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Affichage des articles dont le libellé est Ariel Pink. Afficher tous les articles
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28.11.12

J'ai été danseuse pour Geneva Jacuzzi

En envoyant une demande d'interview à Geneva Jacuzzi, je n'imaginais pas que j'allais finir par danser sur une flight case enroulée dans de l'essuie-mains devant deux cent personnes.

Geneva Jacuzzi est ce que l'on fait de mieux en ce moment en matière de synth pop influencée 80s. J'ai écouté plus que de raison son album Lamaze, sorti en 2010. et je pense sincèrement que "Love Caboose" et "Do I Sad?" sont de gros tubes cruellement ignorés.

Quand j'ai appris que c'était la Californienne qui ferait la première partie d'Ariel Pink (son ex, ou son mec, peu importe) à Anvers le 12 novembre, je n'ai pas hésité super longtemps. Je lui ai envoyé un mail pour savoir si je pouvais l'interviewer. En retour, j'ai eu droit à une réponse plutôt mystérieuse où elle me demandait si je ne pouvais pas lui rendre un service. Elle cherchait des gens pour lui construire un décor et monter sur scène avec elle, "c'est très facile et rapide". Je ne connais personne à Anvers mais j'ai motivé trois potes de Bruxelles à faire le déplacement. 

"Putain, on fait quoi ?"
Le jour-même, nous sommes arrivés super en retard à la salle TRIX, parce que les tramways de la ville de Bart De Wever sont vraiment nazes. Jeanine, Alphonse, Théophane et moi (j'ai changé les noms, parce que j'avais envie) avons été accueillis par une Geneva pleine de joie. Elle s'était teinte en blonde, ce qui lui va vachement moins bien, mais bon, elle conserve son charisme. On a tout de suite commencé à réfléchir à ce qu'on allait faire pour le concert. Il était 17h30, Geneva Jacuzzi jouait dans seulement trois heures et nous n'avions aucune idée de ce que nous allions faire. On a d'abord regardé la salle. La scène était super grande et le matériel d'Ariel Pink était déjà installé, alors Geneva a décidé qu'on jouerait par terre, sur le côté gauche, et a commencé à virer toutes les barrières qu'il y avait. 

25.11.12

Mais que va devenir le pauvre Ariel Pink ?

Il paraît qu'interviewer Ariel Pink n'est pas souvent facile. Le garçon est champion pour déstabiliser les journalistes, voire être imbuvable, et sortir des réponses pas toujours en accord avec la question de départ. Je peux donc m'estimer heureuse, quand je l'ai rencontré dans les loges de TRIX à Anvers, il était plutôt gentil avec moi. Mais il était tellement énervé à propos d'une histoire de poursuite judiciaire qu'il n'a fait que parler de ça et a fini par me saper le moral. 


INTERVIEW ARIEL PINK 

Au début, je commence par des questions un peu banales, histoire de le mettre en jambe. Mais on sent qu'il n'est pas là. En essayant de parler de sa création aussi géniale que stupide avec R. Stevie Moore, Ku Klux Glam (qu'on avait pu voir à la Villette Sonique cet été), il ne dit pas grand chose. Si ce n'est ce que l'on savait déjà plus ou moins. "J'avais fait la promesse à R. Stevie Moore, il y a un moment déjà, que je ferai tout mon possible pour que personne n'oublie son nom. Parce que c'est le seul artiste qui a été aussi négligé alors que c'est un génie évident." Il aimerait avoir le même genre de carrière que ce vieux barbu, mais avoir plus de succès. Parce que le succès est nécessaire, parce que l'on vit dans un monde capitaliste. "Call me communist". 

Il évoque aussi l'enregistrement douloureux de son avant dernier album, Before Today (2010), celui qui l'a enfin sorti de la sphère underground californienne où il évoluait depuis 1996. C'était la première fois qu'il travaillait en studio, avec un groupe, et aussi un producteur. Et les deux dernières parties ne se sont pas du tout entendues. Tellement qu'Ariel Pink a dû séparer le groupe à un moment. "Tout le monde autour de moi se comportait comme une petite amie jalouse". Alors, pour son nouveau disque (Mature Themes), il a décidé que ce serait seulement le Haunted Graffiti, sans producteur. 


8.6.12

Du wtf, du chiant, et du bien cool


Villette Sonique 2012
26 mai : Ariel Pink & R. Stevie Moore
29 mai : Julia Holter, Peaking Lights
30 mai : Girls, Tristesse Contemporaine

Alors que la fête de l'Huma et autres manifestations gratuites nous sortent toujours des atrocités comme Yannick Noah ou Nolwenn Leroy, la Villette Sonique affiche toujours une programmation léchée et défricheuse. Certes, il y avait beaucoup d'electro, ce qui n'est pas vraiment notre truc, mais on a quand même pu voir de très bonnes choses, en plein air, et surtout en concerts payants. Retour sur un week end beaucoup trop chaud. 

Samedi 26 mai : Ariel Pink & R. Stevie Moore en plein air

Ariel Pink voit en R. Stevie Moore, vieux barbu de Nashville qui a, en plus de cinquante ans, écrit pas moins de quatre centaines d'albums, une sorte de père spirituel. Sauf que l'élève a dépassé le maître en terme de célébrité. R. Stevie Moore s'en fout, tant qu'assez de personnes paient le téléchargement de ses disques pour qu'il puisse s'acheter des bananes. Et il peut même profiter de la hype qui entoure Ariel Pink pour se réhabiliter, un peu comme ce qui se passe entre un autre Californien, Christopher Owens de Girls, et Lawrence. L'année dernière, Ariel Steven Moorepink se sont associés autour d'un projet extravagant et lo-fi baptisé Ku Klux Glam, qu'ils ont joué en exclu à la Villette Sonique. Summum de l'absurde, ce concert en peignoirs était une des plus réjouissantes prestations qu'il nous ait été donné de voir. Leur morceau d'entrée, "Stevie Pink Javascript", restera la plus belle pépite wtf du set, avec les voix d'enfant/chat de Pink et le pseudo rap de Moore, qui avait une jolie barbe bleue pour l'occasion. A moins que ce ne soit leur reprise de "Love Me Do". Ces deux-là se sont construits un univers complètement loufoque, mais ils ont la force, sur scène surtout (l'enregistrement étant moins évident), de communiquer au public leur plaisir visible à faire les cons ensemble, plutôt que de faire les autistes.

16.6.11

"Sex with Ringo Starr"


John Maus
We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves 

Artiste hautement respecté et apprécié pour certains, John Maus est totalement inconnu des autres (et les autres sont nombreux) bien qu'il ait été musicien pour de très nobles gens tels qu'Ariel Pink et son Haunted Graffiti (qu'il a rencontré pendant des études à LA) ou encore Panda Bear. Depuis 2006 et la sortie de son premier album (Songs), on commence à davantage s'intéresser à cet homme, et c'est un sacré personnage. John Maus, 31 ans, était aussi professeur de philosophie à Hawaï et il étudie pour avoir un doctorat en Sciences Politiques. Il a des paroles intrigantes comme "sex with car (...) / sex with movie star / sex with Ringo Starr" et il suffit de regarder des interviews de lui gesticulant et parlant dans tous les sens pour se rendre compte que l'Américain a l'air d'être aussi intéressant qu'étrange. Quant à ses performances scéniques, elles semblent assez folles. Ce mois-ci sort chez le label londonien Upset The Rythm le troisième album de Maus, sobrement intitulé "We must become the pitiless censors of ourselves".

John Maus s'est dit d'avance insatisfait de ce disque. Il a l'impression d'avoir répété ses deux précédents albums sans se réinventer, et il songerait à faire dans l'expérimental à l'avenir. Comme si sa musique actuelle n'était pas déjà singulière. Sa marque de fabrique ? Plein de vieux synthés, toujours des synthés, et une voix extrêmement grave et froide, parfois martiale, parfois plus aérienne. Voilà la pop selon John Maus, et effectivement, ce nouveau disque ne déroge pas à la règle. Oui, il ressemble à Songs et Love Is Real (2007), mais il faut croire qu'on n'en a pas encore eu assez, puisqu'on arrive à trouver ce troisième LP tout aussi réussi et qu'on le réécoute volontiers même s'il est un peu trop sombre pour cette saison. 

L'ensemble de l'album est assez cohérent pour qu'on ne remarque pas plus un morceaux qu'un autre, ou presque. Bon, puisqu'il faut balancer des titres, on s'aventurerait quand même bien à passer en soirée "Quantum Leap" ou "Believer", les pistes les plus évidentes de la galette. "Keep Pushing On" n'est pas en reste non plus. En revanche, le duo avec Molly Nilsson qui reprend sa chanson "Hey Moon" est plus ennuyant qu'autre chose. C'est peut être bien l'uniformité, le vrai problème de We Must Become The Pitiless Censors Of Ourselves. Davantage de folie, comme dans Songs, aurait permis au disque d'être moins lassant à la longue. Finalement, même si son album est loin d'être raté comme il le prétendait, au contraire, c'est une bonne idée pour John Maus de changer de voie pour la prochaine fois. Et on l'attendra au tournant.



"Quantum Leap"


"Keep Pushing On"