne sait pas s'amuser. Et je n'ai même pas envie de justifier cette déclaration tiens. 

Voilà, ces petites précisions faites, nous pouvons commencer. Ce weekend, je suis allée à Garorock, un festival à Marmande, à une heure de Bordeaux, dans ce bled paumé (20 000 habitants, ok) du Lot-et-Garonne, qui est un peu la Mayenne du sud ouest. J'étais plutôt contente parce que je n'avais pas fait de festival depuis fin août, et puis j'étais accréditée, et la programmation, quoique pas sensationnelle, avait quand même quelques noms sympas. On m'avait bien dit quand même qu'il y avait plein de dreadeux là-bas, que c'était une ambiance assez malsaine (attention je n'ai pas dit que c'était de la faute des dreadeux susmentionnés, ils se retrouvent juste dans la même phrase), et que tous les ans, des gens se faisaient voler des affaires, mais que cette année le camping était payant et plus surveillé normalement. Mais moi j'y allais pleine de bonne volonté. Bon, un peu en touriste étant donné que j'avais à peine potassé la programmation, néanmoins, je n'allais pas à reculons à Marmande, non non.

En sortant de l'autoroute, nous nous sommes faits contrôler par la police. Mit Alcotest et surtout Hund qui te renifle pour voir si tu n'es pas un camé. Ca annonçait la couleur. Lecteur, comme tu peux le voir, je suis une fille sage, je ne me suis pas fait arrêtée. Bref, on s'installe au camping, il fait gavé chaud, tous les spots avec des arbres sont pris... un festival comme j'ai pu en voir ailleurs. Personne ou presque ne se lève le derrière pour aller au festival vers 17h, tout le monde préfère prendre l'apéro, ça aussi ce n'est pas exceptionnel. Il y a un stand sauvage qui s'appelle "prévention drogues" mais la nappe est en poils jaunes, les flyers ont une écriture trop psyché et il y a deux petites filles à côté. Ca c'est moins normal. En quelques heures, j'ai pu découvrir la faune de Garorock, que j'ai décidé de partager en trois catégories :
-Les roots
Population majoritaire du festival, ils sont super équipés niveau campement. Les plus forts ont un hamac. Ils commencent à fumer de l'illicite dès le petit déjeuner et on se demande comment ils arrivent à trouver la navette pour aller voir des concerts. C'est à cause d'eux que tu ne peux pas faire vingt pas tranquilou sans sentir une vague odeur de Marie Jeanne. Le bon côté de la chose, c'est que ça les rend super accueillants. Le mauvais côté, c'est qu'ils peuvent aussi être super teubés. Mais le pire dans les roots, c'est qu'ils arrivent, par la force de je ne sais quel esprit, à être encore en forme en rentrant à quatre heures du mat pour continuer la fête et passer du vieux reggae. Je déteste le reggae. Je n'aurais jamais dû aller à Garorock. Ce sont aussi les roots qui te réveillent à 9h, toujours en musique.