L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S

30.3.11

In a while, crocodile

Soyons honnêtes, en clip comme en live, les californiens de Crocodiles ont l'air de gros poseurs. Heureusement qu'ils font de la musique bien bien bien (c'est pas du shoegaze, ni du noise rock, ni du garage, mais un peu quand même en fait). J'ai rencontré brièvement le chanteur Brandon Welchez avant leur concert à la Rock School Barbey, Bordeaux, il y a quelques semaines. Il était très gentil mais pas super bavard, et parfois ses réponses n'apprenaient pas grand chose alors j'ai coupé, d'où le peu de texte ci-dessous. Pardon pardon. Vous pouvez toujours vous rattraper en écoutant leurs albums aussi hein. 

INTERVIEW CROCODILES 

TEA : Vous ne sonnez pas du tout comme White Lies, et pourtant vous voilà à faire leurs premières parties, ce n'est pas un peu bizarre ? 
Brandon Welchez : Ouais, je pense. Mais je crois que c'est bien parce que ça te permet de te dépasser, tu vois. Parfois c'est bien parce que quand nous regardons dans la foule, nous pouvons voir des gens qui n'ont jamais vu quelque chose comme ça de leur vie. Donc peut être qu'ils adorent ça, ou qu'ils détestent, les deux réactions sont drôles pour nous. Parce que nous pouvons voir des gens qui sont juste genre "Uuuuuuuh !"
Et vous aimez voir ça ?
Ouais, parce que ça nous rappelle quand on a commencé à jouer. Pace que personne ne nous aimait. Du moins où nous vivons. 

D'ailleurs, San Diego, c'est quand même cool ? 
Pas vraiment. Ca va. C'est une ville assez petite, genre la onzième ou douzième ville des Etats-Unis, donc c'est assez petit. Et ennuyeux. 
Vous aimeriez en partir ? 
Nous allons déménager. Peut être à San Francisco ou New York. De grosses villes. 

Beaucoup de personnes vous comparent à Jesus & Mary Chain, ça doit beaucoup vous énerver à la longue...
Oh oui. Et nous ne pouvons rien faire contre ça. Je pense que ce qui se passe, c'est que les journalistes décident pour toi. Pour la ressemblance avec Jesus & Mary Chain,  d'après les journalistes, des personnes nous adorent et d'autres nous détestent à cause de ça. Quelqu'un d'autre a décidé ça pour nous et maintenant c'est devenu une vérité générale. Donc je pense que le seul moyen pour un groupe de contrôler ça, c'est de faire des reprises. On en fera encore pour le prochain album, en B-sides. 

D'ailleurs, vous y pensez déjà beaucoup au troisième ? 
Ouais, on a genre la moitié déjà. Donc... On l'enregistrera probablement en septembre. C'est l'objectif. 
Et vous rechoisirez James Ford (de Simian Mobile Disco, ndlr) pour le produire, comme pour Sleep Forever ?
Oui, on en a envie. Ca dépend seulement de son emploi du temps, parce qu'il est tellement occupé. On a juste un petit créneau. Mais il en a envie aussi. Donc avec un peu de chance, il est libre quand nous sommes libres. Sinon, je ne sais pas... Pourvu qu'il soit libre. Il est génial. Il a vraiment une énergie créative. Il a toujours une nouvelle idée. Parce que dans le studio, tu as de longues journées de genre 12 ou 15 heures, et il ne se fatigue jamais, ne s'ennuie jamais... Il nous a gardé excités à l'idée d'essayer de nouvelles choses, tu vois. Ca pourrait être facile de faire genre une prise et dire "Oh, c'était super",  mais lui voulait sans cesse expérimenter de nouvelles choses, et c'est cool. 

29.3.11

Gros Malpropre

Je suis dégueu. J'écrase mes mégots par terre et il m'est déjà arrivé de coller un vieux chewing gum sous un pupitre au collège. Sinon, j'ai toujours détesté la plage aussi. Le sable qui s'infiltre partout c'est horrible, ça gratte et ça fait crisser les dents. Mais voilà t'y pas que y a ce type, Alex Zhang Hungtai aka Dirty Beaches, qui sort de nulle part et met tout le monde d'accord malgré son nom pas râgoutant. A croire qu'il suffit d'un sample bien connu et d'une voix grave par dessus - "Lord Knows Best" par exemple (sur du Françoise Hardy, la base).


Bref. Après avoir bien buzzé et publié quelques EP, le gus a décidé il y peu de sortir un album. Ca s'appelle Badlands et ça porte bien son nom, dans le genre paquet de musique déprimante, sombre et chiante.



DIRTY BEACHES
BADLANDS

Bon, forcément, tu pourras toujours me dire que les dés étaient pipés, que je pouvais m'y attendre et que dès le début, on sentait les limites du concept. Mais sincèrement, je suis quand même déçue. Genre le type dit qu'il s'inspire de films et il t'en fait 30min  fadasses qu'on dirait tirées du pire court métrage expérimental - ce qui est quand même dommage si on considère l'obsédant "Lord Knows Best" des débuts. Ici, ledit morceau semble tout simplement noyé dans la soupe, tel un vulgaire grumaud. 
Bon, après, si on prend les 8 titres à part, il y a quand même "Sweet 17" qui est sauvable, bien teenage et qui t'entrainerait facilement dans la débandade, pour peu que t'aies un peu bu. 

Et puis "True Blue" aussi, fait grave penser à Lynch et a au moins le mérite d'être moins irritant que Sookie dans la série quasi-éponyme.

Donc bon, finalement, peut-être bien qu'en live ça le fait. Ou peut-être aussi que jusqu'ici, j'étais trop aveuglée par les discours dithyrambiques qui ont accompagné l'ascension fulgurante du type, tel le James Blake des tréfonds de l'internet (sauf que James Blake, lui, a fait une vraie chatte d'album). Enfin, peut-être que Dieu sait vraiment mieux faire de la musique que le taïwanais à dégaine d'Elvis. Blague à part, après avoir docilement avalé 30 minutes de grain sale à toutes les sauces, on passe volontiers à autre chose - quitte à y revenir plus tard, par petites doses éparses.

25.3.11

"J'aimerais bien faire un gros tube !"

Vendredi dernier, An Pierlé donnait un concert au Rocking Chair, à Vevey. C’était un peu l’occasion à ne pas manquer étant donné que ses CDs résonnent dans le salon familial depuis plusieurs années, inlassablement et toujours avec cette énergie contagieuse dedans. Pour le coup, même Maman était au taquet. Mais le mieux, c'est que juste avant que se confirme en live le talent de la Belge blonde, TEA l'a rencontrée. Conclusion : quand je serai grande, je veux être comme elle, faire de la musique avec mon mec, partir en tournée en mobile home, expérimenter tout un tas de trucs et manger des tonnes de chocolat. C’est un peu parfait comme vie.


INTERVIEW AN PIERLE

TEA : Hinterland est sorti en 2010 et après une longue pause, te voilà de retour sur scène. How does it feel ?
An Pierlé : How does it feel ? Haha. Ca fait du bien! Pendant 12 ans on a enchainé tournée/création/album. Au bout d’un moment, tu n’as plus de vie sociale. Il te faut des moments pour te renouveler, pour prendre du temps pour découvrir de nouvelles choses, lire de bons bouquins, faire des choses qui demandent plus de concentration. En tournée, tu peux pas lire des trucs très poussés. Dans le tour bus par exemple…on regarde plutôt des films comme l’Âge de Glace.
Donc on avait vraiment envie de faire une pause. En plus, Koen (son mec/son guitariste, ndlr) avait du travail de production à faire à côté. Du coup on a pris une année off, pour pouvoir jouer sans pression, sans vraiment de but.
C’est très important de faire ça parce que la musique que tu fais avant tes 18 ou 20 ans, tu ne la fais pas dans le but de faire un album. Ou peut-être si. Mais généralement tu fais juste de la musique parce que ça te plait. Bien sûr, tu travailles déjà pour avoir un résultat mais ça reste très personnel, c’est toute la période vécue jusque là que tu peux distiller. Du coup, les premiers albums c’est souvent un peu la base, un concentré, un noyau…Et puis tu en fais un deuxième et alors soit tu fais exactement la même chose et ta carrière s’arrête là, ou bien tu continues à explorer.
Le troisième est plus dur à faire ?
Pas pour nous en tout cas. C’était le premier (le An Pierlé and The White Velvet, ndlr) qu’on faisait vraiment à deux à la maison mais avec plein d’arrangements. On avait envie de faire quelque chose de grand, de travailler avec un orchestre. On voulait un truc très abouti, très complet, très pop.
Pour Hinterland aussi, vous réalisé une grosse partie à deux, à la maison. Ca a changé votre façon de jouer ?
Oui, pour cet album notre façon de faire de la musique était complètement différente. Koen travaillait tout le temps pour ses mendats de production et moi je restais à la maison et j’avais le temps de chercher, d’essayer de nouvelles choses. J’ai fait beaucoup de chansons à la guitare. Mais en fait, je ne sais pas jouer de la guitare ! J’ai donc pris pas mal de temps à faire des essais avec un instrument que je ne maitrise pas du tout. J’ai aussi composé sur mon ordinateur.
Ce qui changeait le plus par rapport à ce que j’avais fait jusque là, c’est que j'ai composé en me basant sur un rythme, un beat ou sur un truc que Koen avait joué. C'est différent de commencer en acoustique. Et puis une fois que j’avais fait les chansons dans l'ordinateur - avec des sons très génériques que Koen déteste – il reprenait et recommençait tout depuis le début. J’ai dû apprendre à jouer mes propres morceaux.

21.3.11

Y a d'la meuf

Après La Femme, TEA apprend l'existence du pluriel et parle des femmes. Enfin, surtout du Festival Les Femmes S'en Mêlent, qui vient de débuter dans toute la France et qui cette année encore propose une programmation de groupes féminins dont on ne connait même pas la moitié. Dans la trentaine d'artistes de cette quatorzième édition, on trouve un peu de tout, du bon et du moins bon, du folk gentillet et des choses beaucoup plus zarbis. Petite sélection de ce qui risque de valoir le détour, et à défaut, au moins l'écoute.

ANIKA
Le gros coup de coeur de la programmation nous vient d'Allemagne. Anika c'est une petite blonde qui reprend des chansons des années 60 en les transformant en des mélodies étranges et froides. Elle sait à peine chanter juste, et ça ne fait que rajouter du charme à l'ensemble. Son album a été produit par Geoff Barrow, si ce n'est pas un gage de qualité...
En concert à Paris, Nantes, Brest, Saint Lo, Tourcoing, Saint Etienne et Grenoble.
"Terry" 





LE CORPS MINCE DE FRANCOISE
Ah, enfin un groupe qu'on connait ! On avait quelque peu oublié les Finlandaises depuis le petit succès de "Cool & Bored" en 2008. Qu'à cela ne tienne, les revoilà avec "Gandhi" ou "Future Me", aux couplets avec un phrasé aguicheur et aux refrains entraînants. Amis de Le Tigre, MEN ou autres Robots In Disguise, apportez vos chaussons de danse.
En concert à Bordeaux, Paris, Lyon, Clermont-Ferrand et Grenoble



AUSTRA 
Cette Canadienne est une des dernières signatures de Domino. Le single "Beat And The Pulse" compile une voix impressionnante et des claviers inquiétants qui donnent bien envie d'écouter l'album quand il sortira.

17.3.11

"On est le groupe des années 10"

L'EP de La Femme est génial, ça on avait pas attendu la bénédiction des Inrocks pour vous en parler. Mais depuis une semaine, on sait aussi que La Femme en live, c'est fou fou fou et terriblement contagieux. Et on en sait encore plus sur le groupe car TEA les a interviewés. La Femme, plus tu la connais et plus tu l'aimes. 


INTERVIEW LA FEMME


De gauche à droite : Sam, Noé, Meghan, Clémence, Marlon et Sacha


TEA : J'suis désolée, j'avais prévu plein de questions mais je les ai oubliées, donc là j'en ai que des un peu nazes.
Noé : Pourquoi ce nom La Femme ?
Marlon : Où vous vous êtes rencontrés ?
TEA : Aha non, quand même pas, faut pas déconner. Lundi dernier c'était la journée de la femme, vous avez fait quelque chose de spécial ?
Marlon : On a fait un concert sur Skype.
TEA : Oui d'ailleurs ça marche comment cette histoire ?
Noé : Ben c'est cool hein.
Marlon : On se dit « Tiens on va faire un concert Skype » et on branche notre compte Skype et les gens nous appellent et puis on skype quoi, on fait une chanson par personne.
Sam: On met ça en statut Facebook, les gens ils peuvent nous ajouter.

TEA : Vous avez vraiment buzzé quand vous étiez en tournée aux Etats-Unis, je suppose que vous étiez pas trop tristes de rentrer ?
Noé : Ben j'sais pas, j'y étais pas.
Sam : Ahahaha.
Sacha : Oui et non.
Marlon : J'sais pas, on était contents de retrouver la France. Justement, ça fait que les gens sont contents de nous voir.
TEA : Vous êtes restés au final combien de temps là-bas ?
Marlon : Trois mois. C'est le maximum quand t'as pas de visa et que t'es touriste.
TEA : Vous avez des anecdotes marrantes de ce qui vous est arrivé là-bas ?
Sam : Oulaaa, y en a plein.
Clémence : Sacha il gagné le concours de hotdogs.
Sam : Sacha il a volé une poubelle.
Clémence : Neuf hotdogs. En combien de temps ?
Sacha : Y avait pas de temps, en une demie heure. C'est dégueulasse.
Sam : Sinon un jour on a pris un train...
Marlon : ...mais on a perdu plein de trucs, de l'argent, des affaires, plein de trucs.
Sacha : Mais on a gagné plein de tee shirts.
Marlon : Ouais les gens nous offraient plein de tee shirts. Parfois des beaux, parfois des moins beaux.
Clémence : Sacha il en a un avec écrit « There is someone in California that loves you », avec plein de coeurs.
Marlon : Et puis on avait pas de chanteuse, elle est pas venue Clémence. On avait notre pote à nous, Pandora, qui est venue chanter, et après on a trouvé Meghan, qui parle pas français mais qui a appris à chanter en français.
TEA : Et vous l'avez ramenée dans vos valises.
Marlon : Ouais, pour quelque temps.

15.3.11

C'était mieux quand tu avais le coeur brisé.

Noah & The Whale
Last Night On Earth

Si vous êtes des êtres humains dotés d'une once de sensibilité, vous deviez pleurer ou du moins être tristes en découvrant le très beau deuxième album de Noah & The Whale en 2009, The First Days Of Spring. Non ? Allez, au moins une larmichette quoi. C'est que le chanteur Charlie Fink (un jeune garçon très joli et tout à fait charmant soit dit en passant) s'était fait salement larguer par sa pineco Laura Marling. Depuis, Laura continue de faire de la musique toute mignonne et sort avec un thon d'après le NME. Quant à Charlie Fink, il va mieux, ça on l'avait déjà remarqué en l'interviewant en avril dernier. L'anglais nous avait aussi confié que le troisième album du groupe serait plus joyeux. Et voilà que le LP sort sous le nom de Last Night On Earth et autant vous le dire tout de go, le chef d'oeuvre n'est pas de la partie. 

Ça commence très mal avec "Life Is Life" (vous aussi vous pensez à une chanson pourrie en voyant ce titre hein ?) et ses claviers electro insupportables. Ajoutez-y des paroles profondément optimistes "It feels like this new life can start, yeah it feels like heaven" et vous avez la BO parfaite pour un film niais américain. Les compères voulaient que leur album sonne Los Angeles, ils semblent malheureusement avoir réussi. "Tonight's The Kind Of Night" enfonce le couteau dans la plaie avec son refrain insupportable, heureusement que dans le reste de la chanson on retrouve la belle voix grave de Charlie Fink. Suite à ces deux morceaux éprouvants arrive le single, "L.I.F.E.G.O.E.S.O.N." (si avec ça on comprend pas que le petit est sorti de sa déprime...) qui effectivement a du potentiel tubesque et un chouette violon en prime, les choeurs restent un brin irritants cependant pour apprécier vraiment la chose. 

C'est à partir de "Wild Thing" qu'on retrouve enfin du bon Noah & The Whale, avec une ballade plus posée qui aurait très bien pu figurer dans The First Days Of Spring. Mais la meilleure chanson est plus tard : "Just Before We Met", avec ses violons (encore) rappelant le premier album, est un morceau entraînant comme il faut. Ah, c'est mignon comme tout. L'album perd en puissance après, on a l'impression d'écouter toujours la même chose. Les album compacts peuvent être bien, mais ici, on s'ennuie. "Old Joy" clôt l'album  d'une bien jolie façon malgré l'espèce de gospel des refrains. 

Au final, les quelques bons morceaux de Last Night On Earth ne suffisent pas à rattraper cet album dispensable. C'est d'autant plus dommage que Noah & The Whale étaient un groupe qui n'avait jamais déçu auparavant. La faute à quoi ? A la joie de Charlie Fink ? Peut être pas, certes sa rupture lui avait inspiré de très belles chansons en 2009, mais à l'époque du premier disque, il se portait comme un charme et cela ne l'empêchait pas de composer de chouettes morceaux de folk qui donnaient envie de taper dans les mains. Quoiqu'il en soit, retournez écouter The First Days Of Spring, et faites comme si le quatuor n'avait rien sorti depuis. 

"L.I.F.E.G.O.E.S.O.N."


"Wild Thing"

13.3.11

Kilbi Folie

Mercredi matin brumeux, post-mardi gras, les yeux tous noirs et la bouche encore pâteuse, j'actualisais énergiquement la page officielle du Kilbi pour savoir qui, outre Josh Homme et sa bande, allait animer le 21ème Kilbi du Bad Bonn cette année...et j'ai pas été déçue. Survol d'une des meilleurs progs de l'été rien que pour ravir encore plus ceux qui détiennent le ticket d'or et rendre jaloux les autres.
Bon, déjà, il faut savoir que le festival en question (le Kilbi, autrement dit "la foire") est très petit (3 scènes, 2000 places par jour) et apparemment un peu hors du circuit des gros pleins de sous que l'on ne présente plus. D'ailleurs, l'historique est là pour te montrer qu'ici, on se tient au credo "l'amour de la musique doit rester plus fort que toutes les approches bureaucratiques et de routine"*. Pour te le prouver, y a qu'à examiner les dernières affiches où la fine fleur suisse (Feldermelder, Buvette, Heidi Happy...) côtoie aussi bien des pointures à priori pas taillées pour un public aussi mini (Aphex Twin, QOTSA) que des groupes encore peu connus à l'époque, aujourd'hui sur toutes les lèvres (Beach House en 2008). En gros, quand on te parle "Kilbi", tu baves (et tu peux aussi commencer à t'entailler les veines parce que ce foutu dernier week-end de mai tombe toujours mal). Bref. Et cette année alors, y a qui? 10h 30, mercredi, j'étais au taquet pour l'apprendre. Premières exclamations. Excitation. Panique: "QOTSA et Animal Collective le même jour? Mais ils sont malaaades!" et puis là j'ai réalisé que j'avais tout faux, que depuis 30 secondes, j'aurais dû être sur la plateforme de vente de billets Startickets. Mais on me rassure, on est pas à Paléo, le site a beau être bloqué tékaté, ça part jamais en un jour. No one knows. Et même que le temps de choper in extremis mes places (après une heure d'efforts), jeudi et pass 3jours affichaient déjà complet.
Les raisons du rush monumental en quelques noms:
Avec les descriptions du communiqué.

Ce qu'on savait déjà et qui fait bien:
je/ QUEENS OF THE STONE AGE plays "Queens of the Stoneage"
If Stoner Rock Had A Name I Would Call Him Josh

Les rumeurs confirmées qui font plaiz:
je/ ANIMAL COLLECTIVE
Welcome To New Weird Sparkling America, This Is Pop 2.0
je/ SWANS
Noisy Post-Industrial With A Rhythmic Refusing Attitude
ve/ AKRON/FAMILY
Hippie Mantras Evoking The Spirit Of Freak Folk
ve/ GONJASUFI
My Yoga Teacher’s Hazy Hiphop Influenced Finding Inner Peace Psychedelica
sa/ THE WALKMEN 
Moody-Melodramatic New Yorker Indiepop On Warm Analog Recordings
sa/ ANIKA 
Political Punky Singer-Songwriter Going Trashy Girl Group Dub

Les choses qui font que jui tro content:
je/ DISAPPEARS
Not-Giving-A-Damn Shoegazy Fuzzy Rock’N’Roll Completed By Sonic Youth Drummer Shelley
ve/ CARIBOU
Canadian Psychedelic Glockenspiel Electronica
ve/ THE TALLEST MAN ON EARTH
The Most Powerful Swedish One-Man-Show
sa/ BATTLES  
Effect Machined Avantgarde-Mathrock 
sa/ FELDERMELDER / FICHTRE 
Sophisticated Beat And Sound Patterns Woven Out Of Every Style You Know

Les autres trucs trop cools:
ve/ LUCKY DRAGONS
When A Song Has No Beginning And No End Just Flickering Noisy Happiness
ve/ CRYSTAL FIGHTERS
Multicultural Ethnopop Chants Made Of Catalan Percussion And Danceable Synthie Rave
ve/ JULIANNA BARWICK  
She Gives Us Full Hypnosis In Love Loops And Layers
ve/ THE LEGENDARY LIGHTNESS
Two Swiss Drummers Playing Melodious Gentle Acoustic Popsongs
sa/ APPARAT BAND 
Berlin’s Minimal Techno In A Drone Designed And A Material Band Formation 
sa/ BUVETTE  
The Streuli Synthie Celebration
sa/ ANNA AARON 
Dans Ton Black Coeur From Everywhere
sa/ MONOSKI
The Lakeside Rock'n'Roll Show With A Taste Of NYC
sa/ COMBINEHARVESTER PERFORMS 'SOME DITTY A MOUNTAIN II'
A Composed Drone Noise Attack 

6.3.11

Baiser glacé

Tu te souviens de la petite sélection de groupes élaborée sur le vif le mois dernier ? Eh bien peut-être que tu seras content d’apprendre qu’entre temps, l’une est rentrée de Londres et l’autre a terminé ses examens. Mais le plus chouette, c’est que depuis, Die Selektion a sorti un premier EP. Vise un peu.

DIE SELEKTION
KÜHLE LIPPEN

Un trait blanc sur fond noir et quelques mots, t'as vu. Le moins qu'on puisse dire c'est que dès la pochette, le trio lipsien annonce la couleur. En effet, "sombre" et "sobre" semblent être les mots d'ordre dominant la galette des jeunes allemands. Rien de très surprenant donc, si l'on se réfère à leurs singles  ou aux photos N/B du groupe - stéréotypes d'adolescents nostalgiques, biberonné à la DAF et au Joy Division avec t-shirts déchirés et côtés du crâne rasés.


Mais bon, on ne va pas s'en formaliser, vu qu'on aime ça, la new wave. Surtout que Die Selektion manie plutôt bien le synthé et les paroles scandées. Mieux encore, au chant déprimant type "Was ist dir dein Leben wert?" (Que vaut ta vie à tes yeux ?) s'alternent les phrases cuivrées  et claires d'une trompette et maman tu sais à quel point c'est trop beau la trompette.
Bref, passée l'intro un peu mystique genre visite de la grotte aux hiboux de Twin Peaks ou survol des pleines du Mordor, on retrouve le trio pile là où on l'attendait, un peu dansant/poppy dans toute la darkitude qu'autorisent les références 80ies. En gros, pendant 20min tu planes et tu sautilles, sans voir passer les 4 titres parce que d'une part, ils se ressemblent un peu tous, mais aussi parce que, admirablement arrangé, le tout coule naturellement, telle l'eau glacée d'une source.
En somme, Kühle Lippen n'est pas le baiser de la mort et du désamour, mais plutôt une bise toute fraiche tout à fait bienvenue entre deux coktails pop.

Kühle Lippen EP by Die Selektion
Au fait, l'album Noire (sic) est prévu pour le 28 avril.