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17.8.10

[GUEST 7] CECIDOMYIIDAE

[Guest: Lorenzo Papace]

CECIDOMYIIDAE

Nous mangeons notre mère, creusons son abdomen.
Femelles nous naissons, nos enfants nous remplacent
Femelles elles donneront, piétinant nos carcasses.
En trois générations, nous voici des centaines.

L'excès de nourriture nous lance dans le futur.
Moisissures, champignons, au temps de l'épiaison,
Cécidies, maladies, sont nos occupations.
Dévorer à tout prix et mourir immature.

Quand on a tout bouffé et qu'il faut s'échapper,
La parthénogenèse cesse alors d'exister.
De jeunes mâles apparaissent pour sauver notre espèce.

Volez Diptères, fuyez vers un nouvel Eden.
Vos paires d'ailes membraneuses emmènent loin nos gènes.
Abandonnez vos mères pour sauver notre espèce.


Lorenzo Papace est né en 1986 à Lyon. Il est auteur et compositeur de musique, photographe et réalisateur. Il a étudié la Mécanique et l’Électricité, puis les Arts Appliqués, le Design, le Graphisme et enfin l’Architecture d’Intérieure à l’école La Martinière Diderot de Lyon. Il a commencé l’étude du piano classique à l’âge de 4 ans.

En 2008, il décide de se consacrer à la Musique et créé le groupe de musique Ödland, dans lequel il est pianiste. Avec son premier album Ottocento, il affirme son amour pour le XIXe siècle, la poésie et la fragilité. Il est passionné de musique acoustique, inspiré par le Romanstime. Il compose une musique vivante, spontanée, qui intègre des références claires au siècle passé, mais empreinte d’un esprit moderne. Ses recherches photographiques et vidéo suivent la même direction.

6.4.10

Le XIXème siècle, c'est chouette


ÖDLAND
OTTOCENTO

Depuis dix jours, je fais chaque nuit le même rêve. Oh, il s'y passe toujours de différentes péripéties, mais la trame principale reste la même. Je suis au Pays des Merveilles, ni plus ni moins. Et celui de Lewis, s’il vous plaît, celui du XIXème siècle, avec ses pages jaunies et ses jolies illustrations de l’auteur en noir et blanc, pas celui de Tim, d’aujourd’hui, avec ses vedettes américaines et sa technologie 3D. Au XIXème siècle et donc dans mon rêve, il n’y a pas de cinéma, les frères Lumières sont encore des bambins.
Mais j'exagère, tout n'est quand même pas comme chez Lewis Carroll. La grande différence par rapport au livre, c'est qu'il y a cinq nouveaux personnages. Ils s'appellent Alizée et Léa Bingöllü, Lorenzo Papace, Alice Tahon et Isabelle Royet-Journoud. Ils viennent du 21è siècle aussi, malgré ce que leurs costumes et leur manière de parler pourraient laisser penser, et vivent d'ordinaire à Lyon, quand ils ne se baladent pas dans les rêves. Ensemble, ils forment Ödland, c'est un curieux nom qui suscite l'imaginaire, ont-ils expliqué une fois au Chapelier fou. Ce sont des musiciens acoustiques. Alizée chante, tantôt en français, tantôt en anglais. Elle a une voix aigüe et plutôt enfantine, qui parfois prend des inflexions inquiétantes. J'aime beaucoup quand Ödland joue. On croirait une boîte à musique améliorée, où violon, violoncelle et piano pourrait s'épanouir à leur guise. Leurs chansons font surtout référence à Alice au Pays des merveilles. Il y a la Reine de Coeur ("The Queen Of Hearts"), la Chenille ("The Caterpillar") et on peut même boire du thé pendant plus de dix minutes avec le Chapelier fou, le Lièvre de Mars et le Loir ("Un Thé Chez Les Fous"). J'aime beaucoup le thé.
De temps à autre, le rêve s'échappe de l'univers d'Alice, mais je ne suis jamais perdue tout à fait, puisque Ödland et le XIXème siècle m'accompagnent. Les Lyonnais racontent de drôles d'histoires, comme celle de Mathilde Rossignol, ma préférée, jeune fille piétinée lors d'un bal en 1897, et dansant depuis dans les bras de Gustave le fantôme. Ils aiment aussi beaucoup s'extasier sur les dernières inventions : le "Train", la photographie ("Halogénures d'Argent"), ou encore le télégraphe ("De Vienne à Paris"). Les cinq membres d'Ödland sont passionnants, on dirait des personnages de livres, ou des magiciens. Lorenzo, qui est à l'origine du projet et avec qui j'ai déjà pris une tasse de thé dans des rêves antérieurs, m'explique comment ils ont tout fait eux-mêmes. Ils ont enregistré leurs chansons à la maison et en une seule prise à chaque fois, et en acoustique bien sûr, ont fait de (jolies) photographies, Lorenzo s'est occupé du graphisme, et ils ont décidé d'auto produire et distribuer leur premier album, Ottocento. Même que leur CD (dans mon rêve, cet anachronisme ne me choque même pas) ne coûte que dix euros (vous pouvez faire la conversion en francs), et qu'il vous sera envoyé dans une enveloppe avec de belles écritures et avec un morceau du clip de "The Queen Of Hearts" à l'intérieur. Le rêve dure plus d'une heure, je voyage dans le temps avec ces cinq joyeux drilles et leur musique, rencontre d'autres étranges personnages et vois de nouveaux paysages. Et puis je me réveille, et rappuie sur le bouton.

26.11.09

Pays des Merveilles


Vous croulez sous des jouets divers et vos attachements sentimenteaux vous empêchent de vous en débarrasser? Nul doute que chez Ödland, au moins, ils pourraient leur donner une nouvelle vie, s'en servir pour faire de la musique ou juste s'inspirer, et ils transformeraient vos jouets en chansons féériques/faussement naïves/subtilement enchanteresses/syndrome de peter-pan-esques/inqualifiables.

Nous avons posé quelques questions à ce joli et passionant groupe lyonnais qui mérite toute son attention.

Quand et pourquoi l'idée du projet Ödland est elle venue ?
Le projet a été imaginé par Lorenzo en décembre 2008. Il a senti le besoin de créer une musique absolument acoustique, sincère et fragile, mais abordable par un large public cependant. Il a rassemblé des personnes qui partagent son amour pour le XIXe siècle, pour fabriquer une musique contemporaine originale, décalée.

Et pourquoi ce nom d'Ödland ?
Isabelle a eu l'idée du nom qui fait référence à un conte scandinave. Il a été tout de suite adopté par le groupe, car il se prête très facilement à l'imagination et est propice à nos expériences. Ödland signifie dans certaines langues Désert ou Friches. Cette notion colle parfaitement à notre univers car nous labourons une contrée musicale laissée à l'abandon mais d'où quelque chose peut revenir à la vie.

Si vous aviez une minute pour nous convaincre d'écouter votre musique, que diriez vous ?
Nous aimons vents et violons, piano et nuages.
Il faut que nous rêvions pour ne pas oublier ce paysage.
Nous sommes nés dans un train fou et voyageons avec des fantômes.
Notre ombre va renaître car le passé nous éclaire.
Chers amis, bienvenue sur nos terres.
Votre univers a été inspiré par qui ou quoi ?
Par la machine à vapeur, le tutu, le télégraphe, Franz Liszt, le paquebot, les robes, Paris, Lewis Caroll, le tenya, Érik Satie, la typographie en bois, les jouets, le thé, Georges Bizet, les Indiens, Scott Joplin, la mongolfière, la nuit, Maurice Ravel, la solitude, la photographie argentique et le romantisme en général.