L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
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6.8.10

Maracas Ananas


Dingue ce qu'il se passe en Suisse cet été, des trucs à Neuchâtel, Montreux, Vevey, Pully... Et Lausanne. Tu sais, une petite ville au bord du lac Léman, où dans ton imaginaire de Français il y a plein de banques, où des gens avec des salopettes mangent du chocolat en déformant ta langue avec un accent étrange et où il n'y a que des chalets. Ayant été en reconnaissance là-bas, je peux te dire que non, Lausanne n'est pas comme ça (oui je sais, c'est décevant, moi aussi je voulais voir des salopettes), qu'au mieux tu ne trouveras que des accents pas si chelous et des rues qui montent et qui descendent tout le temps, montagnes oblige. Mais ce n'est pas bien grave, puisque la Suissesse et moi nous n'étions pas à Lausanne ce vendredi 9 juillet dernier pour visiter. Il y avait mieux, oh oui bien mieux à faire : le Festival de la Cité.

Au départ, on ne penserait pas à aller à ce festival gratuit et familial qui privilégie arts de la rue, théâtre, danse et spectacles pour enfants. Mais voilà, il y avait quelque chose, au milieu de cette programmation, qui irrésistiblement nous a attirées. Quoi ? Qui ? Nos chouchous scandinaves, les Norvégiens qui squattent notre iPod depuis un moment, le groupe qui nous donne envie d'apprendre une langue bizarre : Casiokids.

Pour ceux qui viennent de nous rejoindre à bord (coucou) et pour ceux qui n'ont pas de mémoire, petite piqûre de rappel :
1. Nous tombons amoureuses de la chanson et du clip "En Vill Hest"
2. Un des membres du groupe répond à nos questions par mail et multiplie ainsi notre passion par dix

Voici donc une chronique béate d'un concert qu'on attendait depuis des mois. Avec Efterklang en première partie de soirée en plus. Joli combiné.

FESTIVAL DE LA CITE LAUSANNE

CASIOKIDS + EFTERKLANG
09/07/10
Les Efterklang sont des Danois jolis qui portent bien la moustache et qui se donnent de petites tapes sur les fesses pendant leur set sans jamais arrêter de sourire. A partir de là, si on a un faible pour les groupes trop mignons, on ne peut qu'être bien disposé à les écouter. Surtout que leur musique convient aussi bien à leur attitude calme et gentille qu'à l'ambiance globale autour de la place du château : il fait nuit maintenant, et tout le public écoute religieusement le quatuor, dispersé sur la scène circulaire afin de faire face à toute l'assistance. Efterklang joue surtout des morceaux de son troisième et lumineux album Magic Chairs, sorti au début de l'année sur 4AD. Des chansons pop majestueuses donc, mais pas lourdes, avec de beaux arrangements à la Get Well Soon ou Grizzly Bear. Le son est proche de celui du CD, la joie affichée d'être sur scène du groupe en plus. Un très joli moment donc, qui ravit tout le monde et donne envie de se pencher encore davantage sur le cas des moustachus.

9.4.10

"Tu peux être gentil quelle que soit ta coiffure"


GIRLS
INTERVIEW

Vous vous souvenez de "Lust For Life" l'année dernière ? Du nombre de fois où vous aviez dansé dessus et regardé le joli clip ? Vous vous rappelez du slow ultime "Hellhole Ratrace" ? C'était Girls, c'était chouette. La vague est un peu passée depuis, mais il suffit de réécouter leurs chansons pour retomber sous le charme fissa. Mercredi 17 mars, ils passaient à Nantes. J'en ai profité pour les rencontrer.
Le bar de l'Olympic, faiblement éclairé, en fin d'après midi. A la table, face à moi, deux San Franciscains. Chet White et Christoper Owens. Ce dernier a des Doc Martens vertes fluo, un pull jaune moutarde et des ongles oranges. Ils ont tous les deux l'air très fatigués, mais peut être ont ils pris quelques substances au préalable. Leur gentil tour manager leur apporte du café. L'interview commence. Ils ne sont pas bien bavards au début. Surtout Christopher, le chanteur, qui donne ses paroles au compte goutte et souvent se contente de me fixer avec un sourire timide. Et puis l'atmosphère se détend. Chet rit tout le temps. Et la demie heure passe bien vite. Les deux bougres sont franchement intéressants et sympathiques. Dans l'interview qui suit, vous apprendrez notamment que les Girls écoutent Mariah Carey et Miley Cyrus, qu'ils trouvent que la Saint Patrick c'est pour les beaufs, que Christopher voudrait être une petite princesse américaine et qu'ils ont de sérieux problèmes pour nommer les choses.

TEA : Depuis l’année dernière, vous n’arrêtez pas de tourner, n’êtes-vous pas fatigués ou blasés ?
Christopher Owens (chant, guitare) : Ouais…
Blasés ?
Christopher : Fatigués.
Mais vous aimez tourner quand même ?
Chet ’JR’ White (basse) : C’est pas si cool de tourner, je veux dire, rouler n’est pas si cool.
Vous préférez être en studio ?
Christopher : Ouais, on préfère enregistrer.
Quand allez-vous rentrer chez vous ?
Christopher : Bientôt, genre dans quelques jours. C’est la dernière date de la tournée.
Et vous êtes heureux de rentrer…
Christopher : Ouais.

Pourquoi avoir choisi de vous appeler Girls ? Vous êtes des menteurs ?
(ils sourient)
Chet : Nous ne sommes pas des menteurs. Ce n’est pas à propos de nous…
C’est parce que vous aimez les filles ?
Christopher : Quelque chose du genre oui. (sourire)

Et vous avez intitulé votre album, "Album", vous n’étiez pas inspirés ?
Chet : (rires) Non, on n’avait pas d’idée. On n’aimait aucun autre nom. On ne voulait pas lui donner de nom. C’était quelque chose comme… Ce n’était pas comme un concept tu vois. Je pense que c’est peut être parce que le disque avait beaucoup d’aspects différents. Peut être que pour le deuxième album, eh bien, nous auront beaucoup d’idées, comme une préméditation, comme par exemple ce que nous ferons comme pochette peut être. Mais là, c’était juste une collection de chansons que nous avions enregistrées nous-mêmes juste pour s’amuser, sans aucun label ni rien à l’époque. Donc c’est juste comme heu, juste un truc, tu vois. Album était une partie de la vie de Chris sur laquelle il avait écrit, tu sais, des paroles sur sa vie, et on a essayé de trouver un nom mais… Et il a fait une pochette, et a écrit "album" à l’endroit du titre, et on était genre "J’aime ça". Et ensuite on a fait beaucoup de photos de nos amies, toutes des filles tu sais, et alors on a pensé que ça pourrait être comme un album photo.
Et votre deuxième album s’appellera Album 2 ?
Christopher : Ca se pourrait.
Chet : Non, on ne sait pas.
Et vos avez commencé à penser à ce deuxième album ?
Chet : Ouais, on y pense… (long silence, on n‘en saura pas plus)

Même pas peur d’appeler une chanson exactement comme une d’Iggy Pop ?
Christopher : C’était ça le truc. Le truc c’est que tu ne peux pas posséder une phrase ou un titre comme ça. Je pense que le titre "Lust For Life" convient parfaitement à la chanson, tu vois. Il n’y avait pas d’autre titre pour cette chanson. Il n’y a pas de problème, tu vois. Je suis sûr qu’il y a d’autres chansons qui s’appellent "Laura", "Summertime"…
Chet : "Darling"…
Christopher : Tous les noms sont utilisés…
Chet : Nous étions conscients que ce titre était déjà pris mais on était genre "On a fait une chanson pop cool aussi, donc nous aussi on peut avoir ce titre." On pensait que c’était une super chanson, il a écrit une super chanson aussi, donc il n’y a pas de concurrence.

1.3.10

Norway : twelve points

Si la Norvège voulait encore gagner l'Eurovision cette année, elle devrait choisir Casiokids pour la représenter, avec la chanson "En Vill Hest". Peut être que ça ne plairait pas à Tata Monique qui aime mieux la variété, mais chez TEA, aucun doute possible, on voterait Norvège.
Mais comme il y a risque qu'ils nous refassent le coup du "Fairytale", on ne va pas faire confiance au comité norvégien de l'Eurovision et on va se charger de vous parler d"En Vill Hest" et surtout de son clip, la meilleure vidéo de ce début d'année, rien que ça.

Le clip d"En Vill Hest" est tellement bien qu'on voudrait l'apprendre par coeur. Il y a des jolies couleurs pâles comme sur nos photos préférées qu'on trouve sur Tumblr. On apprend en plus des choses géniales sur la Norvège, comme par exemple que le norvégien chanté passe très bien, que les Norvégiens mangent des céréales comme nous et que les Norvégiens sont beaux. Oui parce que le petit blondinet qui danse devant son miroir et sourit à son reflet joue pour beaucoup aussi dans l'amour qu'on peut nourrir pour ce clip. Mais il n'y a pas que le jeune Norvégien qui plaît, il y a plein d'autres ingrédients qui font de cette vidéo un bijou : le lait des céréales devenant un geyser, le programme TV chelou, les gants de cuisine jaunes, la pierre qui brille, le mini short turquoise, le lecteur cassettes vintage, la fumée qui sort partout, la statue africaine et le manteau de fourrure... Les Casiokids ont raison de dire que le clip est "magical".



Mais si le blond dansait sur "Fairytale", on n'aurait sûrement pas autant aimé le clip. Force est de constater que "En Vill Hest", en plus d'une vidéo géniale, c'est surtout un super single qui nous donne envie de danser et de chanter en norvégien même si on ne comprend rien aux paroles (si quelqu'un pouvait nous dire de quoi ça parle, histoire qu'on sache ce que signifie vraiment ce qu'on chante en boucle depuis des jours, ça serait sympa.) On ne peut donc que vous conseiller de vous mettre à adorer Casiokids et leur electro-pop qui donne le sourire et l'envie d'apprendre le norvégien. Norway : twelve points.
Vous pouvez quand même regarder le clip de "Fairytale" parce que c'est un peu rigolo, et puis vous nous détesterez après parce que vous aurez la chanson dans la tête.
Et sinon, on a interviewé les Casiokids, ça se passe ici.

8.9.09

"Maman, je veux faire du surf"

Je n'ai jamais aimé le surf.Les blonds ne m'ont jamais fait fantasmer.
Et je n'ai jamais eu envie de faire de la batterie.

Pourtant, depuis une semaine, il y a une chanson qui tourne en non-stop chez moi, et elle parle de surf, est chantée par un blond, et le groupe s'appelle Les Batteries.
Depuis une semaine, je regarde encore et encore le clip de 'Let's Go Surfing', du groupe The Drums.
Des garçons qui courent la nuit on ne sait où, en chantant à tue tête une pop song comme on n'en fait plus, avec refrain entraînant "Oh Mamma, I wanna go surfing, Oh Mamma, I don't care about nothing" et choeurs : c'est tout simplement irrésistible. Voyez par vous même :
Vous comprenez mieux maintenant ma soudaine passion pour le surf.

17.5.09

Un violon et un string

PATRICK WOLF
THE BACHELOR

TEA s'apprête à chroniquer l'album à la pochette la plus immonde de l'année. L'image est au summum du mauvais goût, avec un côté fantasy qui ferait passer l'artwork d'Empire Of The Sun pour magnifique, c'est dire.

Seulement voilà : certes, la pochette est laide, mais ce n'est pas l'album de n'importe qui. The Bachelor est le quatrième LP du génie anglais Patrick Wolf, qu'on aime beaucoup. Ses deux derniers disques, Wind In The Wires (2005) et The Magic Position (2007), nous avaient cloués. Oui, c'est ce petit gus qui compose, chante, joue à peu près tous les instruments, et enregistre... Respect.

Le Patrick est de retour, donc, version blond décoloré, alors qu'on l'avait quitté roux flamboyant (et avec une belle pochette à l'époque). En mars déjà, on avait eu un avant goût du disque avec le clip de "Vulture", et il faut avouer que même si la chanson était bonne, le string en cuir nous avait fait très peur quant à la suite.

Rassurons nous, Patrick Wolf est toujours le même. Les violons sont d'ailleurs présents dans presque tous les morceaux (et ça donne droit à de très jolies chansons comme "The Bachelor", "Hard Times" ou encore "Thickets"). Mais attention, on n'est pas non plus au festival interceltique de Lorient. Même si l'ensemble pourrait faire une chouette BO pour un documentaire sur les mouettes en Bretagne (ou dans le cas présent en Cornouailles).

Au milieu des violons, on trouve des chansons plus électroniques à la voix traficotée, et qui contrastent énormément avec le reste : le bon "Vulture", qui a le mérite d'arriver au moment où l'on allait presque s'ennuyer, et l'ignoble "Battle", avec ses choeurs ridicules et son refrain bateau.

The Bachelor est donc un joli disque, avec quand même ses petits ratés et ses moments trop calmes. Sans rancune Patrick, on t'aime toujours autant.