L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
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12.4.12

Qu'est ce que t'as foutu Francis ?

Twixt
Francis Ford Coppola

Twixt, le dernier film écrit, réalisé et produit pas Francis Ford Coppola, vient d'arriver dans les salles françaises. Hall Baltimore, un écrivain de romans sur les sorcières en pleine remise en question artistique débarque dans une bourgade de l'Amérique profonde pour une séance de dédicaces. Il y rencontre le sheriff de la ville qui lui parle d'un meurtre récent qui a eu lieu ici. La même nuit, au motel, le romancier rencontre dans un rêve Virginia, une jeune fille mystérieusement assassinée il y a quelques années. Cela devient le point de départ d'une nouvelle idée de livre pour Hall Baltimore. 



Le tout début, la présentation de la ville, est des plus plaisants. On y découvre une petite ville américaine un peu glauque, comme on aime tant les voir dans les films de David Lynch. La narration par Tom Waits rajoute un charme effrayant à l'ensemble. Puis le film se lance, et là on se rend compte que Francis Ford Coppola a voulu mettre trop de choses dans son oeuvre et s'est éparpillé. Difficile en fait de résumer le film, tant tout se mélange : intrigues, époques, réalité et rêve, styles... Dans Twixt, il y a des vampires, des gothiques à l'autre bout d'un lac, un beffroi avec des horloges qui n'indiquent pas la même heure, un hôtel abandonné suite à un massacre, une histoire de ville hantée, un prètre fou et, cerise sur le wtf, Edgar Allan Poe qui apparait en rêve.

Il y a deux univers dans le film. Le monde réel, en couleurs, où l'on voit Hall Baltimore dans son motel souffrir de la page blanche devant son ordinateur où sa femme le harcèle via skype. Et le monde imaginaire, les rêves, tournés avec la technique de la nuit américaine, qui tirent sur le noir et blanc, avec des touches de rouge. Comme dans Sin City mais en moche cette fois-ci. Car l'esthétique particulière, n'est pas du meilleur goût, la faute peut être au petit budget du film, qui donne des séquences en 3D de piètre qualité. Francis Ford Coppola signe un film entre l'horreur et le fantastique, à l'imagerie gothique. Cela fait beaucoup penser à Tim Burton, sauf que l'histoire ne suit pas derrière.

10.4.11

Crystal Noir


Crystal Stilts
In Love With Oblivion 

Fin 2008, un groupe de Brooklyn répondant au doux nom de Crystal Stilts nous pondait un premier album (Alight Of Night) de noise-pop-psyche-etc aussi crépusculaire que réussi. Et si la bande se révélait décevante en concert (ou du moins à celui de La Route Du Rock), des morceaux comme "The Dazzled" ou "Crystal Stilts" continuaient d'occuper une place de choix dans les bibliothèques numériques.  

Les Américains à l'allure de membres du Velvet sortent enfin leur deuxième LP qui, comme son prédécesseur, semble tout droit venu d'une cave. Il a une belle pochette et un joli nom qui annonce la couleur à lui seul : In Love With Oblivion

Pas besoin d'avoir fait des études poussées de musicologie pour comprendre dès la première écoute que Les Echelles De Crystal n'ont rien changé ou presque : des claviers 60s comme on en voit à foison dans les caves bordelaises en ce moment, une voix caverneuse au possible qui nous fait penser malgré nous à Joy Division, une rythmique répétitive, des guitares menaçantes, et un tambourin quasi-omniprésent et qui sonne comme des clochettes.  

Ecouter In Love With Oblivion, c'est passer quarante-cinq minutes dans les ténèbres, sans sourire une seconde, en se sentant oppressé parfois. Le genre de musique à proscrire en cas de dépression. La grande majorité du disque est réussie, en particulier les morceaux "Sycamore Tree", parfait en introduction, l'abyssal "Alien Rivers", le presque joyeux "Half A Moon", "Recarious Stair" et "Prometheus At Large". Dommage, l'ensemble est assez répétitif et devient lassant si on l'écoute plus d'une fois dans son intégralité. Manque de luminosité et d'oxygène peut être, et des morceaux moins évidents que sur le premier album. A trop vouloir bien faire, les Crystal Stilts livrent un album difficile à digérer, mais qu'on écoutera par bribes avec un grand plaisir, à défaut de joie. 

"Sycamore Tree"

"Alien Rivers"


6.3.11

Baiser glacé

Tu te souviens de la petite sélection de groupes élaborée sur le vif le mois dernier ? Eh bien peut-être que tu seras content d’apprendre qu’entre temps, l’une est rentrée de Londres et l’autre a terminé ses examens. Mais le plus chouette, c’est que depuis, Die Selektion a sorti un premier EP. Vise un peu.

DIE SELEKTION
KÜHLE LIPPEN

Un trait blanc sur fond noir et quelques mots, t'as vu. Le moins qu'on puisse dire c'est que dès la pochette, le trio lipsien annonce la couleur. En effet, "sombre" et "sobre" semblent être les mots d'ordre dominant la galette des jeunes allemands. Rien de très surprenant donc, si l'on se réfère à leurs singles  ou aux photos N/B du groupe - stéréotypes d'adolescents nostalgiques, biberonné à la DAF et au Joy Division avec t-shirts déchirés et côtés du crâne rasés.


Mais bon, on ne va pas s'en formaliser, vu qu'on aime ça, la new wave. Surtout que Die Selektion manie plutôt bien le synthé et les paroles scandées. Mieux encore, au chant déprimant type "Was ist dir dein Leben wert?" (Que vaut ta vie à tes yeux ?) s'alternent les phrases cuivrées  et claires d'une trompette et maman tu sais à quel point c'est trop beau la trompette.
Bref, passée l'intro un peu mystique genre visite de la grotte aux hiboux de Twin Peaks ou survol des pleines du Mordor, on retrouve le trio pile là où on l'attendait, un peu dansant/poppy dans toute la darkitude qu'autorisent les références 80ies. En gros, pendant 20min tu planes et tu sautilles, sans voir passer les 4 titres parce que d'une part, ils se ressemblent un peu tous, mais aussi parce que, admirablement arrangé, le tout coule naturellement, telle l'eau glacée d'une source.
En somme, Kühle Lippen n'est pas le baiser de la mort et du désamour, mais plutôt une bise toute fraiche tout à fait bienvenue entre deux coktails pop.

Kühle Lippen EP by Die Selektion
Au fait, l'album Noire (sic) est prévu pour le 28 avril.

28.4.09

Merveilleuses Horreurs


THE HORRORS 
PRIMARY COLOURS

Résumé des épisodes précédents : en mars, les Horrors affolent tout le monde en mettant en ligne la vidéo de Sea Within A Sea, une longue chanson magnifique qui montre bien une chose : les Horrors ont changé. Les grands hurlements sont partis, bonjour les années 80. L'album, qui du coup est très attendu, sort le 4 mai, mais est d'ores et déjà écoutable sur le site du groupe.

L'affaire s'appelle Primary Colours, a une couverture effrayante, et dix chansons à l'intérieur. On pourrait faire une critique morceau par morceau, faire un plan détaillé, une analyse très fournie, mais franchement, ce serait bien inutile. Autant le dire tout de suite, Primary Colours est un album magnifique.
Un disque très cold wave, où les chansons prennent le temps de s'installer et où la voix de Faris Badwan résonne jusqu'à ne plus quitter nos esprits.
Finalement, c'est peut être comme cela qu'on aime le mieux les Horreurs. Ils sont sortis de leur garage et ont dû beaucoup écouter Joy Division, auquel ils ont ajouté leurs guitares et claviers hurlants, histoire de rester quand même les Horrors. Il fallait bien qu'ils changent, de toute façon, la formule utilisée pour leur premier album Strange House n'aurait sûrement pas réussi une deuxième fois.

Le "toujours-difficile-second-album", tu parles. Ils ont relevé le défi haut la main. On ne se lasse décidément pas d'écouter cet album. Les morceaux "Scarlet Fields", "Who Can Say", "I Only Think Of You" et le monumental "Sea Within A Sea" sont particulièrement beaux et ont déjà leur place dans notre coeur.


Et si c'était lui, l'album de l'année ?