L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
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4.9.14

[GUEST 12] Un été au poil

[GUEST 12 : Christophe (Bon pour les oreilles)]

Je vous préviens d’entrée, le titre de cet article n’a rien à voir avec la météo exécrable qui a marqué cet été. Si c’est ce genre de chose qui vous intéresse, allez plutôt réécouter "Quel été 2000" de Mathieu Boogaerts, jolie chanson inspirée par un autre été pourri (parce que oui, 2014 n’était pas le premier été pourri qu’a connu l’humanité).

Cet avertissement passé, passons à la confession : le titre de cet article est tout de même un jeu de mots facile. Un jeu de mots autour de la pilosité des trois artistes qui ont marqué mon été. Mais bon, faute avouée à moitié pardonnée, non ? Donc passons à la suite, façon carnet de route.

Neuchâtel - 4/7/14

Depuis presque dix ans que je fais ce métier, je n’ai mis les pieds qu’une fois au NIFFF. Mais j’ai signé plusieurs papiers liés aux thématiques explorées par le festival, du zombie politique à l’uchronie helvétique. Autant dire que je suis ravi d’y aller, pour une fois, après l’ouverture des portes. Et qui plus est pour y rencontrer un artiste invité.

George RR Martin a des airs de Père Noël en civil. La barbe fournie, les lunettes épaisses, les bretelles d’un autre temps. Pas aussi vieux que celui très médiéval de Game Of Thrones, mais pas loin. Contrairement à de nombreuses stars, le bonhomme s’avère généreux en interview, dans le propos comme la durée (une grosse vingtaine de minutes, ce qui n’est pas rien, quand on sait que Pharrell Williams fait dans les cinq minutes).

Preuve que l’auteur n’oublie pas ses premiers fans, ni d’où il vient. Malgré le succès mondial, il consacre toujours deux mois de l’année à voyager pour rencontrer ses lecteurs, entre festivals et conventions. Seule différence : son agenda est désormais booké pour les cinq années à venir. Précis, attentif, réfléchi, Martin se livre un peu, des histoires qu’il rédigeait enfant pour les gamins du quartier aux premières lignes de son épopée de tous les records. Et soudain, il s’interrompt, tandis que résonne sur le lac, au loin, la sonnerie d’un bateau. Un coup. Deux coups. Trois coups. Et de lâcher, mi-rigolard, mi-prophétique, un profond "Winter is coming".

24.6.14

Falafel deluxe

La Kilbi et moi, on a une relation basée sur l'amour et l'émerveillement. Ca fait plusieurs années qu'on se rencarde et elle est toujours aussi intéressante. Ah ça, elle a du goût, la Kilbi. Comme un falafel "deluxe", avec tous les légumes qui suintent et la sauce blanche qui macule le menton. Je lui ai déjà chanté la sérénade en long, en large et en travers, à un moment on était même assez à l’aise pour se poser des questions pas simples, genre "qu’est-ce qui fait un bon concert ?". Et pour le coup, ça tombait bien, parce que c’est un peu sa spécialité, les bons concerts. La preuve avec cette nouvelle édition du festival, qui nous a fait découvrir des groupes dont j’aurais envie de graver le nom en lettres capitales, dorées et constellées de paillettes dans l’écorce des arbres et sur les cadenas du Pont des Arts. Jusqu’à ce qu’on s’écroule tous.
image: bad bonn
BAD BONN KILBI 2014
29.-31.05.2014
Düdingen

/ GOAT / MERIDIAN BROTHERS / BOMBINO / ACID ARAB /
Ces groupes là sont de bons mélanges de genres. Si on avait passé la quarantaine on dirait "du métissage", mais ça fait un peu babs et macramé alors on préfère parler de bouillabaisse globalisée. En gros, une partie des meilleurs concerts de la Kilbi 2014 étaient basés sur des mix de cultures. Non pas qu’on cherche ici à prendre des airs condescendants en applaudissant la présence d’un djembé dans un groupe de rock-psyché. Au contraire, on parle plutôt d’un melting pot comme il y en a toujours eu dans l’histoire de la pop music. Une réappropriation de codes fortement connotés, comme par exemple de la rumba, remixés avec des trucs qui n’ont à priori rien à voir, genre un synthé aux sonorités intergalactiques. Et à la fin ça donne MERIDIAN BROTHERS, un groupe colombien génial, dont la facétieuse reprise de "Purple Haze" suffit à me mettre la larme à l’œil. Il faut les voir ces bougres, insérer des effets rigolos dans des classiques de salsa pour un résultat digne d’AtomTM reprenant Kraftwerk avec son orchestre chilien fictif Senor Coconut :
En plus ils portent bien la chemise en satin.

2.10.13

"Notre festival est né sous une mauvaise étoile"

Cultiver sa différence pour se démarquer peut être pratiqué à tous les niveaux. Pour le festival Nox Orae, ce signe distinctif pourrait bien être la météo de merde. Explications: 


dessin: lemon

NOX ORAE
La Tour-de-Peilz, 6-7/9/13

Cet été encore, il a plu au Nox Orae. Hyper même, comme "vache qui pisse" dirait tonton René. Et on a eu droit en prime à un orage si violent que "le Nox" a dû être interrompu aussi sec. BAM. Avec deux annulations à la clé (Junip et Bombino). C'était triste, mais pas autant que de voir les pauvres organisateurs condamnés à courir dans tous les sens pour tenter de sauver ce qui était sauvable. Ils nous ont broyé le coeur les petits. Quand on sait le travail acharné et semé d'embuches que c'est de monter un festival, même minuscule, il y a de quoi s'apitoyer (à moins d'être insensible comme cette grosse pute de météo). Mais qu'on se rassure, il est probable que malgré tout, les organisateurs remettrons le couvert l'an prochain: "Il est encore un peu tôt pour dire s'il y aura une cinquième édition mais comme nous pratiquons un budget réaliste, nous devrions pouvoir limiter les dégâts afin de pouvoir revenir au Jardin Roussy de la Tour-de-Peilz.". Tout peut encore arriver. En tout cas, l'occasion est bonne pour discuter un tantinet de la pertinence d'un tel festival. C'est vrai au fond, pourquoi s'acharner à planter une mini-scène au bord du lac Léman? Est-ce que tout ça a encore un sens dans un pays saturé de festivals?

En fait, il n'y aurait jamais dû y avoir de Nox Orae: "Nous n'avions jamais décidé de faire un festival." confie Joël Bovy co-fondateur et co-programmateur de l'événement en racontant la genèse de son bébé: "Ca a commencé par hasard en 2010 quand, avec Maude, nous étions programmateurs du Rocking-Chair et que nous voulions absolument faire venir Yeasayer... La seule date qui jouait était hors ouverture de notre salle, du coup, nous avons eu l'idée de les faire jouer au bords du lac, en tentant le pari fou d'inviter trois autres groupes à se produire à leurs côtés. Le risque a payé et malgré la pluie, l'affluence a été bonne: le Nox Orae était né!". Forte de ce premier beau succès, l'équipe décide de se relancer chaque année jusqu'en septembre dernier. Les affiches de qualité se succèdent, aussi bien au niveau graphique qu'au niveau des noms écrits dessus:

29.7.13

[GUEST 3] Retrograde

[Guest : Juliette Gaudino]

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13.5.13

Redevenir mignonne

ALBA LUA
INNER SEASONS

Depuis deux ou trois ans, j'en ai marre d'être une fille mignonne. En musique, en tout cas. Les mélodies délicates et les chants joyeux et choupinets m'angoissent. Je fuis les garçons aux guitares acoustiques comme un fan d'emo craint la lumière. Tout ce qui ressemble de près ou de loin au folk m'ennuie profondément. Je suis devenue une connasse qui n'aime que les morceaux putassiers ou bien costauds. 

Il y a des exceptions. Je reste une immense fan de Belle & Sebastian et le récent disque de Jacco Gardner a tourné dans mon appartement sans que mes oreilles ne le rejettent. En vrai, je pense qu'on a tous besoin d'écouter des choses apaisantes et belles et subtiles, mais il y a des moments où les musiques acoustiques sonnent juste fades, et on a besoin d'une claque bien violente. Je pense avoir passé cette étape. Oh merde, je vieillis. Le printemps me rend toute chose et j'ai décidé, au milieu de mes révisions de fin d'année, de trouver une bande son appropriée à mes envies de grand air, de soleil et d'excursions à la dune du Pyla. Comme un signe du destin, Alba Lua en a profité pour sortir son premier album au même moment. 

Quand je vivais à Bordeaux, charmante époque, je passais mes soirées dans les caves à écouter du garage, ça envoyait, c'était parfait. Mais j'ai développé aussi dans le même temps un intérêt étrange pour Alba Lua, étrange, car ce n'est pas vraiment le genre de la maison. C'est peut être cette différence qui plaisait, au fond, un peu de rêverie au milieu de la scène rock bordelaise. Le trio délivrait des concerts mémorables, où l'on s'imaginait ailleurs, la guitare chantait, la batterie était douce, la voix étonnante (le kit presse parle de "chant d'homme-sirène", ce qui me renvoie à l'image malheureuse de dauphins qui crient, mais on comprend l'analogie). C'était mignon, mais incroyablement pas chiant. 

28.9.12

Summer crush

A l'école, la première rédaction portait toujours sur les trucs qu'on avait fait en vacances. Des activités forcément trop cools parce qu'on n'avait pas encore l'âge de passer l'été à trimer histoire d'avoir de quoi se payer une vie. Cette semaine on a fait nos listes d'amours de vacances dans le même esprit nostalgique et la même envie d'y retourner là maintenant tout de suite.

SUMMER CRUSH

❤ M a r i e ❤

❤ A n n e - V a l é r i e ❤

25.9.12

C'était l'été



Une playlist sur tout ce dont on ne vous a pas parlé cet été mais qu'on a beaucoup aimé quand même. A écouter à la chaleur timide (très timide) des rayons d'automne, emmitouflé comme un bibendum sur son balcon.


☼ ☼ ☼

"Elephant" - Tame Impala
"Losing Control" - Holy Balm
"Love Like A Flower" - Baby Woodrose
"Let It Bleed" - Goat
"Cheap Thrills" - Present Moment
"Unicorn" - Sweatshirt
"Today's Supernatural" - Animal Collective
"So Nice" - Thee Oh Sees 

☼ ☼ ☼

9.7.12

GUESTLIST 2012


C'est l'été sur TEA. On s'offre de petites vacances mais le site, lui, continue de tourner sans nous. Parce que, comme en 2010 et en 2011, on a invité des gens qu'on estime intéressants à poster un article sur TEA en leur donnant carte blanche. On espère que vous aimerez ces nouveaux summer guests autant que nous, il y a du niveau. 

Et puis nous resterons quand même dans les parages pour écrire des chroniques de festivals. Pour rester bien connectés, abonnez vous via Blogger, Facebook, ou Twitter. 

Bisous mon coeur, bon été.

18.8.11

I (still) Want The Sun

L'été, il y a les grands raouts et puis il y a les autres. Inutile de préciser auxquels va ma préférence. Attelons-nous donc d'office à un exemple concret : soit le Nox Orae. Sis au bord du Léman, à la Tour-de-Peilz à côté de Vevey précisément, ce tout petit, tout jeune festival en est à sa deuxième édition. L'an passé déjà, on s'était pas mal extasiées sur la soirée cool que ç'allait être (et a effectivement été). Cette année, comme dit, l'association ATAC et le RKC ont remis le couvert, en doublant les bouchées. Étoffée d'une seconde soirée, l'affiche faisait la part belle aux exclusivités suisses (3/8 noms) ainsi qu'aux artistes locaux (4/8). Un week-end à ne pas manquer. On était au taquet.

LE FESTIVAL DES MUSIQUES ACTUELLES 2011
(avec des photos Anh Phi / Voluume.fr )

◊ Samedi - Forever Connan Love ◊
Premier jour sur la Riviera, on a goûté au soleil et à la plage - petits plaisirs simples de la vie avant les concerts, ça passe crème. Puis le festival a ouvert ses portes et Wolf & Rhino ont ouvert la marche. Ils n'ont pas vraiment convaincu, car si leur demo passait encore, le résultat sur scène s'avérait plutôt ennuyeux. Les quatre gars, trop gavés de Pink Floyd pour parvenir à s'en dépêtrer, ont donné l'impression d'une jam interminable et on s'est vite lassés, surtout qu'il n'y avait pas de chant. Pas que ce soit une condition sine qua non, mais 'faut pas abuser non plus. Par la suite, le suisse-allemand Fai Baba (qu'on avait pu découvrir sur la cassette Summer Hits, l'été passé) a d'ailleurs prouvé qu'il est possible de s'éterniser sur une session de quelques accords lorsque l'on entrecoupe la chose en chantant, hurlant presque, la rage au ventre. On aime mieux ça.
Ensuite venait la bonne surprise de la soirée. Merveilleuse surprise devrais-je même dire. Car on s'attendait à un truc mou du genou. Trop pas. En fait, Connan Mockasin est non seulement trop adorable, il joue aussi très bien sur scène. Sa voix transgenre, son jeu de guitare atypique, ses compositions oniriques, d'excellents musiciens en accompagnement et une bonne alchimie avec le public ce soir là ont fait du concert un moment privilégié. Déjà, on était super bien dès le premier morceau, puis le deuxième ("It's Choade My Dear"), puis le troisième, puis... on en pouvait plus, au final, quand il a commencé "Forever Dolphin Love", en nous invitant à chanter avec lui "ah ah ah ah ah ah" aaaaaaaaaah. C'était tout beau. Et le mieux c'est qu'après, il ne pouvait se résoudre à quitter la scène, entammant un dernier morceau dans lequel le batteur s'est lancé au pied levé et que le public était censé reprendre en chœur. Mais il faut bien l'avouer, soit on était trop charmé pour sortir des sons corrects, soit les gens sont vraiment nazes, parce que ça ne donnait pas incroyablement bien.  Malgré tout, Connan a dit qu'on était un super public et est reparti avec un sourire plus grand que lui. On me murmure à l'oreille qu'il serait tombé amoureux de Vevey. Vraiment trop mignon.
Avec du recul, on aurait préféré en rester là et garder pour la nuit des petites étoiles dans les yeux. Mais non, Crystal Stilts sont venus tout gâcher. La faute au réglage foireux du son, qui rendait la voix de Brad Harget quasi inaudible? A moins que ce ne soit le groupe lui même, qui, à l'exception du mec au synthé (un "home-made" parait-il) montrait trop peu d'enthousiasme pour être honnête ? Grosse déception pour ma part, surtout quand ils massacrent "Shake the Shackles" qui est quand même une de mes chansons préférées. Ils tournaient en rond et on s'est enfuit.

8.6.11

Kilbi II


BAD BONN KILBI
26, 27, 28 mai 2011

Après avoir bien aimé la première soirée, je suis repartie pour deux nouvelles journées de festival à Düdingen. J'y ai trouvé quelques supercalifragilisticexpialidocious concerts et fait des rencontres rigolotes tout en oubliant de dormir, ce qui peut avoir ses conséquences. Second volet des aventures de TEA au Kilbi, sans chat pour cette fois.

VENDREDI// "Gonjasufi, petit zizi. Caribou, gros matou."
Retour dans l'arène avec de gros nuages gris, ça caille un peu. Encore une fois, je rate honteusement le truc à voir : Julianna Barwick. Mais j'ai une excuse valable : j'ai loupé mon train à cause de la "Fête de Pérolles" (un rassemblement de cavaliers endimanchés qui empêche tout le monde d'atteindre la gare). Grosse haine pour bien commencer la soirée, check. Mais heureusement, ça a plutôt tendance à s'améliorer par la suite avec notamment Akron/Family sur la grande scène. Les deux barbus et le batteur servent un répertoire assez trippé à inspiration ethnique qui passe moyen en CD mais qui, en live, fait bien plaisir. Après, on est peut-être pas 100% convaincues par les chorégraphies que le chanteur tient absolument à nous faire faire mais au fond, l'humour et la bonne humeur du groupe sont plutôt contagieux. Mention aussi aux changements de rythmes inopinés qui ponctuent leurs compositions (et sans lesquelles on s'ennuierait, très probablement). 

Bâtonnets de carotte et Blévitas.
Arrive ensuite l'heure des Crystal Fighters, pathétiques. Depuis leur prestation un peu simpliste à la Superette il y a deux ans, ils ont gagné en membres et en cheveux mais si le concert à la Case à Choc passait encore tellement c'était brouillon/punk, ici, c'est juste horrible. Des pseudo-tubes incarnés par un chanteur tellement pété qu'il voit même plus ses pieds. J'ai préféré passer mon chemin et grignoter des carottes en attendant la suite soit The Tallest Man On Earth qui déçoit aussi. Alors qu'il avait cassé la baraque au Fri-Son cet hiver, il fait juste figure d'un song-writer romantique mou du genou là. Vient Gonjasufi que beaucoup attendaient au tournant. Mais encore une fois, grosse déception. Alors que la bombe "A Sufi And A Killer" laissait présager un concert d'enfer, on se retrouve avec un groupe de musiciens prétentieux et un Gonjasufi acariâtre qui insulte le technicien pendant vingt bonnes minutes alors que ce dernier a visiblement fait de son mieux pour tenter de palier les problèmes de son récurrents de la B-Side. Une fois n'est pas coutume, on va largement préférer le disque que la bande semble malheureusement bien incapable de rendre en live.

7.6.11

Kilbi Killed Me (part 1)

BAD BONN KILBI
26, 27, 28 mai 2011

Oui, oui, oui, on est un peu à la traine avec notre chronique du Kilbi, on regrette et on compense avec une photo de chat. Bref, après avoir crié aux monts et merveilles en découvrant la programmation du Bad Bonn Kilbi en mars dernier, l'antenne suisse de TEA a finit par y mettre les pieds le week-end dernier. Et figurez-vous que pour une première, c'était une grande première. Chronique en deux volets d'un festival fait de beaucoup de hauts et de quelques bas (parmi lesquels, le spasme de la mort que se sont payé mes jambes lors du dernier concert). On espère que vous n'en avez pas déjà marre.

"Putain mais il est où ce Bad Bonn?"
Il y a 50 ans, un petit bout de patrimoine fribourgeois se noyait dans les eaux d'un tout nouveau lac. Le hameau en question avait beau abriter les plus anciennes thermes du pays, il fut sacrifié pour l'électricité que fournit dès lors le barrage de Schiffenen. Depuis, de l'eau a coulé dans les turbines (de la vapeur aussi, mais on essaie d'arrêter) et le nom "Bad Bonn" subsiste encore, grand et blanc sur la façade d'un petit club perdu au milieu des champs.
Perdu, c'est le mot. On m'avait dit "dix minutes à pieds, tout droit, en sortant de la gare" mais comme j'ai commencé par sortir de ladite gare du mauvais côté, j'étais pas rendue. Départ du bon pied, donc, dès le jeudi. Par la suite, j'ai trouvé le chemin balisé, et même décoré avec, euh, fantaisie; alors s'est allé tranquillou. Pour info, la bonne sortie, c'est celle vers la fabrique de fromage.


28.4.11

playlist : les beaux jours sous la couette


Tandis que mon acolyte fait des feux de camp autour de ses lacs et montagnes, je ne demande qu'à me prélasser toute la journée sous la couette, la fenêtre ouverte, une tasse de thé à côté de moi. C'est ma façon de profiter des beaux jours. Je ne prétends pas avoir trouvé la bande son idéale pour ça, seulement celle qui me plaît. Comme je suis bien gentille des fois, je vous en ai fait une playlist Youtube, et c'est ICI que ça se passe. 

17.4.11

Summer Wurst

Ca y est, c’est (presque) l’été. La preuve : les vaches sont de retour dans le pré à côté de chez moi. J’avais fini par croire qu’on allait y construire un immeuble, mais apparement ça attendra. Alors quand j’ai percuté l’enclos fraichement planté en voulant couper à travers champ comme d’hab, ça m’a réchauffé le cœur d’un coup. Perdre un raccourci pour un concert de cloches, c’est un peu comme si je découvrais que la vaisselle se faisait toute seule si on la laissait trainer vraiment longtemps à côté de l’évier. Un petit mal pour un GRAND BIEN. Bon après, y a les shorts que j’ai ressorti de l’armoire aussi, et puis la crème à épiler qui creuse un grand trou dans le budget ainsi que les coups de soleil que j’attrape systématiquement. Se poser à l’ombre n’y changeant absolument rien. Donc voilà, n’en déplaise à la petite dépression atmosphérique que s’offre le ciel en ce moment, les signes sont plus que clairs : l’été est de retour ! TEA vous propose de l’accueillir à bras ouverts et gorge déployée avec une playlist spéciale « noce au bordu ».


"In the Summertime" - Mungo Jerry
(à moins que vous de préfériez la version Shaggy)

Que je m’explique : le « bordu » c’est le petit nom qu’on donne au bord du lac chez nous. C’est un peu comme si on disait « la plage » tu vois, sauf que « bordu » c’est plus général et qu’après, on se donne rendez-vous plus précisément à la plage de Serrières, de St Blaise ou encore à la Pointe du Grain. Vous situez ? Bon. Après, ça vous étonne peut-être que je saute des vaches au truites, alors je vous éclaire : grandir aux abords d’un lac, ça te forge un amour sans limite pour ladite étendue d’eau. Alors, la lacustre en moi a beau avoir déménagé au pays des vacherins, l’appel du lac sera toujours plus fort. Surtout que qui dit que beau temps dit forcément soirée, bières et saucisses – en bref, tout l’attirail digne d’une « noce » au « bordu ». Vla pour le contexte.

"King of the Beach" – Wavves

Un autre truc qu’est cool avec le lac, c’est que ça rend tout meilleur. Franchement, vous mangeriez du cervelas s’il vous l’aviez pas grillé avec amour au bout d’une pauvre brindille taillée en pointe ? Et quand vous vous baignez, ça vous pose un vrai problème de savoir que y a des poux de canard (sisi ça existe) et que ça risque de vous irriter à mort une fois de retour au bercail ? Non vraiment, au bordu, the living's easy. Une sorte de rythme tranquille à la "Sea Sex and Sun". En un mot : la vie. Et la vie, c’est encore mieux avec de la musique. Et la musique, c’est encore mieux en vrai. Alors pour autant que vous ayez des potes un brin musicos, la noce peut aussi se transformer en jam session, un pot pourri de chansons bonnes et moins bonnes (oui parce ça nous arrive aussi de laisser nos goûts de connasses au placard) tant que tout le monde participe, que ce soit à la vieille guitare pourrie ou aux claves improvisées avec deux cadavres de bière.

19.8.10

I Want The Sun

La Tour-de-Peilz (prononcez "tour de pet") est un joli petit bourg au bord du Léman, dont les principales attractions sont, comme le nom l'indique, une petite tour médiévale et un château qui donnent à ce coin de Riviera vaudoise un charme tout particulier. A priori, seule une balade dominicale en famille nous y aurait fait mettre les pieds. Mais le destin en a voulu autrement et le Rocking Chair, instigateur d'expériences oniriques, y a érigé la petite scène de son festival estival hors-murs sur un beau carré de pelouse verte du parc Roussy, plantant ainsi, entre de fines barrières blanches, le décors idyllique d'une des meilleures affiches de l'été 2010.



NOX ORAE
18/08/10
La Tour-de-Peilz

Uberreel, Wild Nothing (remplaçant The Ganglians au pied levé), The Ruby Suns et Yeasayer à prix mini (25CHF) - à l'aube du 18 août, Nox Orae avait déjà tout pour plaire. Dans les faits, la soirée fut, conformément aux attentes, une réussite. Cela même si la météo n'était pas vraiment au rendez-vous. Malgré tout, le plafond de nuages gris et les quelques moments de fines pluie conféraient à la soirée une ambiance fraiche et sympathique. D'ailleurs, selon Graham Panther, "On voit les rayons de lumière sur le lac, c'est encore plus magique qu'un après midi ensoleillé". Le ton est donné. Ici, le public n'est pas venu pour bronzer sur des transats mais pour la rencontre, sociale et musicale. Des découvertes et des plaisirs arrosés d'alcool. Si bien qu'on regrette un peu la faune trop veveysanne et le petit nombre de cabinets. Mais cela reste de l'ordre du détail, tellement le reste charme et ravi.

Voilà pour l'ambiance. Passons à la musique: premièrement, le concert de Uberreel - la bonne surprise locale - est une bonne découverte pour les incultes et confirme notre engouement. Accompagnés de Buvette pour quelques morceaux, les fines branches donnent dans le synthé et les sample à la post-MGMT, en parfois plus rock, parfois plus pop - la palette sonore de ces gus est large. On aime beaucoup et on ne peut s'empêcher de rire un peu jaune lorsqu'ils entament le génial "I Want The Sun", tellement il est de rigueur. Pour la suite on ne saurait dire puisqu'on conversait avec les Ruby Suns. Mais on vous empresse de checker ces quelques vidéos ("Glittering Stars" le grave et scintillant, "Salvation" qui emporte loin, idéal pour les voyages en train, suivis d'un featuring avec Luca de SLF digne de Suicide et d'un dernier non moins chouette sans titre) pour voir ce qu'on a manqué.