L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
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17.4.15

"Allez prends ma main, dis moi des merveilles, ..."

Après une longue gestation, il est arrivé, soleil, lumière et détente. À point pour le printemps, le fribourgeois Muddy Monk a pondu un album qui fleure bon l'amoureux du sud, la sensualité cliché et tout le tralala banana banana henrisalvadora. Or, quand reviennent les saintes-glaces, le petit tic de l'avril-ne-te-découvre-pas-d-un-fil, on l'apprécie chaudement, cet Ipanema. Un album love comme Sebastien Tellier, plage comme "les véliplanchises" de Flavien Berger et jazz/bossa nova comme toutes les référence à gratter dans le titre et le nom de l'artiste. En prime, une dose de street cred importée de France étaie l'album. Pour cet ancien fan de hip hop, ça évoque l'amour et le bled. Pour nous, Muddy Monk c'est typiquement ça : un gars du coin qui, si si, fait les choses bien. Pour la découverte, on l'a rencontré au café et discuté musique, angoisses et ambiance sous-marine.

Mini Monk

MUDDY MONK
IPANEMA




11.4.13

"La fièvre jaune te tend les bras"

La Femme
Psycho Tropical Berlin

On suit La Femme de plus ou moins loin depuis un moment. Vous auriez dû nous voir à l'époque, fin 2010 / début 2011 avec les copains à Bordeaux, danser comme des fous furieux sur leurs chansons. Les concerts de La Femme, à ce moment là, étaient ce que l'on pouvait trouver de mieux dans la jeune scène française, sincèrement. Leur premier EP, et plus particulièrement le single "Sur La Planche" affolait tout le monde, tant et si bien que notre interview du groupe est l'article le plus lu jamais posté sur ce site. 

Et puis le soufflé est retombé, comme ça, sans prévenir. Leurs concerts avaient beau être dans des salles plus grandes, c'était bondé et on ne pouvait plus bouger. Les rares nouveaux morceaux que le groupe sortait étaient décevants, et l'album qui devait à la base sortir en 2011 (du moins c'était l'idée), n'arrivait toujours pas. On a fini par ne plus rien attendre de La Femme, repensant de temps en temps avec nostalgie aux petits mois de folie douce où elle nous faisait tellement transpirer dans les caves qu'on finissait sans tee shirt. 

Quand lundi, enfin, le premier album (Psycho Tropical Berlin - un nom qui tournait déjà sur leur myspace depuis des mois) est sorti, on l'a plus écouté par curiosité qu'autre chose. Et merde. C'est plutôt un bon disque, avec certains morceaux très très réussis. Par décence, on se retient de paraphraser Julien Clerc et de dire "Femme, je vous aime", mais vous voyez un peu l'état d'esprit.

Alors il y a cette histoire de signature chez Barclay, oui. C'est vrai que ça fait tâche de sortir sur une major de la part d'un groupe qui prônait il n'y a pas si longtemps de ça sa volonté d'indépendance totale et son fonctionnement entièrement basé sur le DYI. Mais prenons un peu de recul et soyons honnêtes. Est-ce vraiment raisonnable de blâmer un groupe qui vient de faire un coup magistral en sortant sur un très gros label, empochant sûrement une coquette somme d'argent (on les sait durs en affaires) et gagnant aussi la possibilité de conquérir un public bien plus énorme tout en conservant ses chansons composées depuis déjà belle lurette ? Non. On peut juste les féliciter d'avoir tout compris au système, en se faisant désirer comme il faut pour ensuite signer un contrat à la hauteur de leurs ambitions - qu'on imagine titanesques. Et puis pour la caution plus underground, on notera que le vinyle sort chez Born Bad et que la pochette est signée Elzo Durt.

24.3.12

"Tu devrais monter un groupe et l'appeler "The Tea's""

S'il n'y avait pas eu un bug à London Bridge lors d'une soirée pluvieuse, on n'aurait jamais vu les Still Corners au Bad Bonn. Du moins, pas sous cette forme. En effet, chez ce groupe américo-briton, tout repose sur l'heureux hasard de la rencontre entre le musicien Greg Hughes et Tessa Murray, la chanteuse à la voix éthérée. Ensemble, ils ont réalisé un premier LP  dream pop langoureuse plutôt réussi -  Creature of an Hour. On les a découverts en concert mercredi dernier et c'était bien, gentil, atmosphérique. Dans sa robe blanche, Tessa prenait des airs d'enfant perdue, comme s'il n'y avait pas d'autre moyen d'incarner une voix de petite fille timide. Pendant ce temps, en retrait, à la batterie, Greg supervisait les opérations. Épaulés par un guitariste et un bassiste, le duo a enchaîné les titres pendant qu'en fond s'égrainaient des images de vieux films. Un peu comme dans "Video Games" tsé, mais en plus joli. On retient notamment cette version d'Alice au Pays des Merveilles en carton ainsi que les jolis losanges N/B. Paradoxalement, notre moment musical favori fut celui où, pendant quelques minutes, les musiciens se sont adonnés à une partie instrumentale à la croisée entre mantras kraut et intro à la "Sea Within A Sea". Cela dit, on a quand même bien apprécié les "History of Love" et autres "Endless Summer" exécutés avec précision (comprendre ici "exactement comme sur l'album"). Sans parler de la nouvelle chanson "Blue Eyes", en mode Beach House blond. Mais ce qui importe ici, c'est qu'on a  discuté avec le groupe autour d'une eau citronnée en début de soirée. On pense avoir tout compris et bien retranscrit malgré le soundcheck de Buvette, qui dévoilait son nouvel album en première partie ce soir là.


 INTERVIEW STILL CORNERS

On peut lire partout que vous vous êtes rencontrés par hasard sur un quai. Que se serait-il passé si vous n'aviez pas pris le train ce jour là?

Greg Hughes: Je ne sais pas.
Tessa Murray: Il aurait sûrement rencontré une autre chanteuse.
Greg: Tu crois? Je ne sais pas.
Tessa: Still Corners serait très différent.
Greg: Ca c'est certain.
Y aurait-il tout de même un groupe du nom de Still Corners?
Greg: Oui. Je sortais déjà des trucs sous ce nom avant.
Donc sur l'EP "Remember Pepper", ce n'est pas Tessa qui chante?
Greg: Non, c'est une autre personne. Mais parfois, les gens confondent.
Tessa: Je crois qu'ils aiment bien ce côté romantique de la formation du groupe, basé sur une rencontre inattendue. Mais en fait, je n'ai fait que rejoindre un groupe déjà existant.



27.2.12

"Give me my life back or give me death"

Au début de l'année, The Chap ont sorti un cinquième LP. Ils sont aussi partis en tournée et nous avons suivi tout cela sans en parler. Puis, à force de cuisiner sur "Rythm King", de passer l'aspirateur au son de "Running With Me" et de chanter "Hands Free" sous la douche, on s'est dit qu'il valait mieux leur consacrer un article - histoire d'avaler la pilule en douceur avant de se faire étriper par des colocs exaspérés.

THE CHAP
We Are Nobody

Nous ne sommes personne.
En vrai, au vu des goûts musicaux desdits colocs, il n'y a aucune raison valable pour qu'ils attentent à mes jours. Il faut bien que quelqu'un fasse quelque chose pour la culture dans cet appartement. Mais venons en à We Are Nobody puisque c'est lui le principal incriminé. Cinquième album du quintette germano-greco-briton, l'objet de la discorde n'est certes pas la meilleure production du groupe à ce jour mais mérite tout de même qu'on s'y attarde. Paru peu après le best of (hautement recommandable) We Are The Best, We Are Nobody remet les choses à plat. Plus unifié et fluide que les précédents, l’ensemble toujours pop et grinçant est cette fois ci au service de textes mélancoliques. En effet, le spleen de The Chap se traduit moins dans leur grand sens harmonique que dans le récit désabusé d'une visite chez une grande tante ("What Did We Do"). Bien sûr, les morceaux sont un peu moins brouillon et "punks" que sur Ham par exemple. Mais on ne peut pas vraiment dire que The Chap se sont calmés. Ils ont juste redémarré sur un pied un peu plus propre et épuré, voilà tout. Du moins, ce sens du décalage caractéristique qui leur fait insérer comme un truc bizarre entre les mélodies pétillantes et immédiatement identifiables est toujours là. Avec leur air faussement sérieux The Chap n'ont pas fini de nous charmer.



"This is a commercial pop song and your gonna like it"

Comme on peut s'en douter, un tel groupe n'excelle pas seulement en CD. En tout cas, notre récente expérience au Rocking Chair en témoigne : sur scène, The Chap, c'est de la bombe. Apparaissant comme une brochette d'hurluberlus en short, les musiciens ont eu un peu de peine à faire sautiller le public suisse (comme toujours) très timide. Mais peut être que l'inertie était la bonne attitude pour apprécier la richesse de la musique. Un crissement de bouteille PET samplé par ci, un massacre de violoncelle et violon par là - le groupe ne lésine pas sur les détails. Un perfectionnisme que l'on retrouve également dans les incroyables mimiques du batteur Keith Duncan ainsi que dans les chorégraphies des autres, toujours en phase avec les paroles des chansons (mention spéciale à "They Have A Name" où l'on se déhanche façon Justin Timberlake). Nous avons particulièrement aimé le bien nommé "Ethnic Instruments" (Mega Breakfast, 2008) ainsi que le rappel "Woop Woop" (Ham, 2005) et "Fun and Interesting" (Mega Breakfast, 2008). Et puis le final sur un larsen interminable lors duquel tout le monde est resté figé - une preuve de plus (s'il en faut) de leur humour désarmant. Enfin, inutile de préciser qu'on a regretté que ce soit fini. On se consolera en lisant leur blog qui relate notamment des anecdotes de tournée. On y trouve aussi des bonus tels que cette vidéo documentant l'arrivée du groupe en Suisse. Décidément, The Chap sont tarés et complètement parfaits.

27.11.11

"Mes labels n'en ont rien à foutre"


Interview Publicist 

Le mec tout seul torse nu derrière sa batterie posée à même le sol et qui fait méchamment danser les gens devant, c'est Sebastian Thomson, aka Publicist. Il est aussi connu pour être le batteur de Trans Am, un groupe de post-rock formé dans les années 90, mythique pour ceux qui connaissent. Donc samedi dernier, Sebastian Thomson s'est ramené à l'I.Boat pour servir sa disco vocodée extrêmement entraînante à la petite vingtaine de personnes présentes (oui, seulement vingt, c'est scandaleux). C'était génial et vous avez manqué un truc. Une heure avant le concert, j'ai rencontré l'homme dans les cales du bateau, il a essayé de me faire goûter du lait de soja mais j'ai décliné et préféré faire une bataille de blagues. 

TEA : Qu'est ce qui s'est passé ? Un jour tu t'es dit "Je vais faire un projet solo d'electro" ?
Sebastian Thomson : Trans Am est un groupe qui est très démocratique, toutes les responsabilités sont partagées. C'est pour cela qu'on sait tout faire. Enfin, je veux dire que je joue de la batterie, mais aussi de la basse et des synthés, parce qu'on se dit tout. Donc à un moment j'ai réalisé que je pouvais faire tout ça moi-même. Être dans un groupe c'est super, j'aime mes amis, mais il y a l'inconvénient que chaque décision doit être prise en groupe. Alors quand tu veux tourner ou enregistrer, ça doit être une décision du groupe et c'est chiant des fois. D'un côté tu es très indépendant parce que tu es un musicien et que tu n'as pas de boss, mais tu es aussi pas indépendant du tout parce que tu as deux femmes, tu vois ce que je veux dire. (rires). Donc en gros le groupe a été a plein temps pendant longtemps, on a énormément tourné. Et j'étais à Londres et il y a plein de musique electronique underground cool ici, des clubs cools et de super fêtes, tellement plus qu'à Washington d'où je viens. Donc j'étais à une de ces soirées et je me disais "C'est super, j'adore ça. Tu sais quoi ? Pourquoi pas ? Ce sera un projet bizarre." Au lieu de programmer la batterie et jouer du synthé en live, ce que font la plupart des groupes, je programme les synthés et je joue de la batterie en live, c'est l'opposé quoi. Et j'ai trouvé que ce serait un projet intéressant et étrange. Ça a commencé comme une blague et après, on a commencé à me proposer des concerts et c'est devenu plus sérieux depuis genre deux ans et demi. Avant je jouais avec Trans Am et aussi dans un groupe londonien qui s'appelle les Dead Kids, alors Publicist n'était pas ma priorité. Mais maintenant c'est Publicist en premier, c'est sûr, parce que les mecs de Trans Am sont mariés, ont des enfants, un travail, donc on ne tourne plus beaucoup. C'est avec Publicist que je gagne ma vie aujourd'hui. 

7.11.11

Une alimentation équilibrée

Gaspiller un temps monstre à mettre de l'ordre dans sa bibliothèque Itunes a parfois de vrais avantages (outre la satisfaction d'avoir toutes les pochettes dans son Cover Flow). Ce matin par exemple, j'aurais dû potasser mon cours de statistiques, mais, en cherchant la bande son de ma matinée studieuse, je suis (re)tombée sur Food Pyramid. Et ça tombait vraiment à pic: pas trop envahissant mais pas trop répétitif non plus. Calme, mais avec juste ce qu'il faut de basse pour tirer l'ensemble en avant. Et planant, avec des relents cosmiques et un sérieux bagage kraut à la Neu!/Tangerine Dream - inutile de préciser que je me suis immédiatement précipitée à la recherche d'infos sur ma nouvelle passion au nom impossible à googler. Les statistiques, ça sera pour plus tard.


FOOD PYRAMID

L'histoire de Food Pyramid commence il y a bientôt 2 ans, avec la rencontre fortuite de trois gars à Minneapolis qui se mettent ensemble pour "faire de la musique électronique et des performances live afin d'entrer en contact avec une dimension interstellaire qui se manifeste dans le son et la lumière". Rien à voir avec la bouffe. Mais le ton est dans l'ironie et un peu plus loin, on retrouve des ambitions plus banales: "faire de la musique cool pour des gens biens" - normal. Résultat des courses: Food Pyramid créent un amalgame équilibré de genres lancinants. En résulte de la musique pour chevaucher des licornes sur une route droite. Ou pour voyager d'une galaxie à l'autre par la force de son esprit tellement qu'on est des gens spirituels. Le topo est  assez bien illustré dans la vidéo ci-dessous:


1.11.11

Swiss dream

Je n'aurais pas parié un seul kopeck sur Gardens & Villa, énième groupe de jolis garçons poids-plume boxant en catégorie indie. Et puis je les ai vus à l'Amalgame mardi dernier et puis ça a (presque) tout changé. Maintenant, Gardens & Villa, c'est un nouveau truc cool pour réchauffer l'automne. Une bonne surprise combinée au plaisir rare de découvrir un groupe en live alors que de prime abord, il n'a l'air de rien. Et d'évaluer au passage ce que les chouettes Lucernois Dans La Tente valent sur scène. 


GARDENS & VILLA + DANS LA TENTE 
@Amalgame, Yverdon 25/10/11 

Débarqué de Santa Barbara dans la fraicheur d'Yverdon, Gardens & Villa réalisait pour la première fois son "swiss dream" sous le crachin. Visiblement ravis par le froid, l'humidité et le temps gris si exotique, les gars ont livré un concert à l'opposé de la météo environnante, soit énergique et chaleureux. Ou peut-être était-ce justement pile poil conforme à l'atmosphère californienne qu'on s'imagine ensoleillée et dont ils sont issus? On ne saurait trancher. Toujours est-il que leur pop mâtinée de synthés a mis les humeurs au beau fixe tant il transpirait l'enthousiasme. Je me suis  surprise à hocher du chef sans le faire exprès tout en me rinçant copieusement l'oeil - petit relent adolescent du temps où un joli minois dans le groupe était de rigueur pour mériter l'attention. 

Bref, pour peu, j'aurais pu classer l'affaire Gardens & Villa sitôt de retour à la maison et le soufflé retombé. Le cliché gratouille sans cesse l'oreille et les gars pourraient fort bien n'être qu'un groupe parmi tant d'autres, appliquant la formule gagnante du succès éphémère. Somme toute rien de bien intéressant. Et pourtant, au fil de l'écoute (post live, donc) on se surprend à trouver aux gaillards une petite pincée d'ironie et quelques bonnes idées d'arrangement qui font toute la différence. En témoignent les descentes de tom et tout un tas d'effets synthétiques joués avec brio par le plus mignon/sautillant de la bande ("Spacetime", "Orange Blossom" et cette photo mais on distingue pas trop la bogossitude), le condensé bien digéré de tout ce qui a bien fonctionné sur la scène indie ces dernières années (mélodies un peu naïves et entraînantes, fortes lignes de basse et percus tendance africaine-bongo-tambourin), le tout habilement agrémenté d'un zeste de flûte (tirée d'un carquois en bois sur le dos du chanteur) qui remplace la voix quand elle nous lasse.

16.6.11

"Sex with Ringo Starr"


John Maus
We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves 

Artiste hautement respecté et apprécié pour certains, John Maus est totalement inconnu des autres (et les autres sont nombreux) bien qu'il ait été musicien pour de très nobles gens tels qu'Ariel Pink et son Haunted Graffiti (qu'il a rencontré pendant des études à LA) ou encore Panda Bear. Depuis 2006 et la sortie de son premier album (Songs), on commence à davantage s'intéresser à cet homme, et c'est un sacré personnage. John Maus, 31 ans, était aussi professeur de philosophie à Hawaï et il étudie pour avoir un doctorat en Sciences Politiques. Il a des paroles intrigantes comme "sex with car (...) / sex with movie star / sex with Ringo Starr" et il suffit de regarder des interviews de lui gesticulant et parlant dans tous les sens pour se rendre compte que l'Américain a l'air d'être aussi intéressant qu'étrange. Quant à ses performances scéniques, elles semblent assez folles. Ce mois-ci sort chez le label londonien Upset The Rythm le troisième album de Maus, sobrement intitulé "We must become the pitiless censors of ourselves".

John Maus s'est dit d'avance insatisfait de ce disque. Il a l'impression d'avoir répété ses deux précédents albums sans se réinventer, et il songerait à faire dans l'expérimental à l'avenir. Comme si sa musique actuelle n'était pas déjà singulière. Sa marque de fabrique ? Plein de vieux synthés, toujours des synthés, et une voix extrêmement grave et froide, parfois martiale, parfois plus aérienne. Voilà la pop selon John Maus, et effectivement, ce nouveau disque ne déroge pas à la règle. Oui, il ressemble à Songs et Love Is Real (2007), mais il faut croire qu'on n'en a pas encore eu assez, puisqu'on arrive à trouver ce troisième LP tout aussi réussi et qu'on le réécoute volontiers même s'il est un peu trop sombre pour cette saison. 

L'ensemble de l'album est assez cohérent pour qu'on ne remarque pas plus un morceaux qu'un autre, ou presque. Bon, puisqu'il faut balancer des titres, on s'aventurerait quand même bien à passer en soirée "Quantum Leap" ou "Believer", les pistes les plus évidentes de la galette. "Keep Pushing On" n'est pas en reste non plus. En revanche, le duo avec Molly Nilsson qui reprend sa chanson "Hey Moon" est plus ennuyant qu'autre chose. C'est peut être bien l'uniformité, le vrai problème de We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves. Davantage de folie, comme dans Songs, aurait permis au disque d'être moins lassant à la longue. Finalement, même si son album est loin d'être raté comme il le prétendait, au contraire, c'est une bonne idée pour John Maus de changer de voie pour la prochaine fois. Et on l'attendra au tournant.



"Quantum Leap"


"Keep Pushing On"