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5.12.11

On a enfin été aux Transmusicales

 
TRANSMUSICALES DE RENNES 2011 
LES CONCERTS


jeudi
Cinq heures de routes pour aller à Rennes et trouver la ville sous la pluie. Pas grave, rien ne peut entamer le moral quand on sait qu'on va passer le weekend aux Transmusicales, enfin. Malheureusement, j'arrive trop tard, pas moyen de voir le concert des Spadassins à l'Ubu et de retourner dans les sixties, dommage, ça avait l'air vraiment chouette. 

Ca commence donc par Group Rhoda à la Cité (là où avait eu lieu la toute première édition des Transmusicales, en 1979, ouais ouais), qui se remplit au fur et à mesure jusqu'à former une audience honnête à la fin. La petite Mara, affublée d'une robe multicolore, prends le soin d'enlever ses bottes au tout début du concert, comme pour se retrouver dans une ambiance familière pour délivrer sa musique intimiste à synthétiseurs. Les rythmiques minimalistes peuvent rappeler Young Marble Giants, les morceaux étant plus bruts et décomposés que sur les enregistrements. On pensera aussi à une version cosmique de Serafina Steer. Group Rhoda fait son show comme elle le ferait dans un squat de San Francisco. Aucun artifice scénique, des silences entre les morceaux, mais au final ça prend assez bien. 


Pour passer la soirée, le choix s'aiguille sur le théâtre de l'Aire Libre où squatte toute la semaine la bande à Kütu Folk records, le fameux label clermontois. Chaque soir deux ou trois artistes délivrent un mini-concert puis toute la clique se ramène pour chanter ensemble sur scène des morceaux de chaque signature Kütu. Pour l'occasion ils ont fait une jolie déco avec des lustres et surtout une machine à coudre à facettes. A peine le temps de s'asseoir sur les gros fauteuils rouges que Dempster Highway finit son set, trop bête. C'est St Augustine, aka François Régis Croisier qui suit. J'ai beau ne pas être une grande fan de folk (ça m'endort plus qu'autre chose, très bonne idée ces sièges confortables d'ailleurs), je me surprends à beaucoup aimer la prestation intime du monsieur. Ses morceaux sont tristes et beaux et sa voix résonne dans toute la salle, c'est prenant comme tout. Mince, est ce que je vais me transformer en adoratrice des types à chemises à carreaux ? Pas sûr en fait, parce que la prestation d' Hospital Ships après, que pourtant j'attendais avec envie, n'est pas à la hauteur de mes espérances. Pire : c'est ennuyeux. Il aurait mieux fait de s'accompagner de plus de musiciens, seulement un guitariste à côté, ce n'est pas assez. En fait le clou du spectacle à l'Aire Libre, c'est le dernier concert, quand tous les artistes du label jouent et chantent tous ensemble les titres des uns et des autres, tout de suite ça donne un relief impressionnant. Si j'étais une personne sensible, je pleurerais, mais à la place je souris devant cette chouette chorale qui me fait parfois penser à des Crâne Angels plus organisés.


vendredi
Après une bonne nuit réparatrice, on se lève et file à l'Ubu en début d'après midi pour aller voir les jeunes formations locales que le patron des Trans Jean-Louis Brossard a jugé prometteuses. Et ça commence par Juveniles dans une salle pleine à craquer entre les professionnels à l'affut, les coupains venus encourager et les autres qui ont compris que c'était gratuit.

En fin de printemps donc, les Juveniles, un trio rennais composé de membres d'anciennes formations plus ou moins glorieuses, ont débarqué sur la toile grâce à une très bonne communication et un single d'inspiration new-wave, "We Are Young" (depuis sorti chez Kitsune). Alors évidemment, ils avaient plutôt intérêt à faire leurs preuves en live aux Trans histoire que le soufflé ne retombe pas. Et ils n'ont pas totalement convaincu. Oh, c'est carré, le son est impeccable, on sent qu'ils ont bien bossé, mais c'est aussi ça le problème : ça manque de sincérité et surtout de folie sur scène. "We Are Young" est même tout mou en live (surtout quand on loupe une phrase du premier couplet, hein), heureusement qu'ils ont "Ambitions" qui est plus efficace. Ah et le chanteur a la panoplie du hipster, tandis qu'il y a un autocollant Wu Lyf sur la basse, nous ça nous a bien fait rigoler. 

20.10.11

Chapeaux ronds

Faut-il encore présenter les Transmusicales de Rennes ? Pas vraiment, car en 33 éditions déjà, l'évènement a réussi à se poser comme le plus important festival de découverte de France. Et peut être d'un peu plus mais je manque de statistiques là malheureusement. Pour vous convaincre si vous êtes un sceptique un peu chiant, regardez donc cette liste incroyable des groupes qui y ont déjà joué et reconnaissez votre erreur. Comme tous les ans, on passe un temps fou à potasser la programmation puisqu'on ne connait quasi aucun nom. J'ai sélectionné neuf groupes et les ai mis en désordre dans une playlist. Ecoutez donc ça en réservant votre premier weekend de décembre.



N'allez pas mettre Splash Wave dans la même case que tous ces jeunes groupes qui viennent de se mettre aux 80's et à la synth-pop. Le duo rennais est un cas à part, poussant la nostalgie à l'extrême en ne jouant que sur du matériel d'époque, chantant au vocoder, et enregistrant ses clips via des cassettes VHS pour faire plus authentique. Il ne manque que les palmiers.
Le vendredi au Parc Expo, il y a deux lives de groupes anglais assez mystérieux à surveiller absolument : Breton (à cause d'André), un  collectif qui bâtit dans son étrange local appelé Bretonlabs une musique particulière à base d'électro, de rock et de hip hop; et le trio Factory Floor, au post punk industriel tantôt hypnotisant tantôt ennuyeux. On avait pu les voir il y a deux ans en première partie des Horrors, mais cette fois-ci promis, nous serons plus disposés à apprécier leur set. 
Jesus Christ Fashion Barbe ou le nom le plus lol de ses Trans 2011 ? Sûrement, mais les Caennais (c'est comme ça qu'on dit, c'est pas très beau) n'ont pas été repérés juste pour cela,  leurs compositions ne sont certes pas forcément très novatrices, mais c'est quand même de la pop gentille et entraînante. Un peu comme Kakkmaddafakka, la formation Norvégienne produite par Erlend Oye qui buzze, qui buzze. 
Ne vous fiez pas trop au titre d'Hospital Ships de la playlist, la plupart de ses morceaux sont beaucoup plus mignons. C'est bien pour ça qu'il a rejoint Kütüfolk -le label Clermontois sera d'ailleurs à l'honneur pendant tout le festival à l'Aire Libre. En parlant de folk, à la Cité joueront Haight Ashbury et leurs voix de fifilles cromimi de Glasgow.
Fifty Miles From Vancouver sont de gros mythos. Ils vivent à beaucoup plus de 50 miles de l'Amérique du Nord, puisqu'ils sont rennais, et leur musique n'a rien qui sonne cabane au Canada. Heureusement pour eux, ils font du shoegaze pop bien rôdé.
Au début on croirait à une blague, ce vieil Iranien programmé au Parc Expo. Et puis en fait, on écoute Kourosh Yaghmaei et se rend compte que c'est plutôt pas mal et surtout étonnamment moderne pour une musique qui date des années 1970, même si ça reste un peu kitsch. Ce sera son premier concert hors d'Iran ever, alors ne serait-ce que par curiosité, il faudra aller voir ça.