L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

6.2.10

Mystery Monkeys

ARCTIC MONKEYS + MYSTERY JETS
@ LE MEDOQUINE, BORDEAUX
30/01/10
En 2005, les Arctic Monkeys surgissaient sans prévenir dans le paysage musical et créaient un véritable évènement. Aucune personne normalement constituée ne pouvait rester insensible aux morceaux rock et nonchalants de cette nouvelle bande sortie de Sheffield, Yorkshire. Ces quatre jeunes singes aux allures de beaufs et qui étaient alors encore sujets à une forte acné jouaient déjà à guichets fermés. Mais la plupart des critiques s'entendaient aussi sur une chose : les Arctic Monkeys étaient mauvais en live, ils ne communiquaient rien au public et n'étaient somme toute que de sales petits branleurs.

Depuis, les choses ont bien changé. Avec les deux albums suivants, les Monkeys ont prouvé qu'ils n'étaient pas qu'un énième super groupe anglais adulé par le NME un jour et complètement oublié le lendemain. Ils sont à compter dans la scène rock indé actuelle. Maintenant, ils jouent dans de grosses salles (le Zénith à Paris), ils enregistrent un album (Humbug) aux States et s'entourent de grands (Josh Homme des Queens Of The Stone Age, Eagles Of Death Metal et Them Crooked Vultures et le génial producteur James Ford, officiant aussi dans Simian Mobile Disco et feu Simian). Les Arctic Monkeys ont aussi désormais troqué leur acné contre des coupes de cheveux improbables et ridicules, et même s'ils ont toujours l'air de ploucs, on a fini par s'habituer, même que le chanteur sort avec une it girl assez agaçante : Alexa Chung. Et les concerts, eux aussi ont changé ? Bonne nouvelle les enfants : la réponse est positive. Et ils nous l'ont prouvé lors de leur passage à Bordeaux le 30 janvier dernier.


La soirée ne pouvait être de toute manière que réussie quand on savait qui avait été invité en première partie : les Mystery Jets. Oui oui, ces petits anglais injustement trop méconnus dans nos contrées alors qu'ils ont tout pour plaire parce que 1) leurs chansons pop sont terriblement entraînantes (Two Doors Down), 2) leurs paroles sont irrésistibles (Young Love devrait être l'hymne de toute une génération, au moins), et 3) ils sont attachants avec leurs airs de grands gentils. Pour faire simple et objectif, les Mystery Jets sont géniaux. Et si vous restez dubitatifs (vilains !), sachez que bientôt vous aurez davantage de preuves de la qualité des Mystery Jets en lisant l'interview qu'ils ont donnée pour TEA.
Pour autant, le succès du concert semblait dès le départ contrarié par deux choses : Blaine, le chanteur principal, était plutôt malade, et les Mystery Jets n'avaient qu'une demie-heure pour jouer. Et si finalement la voix de Blaine tient très bien le coup, le concert reste quand même frustrant car bien trop court. Le groupe joue six chansons en tout (oui, seulement six; cruauté de ceux qui ont osé leur accorder un temps aussi ridiculement court) : quatre chansons de leur deuxième et dernier album en date, Twenty One, et deux qui figureront dans leur troisième bébé, dont l'accouchement est prévu pour mai.
C'est un réel plaisir d'entendre "Half In Love With Elizabeth" et "Young Love" en live (à propos, sachez que comme Laura Marling n'est pas là, c'est Blaine qui se charge de chanter la partie de la fille). "Two Doors Down" est en revanche moins charmant qu'en disque, mais on se console avec le final réussi sur la jolie chanson "Behind The Bunhouse". Pour ce qui est des deux inédites, dont nous avons oublié les noms (à moins qu'ils ne nous aient point donné les titres, les Mystery Jets étant peu bavards face au public - alors qu'en interview, ça discute beaucoup), ces chansons donc, semblent dans la même ligne que celles de Twenty One, avec davantage de guitares et un son un peu plus rock.
Quoi qu'il en soit, c'était un bon concert, même s'il était bien trop court et que le public était tellement déchaîné que l'on ne pouvait même pas danser tranquile sur "Two Doors Down", sacrilège. On a hâte de les revoir, dans de plus petites salles mais en haut de l'affiche cette fois.

Le public bordelais était vraiment indomptable ce soir, dix fois pire qu'à un concert de Franz Ferdinand ou peut être même de Tokio Hotel (on ne peut pas dire, on n'a pas essayé, dommage) Et il y a de quoi. C'est parti pour environ une heure et demie de sueur. L'occasion de se rappeler que les Arctic Monkeys savent faire de sacrés tubes fédérateurs, comme "Brianstorm", "I Bet You Look Good On The Dancefloor", "When The Sun Goes Down", "This House Is A Circus"... La liste est trop longue pour tout écrire. Le groupe alterne ses anciens succès avec les morceaux du dernier album, comme entre autres "Crying Lightning", "My Propeller", "Pretty Visitors" et l'irrésistible ballade au clip hilarant "Cornerstone" : bons mais moins connus/appréciés du public qui les suit depuis leurs débuts. Vous trouverez la set list complète ici(et oui, c'est grave : ils n'ont pas joué "Fake Tales Of San Francisco").Les fans des Arctic Monkeys sont aux anges : la performance est impeccable. Certains journalistes diront que le set était trop poli et que le groupe avait franchement l'air de s'ennuyer. Mais nous n'étions pas assez grands pour voir quelle tête ils tiraient, et avons trouvé qu'au contraire Alex Turner faisait pas mal d'efforts pour parler au public (même si souvent c'était juste pour annoncer le titre de chansons que le public connaissait par coeur), donc mince, les critiques, arrêtez de faire les grincheux alors que déjà le groupe fait beaucoup.
Le concert se termine par un petit rappel où ils jouent un énième tube, "Fluorescent Adolescent", et concluent par le bijou de leur deuxième album : le slow "505". On ne pouvait rêver mieux.
Maintenant, c'est sûr : les Arctic Monkeys sont très bons sur scène, et il faut aller les voir. Répandez la bonne nouvelle autour de vous.