L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

30.8.11

[GUEST 10] Page blanche

[Guest 10: Cookies]

J'arrive en dernière comme un cheveu sur la soupe, bien immergée mais voilà, je suis là, je flotte, entre deux céléris qui surfent. J'ai mis énormément de temps avant de trouver un sujet passable à vous proposer. Je me demandais vraiment qu'est-ce que j'allais pouvoir aborder concrètement comme point sur un site de sons. La musique, je n'arrive pas à en parler. C'est comme une seconde peau qui s'aglutine à celle que je possède d'origine, tellement fine que je n'arrive pas assez à la tirer pour en faire ressortir les veines et les décrire. Du coup, ce thème mis de côté, je me sentais un peu bête. "Quelles foutues histoires je vais bien pouvoir leur présenter ?"

Je n'ai pas eu un quotidien du feu de Buddha cet été, pas de voyages, pas de festivals, juste une arrivée sur Paris définitive, longuement attendue et dont l'entousiasme s'est ramolli aux fil des mois d'été de la capitale d'un vide intergalactique et de l'installation bordélique. Pas de grand tour de la Scandinavie via Interail comme l'été dernier, pas de stages trop ouf dans des studios parisiens, pas d'engueulades de la mort avec ma famille, ni de nouvelles rencontres avec Jane Birkin, rien de tout ça à raconter, RAS. Bon.

Ce qui est étonnant, c'est que sur mon blog, quand il faut en placer une, je balbutie comme un bébé, ça gazouille sans fin. Mais ici, je ne savais pas à qui j'avais affaire et pas de ligne directrice. L'équipe Tea a essayé de m'en donner (adorables les muffins) mais queneni, je les loupais toutes. J'aurais effectivement pu vous parler de mon bouquin préféré, "L'homme qui rit" de Victor Hugo (lu l'été dernier d'ailleurs) qui est à mon sens le meilleur livre de ma courte vie ou alors de celui que je lis en ce moment, c'est à dire "Sexus" d'Henri Miller, qui me fout le minou en l'air...mais non.

J'aurais pu aussi parler de ma nouvelle vie parisienne qui démarre, de l'orgasme que ça fait d'en finir avec les études et de quitter Montpellier, de mon appart trouvé en une semaine jour pour jour, de ma proprio mi-gentille/mi-glaciale, de mes parents qui m'offrent pour mes 20 ans le fait d'être garants et une peluche Petit-pied trop douce, de leur scandale pour ne pas signer une caution solidaire (faites attention à ces bêtes là, ça suçe le compte bancaire au moindre jet de sang), parler de mon appart de flemmarde avec boulangerie, boucherie, chinois en bas et le tabac en face, de ce que ça fait d'habiter avec son copain, des grosses engueulades sur la déco, de la récup des meubles dans la rue, des muscles que je me suis fait pour les porter jusqu'au deuxième étage, d'avoir une boîte aux lettres rien qu'à son nom, de passer ses journées à regarder Fringe dans SON salon en attendant le nouvel épisode de True Blood...Mais non.

J'aurais pu faire un effort et balancer quelques notes musicales, exprimer mon dégoût de ne pas avoir assez de thune pour voir Lykke Li en concert à RES, vous dire à quel point Soundcloud m'a guérie de la disparition de mes sites de stream préférés et énumérer la longue liste de Noël des artistes dingues que j'ai vu en live, de la drogue dure que ce fut, de la fosse, des hématomes...Hum, non.

J'aurais pu aussi tout bonnement vous parler de mon blog de mode, de comment c'est d'être étiquetée comme tel et de tout ce qui en a découlé, qu'est-ce qu'on ressent quand on passe à la télé dans un reportage sur M6 où une voix-off décrit ta vie, quand on est en couverture de magazine avec une tête non-souriante/so fashion détestable dictée par le photographe au point de se cracher dessus, quand on pose comme une quiche auprès de vraies modèles pour des lookbooks, quand des inconnus (souvent chouettes) vous reconnaissent dans la rue, dans le métro, au macdo, dans les bars ou en Suède, quand on apparait en photo deux fois sur des tee-shirts Zara et autres allucinations du genre mais à vrai dire, je ne sais pas ce que ça fait en fait, j'ai jamais cherché à savoir, ça a été, c'est tout. Mais j'aurais pu parler de fringues, de mon amour pour les friperies, du lancement de la mienne en ligne, des tendances à venir, de mes goûts en chaussures execessif, des innombrables motifs et imprimés "aztékiffants" qui pullulent dans ma garde robe depuis des années...Non plus.

J'aurais pu parler de photographie, de mes projets, du 5D Mark II qui miroite dans mes rêves, de mes modèles favorites, de l'école d'art privée et particulièrement pourrie que j'ai fini, à quel point celle-ci a cassé en moi un truc que j'avais avec la photo, comment la technique a pris le dessus sur une certaine insouciance visuelle... Encore non.

Finalement, j'ai décidé de parler de tout...en parlant de rien.

Bonne rentrée !

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Je suis une cuillère à absinthe perdue en l'an 2000. Photographe à mes heures libres, je tente de vivre ce que je n'ai jamais vécu.

28.8.11

Recherche K-Way imperméable désespérément

Depuis que j'ai lu le live report de la Route du Rock 2011 sur Glamour.com, je suis totalement décomplexée et me dis que je ne peux pas faire un article qui parle aussi peu de musique, et ce même si j'ai loupé certains concerts pour des raisons aussi lamentables qu'une galette jambon fromage ou une pluie torrentielle. La RDR, suite et fin :

ROUTE DU ROCK 2011 : SAMEDI

En parlant de manquer des concerts, j'ai admirablement commencé la soirée en loupant Still Corners et Low. Motif : coincée à l'espace presse, avec mon kway pas imperméable et donc totalement inutile sous la pluie qui tombe dru aujourd'hui. D'ailleurs je ne suis pas la seule à faire ma petite joueuse : Blonde Redhead annule carrément sa conférence de peur de tomber en montant à l'espace presse, c'est n'importe quoi.

Mais bon, au bout d'un moment, il faut bien braver la tempête, même si au final la performance du groupe en face de nous - Cults - n'est pas terrible. On trouvait déjà leur premier album overrated (merci Pitchfork et Gorilla VS Bear), mais le live est encore plus décevant. Best New Music mon cul. Au moins sur disque c'était quand même un peu mignon, là non. Madeline a l'air d'une ogresse en robe de princesse qui va manger son micro en chantant d'une voix pas jolie du tout, contrairement à ce à quoi l'on pouvait s'attendre. Quant à son acolyte Brian, on dirait un gothique chic qui s'est trompé de scène pour se retrouver à faire de la pop niaiseuse. Ennuyeux.

Pas grave, ce soir je suis surtout là pour Blonde Redhead. Un peu plus tôt dans la soirée, je parlais avec de complets étrangers à l'espace presse, et nous nous étions tous mis d'accord pour dire que c'était bien dommage que le trio new-yorkais ne joue plus de leurs morceaux des 90s, plus fougueux, violents, que maintenant. Pour autant, les albums qu'ils ont sorti depuis qu'ils sont signés chez 4AD (2004) ne sont pas  mauvais, juste moins bien. Bref, j'attendais quand même avec impatience le concert de Blonde Redhead et c'était chouette de voir Kazu Makino en minirobe et les jumeaux Pace avec leurs bouclettes grises en vrai. L'atmosphère est bien calme (trop ?) et il y a des moments jolis comme tout quand la fumée envahit la scène et masque le groupe. Le live met en valeur la complexité des compositions faites de petits riens, la voix d'Amedeo Pace est encore plus belle que sur disque, et à voir Kazu Makino s'esquinter au chant, on peut aussi applaudir sa performance, parce que ça doit pas être facile. Je crois bien que c'est mon concert préféré du festival. 

Ensuite il y a eu Dirty Beaches sur la petite scène de la Tour. Par "petit" il faut carrément entendre "mini stand placé derrière la régie de la Scène du Fort et même pas surélevé", heureusement, c'était filmé et retransmis directement sur un écran à côté. Chargé de faire l'interconcert, Alex Zhang Hungtai a plus agacé qu'autre chose. Figurez-vous un mec poseur qui joue le BG asiatique bien propre sur lui mais qui sort des sons dégueulasses. Ok la lo-fi ça peut être très bien, mais là franchement, même Wavves aurait pas voulu de ça comme production pour son premier album. Il a même salopé sa chanson pourtant magnifique "Lord Knows Best", une grosse déception. Par contre, lui il a bien aimé le paysage de Saint Malo, la preuve

Peut être que c'est parce que du coup je n'étais plus du tout dans le mood, peut être que c'était aussi la pluie qui me glaçait les épaules, ou peut être que c'est parce que j'ai grandi, mais je n'ai même pas vraiment aimé le concert des Kills alors que lord knows que ça pouvait me mettre dans des états pas possibles. Mais je pense aussi qu'ils ont changé. 1. Leur setlist est beaucoup moins cool que période Midnight Boom - normal, vu que leur nouvel album n'est pas sensationnel du tout. 2. J'ai l'impression qu'Alison Mosshart surjoue plus qu'avant - à moins que je sois devenue moins dupe. 3. Il y avait plus de tension sexuelle entre eux deux jadis, et c'est ce qu'on aimait chez eux 4. La caméra grossissait leurs visages et du coup ils faisaient beaucoup moins classe - et c'est aussi ce qu'on aimait chez eux. Une tête d'affiche qui sera au final passée plutôt inaperçue. 

La pluie a cessé, mais ce n'est décidément toujours pas ça niveau concerts. On termine avec Battles, que plein de gens ont adoré mais pas moi. Je m'ennuie moins qu'aux Eurockéennes, surtout parce que Kazu Makino vient carrément sur scène chanter son featuring IRL ("Sweetie & Shag") et que c'est divertissant à quel point elle est mal habillée. C'est cool aussi quand ils font "Atlas" (aux Eurocks ils ne la jouaient pas) même si ils ont remplacé la voix de l'ancien chanteur par des choeurs d'enfants. Une fois que ces deux morceaux sont passés, on peut rentrer, en essayant de ne pas coincer ses bottes dans les mares de boue.

26.8.11

[GUEST 9] Wanna Go For a Ride ?

[Guest 9 : Cyril McRummenigge]


Okay, on m'a demandé de faire un summer guest pour TEA, et vu que j'ai pas la moitié du swag de bloggeur de Vadim Poulet, c'est un peu chaud.

Déjà, j'ai passé deux bons mois à essayer de trouver quelque chose d'un peu intéressant, comme interviewer Gérard Salesses (trop ambitieux), faire un top des plus belles filles qui jouent du synthé (trop dangereux), faire une liste façon cracked.com de pseudo-interesting facts à propos de Michael des Barres, parler de Rumours/Tusk de Fleetwood Mac (avec décryptage des conditions d'enregistrement à l'appui façon palette à doudouce) ou bien finalement un top de mes acteurs préférés connus mais inconnus à la fois (comme lui là).

Mais finalement non.

Hier, alors que je rentrais de mon travail de fritos (c'est comme un twittos mais pour les frites), mon pote T-B. me confiait sur notre room secrète de Skype, son désir de posséder un Carlin plutôt qu'un berger allemand. Normal en même temps. L'occasion de se remémorer quelques superbes vidéos, comme celle-ci, celle-ci (ma préférée), mais surtout celle-là.

Okay, c'est là le point de départ de toute l'aventure, puisque cette vidéo m'a juste renvoyé à mes années collèges et à ce tube des Smashing Pumpkins (dans lequel ils faisaient d'ailleurs de la pub gratos à une marque de skate). Chaud, ça devait faire un paquet d'années que je n'avais pas fait l'effort d'écouter ce groupe (même en les 'voyant' à la Route du Rock 2007). Bon on aura compris que y'a pas de Carlin dans le clip, et que c'est simplement le "Wanna Go For A Ride" qui est responsable de l'association d'idées.

Du coup, rempli d'un sacré enthousiasme que j'aurai pas vraiment cru possible en exhumant les Smash' j'ai Sharé le truc sur le wall de mon pote Kirk Ludwig, ex gros-fan qui déplore la perte de sa box de singles, et dernière personne en date que j'ai vu euphorique à l'écoute du double-cd (dans un bar à vodka à Brest, en jouant au Baby-Foot).

Bon okay, c'était un peu pour le LOL au début, mais finalement, cette association d'idée s'est trouvée hyper interessante (pour ma part), puisque le mec Kirk Ludwig, jamais avare de rammener sa science, m'indiquait à juste titre que les Smashing Pumpkins avaient utilisé un sample du rocket launcher de DOOM sur "Where boys fear to tread", premier morceau du second CD de Mellon Collie.

Après m'être tapé le bouquin sur les deux John (Romero & Carmack, aka id Software), j'ai trouvé ça vraiment cool. Surtout que le bouquin est vraiment cool aussi.

Mais c'est là que ça devient complexe, parceque qu'avec Kirk, on a remarqué que c'était une référence au fameux cheat-code "idspispopd" qui te permettait dans Doom de passer à travers les murs.

Mais seulement on comprenait pas trop le lien entre le NOCLIP MODE (ou God Mode) de Doom et les Smashing Pumpkins, donc, google aidant, on s'est rendu compte que tout venait d'une obscure blague datant de l'ère USENET, et d'un post signé Eli Bingham (branleur de 15 ans de la Calif State University au profil certainement peu éloigné de Val Kilmer dans Real Genius), dans lequel il vanne la facilité du nom de DOOM en leur suggérant quelque chose d'un peu plus risqué comme 'Smashing Pumpkins Into Small Piles Of Debris'.

25.8.11

J'aime la galette

Après avoir fait cet été des festivals tellement moyens voire pas terribles que j'en suis arrivée à me demander si ce genre d’événements était encore fait pour moi, j'attendais avec impatience la Route Du Rock, mon seul salut possible. Là bas, au fort de Saint Père Marc en Poulet, à dix kilomètres de Saint Malo, j'avais la quasi-assurance de passer enfin un bon week-end. D'une parce que la programmation, fidèle à elle-même, était une des plus pointues de l'hexagone (après le MIDI festival mais bon, ça c'est vraiment pour les connards d'élitistes), de deux parce que je savais que là-bas on ne me traiterait pas de hipster car il y aurait bien pire que moi dans le genre, de trois parce que c'est en Bretagne et qu'on mange des galettes, et enfin, parce que c'était les vingt ans de la Route du Rock et je trouve ça beau parce que moi aussi j'ai cet âge là. J'aurais pu rajouter plein d'autres raisons qui me faisaient pencher pour la RDR avant même que le week-end du 12 au 14 août ait commencé mais on va s'en tenir ici et tenter de rentrer dans le vif du sujet. 

ROUTE DU ROCK 2011 : VENDREDI

Comme dans ma tête j'avais décidé que ce serait trop bien, le vendredi en arrivant, je souriais. Sourire en attendant la navette à la gare qui ne passe que toutes les quarante-cinq minutes alors qu'ils ont doublé le budget cette année, sourire en posant la tente au camping sous le crachin, sourire en allant chercher son pass à la tente accréditations, sourire en reconnaissant le terrain, sourire en manquant de tomber d'une pente parce qu'on va louper le premier concert. Anika inaugure le fort Saint-Père avec la jolie chanson "Terry" devant une foule massive de trente personnes à tout casser. Ceux qui ont aimé son disque de reprises (produit par Geoff Barrow) sont contents parce que voir l'Allemande en concert, c'est comme écouter Anika, à trois différences près : elle est beaucoup plus belle que sur la pochette, son accent et sa voix peu assurée sont encore plus touchants version live, et on s'ennuie plus vite parce qu'on ne peut pas s'asseoir, c'est sale par terre. Aucun jeu de scène particulier, la blonde est plantée devant son pied de micro tandis que les musiciens de Beak> sont bien concentrés sur leur affaire. Pour la dernière chanson, Anika part vénère chercher un carnet parce qu'elle ne connait pas les paroles, visiblement. Puis elle s'en va vraiment comme une voleuse, toujours en faisant la tronche. Plus tard j'ai entendu quelqu'un dire "J'aurais adoré le concert si la Boche avait souri". Ok.

22.8.11

[GUEST 8] Et voilà hop hop

[Guest 8 : Vadim]

Coucou alors voilà pour le blog, j'ai fait un album de deux morceaux de musique très exclusif pour vous.
Le morceau 1 c'est "La Peur Joyeuse" : C'est un morceau qui parle de la peur joyeuse, dans la première partie il y a une mélodie qui fait peur mais qui est joyeuse. Dans la seconde partie j'ai mis des effets pour faire joli.

Le morceau 2 ça s'appelle "Niquons" : c'est un morceau sur le fait de faire l'amour.


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Pour la description je ne savais pas trop quoi dire alors j'ai demandé à ma maman d'écrire un texte sur moi :

C'est le plus beau, le plus amusant de tous les garçons.
Il est excellent quand il prépare le barbecue. Il aime les figues et les filles et sa maman mais il se moque d'elle souvent car elle est nulle en informatique. Il est très facile à vivre quand on accepte son bordel. Et il m'énerve quand il se sert de mon ordinateur ou de mon vélo et il fait les choses au dernier moment.

Et aussi elle a fait une photo de moi qui prépare le thé mais en fait c'est pas du thé mais une infusion bien-être.

20.8.11

"Un jour, j'ai nagé avec des dauphins"

Marionnettes aux cheveux de ficelle, dessins colorés et enfantins, drôles de noms d'animaux et musique atypique - l'univers  bariolé de Connan Mockasin laissait supposer un personnage weirdo et pas forcément accessible. On a eu la chance de le rencontrer vite fait au Nox Orae, le temps d’un bref interrogatoire (oui parce que le type n'est pas très bavard) et on peut donc vous l'affirmer : en vrai, ça va, Connan n'est pas si bizarre. Au contraire, il est plutôt tout petit et tout gentil, un peu timide peut-être. Et il sourit beaucoup aussi. Le visage dissimulé par de grosses lunettes de soleil rondes, il s'est dit enchanté par la Tour-de-Peilz. Un lieu qui, selon ses dires, ressemblerait pas mal à sa Nouvelle-Zélande natale, entre eau et montagne. On veut bien le croire.


INTERVIEW CONNAN MOCKASIN
(entretien réalisé avec Voluume.fr)


Depuis sa sortie, Forever Dolphin Love est acclamé un peu partout. Que penses-tu de ces retours ?
C’est surprenant ! Je n’avais aucune attente lorsque j’ai composé l’album. En fait, je l’ai fait à la demande de ma mère parce que sinon, j’étais inactif. J’avais quelques instruments à la maison, chez mes parents, sur lesquels j’ai donc commencé à travailler. Je n’avais aucun label, aucune pression, personne pour m’écouter. Du coup, c’était facile, je pouvais juste m’amuser et expérimenter.

Comment, depuis le fin fond de la Nouvelle-Zélande as tu rencontré un pareil succès ?
Je n’ai rien fait de spécial. Je pense que cela tient surtout du fait que lorsque Erol Alkan a entendu ma musique, il a tout de suite voulu me produire. En ce qui me concerne, il m’importe avant tout de pouvoir composer enfin un deuxième album !

Est-ce que ta musique a évolué depuis que tu as fait Forever Dolphin Love, il y a deux ans ?
Oui. Je suis un peu lassé. J’ai déjà des idées pour la suite et j’espère pouvoir les concrétiser bientôt. Pour cela, il faut que je retourne chez mes parents en Nouvelle-Zélande. Par contre, il est possible que l’enregistrement se fasse à Londres cette fois-ci.

Est-ce que tes side-projects vont interférer dans la réalisation de ton album à venir ?
J’aimerais finir cela tant que je suis encore en Europe. Avec Sam (Eastgate, de Late Of The Pier, ndlr) on devrait avoir terminé d’ici la fin de l’été.
Comment ton style et celui de Late of the Pier se combinent-ils ?
Je ne m’associe pas spécifiquement à LOTP. Mais Sam et moi, on s’entend vraiment bien. On apprécie le même style de musique et il se trouve qu’on a aussi les mêmes idées.
Vous allez tourner ensemble ?
Oui, probablement. Peut-être quelques dates avant que je m’attelle à mon propre album.
Et ça va sonner comment ?
On nous a déjà comparé à une espèce de "Star Wars Band". Vous savez (il entonne un truc qui ressemble à peu près à ça, ndlr)

18.8.11

I (still) Want The Sun

L'été, il y a les grands raouts et puis il y a les autres. Inutile de préciser auxquels va ma préférence. Attelons-nous donc d'office à un exemple concret : soit le Nox Orae. Sis au bord du Léman, à la Tour-de-Peilz à côté de Vevey précisément, ce tout petit, tout jeune festival en est à sa deuxième édition. L'an passé déjà, on s'était pas mal extasiées sur la soirée cool que ç'allait être (et a effectivement été). Cette année, comme dit, l'association ATAC et le RKC ont remis le couvert, en doublant les bouchées. Étoffée d'une seconde soirée, l'affiche faisait la part belle aux exclusivités suisses (3/8 noms) ainsi qu'aux artistes locaux (4/8). Un week-end à ne pas manquer. On était au taquet.

LE FESTIVAL DES MUSIQUES ACTUELLES 2011
(avec des photos Anh Phi / Voluume.fr )

Samedi - Forever Connan Love
Premier jour sur la Riviera, on a goûté au soleil et à la plage - petits plaisirs simples de la vie avant les concerts, ça passe crème. Puis le festival a ouvert ses portes et Wolf & Rhino ont ouvert la marche. Ils n'ont pas vraiment convaincu, car si leur demo passait encore, le résultat sur scène s'avérait plutôt ennuyeux. Les quatre gars, trop gavés de Pink Floyd pour parvenir à s'en dépêtrer, ont donné l'impression d'une jam interminable et on s'est vite lassés, surtout qu'il n'y avait pas de chant. Pas que ce soit une condition sine qua non, mais 'faut pas abuser non plus. Par la suite, le suisse-allemand Fai Baba (qu'on avait pu découvrir sur la cassette Summer Hits, l'été passé) a d'ailleurs prouvé qu'il est possible de s'éterniser sur une session de quelques accords lorsque l'on entrecoupe la chose en chantant, hurlant presque, la rage au ventre. On aime mieux ça.
Ensuite venait la bonne surprise de la soirée. Merveilleuse surprise devrais-je même dire. Car on s'attendait à un truc mou du genou. Trop pas. En fait, Connan Mockasin est non seulement trop adorable, il joue aussi très bien sur scène. Sa voix transgenre, son jeu de guitare atypique, ses compositions oniriques, d'excellents musiciens en accompagnement et une bonne alchimie avec le public ce soir là ont fait du concert un moment privilégié. Déjà, on était super bien dès le premier morceau, puis le deuxième ("It's Choade My Dear"), puis le troisième, puis... on en pouvait plus, au final, quand il a commencé "Forever Dolphin Love", en nous invitant à chanter avec lui "ah ah ah ah ah ah" aaaaaaaaaah. C'était tout beau. Et le mieux c'est qu'après, il ne pouvait se résoudre à quitter la scène, entammant un dernier morceau dans lequel le batteur s'est lancé au pied levé et que le public était censé reprendre en chœur. Mais il faut bien l'avouer, soit on était trop charmé pour sortir des sons corrects, soit les gens sont vraiment nazes, parce que ça ne donnait pas incroyablement bien.  Malgré tout, Connan a dit qu'on était un super public et est reparti avec un sourire plus grand que lui. On me murmure à l'oreille qu'il serait tombé amoureux de Vevey. Vraiment trop mignon.
Avec du recul, on aurait préféré en rester là et garder pour la nuit des petites étoiles dans les yeux. Mais non, Crystal Stilts sont venus tout gâcher. La faute au réglage foireux du son, qui rendait la voix de Brad Harget quasi inaudible? A moins que ce ne soit le groupe lui même, qui, à l'exception du mec au synthé (un "home-made" parait-il) montrait trop peu d'enthousiasme pour être honnête ? Grosse déception pour ma part, surtout quand ils massacrent "Shake the Shackles" qui est quand même une de mes chansons préférées. Ils tournaient en rond et on s'est enfuit.

12.8.11

[GUEST 7] J'adore la mécanique

[Guest 7: Hans Killed Wildcat]

J’étais à deux patounes de faire un article à base de gif animaliers ambiance Tendre Chou (mon feu tumblr qui a connu son heure de gloire avec une photo de chiot dans une tasse de thé, 700 cœurs rep à ça l’internet). Je me suis ravisée parce que je me suis dit que tout compte fait, j’avais quand même un semblant de dignité.

D’aussi loin que je me souvienne, personne ne m’a jamais dit "moi ce qui me fait vibrer, c’est les mecs en bmx" pourtant j’ai vécu à la campagne, on regardait le Tour de France chaque été, on connaissait la valeur d’un Raymond Poulidor (je crois que mon frère a une photo de lui en maillot intermarché, la main de Ray sur l’épaule). La seule pratique à roue qui valait la peine d’être défendue était le skate. Preuve en est encore une fois, ça fait deux pages dans les Inrocks, des docus sur Arte, une expo à la Gaité Lyrique, des clips (et pas seulement ceux de Spike Jonze) et le bonheur de 90% de mon dashboard tumblr (même les animaux ont le droit d’être des skateurs). De toute façon depuis les premiers congés payés, rien ne justifie l’utilisation d’un vélo.
Mais arrêtons tout un instant et penchons nous sur les vaines tentatives d’outsiders ayant voulu faire du vélo un instrument aussi tubesque que la van’s sur planche. "Si t’es pas hype, tente au moins d’être hip".


(photo: unknown)

On était 2007 et la jolie Natasha Khan (Bat for Lashes) balance sa ritournelle "what’s a girl to do" et ben apparemment Mattias Montero (le réalisateur) a cru bon de ressortir la byclette de Ginette pour une vidéo inquiétante où la jolie (Natasha, pas Ginette) se fait poursuivre par des guignols champions de bmx avec des masques d’animaux. La suite, c’est les connards de bobos à vélos qui vont au marché chercher des produits bios, au mieux ils portent des fringues Urban Outfitters, mais souvent, au pire, des sandalettes en cuir.
Je crois que, comme la moustache et le bandana, il n’y a que les hispaniques pour pouvoir se la péter en vélo. Là tu t’attends probablement à ce que je mette un clip de rap chemises col fermé ? Ben va manger tes morts, ça va t’as cru que tu lisais l’article sur les clips à vélo de fluctuanet ? 


9.8.11

[GUEST 6]Au commencement, il y eut les vautours !

[Guest 6: Cramnod]


À cinquante-huit ans aujourd'hui, à l'issue d'un examen approfondi de ma personne et de mes petites habitudes, le diagnostic d'un physicien se résumerait quasi certainement, par : incurable, accro de chez accro, un authentique junkie ! Il est vrai que sans ma dose quotidienne, rien ne va plus, je tourneboule, je me sens vide, à poil, paumé. Il m'en faut, c'est vital. Non, non, je vous vois tous venir avec vos gros sabots, je ne parle pas de ces petits blocs résineux que l'on émiette pour faire des cigarettes "qui font rire", pas plus que de ces lilliputiennes montagnes de poudre blanche à priser, ou pire… Non, pas du tout, je veux parler de musiques, écrit ici, sciemment au pluriel. En effet, si je pouvais être dictateur mondial pour quelque trois petites minutes chrono, je ferais voter un décret intergalactique qui stipulerait que quel que soit le pays, continent, planète, super nova, quasar ou trou noir, le mot musiques s'écrive toujours au pluriel. Après ça, être le maître du monde ne m'intéresse plus du tout. Je démissionne et rends mon tablier sur le champ, juré, promis (je ne crache pas par terre, pour cause de moquette !).

À chaque addiction son point d'origine. Le mien s'est produit, il y a précisément cinquante ans en 1961, un peu avant Noël, au cours d'un spectacle à l'Alhambra. À l'époque, toute ma culture musicale se limitait à ce qui s'échappait du transistor (Europe N°1 pour Salut Les Copains) et de l'électrophone à microsillons Teppaz de mes frangins et frangines. Brassens et, hum, Brassens pour mon frère aîné, Brel et Barbara pour ma frangine, Hallyday, Les Chaussettes Noires, Françoise Hardy, Buddy Holly et les premiers Beatles pour mon autre frangin, sans oublier la musique des cours de danse de Monsieur Rauline à Vincennes (métro Bérault), et leurs fox-trot, valses, tangos, paso-dobles et jerks - j'assistais à ces cours un peu contre mon gré puisque mes frères et soeurs me gardaient ainsi. Mais je dois avouer que j'y trouvais mon compte, certains passages étant très amusants et instructifs !

De mon côté, mes trucs préférés étaient Piccolo Saxo et Cie et surtout Toby Le Tuba. Une version française de Toby The Tuba, un conte musical anglo-saxon dont la Chanson de la Grenouille ne manquait jamais de plonger mon âme virginale dans des abîmes de béatitude : Bo-gop, bo-gop, la nuit est belle, bo-gop, bo-gop, j'ai dit admirable nuit, clunk, clunk, clunk, j'ai dit admirable nuit, hello bo-gop, hello bo-gop, bonsoâââr. Je ne vous dis que ça, sinon il y en a pour des plombes. La Chanson de la Grenouille était donc la seule chanson dont je connaissais vraiment toutes les paroles par cœur et à mes yeux, elle valait tout les Be-Bop-A-Lula du monde. Enfin, jusqu'à ce beau jour (qui fut plutôt une belle soirée), où, ma génitrice, prise d'un fulgurant éclair de génie, entreprit de m'emmener voir ce spectacle de variété et de cabaret, présenté par un Jean Nohain épaulé des chansonniers Maurice Horgues et Pauline Carton - cette dernière, était à l'époque, une star de la chanson avec les célèbres Palétuviers Roses.

Bien que ce soit le premier spectacle vivant de ma carrière, si l'on fait exception du cirque, où nous allions tous les Noëls, je vous avoue que je ne suis pas plus renversé que ça et que l'excitation est loin d'être à son comble. Seulement voilà, soudain, Monsieur Jean Nohain s'empare du devant de la scène et nous dit de sa drôle de petite voix chevrotante : "Mesdemoiselles, Mesdames et Messieurs - c'était un gars vachement poli Jean Nohain -, voici un groupe de jeunes gens qui vont vous jouer une musique endiablée que l'on appelle le roquenrolle. Pour votre plaisir donc Mesdames, Mesdemoiselles et Messieurs, Vic Laurens et Les Vautours ! Quelques très courts instants plus tard on pouvait lire sur mon visage au choix et dans le désordre : l'illumination, la transfiguration, la félicité la plus totale, la lobotomie frontale instantanée, la subjugation, un jubilatoire titillement du cornet acoustique, une délectation complète et mon adhésion inconditionnelle à cette musique du diable, ainsi qu'un tas d'autres trucs bien trop difficiles à coucher sur du papier. Si vous faites partie vous aussi de ceux à qui cela est arrivé, vous savez exactement ce que je veux dire. J'étais donc là, dans ce théâtre, en sécurité, à côté de ma tendre môman pendant que Vic Laurens et ses Vautours, éructaient, Tu confonds l'Afriqueu et Nanterre, la route de Nogent et le sentier d'la gueeeerre. Bah, bah, bah, manifestation paradisiaque, j'étais à jamais sous le charme de Merlinpinpin et de ses quarante personnes de petite taille. Ce qui dura deux minutes et dix secondes seulement, me parut aussi long que l'une de leurs vacheries de symphonies, mais en infiniment plus satisfaisant. Une fois par mois, le jeudi après-midi, l'école nous embarquait au théâtre Sarah Bernhardt (le Théâtre de l'Hôtel de Ville d'aujourd'hui), pour aller en écouter ces symphonies dans le cadre des Musigrains, un truc sensé donner à la jeunesse le goût de la "grande musique". Tu parles ! Aucune comparaison possible : mon corps avait été ici parcouru de frissonnements les plus délicieux qui soient, mes pieds avaient frappé le sol moquetté d'une vigoureuse manière, inconnue de moi-même auparavant, et, aux petits craquements qui s'échappèrent du siège occupé par ma voisine de mère, je m'étais aperçu, qu'elle n'était pas restée complètement insensible aux charmes juvéniles de Vic Laurens et de ses "Tu l'peins, Tu l'peins, ton visa-a-ge". Elle m'avouera à la sortie du spectacle, alors que je commençais déjà à la tanner avec mes Vautours, qu'elle les avait trouvés sympathiques et entraînants. Nous les jeunes, on aurait dit vachement bath ou un truc dans ce goût-là, géniâl et super n'étant pas encore sortis. C'était donc ça le roquenrolle, Tu Peins Ton Visage, joué par trois types indéfinis, emmenés par un Vic Laurens, genre coco-belle-gueule déluré juste ce qu'il faut pour ne pas effrayer le bourgeois (mais un peu quand même) et l'affaire était dans le sac : Chérie oh ché-é-é-rie comme tu as chaaan-gé-é, avec du noir du rouge du bleu, sur tes joues tes lèvres tes yeux, tu as l'air d'une cannibale et non pas d'une fille que j'emmène au bal, Tulpin, Tulpin. Merveilleux, divin, pharamineux, fantastique et quelle profondeur dans les paroles ! Je m'aperçois aujourd'hui - consterné - du contenu hyper sexiste de cette chanson américaine au nom fort exotique de Warpaint signée de J.Plante-Mann & Greenfield transformée et métamorphosée en français pour mon plus grand plaisir. Ça valait tous les Piccolo Saxo et Cie et tous les Toby le Tuba du monde ce Tulpin, Tulpin-là. Le batracien pouvait aller se rhabiller dans les poubelles de l'histoire musicale avec ses bo-gops et ses clunk-clunks. Qu'il remballe son matos illico presto. J'étais passé de bo-gop à tulpin, tulpin, yeah, han han. Un progrès considérable en ce qui me concernait et rien à mes yeux désormais ne pouvait arriver ne serait-ce qu'à la cheville de tulpin, tulpin.

2.8.11

"Notre Utopia c’est par exemple en ce moment même, le fait d’avoir cette conversation avec toi"


S'il y a bien un truc cool à propos du groupe YACHT, c'est tout le tintouin philosophique qu'ils s'appliquent à faire passer en arrière plan. Alors bon, on peut froncer sourcils et nez devant leur fascination pour la spiritualité mais si on creuse un peu, on trouve des gens intelligents et vachement conscients de leur truc. YACHT, pour eux, c'est une façon de vivre, un tout. Et cela s'applique avec une rigueur qui implique entre autres de la bouffe végétarienne, des lunettes de soleil, des triangles et de la musique bien dansante pour shaker son booty en scandant du James Hilton ("Shangri-La lalalala lalalala"). Plus chatoyant que paradoxal, le duo nous a accordé une petite heure sur une terrasse humide à Düdingen. Claire a beaucoup parlé pendant que Jona la regardait en opinant du chef d'un air concentré. Dans l'ensemble, on bien rigolé en mangeant de la salade de fruits.


INTERVIEW Y△CHT


TEA : Pour votre dernier album, See Mystery Lights, vous avez dit dans de nombreuses interviews que les lumières de votre lieu d’enregistrement, Marfa (TX), vous avaient beaucoup inspirées. Cette fois-ci, vous avez enregistré dans trois villes différentes. Est-ce que ce "Triangle de la Côte Ouest" comme vous l’appelez a été une nouvelle source d’inspiration pour vous ?
Claire L. Evans : Assurément.
Jona Bechtolt : Oui, le lieu joue un grand rôle selon nous.
Claire : Nous avons choisi ces trois endroits parce qu’ils ont une importance particulière pour notre développement en tant que personnes et en tant que groupe. Premièrement, il y a Portland, c'est de là qu'on vient. Deuxième point, Los Angeles, où notre relation a commencé et enfin, nous sommes devenus ce que nous sommes aujourd’hui en tant que YACHT à Marfa, c’est donc notre troisième point. 
Ces trois lieux représentent des étapes de nos vies. En même temps, ce sont les endroits où nous avons été le plus heureux. Evidemment, les notions de bonheur et d’utopie sont très importantes pour nous. Nous sommes captivés par la façon dont on peut créer son propre bonheur, avec son propre pouvoir. Il nous a donc semblé logique d’enregistrer notre album dans des lieux qui avaient eut un rôle dans cette construction du bonheur dans nos vies.
En fait, nous avons passé la plupart du temps à Marfa. C’est, d’un point de vue créatif, l’endroit le plus important pour nous. Parce qu’il est isolé. Et aussi parce qu’il y a tout un tas de qualités surnaturelles sur lesquelles on se concentre dans notre travail.
Les lumières ont donc toujours leur influence.
Claire : Absolument. Mais c’est bizarre parce que les lumières sont à Marfa depuis toujours. Les gens qui habitent là-bas y sont donc habitués. C’est un truc magique et mystérieux mais ça fait partie de la vie normale. Ce n’est pas particulièrement excitant ou nouveau pour la plupart d’entre eux.
Jona : C’est même presque ennuyeux.
Claire : Oui, une fois que tu as passé assez de temps là-bas, ça commence aussi à faire partie de ta mentalité. Nous aussi on s’y est fait. Mais ça ne veut pas dire qu’on les considère plus sérieusement. C'est vrai, au fond, pourquoi il n’y aurait pas de mystère autour de nous ? Ces lumières sont pour moi le symbole de mystères plus grands qui nous entourent. Bien que la plupart du temps on n’y fait pas attention parce qu’on est trop absorbés par ce qu’on est en train de faire. Mais si on y pense, nous vivons sur un bout de roc qui flotte dans un chaos infini. C'est dingue ! Il y a plein de trucs qu’on ignore encore. Les lumières sont une façon évidente de se rappeler ces choses.
En tout cas, vous m’avez donné envie d’aller à Marfa, à force d’en parler !
Jona : Oh oui, tu dois absolument y aller !