Depuis que j'ai lu le live report de la Route du Rock 2011 sur Glamour.com, je suis totalement décomplexée et me dis que je ne peux pas faire un article qui parle aussi peu de musique, et ce même si j'ai loupé certains concerts pour des raisons aussi lamentables qu'une galette jambon fromage ou une pluie torrentielle. La RDR, suite et fin :
ROUTE DU ROCK 2011 : SAMEDI
En parlant de manquer des concerts, j'ai admirablement commencé la soirée en loupant Still Corners et Low. Motif : coincée à l'espace presse, avec mon kway pas imperméable et donc totalement inutile sous la pluie qui tombe dru aujourd'hui. D'ailleurs je ne suis pas la seule à faire ma petite joueuse : Blonde Redhead annule carrément sa conférence de peur de tomber en montant à l'espace presse, c'est n'importe quoi.
Mais bon, au bout d'un moment, il faut bien braver la tempête, même si au final la performance du groupe en face de nous - Cults - n'est pas terrible. On trouvait déjà leur premier album overrated (merci Pitchfork et Gorilla VS Bear), mais le live est encore plus décevant. Best New Music mon cul. Au moins sur disque c'était quand même un peu mignon, là non. Madeline a l'air d'une ogresse en robe de princesse qui va manger son micro en chantant d'une voix pas jolie du tout, contrairement à ce à quoi l'on pouvait s'attendre. Quant à son acolyte Brian, on dirait un gothique chic qui s'est trompé de scène pour se retrouver à faire de la pop niaiseuse. Ennuyeux.
Pas grave, ce soir je suis surtout là pour Blonde Redhead. Un peu plus tôt dans la soirée, je parlais avec de complets étrangers à l'espace presse, et nous nous étions tous mis d'accord pour dire que c'était bien dommage que le trio new-yorkais ne joue plus de leurs morceaux des 90s, plus fougueux, violents, que maintenant. Pour autant, les albums qu'ils ont sorti depuis qu'ils sont signés chez 4AD (2004) ne sont pas mauvais, juste moins bien. Bref, j'attendais quand même avec impatience le concert de Blonde Redhead et c'était chouette de voir Kazu Makino en minirobe et les jumeaux Pace avec leurs bouclettes grises en vrai. L'atmosphère est bien calme (trop ?) et il y a des moments jolis comme tout quand la fumée envahit la scène et masque le groupe. Le live met en valeur la complexité des compositions faites de petits riens, la voix d'Amedeo Pace est encore plus belle que sur disque, et à voir Kazu Makino s'esquinter au chant, on peut aussi applaudir sa performance, parce que ça doit pas être facile. Je crois bien que c'est mon concert préféré du festival.
Ensuite il y a eu Dirty Beaches sur la petite scène de la Tour. Par "petit" il faut carrément entendre "mini stand placé derrière la régie de la Scène du Fort et même pas surélevé", heureusement, c'était filmé et retransmis directement sur un écran à côté. Chargé de faire l'interconcert, Alex Zhang Hungtai a plus agacé qu'autre chose. Figurez-vous un mec poseur qui joue le BG asiatique bien propre sur lui mais qui sort des sons dégueulasses. Ok la lo-fi ça peut être très bien, mais là franchement, même Wavves aurait pas voulu de ça comme production pour son premier album. Il a même salopé sa chanson pourtant magnifique "Lord Knows Best", une grosse déception. Par contre, lui il a bien aimé le paysage de Saint Malo, la preuve.
Peut être que c'est parce que du coup je n'étais plus du tout dans le mood, peut être que c'était aussi la pluie qui me glaçait les épaules, ou peut être que c'est parce que j'ai grandi, mais je n'ai même pas vraiment aimé le concert des Kills alors que lord knows que ça pouvait me mettre dans des états pas possibles. Mais je pense aussi qu'ils ont changé. 1. Leur setlist est beaucoup moins cool que période Midnight Boom - normal, vu que leur nouvel album n'est pas sensationnel du tout. 2. J'ai l'impression qu'Alison Mosshart surjoue plus qu'avant - à moins que je sois devenue moins dupe. 3. Il y avait plus de tension sexuelle entre eux deux jadis, et c'est ce qu'on aimait chez eux 4. La caméra grossissait leurs visages et du coup ils faisaient beaucoup moins classe - et c'est aussi ce qu'on aimait chez eux. Une tête d'affiche qui sera au final passée plutôt inaperçue.
La pluie a cessé, mais ce n'est décidément toujours pas ça niveau concerts. On termine avec Battles, que plein de gens ont adoré mais pas moi. Je m'ennuie moins qu'aux Eurockéennes, surtout parce que Kazu Makino vient carrément sur scène chanter son featuring IRL ("Sweetie & Shag") et que c'est divertissant à quel point elle est mal habillée. C'est cool aussi quand ils font "Atlas" (aux Eurocks ils ne la jouaient pas) même si ils ont remplacé la voix de l'ancien chanteur par des choeurs d'enfants. Une fois que ces deux morceaux sont passés, on peut rentrer, en essayant de ne pas coincer ses bottes dans les mares de boue.



