L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
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26.3.12

Grands espaces

On ne peut pas dire qu'on l'attendait de pied ferme tellement on frôlait l'overdose. Toujours est-il qu'après moultes écoutes de Houses and Voices, l'annonce d'un nouvel album de Buvette nous a bien fait plaisir. Et après l'avoir vu en concert en première partie de Still Corners mercredi passé, on peut vous certifier que les morceaux de Palapa Lupita sont bien beaux. Autant que la superbe pochette signée Adrian Rast.

Buvette
Palapa Lupita
(Rowboat, 2012)

Ce qui frappe dès la première écoute, c'est le caractère plus posé, nostalgique de la chose. Alors que Houses and Voices s'ouvrait sur un "Benzi Blues" nerveux, l'intro "Anegundi-Sanapur" de Palapa Lupita fait plutôt penser à la bande son d'un documentaire. Genre un plan sur une montagne avec une nuée d'oiseaux et un coucher de soleil, bien joli, posé, un tantinet solennel. On peut alors direct faire le lien avec le processus de composition de ce nouvel opus qui fut bien différent du premier, selon les dires de son créateur. En effet, cette fois-ci, les morceaux ont été réalisés plus rapidement, dans un laps de temps plus court et principalement au Mexique, fin novembre 2011 et en Inde, en décembre. Un album exotique/musique du voyage pourrait-on dire. Ca a du sens quand on pense à la mélodie orientale sur "Heavy Juana" ou aux divers bruitages enregistrés sur la route (ce qu'on a interprété comme des cris d'oiseau dans l'intro par exemple). Mais pour le reste, ça reste Buvette, soit un empilement de samples duquel résultent des morceaux qui prennent de l'étoffe au fur et à mesure, comme le sautillant "Inside Life", le léger "Palapa Lupita" ou encore le final un tantinet techno "Salty Tougue Part.2".

Mais reprenons depuis le début puisque cet album rapidement composé est aussi plus uniforme que son prédécesseur et s'écoute d'une traite, comme un tout. Notamment grâce à des enchaînements bien maîtrisés entre les morceaux. Celui entre la piste 1 et la 2 ("Faith in Tiger" feat Kurzwelle) tout particulièrement. Car c'est à partir de ce moment là que la musique devient un peu plus dynamique. A l'entrée planante succèdent des voix scandées telles qu'on avait pu les découvrir au festival Nox Orae l'été passé. Un synthé un peu nasillard ("tzin tzintzintzin") sur la fin et ting!, on est déjà dans "Directions". Ce dernier fait l'objet d'un joli clip coloré réalisé Thomas Koenig et Marie Taillefer dans lequel les images abstraites semblent vibrer en synchro avec la musique. C'est aussi le second morceau de Palapa Lupita dont on a déjà eu un avant goût dans les anciens sets de Buvette (cf. la flûte).

18.8.11

I (still) Want The Sun

L'été, il y a les grands raouts et puis il y a les autres. Inutile de préciser auxquels va ma préférence. Attelons-nous donc d'office à un exemple concret : soit le Nox Orae. Sis au bord du Léman, à la Tour-de-Peilz à côté de Vevey précisément, ce tout petit, tout jeune festival en est à sa deuxième édition. L'an passé déjà, on s'était pas mal extasiées sur la soirée cool que ç'allait être (et a effectivement été). Cette année, comme dit, l'association ATAC et le RKC ont remis le couvert, en doublant les bouchées. Étoffée d'une seconde soirée, l'affiche faisait la part belle aux exclusivités suisses (3/8 noms) ainsi qu'aux artistes locaux (4/8). Un week-end à ne pas manquer. On était au taquet.

LE FESTIVAL DES MUSIQUES ACTUELLES 2011
(avec des photos Anh Phi / Voluume.fr )

◊ Samedi - Forever Connan Love ◊
Premier jour sur la Riviera, on a goûté au soleil et à la plage - petits plaisirs simples de la vie avant les concerts, ça passe crème. Puis le festival a ouvert ses portes et Wolf & Rhino ont ouvert la marche. Ils n'ont pas vraiment convaincu, car si leur demo passait encore, le résultat sur scène s'avérait plutôt ennuyeux. Les quatre gars, trop gavés de Pink Floyd pour parvenir à s'en dépêtrer, ont donné l'impression d'une jam interminable et on s'est vite lassés, surtout qu'il n'y avait pas de chant. Pas que ce soit une condition sine qua non, mais 'faut pas abuser non plus. Par la suite, le suisse-allemand Fai Baba (qu'on avait pu découvrir sur la cassette Summer Hits, l'été passé) a d'ailleurs prouvé qu'il est possible de s'éterniser sur une session de quelques accords lorsque l'on entrecoupe la chose en chantant, hurlant presque, la rage au ventre. On aime mieux ça.
Ensuite venait la bonne surprise de la soirée. Merveilleuse surprise devrais-je même dire. Car on s'attendait à un truc mou du genou. Trop pas. En fait, Connan Mockasin est non seulement trop adorable, il joue aussi très bien sur scène. Sa voix transgenre, son jeu de guitare atypique, ses compositions oniriques, d'excellents musiciens en accompagnement et une bonne alchimie avec le public ce soir là ont fait du concert un moment privilégié. Déjà, on était super bien dès le premier morceau, puis le deuxième ("It's Choade My Dear"), puis le troisième, puis... on en pouvait plus, au final, quand il a commencé "Forever Dolphin Love", en nous invitant à chanter avec lui "ah ah ah ah ah ah" aaaaaaaaaah. C'était tout beau. Et le mieux c'est qu'après, il ne pouvait se résoudre à quitter la scène, entammant un dernier morceau dans lequel le batteur s'est lancé au pied levé et que le public était censé reprendre en chœur. Mais il faut bien l'avouer, soit on était trop charmé pour sortir des sons corrects, soit les gens sont vraiment nazes, parce que ça ne donnait pas incroyablement bien.  Malgré tout, Connan a dit qu'on était un super public et est reparti avec un sourire plus grand que lui. On me murmure à l'oreille qu'il serait tombé amoureux de Vevey. Vraiment trop mignon.
Avec du recul, on aurait préféré en rester là et garder pour la nuit des petites étoiles dans les yeux. Mais non, Crystal Stilts sont venus tout gâcher. La faute au réglage foireux du son, qui rendait la voix de Brad Harget quasi inaudible? A moins que ce ne soit le groupe lui même, qui, à l'exception du mec au synthé (un "home-made" parait-il) montrait trop peu d'enthousiasme pour être honnête ? Grosse déception pour ma part, surtout quand ils massacrent "Shake the Shackles" qui est quand même une de mes chansons préférées. Ils tournaient en rond et on s'est enfuit.

8.6.11

Kilbi II


BAD BONN KILBI
26, 27, 28 mai 2011

Après avoir bien aimé la première soirée, je suis repartie pour deux nouvelles journées de festival à Düdingen. J'y ai trouvé quelques supercalifragilisticexpialidocious concerts et fait des rencontres rigolotes tout en oubliant de dormir, ce qui peut avoir ses conséquences. Second volet des aventures de TEA au Kilbi, sans chat pour cette fois.

VENDREDI// "Gonjasufi, petit zizi. Caribou, gros matou."
Retour dans l'arène avec de gros nuages gris, ça caille un peu. Encore une fois, je rate honteusement le truc à voir : Julianna Barwick. Mais j'ai une excuse valable : j'ai loupé mon train à cause de la "Fête de Pérolles" (un rassemblement de cavaliers endimanchés qui empêche tout le monde d'atteindre la gare). Grosse haine pour bien commencer la soirée, check. Mais heureusement, ça a plutôt tendance à s'améliorer par la suite avec notamment Akron/Family sur la grande scène. Les deux barbus et le batteur servent un répertoire assez trippé à inspiration ethnique qui passe moyen en CD mais qui, en live, fait bien plaisir. Après, on est peut-être pas 100% convaincues par les chorégraphies que le chanteur tient absolument à nous faire faire mais au fond, l'humour et la bonne humeur du groupe sont plutôt contagieux. Mention aussi aux changements de rythmes inopinés qui ponctuent leurs compositions (et sans lesquelles on s'ennuierait, très probablement). 

Bâtonnets de carotte et Blévitas.
Arrive ensuite l'heure des Crystal Fighters, pathétiques. Depuis leur prestation un peu simpliste à la Superette il y a deux ans, ils ont gagné en membres et en cheveux mais si le concert à la Case à Choc passait encore tellement c'était brouillon/punk, ici, c'est juste horrible. Des pseudo-tubes incarnés par un chanteur tellement pété qu'il voit même plus ses pieds. J'ai préféré passer mon chemin et grignoter des carottes en attendant la suite soit The Tallest Man On Earth qui déçoit aussi. Alors qu'il avait cassé la baraque au Fri-Son cet hiver, il fait juste figure d'un song-writer romantique mou du genou là. Vient Gonjasufi que beaucoup attendaient au tournant. Mais encore une fois, grosse déception. Alors que la bombe "A Sufi And A Killer" laissait présager un concert d'enfer, on se retrouve avec un groupe de musiciens prétentieux et un Gonjasufi acariâtre qui insulte le technicien pendant vingt bonnes minutes alors que ce dernier a visiblement fait de son mieux pour tenter de palier les problèmes de son récurrents de la B-Side. Une fois n'est pas coutume, on va largement préférer le disque que la bande semble malheureusement bien incapable de rendre en live.

1.11.10

Comment ça, "encore lui" ?


Coucou, devinez qui c'est!


Plus besoin de te le présenter puisque t'en sais déjà trop mais Buvette sort ces jours-ci son premier album et comme il est coolos, on en (rererererere)parle. Encore? Oui parce que Buvette, il est chouette.

BUVETTE
HOUSES AND VOICES 

Quarante minutes, c'est à peu près la durée d'un set. C'est aussi l'ensemble des huit titres que nous propose Buvette sur sa galette. Ainsi, si t'es suisse et que tu traines souvent à des concerts, tu sais déjà à quoi t'attendre. Pour les autres, ça tombe bien: Houses and Voices rassemble les meilleurs moments des lives tel le doggy bag - un petit concentré de plaisir à ramener à la maison.

"Lorsque je l'écoute en regardant tomber les feuilles jaunies par l'automne, l'image et la musique s'associent dans ma tête comme un Tétris. Je vois les samples s'entasser au fur et à mesure, jusqu'à former un ligne toute droite et ennuyeuse et disparaitre au profit de nouvelles constructions." témoigne une fan. En bref, de "Benzi Blues" à "Bottles", t'as des intros sobres qui s'étoffent de plus en plus avant d'exploser, portées par le martellement d'un gros tambour. Bien évidemment, on sent l'éternelle influence d'Animal Collective mais Buvette s'en sort en faisant shaker son booty à Panda Bear. Applaudissons au passage le gros effort fourni sur le chant, rythmé, presque parlé et la bonne orchestration de l'ensemble (genre tu peux écouter l'album d'un bout à l'autre et les morceaux s'enchainent naturellement). Big up aussi aux paroles de "Motril" ("...flying like unicorns" t'as vu).

En somme, Houses and Voices est un chouette album à avoir chez soi. Ne serais-ce que pour se rappeler de la première partie de tous tes concerts préférés (Toro Y Moi, Feldermelder ou encore Devendra Banhart...) en faisant la vaisselle.

Benzi Blues - Buvette

Forget the Mirrors - Buvette



+ #buvetteestpartout ce vendredi 5 novembre au QKC à Neuchâtel pour la Rowboat Party et aussi le samedi 27.11 à la Superette.

13.9.10

Pully pue pas.

Peut être déjà relégué dans les archives estampillées « été 2010 » pour certains, le For Noise de Pully mérite quand même une mention spéciale sur TEA. Parce que bon, hein, c’est quand même le meilleur des festis suisses. Un vrai coup de cœur pour nous. Donc, que vous ayez déjà repris ou non, on se permet de remuer un peu les souvenirs jaunis par le soleil avec un court bilan des concerts du week-end et ce, par ordre alphabétique arménien - parce qu’entre temps, on a progressé – mais toujours en commençant par la fin.


   
La chanteuse Julie a plus d'un tour dans son sac. Et si tu ne sais pas encore qu'à la base, c'est la chanteuse de Solange la Frange et qu'en vrai, personne ne s'appelle Solange dans le groupe, c'est de ta faute, t'avais qu'à lire plus attentivement. Bref, quand Julie en a fini avec sa crise capillaire, elle s'échappe parfois dans des contrées plus sombres et pare sa voix de tous les atours qu'elle mérite. Habillée de plumes elle a envoûté le parterre de ses incantations chamaniques (ou presque) et même si certains accords faisaient parfois un peu trop penser au groupe originel, on ne lui en veut pas. Parce que Your Fault, c'est plus que ça. Déjà, la formule basse-piano-batterie-guitare-choeur donne à l'ensemble une forme plus classique. Ensuite, les petites phrases prononcées un peu timidement entre deux chansons détonnent tellement avec ce qu'on à l'habitude d'entendre d'elle qu'on retient notre souffle pour saisir au mieux l'atmosphère feutrée. En somme, Your Fault, c'est Julie dans sa version plus intériorisée (et torturée - y a une chanson qui s'appelle "Sorry") mais pas chiante pour autant. D'ailleurs, un des morceaux s'appelle "Tea Time" : une preuve parmi d'autres que Your Fault est un projet à suivre.


Հիմար Գնալ (Fools Gold)
La bande californienne nous semblait, au début de l'année du moins, un concentré de bonne humeur pour l'été (coucou) et puis elle a déçu en massacrant les Local Natives sur un remix (qu'on vous laissera le soin de chercher). Nous avions donc des a priori assez négatifs avant le concert. Au final, le groupe s'est révélé très plaisant, une parfaite bande sonore pour la dégustation d''un gâteau safran-chocolat blanc. Toujours dominée par le mélange des influences sans pour autant virer dans un trip "musiques du monde", leur prestation se résume par cette phrase qu'on a entendue dans toutes les bouches : "Il est sympa ce groupe africain.". Ni plus, ni moins.

23.8.10

Le plus petit des grands festivals.

Ete 2010, les festivals sont monnaie courante au quatre coins du globe et nombreux sont ceux qui s'en sont allés user leurs baskets pas une, pas deux, mais bien sept fois devant diverses scènes et sur diverses pelouses; de quoi allonger la liste des "vus" et rayer joyeusement quelques noms de celle des "concerts fantasmes". Cela dit, si l'on regarde les moultes programmations d'un oeil critique de mélomane hypster au jugement facile, beaucoup d'affiches étaient estampillées de têtes d'affiches à gros cachet qui, non contentes de se faire payer un bras rapportent aussi gros (va pas me faire croire que les soudaines re-formations de grands dinosaures sont là rien que pour la musique). Alors, les festivals, tous victimes du système? Non! Un irréductible résiste encore contre l'envahisseur! Campé dans une petite cuvette à Pully, près de Lausanne, le petit suisse For Noise ose encore l'audace et la découverte pourtant si difficile à inculquer aux helvètes! Achevant ici toute prétention réac' de cette introduction (je ne suis pas là pour chercher des noises aha), laissez-moi vous énumérer les multiples raisons qui font du délicieux For Noise de Pully le plus petit des grands festivals ou tout simplement le meilleur.

- Coincée dans une dépression du paysage lémanique, la "grande" scène du festival avoisine le stade pour schtroumpf. Même la "Logia" des Eurockéennes ou le "Club Tent" du Paléo semblent grands à ses cotés. "C'est probablement le plus mainstage du monde" s'étonne le batteur de Jonsi "mais cela a son avantage: on acquiert une plus grande proximité avec le public". Pari gagné pour la plupart des groupes.

- Petit par ses dimensions, le For Noise l'est aussi par le nombre d'entrées. Cette année, 7000 personnes ont participé à la manifestation qui clôt cette 14è édition avec un bilan positif et la soirée du vendredi Sold Out. Une si petite affluence démarque le For Noise des grands raouts et s'avère agréable, surtout lorsque l'on arrive un peu juste pour un concert et qu'on parvient tout de même à se frayer un chemin à travers le public. Pourvu que ça dure.


- La programmation moins fournie qu'ailleurs parie plutôt sur la qualité que sur la quantité. Les prestations se chevauchent rarement et l'on a loisir de tout voir, sans trop se stresser. Elle comporte en outre de nombreux noms plutôt obscurs pour ton frère de 14 ans fan d'AC/DC, mais pointus pour d'autres. On y aura entre autre découvert un Jonsi pas tout à fait défait de la froideur islandaise mais tout de même touchant, Caribou grandis par la force de la batterie, The National énormes et sans surprise quant à la qualité du show, une Peaches en chaise roulante mais toujours indécente, Get Well Soon et The Fall un peu décevants puis Moderat, véritables dieux du clavier. Sans oublier le très sympathique Boogers et les chouettes Suisses Your Fault, Buvette et Mmmh!

31.7.10

#laminuttesuisse bis, avec le programme cette fois-ci

On vous en avait déjà un peu parlé : à la mi-août, deux festivals du sud-ouest de la Suisse attireront la TEAm comme deux croissants chauds et dorés sur l'étal d'un boulanger. Savoureux par leur programmation sans fausse prétention Nox Orae et For Noise affichent des artistes plutôt éloignés des habituelles autoroutes à gros cylindres et régaleront les mélomanes. En tout cas, nous, on mord à l'hameçon et on promet de vous en ramener de belles morses - ça va faire du bruit par ici. En attendant, on vous propose notre sélection toute fraichement sortie de la fournée Pully 2010. Prenez-en de la graine et sentez l'eau vous monter à la bouche.


FOR NOISE PULLY (CH) 19,20,21 AOUT 2010



19h : Après une excellente mise en bouche à Vevey (avec Uberreel, Ganglians, The Ruby Suns et Yeasayer - tous plus cools les uns que les autres), le jeudi en promet de belles. Surtout que c'est les pléonasmiques Local Natives (Ricains pur souche comme leur nom ne l'indique pas) qui s'occuperont d'ouvrir les festivités. Si l'on en croit les critiques glanées sur la toile, on partira à coup sûr du bon pied. Il faut dire qu'il n'y a pas vraiment de quoi en douter lorsque l'on passe Gorilla Manor sur nos platines "Wide Eyes" a vraiment la fibre d'un hymne.

20h : Par la suite, courte escapade à la scène Abraxas (le festival a trois scènes: la grande, l'Abraxas et le DeMovie Salon) où les Chaux-de-fonniers Telavator promettent un show "Toystoner" à base de jouets, mais dans un registre moins féérique que Ödland. Pourquoi pas.
Cela dit, à une demie-heure près, on annonce Caribou sur la grande scène. Un beau moment planant en perspective. Mais si on n'aime vraiment que "Odessa", il sera alors plus que temps d'aller se ravitailler au stand Gruyère. Ca, c'est vraiment tentant.

22h30 : Armées de délicieux sandwichs à la fondue, nous ferons volontiers l'impasse sur MHBTCW pour prendre des forces en toute tranquillité en vue de la baffe que promet Jonsì. Sorte de Björk au masculin, le chanteur de Sigur Ròs a choisi de laisser à Pully "une indélébile empreinte de sonorités veloutées, de lumières spectrales et de visuels volcaniques. Préférant un public de connaisseurs aux curieux badauds des habituels grands raouts". Voilà qui est de meilleure augure. On s'avancerait même à l'annoncer comme le clou de la soirée. Surtout que "Go Do" est une superbe chanson aux allures d'ode aux chants d'oiseaux et aux plumes colorées.

Encore toutes frissonnantes d'émotion, nous aventurerons nous au Dj set de Tanguy ? A voir... mais peut être auront nous plutôt besoin de repos d'ici le vendredi qui s'annonce rock sombre et sentimental.

25.7.10

Dankeschön Devendra

Devendra Banhart a un nom à coucher dehors, une voix légèrement éraillée et une attitude néo hippie tellement assumée qu'il ne fait même pas singe. De toute façon, venant de lui, n'importe quoi parait cool. La preuve : dans la TEAm, on doit totaliser un quart des vues du clip de Foolin et on a déjà revu notre jugement sur les hommes à barbe depuis belle lurette. Alors vous comprenez, quand on apprend qu'il se pointe à Zurich pour une unique date en Suisse, rien ni personne ne pouvait nous empêcher d'y aller. Pas même Kitsuné au MJF.


DEVENDRA BANHART
@Kaufleuten, Zürich
13/07/10

La soirée débutait avec Buvette, un suisse plus vraiment inconnu au bataillon (on l'a vu là et là, il sera aussi là et aux dernières nouvelles, il préparerait actuellement un album #buvetteestpartout) qui n'a pourtant pas fini de nous étonner. En effet, alors que le set vu et revu commençait à lasser, le jeune veveysan, apparemment fort de son voyage aux Etats-Unis, a étoffé son live de quelques nouveaux morceaux plus personnels (autrement dit, on pense moins à Animal Collective) et abandonné les visuels. Du coup, on n'a plus de méduses à mater et plus de temps pour se concentrer. On découvre alors "Top Pub Song", "Benzi Blues" et "Motril" rien que pour la musique (et on vous conseille vivement d’en faire autant, si ce n’est pas déjà fait). C'est beau, parfois planant, parfois dansant - une superbe mise en bouche qui convainc aussi les Zurichois agglutinés dans la fosse. Gratifié d'applaudissements fournis et mérités, Buvette s'éclipse au bout de quarante-cinq minutes avec un timide "Dankeschön" pour laisser place à Dieu-Devendra Banhart et sa bande de Grogs (et partir de là, plus aucune objectivité n'est garantie).

Pour commencer, il faut savoir que Devendra est beau à tomber. Jadis émacié, chevelu et exagérément barbu, l'homme s'est quelque peu remplumé (mais il reste maigre, y a de la marge) et a calmé ses ardeurs primitives en matière de poils pour arborer barbe et cheveux dans leur version courte. Heureusement d'ailleurs, parce qu'avec les tendances caniculaires du moment, on aurait plutôt tendance à tomber la chemise (ce qu’il fait d’ailleurs en fin de concert, découvrant - entre autres - un tatouage de bison sur son torse).

16.7.10

Jazz mon cul



Jeudi dernier, la TEAm est allée au Montreux Jazz Festival voir les Midnight Juggernauts, Shy Child et Buvette. Même que les trois prestations étaient gégènes. De cette expérience socialo-ethno-politico-culturelle, la Française de la TEAm vous dresse une liste des raisons (bonnes ou mauvaises) d'aller au Montreux Jazz Café.


TEA @ MJF

Buvette

Shy Child

Midnight Juggernauts


- Le Montreux Jazz Café trouve son intérêt premier dans son prix : il est gra-tuit. Et la prog ne sent même pas le poney. Cette année, il y a(vait) par exemple The Drums, Midnight Juggernauts, Uffie, Delphic, Fanfarlo, Ghinzu en Club Show, Blood Red Shoes, Wax Tailor... tout ça pour zéro franc ! (oui, en Suisse ils ont encore les francs) Et le mieux dans tout ça, c'est de regarder le prix des concerts payants (380 francs soit 280 euros pour voir Phil Collins, 64 euros pour les Dead Weather et The Black Box Revelation !). En gros, le Montreux Jazz Café, c'est un peu le seul lieu du festival que vous pouvez vous permettre.

- C'est à Montreux. Au bord du lac Léman, c'est beau, c'est dans les montagnes, les maisons sont pas comme par chez nous, ça donne un côté très exotique à la chose.

- Montreux est en Suisse. Se délecter de l'accent de ses habitants peut être une activité passionnante à elle seule. Vous pourrez apprendre ce que c'est que se foehner les mains, que "miss" n'est pas encore une expression has been chez eux, qu'on dit "nonante" et "septante" mais pas "huitante", faut pas déconner, et qu'on téléphone avec un natel. Vous aurez aussi la possibilité de parler vite pour voir s'ils arrivent à vous comprendre ou non, ou encore d'aller causer avec les Suisses Allemands au langage barbare. Pour continuer dans le folklore suisse, vous aurez pris soin auparavant d'acheter des trucs à la Migros. Mais ils ne vendent pas d'alcool donc riches comme Crésus ou pas, vous devrez payer 5 francs pour une bière (c'est cher la Suisse). Les pizzas aussi coûtent un bras et la garniture ne tient même pas, pour info.

-Le Montreux Jazz Café n'est ouvert qu'au plus de 18 ans. Et même si le contrôle fait un peu défaut, le risque de se faire écraser les pieds par des fifilles de 15 ans est minime, et ça c'est appréciable.

-Vous y croiserez le gratin suisse. Par gratin, on entend les artistes underground coolos, pas les fils de banquiers. Le problème, c'est que vous ne savez pas vraiment à quoi ils ressemblent. Mais puisqu'on vous à dit que la hype était là, vous y croyez. La prochaine fois, pensez à vous faire un trombinoscope avant d'y aller. Et puis le Montreux Jazz Café est sûrement l'endroit où on voit la plus grosse concentration de Suisses bien habillés. Par contre, les miss en robe de soirée pour le concert des Midnight Juggernauts = non.

24.3.10

Oh non, des kamikazes!


Vous rappelez-vous du concert de Buvette et Oh No Ono, suivit de l'interview de Buvette? Et bien figurez vous que la TEAm fut sacrément chanceuse ce soir là. Avisant Nis le danois au merchandising, elle s'est précipitée pour poser 2-3 questions. Une discussion qui a aboutit au loges, sous la forme d'une petite interview improvisée. Inattendu et inhabituel, l'interrogatoire n'était pourtant pas tendu. Nis (en haut) était très gentil. Et Malthe (en bas) aussi.


INTERVIEW OH NO ONO

TEA : Salut, salut. Qu’est-ce qui est jaune et qui dort tout seul?
…
Yoko Ono.
Nis : Aha. Violent.
Alors, quel bon vent vous a amené par ici ? (on vous dit, on ne s'attendait pas à les voir)
Nous sommes en tournée. Nous avons déjà parcouru la Scandinavie et avons joué à Paris hier.
Ca sent le lendemain de noce à plein nez. Tous semblent épuisés :
Nous étions avec des amis. Théoriquement, nous aurions dû partir à huit heures ce matin mais finalement ce fut dix. Nous avons voyagé avec nos costumes et à la douane, un chien a fouillé notre van à la recherche de drogues.
Malhte : Ce soir, je l’ai jouée sobre. Normalement, j’ai du maquillage et tout mais quand je me suis réveillé ce matin – il a dû dormir dans le bus pour surveiller les instruments – ça s’était étalé sur tout mon visage. C’était beaucoup trop pénible à démaquiller pour que je recommence ce soir.


Votre album est sorti peu avant Pâques. D’où vient cette passion pour les œufs?

Nous ne savions pas comment le nommer. Rien ne semblait juste. Pendant longtemps, nous cherchions quelque chose de représentatif pour notre musique et puis rien n’allait. Tout semblait trop long ou trop compliqué. Finalement on a eut cette idée d’une couverture avec plein de “o” - parce qu’on a plein de “o” dans notre nom. Donc à la base, c’était une idée graphique qui a abouti à “eggs” parce que tous ces “o” ressemblaient à des œufs.
Vous pouvez l’interpréter comme vous voulez. Un journaliste à récemment inventé tout une théorie à base d’œuf, qui serait le commencement…
Qui était avant, la poule ou l’œuf ?
(Rires) Oui, c’est un peu ce genre de raisonnement.
Il pensait que les œufs étaient une référence aux chansons… je sais plus. Au fond, on peut interpréter ça comme on veut. A la base, c’était juste une idée esthétique mais c’est sympa si les gens essaient d’y donner un sens. En fait, nous mêmes ne savons pas ce que ce nom signifie. On ne décide pas vraiment.
Vu qu’on parle de noms, pourquoi Oh No Ono ? Parce que Yoko Ono ?
Aha, non, pas vraiment. C’était au commencement du groupe – je n’en faisais pas encore partie, ils ont commencé en 2003 et je joue avec depuis le premier album, en 2005 – l’idée de base c’était d’avoir quelque chose de différent. Pas un nom avec «The » devant.
En fait, en ce temps là, il y avait plein de musique ennuyeuse qui était jouée et la scène musicale nous ennuyait alors nous pensions qu’il serait approprié d’avoir un nom avec « On No ! ». En plus, ça sonne bien.

10.3.10

"Le thé, je le fume"

Il n'y a pas si longtemps, en suisse-romande, nous sommes allées voir Buvette. A la base, nous voulions juste boire un verre et lui poser quelques questions. Mais la soirée fut pleine d'imprévus et après avoir squatté Oh No Ono, on se retrouva à parler Suisse dans des loges, à 3 heures du matin. Inopiné.


INTERVIEW BUVETTE

Qui est Buvette ?
Je m’appelle Cédric - Buvette sur scène – et je fais de la musique vraie qui pourrait être classée comme...dub pop synthétique, pop sacrée ou pop sacrée dub ou encore kraut héroïque.
En fait, tu fais du « collage musical »
Je ne sais pas si c’est vraiment du collage. En fait, j’ai 2 samples. C’est l’instrument que j’utilise le plus sur scène.
Je joue d’abord des sons que j’ai enregistré moi-même et qui sont au même rythme. Ils défilent les uns après les autres et je dois lancer au bon moment. Dans ce sens là, oui, c’est du collage.
En fait, en live, je fais défiler des sons qui ont été enregistrés à l’avance et je rajoute plusieurs effets. Par-dessus, je rajoute encore plusieurs claviers mais ça c’est plutôt instinctif, ça change un peu à chaque fois.
Et tu chantes aussi.
Oui, j’ai des paroles qui sont importantes pour moi et qui sont toujours les mêmes


Buvette, The Mondrians, ton label – tu cumules les projets. Es-tu un drogué du travail ?

Non, j’ai justement arrêté de travailler pour faire plein de trucs qui me plaisent vraiment pour de vrai.
Et ça marche ?
Ca marche disons…on est dans une société où il faut avoir de la thune pour payer tes factures, payer ton loyer, payer toutes ces conneries et c’est pas du tout avec la musique que je le fais.
Je donne des concerts en jouant tout seul ou avec mon groupe ou bien en m’occupant de ce label et c’est des trucs que j’ai vraiment envie de faire et aucun des trois me fait gagner ma vie.
En jouant tout seul je gagne, je sais pas, un tiers de ce qu’il me faut pour vivre, parfois plus, ça dépend du nombre de concerts, mais je ne pense pas être un drogué du travail. J’ai juste envie de faire ce que j’aime et de les faire pour de vrai, avec passion parce que c’est vraiment ce qu’il me plait.
A la base, je suis photographe, je fais encore quelques mandats de photo mais j’ai un peu décroché de l’image. Je fais essentiellement de la musique et je n’ai jamais vraiment réussit à faire de la musique et des images en même temps.
C’est quand même toi qui a fait les projections canon (qui sont projetées pendant les lives) ?
Non, c’est Mathias et Charlotte, qui les ont faites ensemble. Je les ai vues et puis je leur ai dit ce que j’aimais ou pas.
Il les ont faites en fonction de la musique ?
Oui mais…

3.3.10

Après les collages de la maternelle, on se recycle dans la musique. Oh oui.

Que vous aimiez boire ou non, les soirées au Romandie sont toujours un peu bizarres. A commencer par la faune : les gens "alternatifs" et "arty" s’y affichent en veux tu en voilà et paient leurs 15CHF (amis français, ceci est le signe pour dire "franc suisse") d'entrée sans rechigner et sans connaître ne serait-ce que le nom du groupe programmé. Mais on s’en fiche, parce que la prog’ est en général bonne. Vendredi dernier, on y allait pour Buvette et Oh No Ono. Non, vraiment ?

BUVETTE + OH NO ONO
@ LE ROMANDIE 26/02/10
L’apéritif se prend donc ce soir là à la buvette. Le jeune homme en t-shirt à rayures est caché derrière ses samples et ses claviers et nous fait comprendre un peu mieux la notion de "collage musical" (l’explication perso dans son interview à venir). Cumulant les couches sonores, il plonge la salle dans une ambiance un peu méditative et comment dire…spatiale. Des rythmes, des voix lointaines ou live, des claviers, des maracas. Tout est calculé, joué avec minutie. Cela s’apparente à la bande son d’une fin de soirée passée dans le flou, une berceuse ou encore mieux, l’atmosphère d’un lever de soleil ou un fond marin. Indéfinissable en soi, le style de Buvette mélange les influences et les époques (c’est d’ailleurs un garçon extrêmement cultivé qui s’occupe du service). Tantôt dansant (comme "Motril" – le tube ! - à écouter sur son myspace) ou carrément glauque, il y a toujours quelque chose d’un peu pesant ou légèrement flippant. C’est ce qui rend le projet attirant.
Comme si la musique ne suffisait pas, Buvette s’accompagne de projections de danseurs à la musculature de cheval, de méduses, d’explosions, etc. Captivantes selon les uns, inutiles selon les autres, elles ne laissent en tout cas pas indifférent.