L E O F A N Z I N E O Q U I O M E T O L A O C U L T U R E O E N O S A C H E T S
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22.5.13

Bouchons de persil

Il y a ce bouquin d'Astérix et Obélix, dans lequel les Gaulois en mission avec Assurancetourix se mettent des bouquets de persil dans les oreilles pour survivre aux braillements dégueulasses de leur barde. Même Idéfix s'y colle et tout fini bien, sans que le ciel ne tombe sur la tête de qui que ce soit. Mais que serait-il arrivé aux irréductibles si le chansonnier était muni d'une harpe électrique, reliée à un ampli, branchée sur une génératrice du tonnerre actionnée par une légion de romains malintentionnés? Hein? A force d'aller à des concerts on connait la chanson: le live, c'est bien beau, mais il faut y aller molo. Alors, bouchons ou non? Bien souvent, les mauvaises raisons l'emportent ("ces machins jaunes ne tiennent pas de toute façon", "j'ai jamais eu de problème de toute façon", "ils déforment le son de toute façon") et on s'explose allègrement les tympans. Mais concrètement, au bout d'un certain nombre d'années passées à sacrifier notre ouïe sur l'autel du rock, on a quelques petites raisons de s'inquiéter. Du coup, pour être en état de jouir des programmations des concerts de cet été et des saisons à venir, on est allées poser quelques questions à une spécialiste de l'audition. Ca fait (très) peur, mais faut pas pousser mémé dans les orties, on ne va pas se priver d'un bon petit My Bloody Valentine pour autant.


Jeunes et durs de la feuille
Christina Schünemann est acousticienne à Fribourg. Dans son métier, elle voit défiler tout un tas de gens à qui elle prescrit des appareils auditifs. On n’aime pas l’admettre, mais il n’y a pas que des vieux parmi ses patients : "On ne peut plus dire que la baisse d’ouïe ne concerne que des personnes âgées. Aujourd’hui, les gens sont confrontés quotidiennement à un volume sonore plus élevé qu’il y a une trentaine d’années" affirme-t-elle. En fait, le seuil critique à partir duquel on risque d'endommager son acuité auditive se situe autour des 85dB. C'est plus ou moins le bruit d'une machine à laver, d'une voiture, d'un cri humain ou d'aboiements de chien. Une bête tondeuse à gazon ou un mixeur dépassent déjà ce seuil! Autant dire qu'il en faut peu.

Des concerts hors normes
Dans ce cas, quid des concerts? Dans les salles Suisses, toutes les manifestations sont limitées à 93dB. Le chiffre se calcule en moyenne sur une heure et si l'on veut dépasser ce seuil pour atteindre la limite supérieure maximale de 100dBs, il faut avertir la préfecture à l'avance. Selon Gil Vassaux, administrateur de la salle fribourgeoise Fri-Son, cette limitation n'est pas toujours aisée à mettre en oeuvre: "Il y a des groupes qui de par leur style dépassent de toute façon la limite indiquée par la loi. Ce sont en quelque sorte les "exceptions qui confirment la règle". On ne va pas les empêcher de faire leur binz. Par contre, il faut privilégier le dialogue en amont. Il s'agit d'une part de communiquer avec le public. D'autre part, le management doit être averti au moment de la signature du contrat de la législation qui change d'un pays à l'autre". Et qui surveille le son pendant les soirées? "Dans les soirées DJ, il y a un système qui empêche le dépassement de la limite. Par contre dans les concerts, c'est la régie qui tient les manettes". Quant aux festivals, ils n'échappent pas non plus à ces restrictions. Sauf peut-être à l'article qui prévoit un espace tranquille "de récupération" (à 85dB) équivalent à au moins 10% de la superficie de la salle. Si déjà dans les campings on n'arrive pas à un moment où tout le monde dort dans le calme, allez limiter le bruit dans l'enceinte...

15.5.12

"Being at the Haçienda was like being at the French Revolution"

Début mai, le Rocking Chair remontait le temps le temps d'une soirée pleine de quinquas tout excités. Appâtées par la mention "Peter Hook" en noir sur jaune de l'affiche, nous nous sommes nous aussi précipitées à la soirée "Haçienda". Sauf que ça n'était pas terrible en fait. Du moins, pas pendant que Hook, en chemise hawaïenne, passait des tubes façon camp de ski. Un peu dépitées (non mais sérieusement mec, sérieusement?), nous nous sommes lancées dans quelques recherches, histoire de savoir comment on a bien pu en arriver là. Tentative de réponse dans cette Tisane de Mamie spéciale vieillesse ratée et fausses attentes. Ou comment des gens tout à fait respectables ont engendré David Guetta.

 THE HACIENDA 30th ANNIVERSARY TOUR
PETER HOOK, ANDREW WEATHERALL, DARREN EMERSON,

 05/05/12 @Rocking Chair, Vevey

Premièrement, avouons le illico sans honte: jusqu'à pas plus tard qu'avant l'annonce de la date au RKC, on ne savait pas précisément ce qu'était l'Haçienda. Alors pour les ignares de notre trempe, notons tout de suite que non, "Haçienda" n'est pas le nom d'un cocktail plein de feuilles de menthe qui restent coincées entre les dents. Il s'agit en fait d'un ex-club de Manchester. Un lieu mythique, fondé dans les années 80 par Tony Wilson et Rob Gretton (Factory Records) avec les thunes de New Order. Il a bouillonné jusqu'au début des années 90 avant de fermer définitivement ses portes en 1997. Pile à l'époque où je confectionnais des colliers en macaronis et des poèmes pleins de "Je t'aime" pour la fête des mères. Si l'on en croit les photos, c'était plutôt joli (le Haçienda, pas mes bricolages). Et les locaux, aujourd'hui reconvertis en parking, auraient encore des poteaux rayés (d'après ce documentaire). Mais c'est évidemment bien moins fun qu'au temps des folles rave parties.

12.6.09

Vinyl never dies

JOURNÉE DU DISQUE @ LE CHABADA
06/06/09



Les amoureux angevins de la bonne musique ont leur rendez-vous annuel : la Journée du Disque. Une sorte de brocante de CD, DVD, et surtout vinyles au Chabada, qui en ravit plus d'un. Et si certaines personnes en repartent maussades, c'est uniquement parce qu'elles sont désespérées à l'idée de ne jamais connaître ne serait-ce qu'un dixième des disques exposés. Entretien avec Richard Durand, le disquaire à l'origine de cette journée.

TEA : Êtes-vous contents de cette journée ?
Richard Durand : Oui, très. Les organisateurs, le Chabada, les exposants et même les clients sont très contents. On a fait 600 entrées, ça peut paraître peu, mais pour une ville comme Angers, c'est plutôt bien. Vu qu'on met environ 600 vinyles par mètre linéaire, il devait y avoir 50 000 disques... Et dès 9h30, il y avait du monde, alors qu'on n'ouvrait qu'à 10 heures. D'ailleurs la plupart de ces personnes sont restées jusqu'à 13 heures, le temps de tout voir.
 Comment vous est venue l'idée de cette Journée Du Disque ?
Il y a une quinzaine d'année a eu lieu la dernière Foire du Disque d'Angers, ça se passait au Parc Expo à l'époque... Et puis pendant un petit moment il n'y a plus rien eu. J'ai appris que des parisiens voulaient reprendre cette idée. Alors je me suis dit pourquoi pas moi ? Et la Journée Du Disque est née.
Pensez-vous que le vinyle a un avenir ?
OUI ! Bien sûr qu'il en a un. Le CD, lui, va très bientôt disparaître, mais pas le vinyle. Pourquoi ? Parce que déjà, il n'est pas copiable. Et le son n'est pas le même, certains préfèrent, d'autres non. C'est un bel objet. Personnellement j'aime beaucoup tout le cérémonial de l'écoute d'un vinyle. Il y a eu aussi la techno, et du coup beaucoup de vinyles ont été réédités. Et puis c'est de plus en plus à la mode, c'est vintage.