L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
Affichage des articles dont le libellé est amour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est amour. Afficher tous les articles

19.4.16

Salon de thé #3 : Bruxelles, amour, femmes

Chaque quinzaine, TEA sélectionne ses sachets pour le Salon de thé, où l'on discute une petite sélection de liens qui nous ont intéressées dernièrement, ce qu'on a aimé ou encore ce qu'on a redécouvert. C'est totalement non exhaustif et arbitraire, et c'est ça qu'on aime. Bisous.

* * *



Judith Butler
"Peace is a resistance to the terrible satisfactions of war."
En ces temps tourmentés, la (re)lecture de cette interview de la philosophe américaine Judith Butler résonne de manière particulière. Publiée sur The Believer en 2003, elle fait suite à l'entrée en guerre des Etats-Unis en Irak. Butler y fait référence au deuil et à la valeur de la vie. Elle s'intéresse à la manière dont les populations victimes de la guerre sont représentées dans les médias de masse. Elle se questionne : quelles sont les possibilités de résistance dans la paix et le refus de la vengeance? C'est une sorte d'éloge de la vulnérabilité, de l'acceptation. Etant donné que son propos très dense est difficile à paraphraser, je cite :
"Peace is the active resistance to the temptation of war.
Peace is something that has to be vigilantly maintained ; it is a vigilance, and it involves temptation, and it does not mean we as human beings are not aggressive (...) I think it is precisely because we're constituted with agression (...) that peace becomes a necessity.
It's a commitment to living with a certain kind of vulnerability to others and susceptibility to being wounded that actually gives our individual lives meaning."
("La paix est une forme active de résistance à la tentation de la guerre.
La paix est quelque chose qui doit être maintenue avec vigilance : il faut y porter attention, et cela implique une forme de tentation car cela ne signifie pas que les humains ne sont pas aggressifs (...) Je pense que c'est précisément parce que nous sommes constitués par l'agressivité (...) que la paix devient une nécessité.
C'est un engagement. Vivre avec une forme de vulnérabilité par rapport aux autres et accepter la possibilité d'être blessé donne du sens aux existences individuelles.")
Connue surtout pour ses travaux au sujet de la performativité du genre (pour vous familiariser avec sa pensée, ce documentaire Arte est une bonne porte d'entrée), Butler se consacre depuis quelques années à la question de la violence et de la résistance pacifique. - AV.

Bruxelles, ma belle
Si nous avons tardé à poster ce nouveau Salon de thé, c'est en partie parce que j'avais beaucoup de mal à savoir comment parler des événements du 22 mars à Bruxelles. J'ai d'abord songé à faire un article spécial, comme j'avais pu le faire suite aux attentats du 13 novembre et au passage en alerte niveau 4 en Belgique. Et puis je n'arrivais pas à trouver les mots, donc je me suis dit que j'en ferai seulement un paragraphe ici. Il me semblait quand même important d'en parler. Outre les victimes, j'ai été très touchée par le fait même que Bruxelles était visée. Cette ville si fantastique, que j'ai fait mienne et qui, surtout, ma fait sienne. Cette ville où j'ai atterri par hasard, mais où j'ai sciemment décidé de rester. Comme une évidence, tellement j'aime Bruxelles. Ses maisons de briques, ses buildings moches, le chaos de sa circulation, ses chantiers permanents, ses troquets où la Jupiler coule à flots, ses noms de rues en hommage à des membres de la famille royale, ses quartiers si différents, sa beauté cachée qui se révèle quand, enfin, la pluie cesse. Bruxelles. Et puis Bruxelles, c'est surtout ses habitants, et dieu que j'aime ses habitants. Mes amis proches, l'épicier turc de mon quartier qui me fait une réduction sur les oranges, les copains de concerts, toujours une bière à la main, ma voisine Odette qui des fois me fait des gaufres, mon voisin Patrick au si fort accent, l'inconnue qui m'a serrée dans les bras quand j'ai fondu en larmes au milieu de la chaussée d'Ixelles, le petit mec qui décide de faire la course à vélo avec moi en remontant l'avenue de la Couronne... C'est surtout ça Bruxelles. Des gens simples et beaux, différents, au contact facile. Je pense que c'est cette atmosphère si conviviale, qui fait qu'on se sent facilement chez soi ici, qui a motivé My a rester à Bruxelles après ses études d'art, il y a une dizaine d'années, quittant ainsi sa Suède natale. My que je n'ai jamais vraiment rencontrée, mais dont j'ai entendu tellement de bien de la part d'amis en communs. My, la douce, aux illustrations toutes mignonnes. My qui comme tous les matins a prix le métro à Maelbeek. Mais ce matin était différent... Vous pouvez voir une partie de son travail ici. Je vous laisse avec un dessin de My, cet article que j'avais écrit il y a un an, comme une sorte de guide de Bruxelles, et avec une chanson qui fait pleurer et une autre qui fait sourire. C'était vraiment pas facile ces dernières semaines. - M
(My Atlegrim)

19.7.14

"J’aimerais dire au monde que j’ai vécu l’enfer et que j’en suis revenu."


 INTERVIEW CHARLES BRADLEY

Charles Bradley, c'est toute une histoire. Une sorte de conte de fées glauque, un rêve américain qui tarde trop à se réaliser, un essai sur les malheurs de la vie quand on est pauvre et noir aux États-Unis, une ode à la musique soul. C'est l'histoire d'un type qui se bat pour faire de la musique depuis son adolescence et n'acquiert une reconnaissance que lorsqu'il atteint la soixantaine, après des années et des années de galères et de drames. Des épreuves surmontées par une seule force, qu'il brandit haut et fort, souhaite partager à chaque note : son amour. Un parcours assez incroyable pour en faire un documentaire : Soul of America, sorti en 2012. Charles Bradley est de ces personnages aussi abîmés qu'attachants, ayant eu mille vies. Des artistes comme on en voit rarement, et qu'on peut croiser, un peu par hasard, une après-midi entre deux averses sur la presqu'île du Malsaucy, aux Eurockéennes.



L'homme se raconte, avec une voix tellement cassée qu'on se demande même comment il peut chanter. "Je suis un entertainer. J’adore ce que je fais. Je fais de la musique depuis que j’ai 14 ans. J’ai toujours aimé ça. Aujourd’hui, j’ai 65 ans." Sa passion pour la musique, il la doit à un homme en particulier, James Brown, qu'il commence à interpréter à son adolescence. Pendant des décennies, il l'imite sur scène, affublé d'une perruque, et reprend ses tubes, sous le pseudo "Black Velvet". "Je me souviens que ma sœur m’a emmené voir James Brown, c’était en 1964. Je pense que vous n’étiez pas encore nées (sourire). Il m’a retourné la tête, la scène était en feu, c’était tellement unique ! D’où venait cette soul ? C’était son cœur. Sa douleur. Il a trouvé une façon d’exprimer son âme dans la musique qu’il aimait. C’est une liberté qui vient de l’esprit. Il avait un esprit. C’est pour cela que j’adore James Brown. C’est véritablement un héros. Il s’est construit à partir de rien."

12.5.14

J'ai vu Justin Timberlake en concert

Dessin: Adriano Lemon

Il y a ce chapitre dans Lolita où Humbert Humbert, complètement pris par son obsession, remplit des pages entières avec son prénom : Lolita, Lolita, Lolita, Lolita … Si je m’écoutais, je ferais pareil pour décrire le concert de Justin Timberlake à Zürich l’autre jour. Mais ce serait réduire l’événement à une manifestation pour (ex)-teens groupies en chaleur. Et évidemment, ce n’est pas tout à fait faux, mais tentons de garder notre calme : it’s just Justin.

JUSTIN TIMBERLAKE
20/20 EXPERIENCE TOUR
HALLENSTADION (ZÜRICH)
14 AVRIL 2014

Like i love you
D’abord, c’était un sentiment dingue. On l’a attendu pendant des années lumières, devant et dans la salle, et puis il y a eu un visuel plein de rouages, un compte à rebours ("Oh mon dieu, il arrive !"), son ombre en vj-ing géant ("Olalala") et LUI ("IIIIIIH"), qui s’est avancé vers le micro ("J’AVAIS PAS REMARQUE QU’IL ETAIT AUSSI PRES !"), il a souri en plissant ses petits yeux pleins d’étoiles ("huh, encore"), s’est mis à entonner "Pusher Love" ("oh oui") et on a perdu la maîtrise de nos corps.
Vu de l’extérieur ça devait être assez lamentable, mais en vrai, je peux vous assurer que c’était pas de la marmelade. Même si on avait l’air d’un tas de vieilles groupies hystériques, on se sentait réellement happées par la scène, en mode grosse ébullition d’hormones. Battre des mains pour tenter de s’oxygéner le cerveau, i.e. de se donner une contenance, était désespéré et vain en l’état. Et on se regardait, les yeux écarquillés, extatiques, tant c’était fou de voir ce Justin là, en vrai, juste là, devant nous.
Ce qui est plutôt étonnant c’est que nous n’avions jamais éprouvé de truc semblable avant. En tout cas personnellement, je ne me suis jamais considérée comme une fan inconditionnelle de qui que ce soit. Il existe aussi un tas de groupes dont la musique me parle bien plus que celle de JT, il m’est même arrivé d’être émue aux larmes, mais jamais auparavant je n’avais manqué de me pâmer en assistant à une entrée en scène. C’était donc une expérience de groupisme sur le tard et croyez-le ou non, c’était assez cool comme sensation.

28.9.12

Summer crush

A l'école, la première rédaction portait toujours sur les trucs qu'on avait fait en vacances. Des activités forcément trop cools parce qu'on n'avait pas encore l'âge de passer l'été à trimer histoire d'avoir de quoi se payer une vie. Cette semaine on a fait nos listes d'amours de vacances dans le même esprit nostalgique et la même envie d'y retourner là maintenant tout de suite.

SUMMER CRUSH

❤ M a r i e ❤

❤ A n n e - V a l é r i e ❤

15.6.12

Kilbi I: L'amour est dans le pré.

De retour du Kilbi, j'avais pondu une intro pleine de voyelles du style "j'adoooooore ce festival/je n'arrive pas à être objectiiiiiiive/cette année c'était comme des vacances idéaaaaales/blablablaaaa". Avec un peu de recul ça semble un tantinet ridicule. Pourtant, c'est la vérité: le/la Bad Bonn Kilbi inspire un amour démesuré à toute une frange de petits Suisses. Helvètes branchouillards ou briscards de la région, ils sont quelques milliers à s'être doré la pilule ce week-end de début juin dans une atmosphère idyllique qui tient beaucoup du lieu, de l'ambiance décontractée et de la programmation. On ne reviendra pas sur la qualité de l'affiche - c'est la meilleure de la saison (avec le B-Sides peut-être, petit frère lucernois qui se déroule ce week-end, sous le soleil également). Reste qu'au final, ça s'est soldé en déceptions et découvertes, comme partout ailleurs. Sauf que bon, c'était Kilbi. Avec cette simple mention, tout est déjà dit.
 BAD BONN KILBI 2012
31, 32, 33 mai, Düdingen
(première partie)

Une première chose à savoir, c'est que - dans la région du moins - le club Bad Bonn est entouré d'une aura jaune/verte (dynamisme, amour universel) contagieuse. Même campée au fin fond de la campagne, toute seule au milieu des champs, la maison attire. Et elle porte fièrement sur sa façade le slogan "Where the hell is Bad Bonn?" qui a dû traverser la tête de plus d'un musicien/spectateur se rendant pour la première fois sur les lieux. Deuxième point non moins important, c'est l'âme du lieu, qui doit tant à la personnalité de son programmateur, pardon, ses programmateurs - et à son staff aux longs cheveux, gros bras, et tatouages (pour certains). L'esprit est à la décontraction. On va pas s'emmerder avec des têtes d'affiches lucratives, ni s'encombrer de sponsors trop envahissants. Le festival annuel doit lui aussi garder une proportion humaine. Oh et n'oublions pas que la promo, à petit budget, n'est qu'accessoire et fait rire un peu jaune, car tous les billets ont été vendus en un tour de main. C'est ça d'être un petit mythe.

13.2.12

JTM

Trop bien ! La Saint-Valentin ! La fête des amoureux ! Pour célébrer cette belle chose, nous avons fait une playlist spécialement pour l'occasion avec des chansons d'amour qui feront battre votre coeur et celui de l'être chéri. Sauf qu'en fait, l'amour c'est aussi une Grosse Pute, du coup on a divisé notre 8tracks. Face A : amours heureuses, et face B : amours malheureuses, choisissez votre camp. Bisous. JTM.




❤❤FACE A❤❤
Friends - "I'm His Girl"
Elli & Jacno - "Main dans la Main"
Devendra Banhart - "Lover" 
Sonny & Cher - "I Got You, babe" 
Mystery Jets - "Young Love" 
Pulp - "Love Love" 
Nat King Cole - "L-O-V-E" 
Roméo & Juliette - "Aimer"


☁☁FACE B☁☁
Anna Domino - "Land Of My Dreams" 
The Black Keys - "Too Afraid To Love You" 
Lee Moses - "What You Don't Want Me To Be" 
Anika - "I Go To Sleep" 
Noah & The Whale "Stranger" 
Beck - "Lost Cause" 
Michel Polnareff - "Love Me, Please Love Me" 
Britney Spears - "Born To Make You Happy"