La Femme
Psycho Tropical Berlin
On suit La Femme de plus ou moins loin depuis un moment. Vous auriez dû nous voir à l'époque, fin 2010 / début 2011 avec les copains à Bordeaux, danser comme des fous furieux sur leurs chansons. Les concerts de La Femme, à ce moment là, étaient ce que l'on pouvait trouver de mieux dans la jeune scène française, sincèrement. Leur premier EP, et plus particulièrement le single "Sur La Planche" affolait tout le monde, tant et si bien que notre interview du groupe est l'article le plus lu jamais posté sur ce site.
Et puis le soufflé est retombé, comme ça, sans prévenir. Leurs concerts avaient beau être dans des salles plus grandes, c'était bondé et on ne pouvait plus bouger. Les rares nouveaux morceaux que le groupe sortait étaient décevants, et l'album qui devait à la base sortir en 2011 (du moins c'était l'idée), n'arrivait toujours pas. On a fini par ne plus rien attendre de La Femme, repensant de temps en temps avec nostalgie aux petits mois de folie douce où elle nous faisait tellement transpirer dans les caves qu'on finissait sans tee shirt.
Quand lundi, enfin, le premier album (Psycho Tropical Berlin - un nom qui tournait déjà sur leur myspace depuis des mois) est sorti, on l'a plus écouté par curiosité qu'autre chose. Et merde. C'est plutôt un bon disque, avec certains morceaux très très réussis. Par décence, on se retient de paraphraser Julien Clerc et de dire "Femme, je vous aime", mais vous voyez un peu l'état d'esprit.
Alors il y a cette histoire de signature chez Barclay, oui. C'est vrai que ça fait tâche de sortir sur une major de la part d'un groupe qui prônait il n'y a pas si longtemps de ça sa volonté d'indépendance totale et son fonctionnement entièrement basé sur le DYI. Mais prenons un peu de recul et soyons honnêtes. Est-ce vraiment raisonnable de blâmer un groupe qui vient de faire un coup magistral en sortant sur un très gros label, empochant sûrement une coquette somme d'argent (on les sait durs en affaires) et gagnant aussi la possibilité de conquérir un public bien plus énorme tout en conservant ses chansons composées depuis déjà belle lurette ? Non. On peut juste les féliciter d'avoir tout compris au système, en se faisant désirer comme il faut pour ensuite signer un contrat à la hauteur de leurs ambitions - qu'on imagine titanesques. Et puis pour la caution plus underground, on notera que le vinyle sort chez Born Bad et que la pochette est signée Elzo Durt.

