L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
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13.3.11

Kilbi Folie

Mercredi matin brumeux, post-mardi gras, les yeux tous noirs et la bouche encore pâteuse, j'actualisais énergiquement la page officielle du Kilbi pour savoir qui, outre Josh Homme et sa bande, allait animer le 21ème Kilbi du Bad Bonn cette année...et j'ai pas été déçue. Survol d'une des meilleurs progs de l'été rien que pour ravir encore plus ceux qui détiennent le ticket d'or et rendre jaloux les autres.
Bon, déjà, il faut savoir que le festival en question (le Kilbi, autrement dit "la foire") est très petit (3 scènes, 2000 places par jour) et apparemment un peu hors du circuit des gros pleins de sous que l'on ne présente plus. D'ailleurs, l'historique est là pour te montrer qu'ici, on se tient au credo "l'amour de la musique doit rester plus fort que toutes les approches bureaucratiques et de routine"*. Pour te le prouver, y a qu'à examiner les dernières affiches où la fine fleur suisse (Feldermelder, Buvette, Heidi Happy...) côtoie aussi bien des pointures à priori pas taillées pour un public aussi mini (Aphex Twin, QOTSA) que des groupes encore peu connus à l'époque, aujourd'hui sur toutes les lèvres (Beach House en 2008). En gros, quand on te parle "Kilbi", tu baves (et tu peux aussi commencer à t'entailler les veines parce que ce foutu dernier week-end de mai tombe toujours mal). Bref. Et cette année alors, y a qui? 10h 30, mercredi, j'étais au taquet pour l'apprendre. Premières exclamations. Excitation. Panique: "QOTSA et Animal Collective le même jour? Mais ils sont malaaades!" et puis là j'ai réalisé que j'avais tout faux, que depuis 30 secondes, j'aurais dû être sur la plateforme de vente de billets Startickets. Mais on me rassure, on est pas à Paléo, le site a beau être bloqué tékaté, ça part jamais en un jour. No one knows. Et même que le temps de choper in extremis mes places (après une heure d'efforts), jeudi et pass 3jours affichaient déjà complet.
Les raisons du rush monumental en quelques noms:
Avec les descriptions du communiqué.

Ce qu'on savait déjà et qui fait bien:
je/ QUEENS OF THE STONE AGE plays "Queens of the Stoneage"
If Stoner Rock Had A Name I Would Call Him Josh

Les rumeurs confirmées qui font plaiz:
je/ ANIMAL COLLECTIVE
Welcome To New Weird Sparkling America, This Is Pop 2.0
je/ SWANS
Noisy Post-Industrial With A Rhythmic Refusing Attitude
ve/ AKRON/FAMILY
Hippie Mantras Evoking The Spirit Of Freak Folk
ve/ GONJASUFI
My Yoga Teacher’s Hazy Hiphop Influenced Finding Inner Peace Psychedelica
sa/ THE WALKMEN 
Moody-Melodramatic New Yorker Indiepop On Warm Analog Recordings
sa/ ANIKA 
Political Punky Singer-Songwriter Going Trashy Girl Group Dub

Les choses qui font que jui tro content:
je/ DISAPPEARS
Not-Giving-A-Damn Shoegazy Fuzzy Rock’N’Roll Completed By Sonic Youth Drummer Shelley
ve/ CARIBOU
Canadian Psychedelic Glockenspiel Electronica
ve/ THE TALLEST MAN ON EARTH
The Most Powerful Swedish One-Man-Show
sa/ BATTLES  
Effect Machined Avantgarde-Mathrock 
sa/ FELDERMELDER / FICHTRE 
Sophisticated Beat And Sound Patterns Woven Out Of Every Style You Know

Les autres trucs trop cools:
ve/ LUCKY DRAGONS
When A Song Has No Beginning And No End Just Flickering Noisy Happiness
ve/ CRYSTAL FIGHTERS
Multicultural Ethnopop Chants Made Of Catalan Percussion And Danceable Synthie Rave
ve/ JULIANNA BARWICK  
She Gives Us Full Hypnosis In Love Loops And Layers
ve/ THE LEGENDARY LIGHTNESS
Two Swiss Drummers Playing Melodious Gentle Acoustic Popsongs
sa/ APPARAT BAND 
Berlin’s Minimal Techno In A Drone Designed And A Material Band Formation 
sa/ BUVETTE  
The Streuli Synthie Celebration
sa/ ANNA AARON 
Dans Ton Black Coeur From Everywhere
sa/ MONOSKI
The Lakeside Rock'n'Roll Show With A Taste Of NYC
sa/ COMBINEHARVESTER PERFORMS 'SOME DITTY A MOUNTAIN II'
A Composed Drone Noise Attack 

8.6.11

Kilbi II


BAD BONN KILBI
26, 27, 28 mai 2011

Après avoir bien aimé la première soirée, je suis repartie pour deux nouvelles journées de festival à Düdingen. J'y ai trouvé quelques supercalifragilisticexpialidocious concerts et fait des rencontres rigolotes tout en oubliant de dormir, ce qui peut avoir ses conséquences. Second volet des aventures de TEA au Kilbi, sans chat pour cette fois.

VENDREDI// "Gonjasufi, petit zizi. Caribou, gros matou."
Retour dans l'arène avec de gros nuages gris, ça caille un peu. Encore une fois, je rate honteusement le truc à voir : Julianna Barwick. Mais j'ai une excuse valable : j'ai loupé mon train à cause de la "Fête de Pérolles" (un rassemblement de cavaliers endimanchés qui empêche tout le monde d'atteindre la gare). Grosse haine pour bien commencer la soirée, check. Mais heureusement, ça a plutôt tendance à s'améliorer par la suite avec notamment Akron/Family sur la grande scène. Les deux barbus et le batteur servent un répertoire assez trippé à inspiration ethnique qui passe moyen en CD mais qui, en live, fait bien plaisir. Après, on est peut-être pas 100% convaincues par les chorégraphies que le chanteur tient absolument à nous faire faire mais au fond, l'humour et la bonne humeur du groupe sont plutôt contagieux. Mention aussi aux changements de rythmes inopinés qui ponctuent leurs compositions (et sans lesquelles on s'ennuierait, très probablement). 

Bâtonnets de carotte et Blévitas.
Arrive ensuite l'heure des Crystal Fighters, pathétiques. Depuis leur prestation un peu simpliste à la Superette il y a deux ans, ils ont gagné en membres et en cheveux mais si le concert à la Case à Choc passait encore tellement c'était brouillon/punk, ici, c'est juste horrible. Des pseudo-tubes incarnés par un chanteur tellement pété qu'il voit même plus ses pieds. J'ai préféré passer mon chemin et grignoter des carottes en attendant la suite soit The Tallest Man On Earth qui déçoit aussi. Alors qu'il avait cassé la baraque au Fri-Son cet hiver, il fait juste figure d'un song-writer romantique mou du genou là. Vient Gonjasufi que beaucoup attendaient au tournant. Mais encore une fois, grosse déception. Alors que la bombe "A Sufi And A Killer" laissait présager un concert d'enfer, on se retrouve avec un groupe de musiciens prétentieux et un Gonjasufi acariâtre qui insulte le technicien pendant vingt bonnes minutes alors que ce dernier a visiblement fait de son mieux pour tenter de palier les problèmes de son récurrents de la B-Side. Une fois n'est pas coutume, on va largement préférer le disque que la bande semble malheureusement bien incapable de rendre en live.

1.11.10

Comment ça, "encore lui" ?


Coucou, devinez qui c'est!


Plus besoin de te le présenter puisque t'en sais déjà trop mais Buvette sort ces jours-ci son premier album et comme il est coolos, on en (rererererere)parle. Encore? Oui parce que Buvette, il est chouette.

BUVETTE
HOUSES AND VOICES 

Quarante minutes, c'est à peu près la durée d'un set. C'est aussi l'ensemble des huit titres que nous propose Buvette sur sa galette. Ainsi, si t'es suisse et que tu traines souvent à des concerts, tu sais déjà à quoi t'attendre. Pour les autres, ça tombe bien: Houses and Voices rassemble les meilleurs moments des lives tel le doggy bag - un petit concentré de plaisir à ramener à la maison.

"Lorsque je l'écoute en regardant tomber les feuilles jaunies par l'automne, l'image et la musique s'associent dans ma tête comme un Tétris. Je vois les samples s'entasser au fur et à mesure, jusqu'à former un ligne toute droite et ennuyeuse et disparaitre au profit de nouvelles constructions." témoigne une fan. En bref, de "Benzi Blues" à "Bottles", t'as des intros sobres qui s'étoffent de plus en plus avant d'exploser, portées par le martellement d'un gros tambour. Bien évidemment, on sent l'éternelle influence d'Animal Collective mais Buvette s'en sort en faisant shaker son booty à Panda Bear. Applaudissons au passage le gros effort fourni sur le chant, rythmé, presque parlé et la bonne orchestration de l'ensemble (genre tu peux écouter l'album d'un bout à l'autre et les morceaux s'enchainent naturellement). Big up aussi aux paroles de "Motril" ("...flying like unicorns" t'as vu).

En somme, Houses and Voices est un chouette album à avoir chez soi. Ne serais-ce que pour se rappeler de la première partie de tous tes concerts préférés (Toro Y Moi, Feldermelder ou encore Devendra Banhart...) en faisant la vaisselle.

Benzi Blues - Buvette

Forget the Mirrors - Buvette



+ #buvetteestpartout ce vendredi 5 novembre au QKC à Neuchâtel pour la Rowboat Party et aussi le samedi 27.11 à la Superette.

26.3.12

Grands espaces

On ne peut pas dire qu'on l'attendait de pied ferme tellement on frôlait l'overdose. Toujours est-il qu'après moultes écoutes de Houses and Voices, l'annonce d'un nouvel album de Buvette nous a bien fait plaisir. Et après l'avoir vu en concert en première partie de Still Corners mercredi passé, on peut vous certifier que les morceaux de Palapa Lupita sont bien beaux. Autant que la superbe pochette signée Adrian Rast.

Buvette
Palapa Lupita
(Rowboat, 2012)

Ce qui frappe dès la première écoute, c'est le caractère plus posé, nostalgique de la chose. Alors que Houses and Voices s'ouvrait sur un "Benzi Blues" nerveux, l'intro "Anegundi-Sanapur" de Palapa Lupita fait plutôt penser à la bande son d'un documentaire. Genre un plan sur une montagne avec une nuée d'oiseaux et un coucher de soleil, bien joli, posé, un tantinet solennel. On peut alors direct faire le lien avec le processus de composition de ce nouvel opus qui fut bien différent du premier, selon les dires de son créateur. En effet, cette fois-ci, les morceaux ont été réalisés plus rapidement, dans un laps de temps plus court et principalement au Mexique, fin novembre 2011 et en Inde, en décembre. Un album exotique/musique du voyage pourrait-on dire. Ca a du sens quand on pense à la mélodie orientale sur "Heavy Juana" ou aux divers bruitages enregistrés sur la route (ce qu'on a interprété comme des cris d'oiseau dans l'intro par exemple). Mais pour le reste, ça reste Buvette, soit un empilement de samples duquel résultent des morceaux qui prennent de l'étoffe au fur et à mesure, comme le sautillant "Inside Life", le léger "Palapa Lupita" ou encore le final un tantinet techno "Salty Tougue Part.2".

Mais reprenons depuis le début puisque cet album rapidement composé est aussi plus uniforme que son prédécesseur et s'écoute d'une traite, comme un tout. Notamment grâce à des enchaînements bien maîtrisés entre les morceaux. Celui entre la piste 1 et la 2 ("Faith in Tiger" feat Kurzwelle) tout particulièrement. Car c'est à partir de ce moment là que la musique devient un peu plus dynamique. A l'entrée planante succèdent des voix scandées telles qu'on avait pu les découvrir au festival Nox Orae l'été passé. Un synthé un peu nasillard ("tzin tzintzintzin") sur la fin et ting!, on est déjà dans "Directions". Ce dernier fait l'objet d'un joli clip coloré réalisé Thomas Koenig et Marie Taillefer dans lequel les images abstraites semblent vibrer en synchro avec la musique. C'est aussi le second morceau de Palapa Lupita dont on a déjà eu un avant goût dans les anciens sets de Buvette (cf. la flûte).